X . LE S E X T l\ A I T S T A N X A X T S
\ . — Fabrication. — Les extraits ont pour but de séparer la partie tannante et soluble des végétaux du bois, du ligneux et autres matières insolubles et d'obtenir ainsi un produit qui, sous un volume donné, renferme davantage de tannin, plus facilement soluble dans l'eau.
La fabrication des extraits est simple en théorie; l'acide tannique et les matières utiles au tannage sont solubles dans l'eau. Les écorces ou les bois, préalablement soumis au broyage ou au déchiquetage (voir ci-après : Trituration des matières tannantes), son1 soumis, par macération, décoction ou filtration, à l'action de l'eau froide ou chaude, dans de grandes cuves renfermant jusqu'à .3,000 kilos de matières.
Elles sont généralement disposées en batteries, de façon à épuiser complètement, par voie méthodique, les matières tannantes. Ce lessivage peut se faire: d° à chaud, sous pression dans des autoclaves, sans pression dans des cuves à circulation ou dans des cuves ouvertes avec élévation des jus par des pompes; 2° à froid, dans dés cuves en gradins, dans des cuves à circulation, dans des cuves avec agitateurs, verticaux ou horizontaux, dans des cuves sous pression d'acide carbonique ; 3° à tiède, avec la vapeur d'échappemenl ou avec «les régulateurs de pression.
On augmente quelquefois la faculté dissolvante de l'eau en addil ionnanl I p. 1 00 de borax.
Les jus sont soumis à la clarification pour diminuer autant qu'il esl possible les matières colorantes et insolubles, dissoutes par l'action d'une chaleur trop forte ou trop prolongée. On obtient ce
résultat par l'emploi de moyens mécaniques, physiques ou chimiques qui présentent malheureusement, à un degré plus ou moins grand, le grave inconvénient d'entraîner une perte notable de tannin.
Un système de turbinage a été proposé par la Société civile des études sur les extraits tanniques, en 1884.
Le froid avait semblé donner de bons résultats, mais l'appauvrissement des jus est aussi notable ; le noir animal (Vourloud) est inemployable.
Les moyens chimiques ne manquent pas; il y a eu beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. Par le collage au sang (Gondolo) à la caséine (Morand) à l'alumine en gelée (Coëz) ; les sulfites (Gondolo), les hydrosulfites (Schutzenberger et Lalande), l'hyposulfite d'alumine (Doutreleau), le chlore (David) le chlorure d'étain (Serrière), l'acétate de plomb (Levinstein), l'eau oxygénée (Villon), etc.
Les jus ainsi obtenus ont 4 ou 5 degrés Baumé ; on les concentre dans des appareils en cuivre, sous l'influence du vide, de manière à leur faire marquer 20°, 25°, 30°, 35° Baumé, et jusqu'à 55° ou 50° pour les avoir secs.
Les extraits en poudre s'obtiennent en pulvérisant l'extrait sec sous des meules verticales ; cette opération n'a pour but que de les rendre plus solubles.
Les extraits en paillettes sont obtenus en faisant couler de l'extrait à 30° Baumé sur une série de toiles métalliques disposées les unes au-dessus des autres à 10 centimètres de distance ; 8 à 10 toiles suffisent. Un courant d'air chaud les traverse de bas en haut et l'extrait coule lentement de haut en bas et, arrivé à la dernière toile, il est en fils solides que l'on coupe de longueur. Quelquefois on y fait couler de l'extrait chaud à 45° Baumé.
Les principaux extraits que l'on rencontre dans le commerce sont ceux de châtaignier, dequebracho, dechêne, de hemlock, d'écorce de chêne qui sont les plus importants, auxquels on doit ajouter ceux de sumac, d'écorce de sapin, de saule, de pin d'Alep, de mimosa, de dividivi, de valonée, de noix de galle, et de myrobolans.
2. — Analyses. — Los extraits commerciaux renferment les quantités suivantes de matières tannantes el non tannantes.
M AT' ÈRE
MATIÈRE