‹ Traité pratique de la détermination du temps de poseChapitre 23 sur 34 · RÉSULTAT · texte numérisé non relu

RÉSULTAT

Ce carnet, s'il est régulièrement tenu, sera d'une grande utilité : il permettra d'abord de se rendre compte d'une erreur commise dans l'application des coefficients, et, si elle a été renouvelée pour toute une série de clichés, de la réparer, par un développement approprié, après le traitement de la première plaque; enfin et surtout, il fournira des indications qui permettront à l'opérateur de rectifier au besoin, en tous cas de compléter et de perfectionner de plus en plus son Tableau des temps de pose.

Une dernière remarque.

Nous aurions pu établir la Table V en prenant pour unité un chifire tel que, étant connu le numéro marqué au sensitomètre Warnerke par les plaques employées, une simple multiplication des divers coefficients les uns par les autres eût immédiatement fait connaître, en secondes, la durée de la pose nécessaire dans une circonstance quelconque (*).

Ce système, très séduisant à première vue, donne, en pratique, de mauvais résultats : la sensibilité des préparations est chose trop changeante et trop délicate à déterminer pour qu'il soit possible d'adopter une base générale et invariable.

(*) Si Ton ne tient compte que des facteurs les plus importants, soit :

i» De l'éclat E du sujet,

2" De l'intensité I de l'éclairage,

S» De la clarté G de l'objectif,

4° De la sensibilité s de la plaque et

5° De la distance D du sujet à l'objectif (rapprochement ),

F étant la longueur focale principale de l'objectif,

on trouve comme formule générale du temps de pose t :

Le temps de pose étant le produit de ces cinq coefficients, on obtient la valeur numérique des coefficients d'éclat, en recherchant par l'expérience, dans des conditions déterminées d'éclairage, de clarté d'objectif, de sensibilité de plaque et de distance, les durées d'exposition les plus convenables à la reproduction des divers sujets, et en divisant ensuite les temps de pose trouvés par le produit des quatre derniers coefficients. Les quotients de ces divisions donnent les coefficients d'éclat, c'est-à-dire les temps de pose lorsque les autres coefficients sont égaux à l'unité. (De la Baume Pluvinel, Le temps de pose.)

1)2 CHAPITRE Vr. — COMBINAISON DKS FACTEURS.

C'est pourquoi nous avons jugé préférable de laisser à chaque opérateur le soin de se renseigner, par une expérience personnelle, sur la rapidité du tjpe de plaques dont il compte faire usage. Ce qui ne l'empêchera pas, ce point de départ acquis, de recourir avec avantage au sensitomètre et à la Table X, quand il voudra comparer à ses plaques habituelles les autres marques du commerce.

Il nous reste à nous occuper du mouvement du sujet à reproduire, et par conséquent des poses instantanées.

Ces deux mois pose et instantanéité paraissent contradictoires et le langage courant les oppose l'un à l'autre.

Au fond, cependant, un instant, si court soit-il, a toujours une durée quelconque, et l'instantanéité ne désigne pas autre chose que des poses trop courtes pour être réalisées sans le secours d'un appareil spécial, V obturateur, combiné de façon à démasquer et à recouvrir l'objectif avec une rapidité que la main de l'opérateur ne saurait atteindre.

Ces poses sont celles inférieures à j de seconde. Dans la pratique ordinaire de la photographie, elles varient de |^ à 3^ de seconde, c'est-à-dire dans la proportion de 1 à 60.

Poser une fraction de seconde, c'est toujours poser, et, en théorie du moins, une détermination rigoureuse du temps de pose est d'autant plus indispensable que celui-ci est plus court, le moindre écart prenant alors une grande importance relative.

Le mouvement du sujet à reproduire est un facteur du temps de pose 5 car il est de toute nécessité, lorsqu'on veut photographier des corps en mouvement, que la durée de l'exposition soit assez brève pour que le déplacement du sujet ne soit pas visible sur le cliché.

L'idéal serait que, lorsque ce facteur entre en ligne, il n'en fût pas moins tenu compte de tous les autres, et que la pose nécessaire

pour obtenir une netteté suffisante fût en même temps la pose indiquée par la combinaison des divers coefficients.

Cet idéal peut quelquefois être atteint, grâce à un emploi judicieux des diaphragmes, quand le mouvement du sujet est peu rapide, l'éclairage puissant, l'objectif lumineux, et la plaque très sensible.

Mais le plus souvent le mouvement du sujet devient, en quelque sorte, une cause perturbatrice des autres éléments de la pose, celleci ne pouvant être assez prolongée pour qu'ils reçoivent une complète satisfaction. Ils sont alors sacrifiés, en partie, à la nécessité impérieuse d'obtenir une image nette, et le temps de pose normal est plus ou moins réduit. De là, l'obligation de faire appel à toutes les ressources d'un développement énergique pour obtenir un cliché satisfaisant.

Si même la vitesse du sujet dépasse une certaine limite, il devient impossible d'obtenir à la fois la netteté et une impression suffisante.

11 y a donc, au point de vue qui nous occupe, deux questions à examiner en matière d'instantanéité :

i" La rapidité de pose nécessaire à la netteté de l'image, suivant le mouvement du sujet à reproduire;

2" Les conditions dans lesquelles cette rapidité permet d'obtenir une impression suffisante à l'obtention d'un bon négatif.

La solution théorique de la première question est fort simple.

On constate, d'une part, que, pour qu'une image apparaisse suffisamment nette sur un cliché de petites dimensions, il faut que pendant la pose elle ne se soit pas déplacée sur la plaque de plus de -^ de millimètre.

D'autre part, l'étendue de ce déplacement dépend :

i" De la vitesse propre du sujet;

2" De la distance qui le sépare de l'appareil, car, plus cette distance augmente, plus sa vitesse apparente diminue^

3" De sa direction plus ou moins normale à l'axe de l'objectif; la vitesse angulaire atteint son maximum quand le sujet se meut perpendiculairement à l'axe; elle diminue si le mouvement devient oblique, et elle se trouve réduite au minimum s'il devient parallèle;

4"* De la longueur focale de l'objectif; plus cette longueur

s'accroît, plus un même déplacement apparent du sujet entraîne d'amplitude dans le déplacement de l'image sur la plaque.

En un mot, la netteté est en raison inverse de la vitesse apparente du sujet et de la grandeur de l'image.

Entre cette vitesse et le déplacement sur la plaque, il y a donc le même rapport qu'entre la dimension du sujet et celle de l'image.

Or, la dimension de l'image est égale à la réduction du sujet (* ), et Ton sait que cette réduction est donnée par le nombre de longueurs focales moins une qui séparent Tobjectif du sujet : l'image d'un corps situé à 26 fois la longueur focale est une image au 2^.

Si donc l'on connaît la vitesse du sujet à reproduire, il est facile de calculer, en supposant sa direction normale à Taxe de l'objectif, la pose qu'il faudra adopter, suivant la distance, pour que le déplacement sur la plaque ne dépasse pas -^ de millimètre (-).

La Table ci-après donne, en chiffres ronds, les résultats de ce calcul pour les vitesses inférieures à 1 3'" par seconde et les distances supérieures à i5 fois la longueur focale (i5 F).

Au delà de 12"* par seconde pour la vitesse, et en deçà de 16 F pour la distance, il faudrait recourir à des poses irréalisables avec les obturateurs portatifs et qui, d'ailleurs, ne laisseraient pas à la plaque le temps de s'impressionner.

( ^ ) En Photographie instantanée, on ne peut faire que des réductions; les agrandissements directs et même les reproductions de grandeur naturelle sont impossibles.

(=*) Soient

i" V la vitesse de translation du sujet, c'est-à-dire son déplacement en mètres

par seconde; 2" D la distance du sujet à l'objectif, en mètres; 3" F la longueur focale principale de l'objectif, en mètres; 4° o l'angle que fait l'axe principal de l'objectif avec la direction du mouvement

du sujet; 5° (1) la longueur tolérée, en mètres, du déplacement d'un point de l'image sur

la plaque pendant l'exposition; 6*» S et I les dimensions respectives du sujet et de son image,

le temps de pose T est donné par les formules :

KVsui'f

I V sin cp

OG

Taiîle Durées maxima des poses instantanées selon la

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