‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 106 sur 221 · I. LE CHEVAL · texte numérisé non relu

I. LE CHEVAL

Nous avons dit que les peaux de cheval étaient coupées en 2 et que le devant était destiné comme cuir à chaussure ; nous allons en suivre le corroyage.

On commence par le foulage, on le draye avec le couteau à revers pour enlever les chairs, on le rebrousse, on le crépit, on met au vent et on retient comme à l'ordinaire. On met en huile avec un mélange d'huile de poisson, de dégras et de suif à parties égales, que Ton applique du côté de la chair. On se trouve très bien d'appliquer une nourriture un peu forte au foulon. On fait sécher sur la mise en huile, on dégraisse, on effleure, et on passe en noir du côté de la fleur. On potasse avec une eau contenant 125 grammes de potasse par demi-seau d'eau; cette préparation dégraisse la fleur et l'humecte pour la faciliter à prendre le noir. On donne un premier noir, on essore sur la perche, on applique une couche de dégras plus clair sur la fleur, on fait sécher, on potasse et on donne un second noir. Après sèche complète, on abat les peaux, on les couche sur la table, la fleur dessus, on les retient en les mouillant et on recharge avec de l'huile de poisson et du dégras (15 p. 100 de ce dernier). On met les peaux en pile pour laisser la graisse pénétrer, on les blanchit à l'étiré, on les cire, les passe en pâte ou en poudre et les passe en dernière colle, comme le veau ciré, du côté de la chair.

Ici le finissage est moins beau que les veaux, croûtes et croupons cirés; on y porte aussi moins d'attention. La pâte se fabrique en faisant bouillir pendant trois heures consécutives 1 kilo de colle de peau de gant avec 800 grammes d'huile de poisson, en rempla-

çant l'eau au fur et à mesure qu'elle s'évapore. On obtient une matière gélatineuse grasse que Ton passe sur la peau; si elle est trop molle, on la mélange avec 10, 15, 20 p. 100 de suif broyé et autant de nouvelle gélatine. La dernière colle doit être plus grasse que pour les veaux. On y mélange plus de saindoux avec 1 ou 2 jaunes d'œufs pour lier et éclaircir.

La partie de derrière se travaille un peu différemment.

Après le foulage, la mise au vent, le retenage, on les met en huile du côté de la chair, avec du dégras et de l'huile de morue, et du côté de la fleur avec de l'huile de morue seule, on sèche, on rebrousse, on crépit, on donne une seconde huile de la même manière que la première ; on place les peaux chair contre chair, les unes sur les autres, pendant quinze jours. On les rebrousse et crépit en travers et droit, on les draye pour bien les égaliser, on les déborde, on monte le grain et on termine par un finissage en blanc ou en ciré, complet.

1° Les peaux sont d'abord ramollies par un trempage dans l'eau pendant vingt-quatre heures et foulées aux pieds 3 à 3 ; on emploie aussi la bigorne ou la claie. Le mieux est de se servir du foulon. On les bute sur le chevalet au couteau rond; on les essore par un pendage, ou mieux par la presse hydraulique. On les passe en dégras avec 3 à 4 kilos par douzaine pesant 10 kilos.

Le dégras que l'on emploie pour la chèvre est clair; quelques fabricants ne craignent pas d'employer des huiles végétales. Voici quelques compositions :

i. — CHÈVRE

Dé gras.

Suif

Huile de coton. .

Dégras artificiel.

Suint

Suif

Moellon. . . . Huile de colza.

Suif

Huile de morue.

Huile de colza. . .

Huile de lin. . . .

Moellon

Huile de baleine. .

Suif

On foule les peaux, on les décrasse à l'étiré, on leur donne le grain avec la paumelle, on les dégraisse par un potassage à la brosse avec une dissolution de potasse (125 grammes par seau d'eau). On les crépit de cul en tête et de travers, la fleur en dessus, ce qui fait monter et arrondir le grain. Ensuite, on les esparre en les frottant sur la fleur avec la sparte roulée et tressée. On essuie avec le bluteau, on donne un noir; on met les peaux en pile, fleur sur fleur; une heure après on donne un second noir; on met les peaux en pile par groupe de 6, on retourne la pile, on essuie fortement la fleur avec le bluteau, on étend et on laisse sécher aux trois quarts ; on donne un troisième noir, on les essuie ensuite à la roulette (bande de laine roulée), on étend les peaux et on les fait sécher complètement.

On les corrompt des 4 quartiers, on passe dessus la fleur une couche de bière, on donne un coup de sparte de queue en tête pour abattre les peaux, on déborde, on pare à la lunette, on corrompt de 2 quartiers et on lustre à Fépine-vinette. Ce lustrage ou piéçage s'exécute au moyen d'un morceau de laine qu'on nomme pièce, que l'on trempe dans Fépine-vinette et qu'on passe fortement sur la peau, en le tenant dans la main droite fermée; on pièce de tête en queue, de queue en tête et en travers; on doit frotter jusqu'à ce que la pièce soit presque sèche et que le brillant commence à monter. On donne un coup de roulette de queue en tête, on redresse à la paumelle de queue en tête et en travers et on recharge avec de l'huile de lin claire et bien épurée, lk,500 par douzaine.

2° Une seconde méthode de préparation des peaux de chèvre est la mise au tonneau. On brosse avec de l'eau la fleur de 2 peaux, on les applique l'une contre l'autre, fleur contre fleur, on les plie en 2, puis en 4; on les foule à la bigorne. On les crépit de queue en tête et de travers. On les met dans un tonneau, une douzaine à la fois, on les foule à la bigorne, au sein de l'eau; on les étend sur un marbre avec l'étiré et on les fait sécher aux trois quarts. On les étend sur le marbre, on les asperge avec un peu de solution de potasse étendue, on les met au vent de chair, on les esparre ou jonce, on les étire, on les essuie à la roulette, on donne un noir, on les fait sécher, on donne un second noir, on

les essuie avec la roulette, on les corrompt de queue en tête, avec le liège ou la paumelle, on déborde les peaux avec le couteau à revers, on les pare, les essuie, les redresse de queue en tête ou des 2 quartiers et enfin on les éclaircit à l'épine-vinette.

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