‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 114 sur 221 · II. — APPLICATION DU VERNIS · texte numérisé non relu

II. — APPLICATION DU VERNIS

1. — Opérations préalables. — Les peaux employées pour fabriquer le vernis doivent être des peaux bien tannées ; on les refend généralement en tripe, quelquefois tannées.

Les peaux subissent les opérations du crépissage, du rebroussage, de la mise au vent, du retenage, de la mise en huile, du dégraissage, de l'effleurage, du blanchissage, du débordage et du grainage des 4 faux quartiers.

La mise en huile demande des précautions particulières ; il faut que le dégras soit exempt de suif et il ne faut pas en mettre trop sur les peaux; la proportion de 20 p. 100 est suffisante. Un excès de dégras empêche le premier apprêt de bien sécher et ternit le vernis par des nuages graisseux.

2. — Apprêtage. — L'apprêtage a pour but de boucheries trous de la peau, de l'unir par des ponçages successifs et de donner le fond.

On commence par Y encollage. La peau est étendue sur la table, la chair en dessus, on y passe une couche légère de colle de peau de gant préparée comme nous l'avons expliqué au ciré, mais dans la proportion de 1 de peau de gant pour 10 d'eau ; l'application se fait comme un passage en dernière colle. On fait sécher à Fétuve à 25 degrés. On passe dessus une pierre ponce fine et bien douce pour unir et doucir la peau.

CUIRS VERNIS 333

On passe à la coloration. On passe à la surface de la peau une couche d'une solution alcoolique de bleu d'aniline ou mieux une solution aqueuse de violet d'aniline, au moyen d'une éponge ; on laisse sécher à l'air d'abord, à l'étuve ensuite.

On donne ensuite Y apprêt. L'apprêt se compose avec :

Huile de lin cuite 100

Blanc de plomb 2

Blanc de Meudon (craie) 2

INoir léger extra 4

Les peaux sont tendues sur des cadres. On y applique l'apprêt avec une raclette en acier, on porte à l'étuve pour sécher (cette étuve est maintenue à la température de 18 degrés), après deux jours on fait la même opération et on laisse sécher trois jours; enfin on redonne une troisième couche d'apprêt qu'on laisse sécher quatre jours.

On ponce la peau avec la pierre ponce pour bien unir la surface. On redonne un apprêt en deux temps, puis un ponçage ; eniln un dernier apprêt seul et un ponçage raffiné. La couche huileuse ne doit pas pénétrer trop avant dans la peau, sans quoi la quantité énorme de petits tubes capillaires formés par elle une fois sèche seraient cassants et empêcheraient complètement le liage du ver-, nis à la peau ; la couche d'apprêt étendu au-dessus de la peau doit être relativement mince.

On donne Y apprêt en second, composé de :

Huile de lin cuite 100

Noir de fumée fin 8

Violet d'aniline 1

Alcool 3

Essence de térébenthine oO

On mélange à chaud, 60 degrés environ, l'huile de lin et la solution de violet d'aniline dans l'alcool, puis on incorpore le noir dans le tout, on mélange intimement au broyeur et on délaye le tout avec l'essence pour le rendre plus liquide.

On donne 3 couches successives de cet apprêt avec la queuede-morue, pinceau à longs poils doux, pour faire un fond bien noir, uni, glacé, liant et souple» Chacune de ces couches est séchée à l'étuve.

3. — Ponçage mécanique. — Le ponçage se fait généralement à la main, mais les grandes manufactures ont des ponceuses mécaniques qui font d'excellent travail. Telles sont les machines Sénat, Jesson, Sueur, Soyer, etc.

Elles consistent en une pierre ronde fixée à l'extrémité inférieure d'un axe vertical creux tournant au centre d'un grand bâti en forme de voûte entre les montants duquel se trouve la table sur laquelle les ouvriers présentent le cuir successivement dans toutes ses parties. Au-dessous de la pierre se trouve un disque qu'une pédale fait monter plus ou moins pour exercer sur le cuir, au moment du travail, une pression plus ou moins grande. On peut faire tourner la pierre ponce elle-même ou la remplacer par un disque lisse en saupoudrant la peau avec delà ponce pulvérisée. La pierre peut avoir un mouvement de va-et-vient, ou se promener seule sur toute l'étendue de la peau, à la volonté de l'ouvrier qui la dirige. Cette disposition est généralement adoptée aujourd'hui.

4. — Vernissage. — Après le dernier ponçage on fait le ponçage fini avec de la pierre ponce en poudre impalpable que l'on passe au tampon de laine.

La peau est clouée ensuite sur une table horizontale recouverte d'une épaisse couverture de laine doublée de papier pour prévenir les taches, on étend le vernis, dont nous avons donné la composition, avec la queue-de-morue. On passe 3 couches. On sèche dans une étuve chauffée à 50 degrés.

Pendant le vernissage on doit redoubler de précautions pour empêcher que les poussières ne viennent souiller le cuir. Le séchage complet demande vingt-quatre à trente-six heures.

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