‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 75 sur 221 · V, CHARGE DU CUIR TANNÉ · texte numérisé non relu

V, CHARGE DU CUIR TANNÉ

La charge des cuirs, qui se pratique assez souvent, est une fraude que l'on ne saurait trop punir à tous les points de vue ; nous n'en parlons que pour mettre les fabricants à l'abri de ces manipulations malhonnêtes.

1. — Recharge à l'huile. — Quelques tanneurs, surtout les fabricants de cuir mou, sont dans l'habitude de charger leur cuir au sortir de fosse avec de l'huile de baleine ou de morue. Avec une éponge ils passent 5, 10, 20 kilos d'huile sur les peaux et ils les envoient à la sèche ; le rendement est augmenté de 5 p. 100 et plus.

2. — Charge au glucose. — On applique une solution sirupeuse et chaude de glucose sur les cuirs du côté de la chair, on empile les cuirs chair contre chair, pendant vingt-quatre heures, la solution pénètre dans le cuir entièrement, après quoi on applique une seconde couche, ou on sèche et finit. Le séchage doit être rapide pour éviter toute fermentation. On le fait ordinairement à 50 degrés en

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six à huit heures. Pendant cette opération les cuirs prennent 10 à 45 p. 100. Le cuir ainsi fabriqué craint beaucoup les moindres traces d'humidité et devient mou. De plus, il attire les mouches; on remédie à cet inconvénient en ajoutant au sirop de glucose, une dissolution concentrée de quassia amara.

3. — Charge au sulfate de magnésie. — Ce sel était tout indiqué pour remplir le but ; son bon marché et sa non-hygroscopicité ont fait le jeu des fraudeurs; on fait tremper les peaux dans une dissolution concentrée de sulfate de magnésie, on sèche à la température ordinaire. Les cuirs chargés par ce moyen ne deviennent pas mous comme avec le glucose ni ne coulent pas.

On a eu l'idée de combiner les deux procédés et de faire un mélange à parties égales de glucose et de magnésie en solution dans l'eau, dont on imprègne le cuir; on sèche à l'air, d'abord, puis à 50 degrés ensuite. On peut faire absorber à un cuir 25 p. 100 de son poids.

4. — Charge au chlorure de baryum. — Cette charge est très fréquente parce que ce sel est bon marché, lourd, facilement soluble dans l'eau, incolore et laisse intacte la peau dans laquelle on l'incorpore. On met les peaux dans de grandes cuves dans lesquelles on a mis la solution plombante ; on les laisse tremper vingt-quatre heures, on les lave, on les laisse sécher lentement. Comme il se forme à la surface des cuirs des efflorescences blanchâtres, on étend le cuir et on le lave des deux côtés avec une éponge peu mouillée que l'on essore souvent.

5. — Charge au sulfate de baryte. — On fait baigner les cuirs dans une solution de chlorure de baryum, comme ci-dessus, puis on les plonge dans une autre cuve contenant une dissolution de sulfate de soucie: il se produit une double décomposition, il se forme du sulfate de baryte insoluble, lourd, finement divisé, qui adhère fortement aux fibres de la peau.

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