‹ Traité pratique de la pneumonie aux différens agesChapitre 3 sur 103 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Sans négliger l’élude des maladies rares et des cas exceptionnels qui se sont présentés à mon observation, j’ai pourtant toujours dirigé plus spécialement mon attention vers les maladies les plus communes, parce que ce sont celles qu’il nous importe le plus de connaître à fondj à ce titre, la pneumonie a été de bonne heure l’objet de mes recherches et de mes méditations. Cette maladie est, en effet, l’une des plus fréquentes et des plus meurtrières, non seulement dans ce climat, mais probablement aussi dans la plus grande partie du globe ; elle sévit à tous les âges de la vie , atteint meme l’enfant qui n’a pas encore vu le jour, et compte de nombreuses victimes dans toutes les conditions sociales. Enfin l’étude clinique a démontré, que la pneumonie était une des complications les plus communes des autres maladies, et la cause la plus fréquente des morts accidentelles qui frappent les individus atteints de quelque affection aiguë et chronique.

On doit supposer qu’une maladie qui survient ainsi dans des conditions individuelles et extérieures si opposées, ne se présente pas toujours avec les mêmes caractères extérieurs, avec la même physionomie j il est évident aussi, qu’en raison de ces mêmes circonstances , son pronostic doit varier, et que les indications que sa thérapeutique réclame doivent^beaucoup différer, et ne peuvent être soumises à aucune règle fixe. Cependant il est quelques personnes qui semblent être persuaaées du contraire, et qui nous donnent à chaque instant la pneumonie comme le type des maladies les mieux

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avant-propos.

connues dans ses causes, ses symptômes et son traitement. Une pareille opinion est évidemment erronée ; les personnes instruites , celles, par conséquent, qui savent apprécier les difficultés de la pratique, sont certainement d’un avis contraire, et la lecture de ce livre prouvera d’ailleurs , je pense, quelles ont tout à fait raison.

L ouvrage que j offre aujourd’hui à mes confrères est le fruit d un travail auquel je me suis livré avec persévérance depuis plus de six années. C’est un résumé de 373 faits particuliers : les uns ont été recueillis pendant les deux années où je remplissais les fonctions de chef de clinique auprès de M. le professeur Chomel; les autres ont été observés à l’Hôtel-Dieu, dans le service de mon respectable et savant maître M. Gaillard et dans les salles de MM.Honoré etGueneau de Mussy. Enfin ayant dirigé, pendant l’année 1840, l’un des services les plus nombreux de l’Hôtel-Dieu (annexe), j’ai pu recueillir encore 100 nouveaux faits, qui m’ont permis de compléter mes anciennes recherches.

Ges 373 observations se divisent en deux groupes: il y en a 304 qui sont relatives à des cas de pneumonies primitives, q’est à-dire survenant chez des individus habituellement bien portans , ou qui du moins , ne sont actuellement atteints d’aucune maladie graves les 69 cas qui restent appartiennent au contraire à des pneumonies qui se sont déclarées chez des individus déjà affectés de quelque affection aiguë ou chronique grave. Je nommerai les premières pneumonies primitives^ les secondes seront étudiées sous les nom de pneumonies secondaires ou consécutives.

Tous les faits dont je parle ont été recueillis par moimème au lit des maladesj l’on verra plus tard les précautions

AVANT-PBOPOS.

que j'ai prises pour arriver à la connaissance de certaines

questions symptomatiques et d’étiologie. C’est aussi d’après l’analyse la plus exacte possible de ces diverses observations particulières, que j’ai étudié toutes les questions qui se rattachent à l’histoire de la pneumonie.

Je n’ai point à justifier ici la méthode que j’ai suivie dans la coordination des faits que j’ai réunis pour ce travail, car aujourd’hui tous les bons esprits sont unanimes pour reconnailre, qu’il n’y a qu’une seule manière d’arriver à quelque résultat positif; c’est après avoir réuni un nombre suffisant de faits exacts, de rapprocher entre eux ceux qui se ressemblent l&pluSj de les analyser, de manière à ce que les corollaires qu’on déduit résultent uniquement de la comparaison etde la numération des cas particuliers. Cependant, si jecrois pouvoir affirmer que mes observations sont exactes, je dois convenir pourtant qu’il en est beaucoup d’incomplètes, c’està-dire qui ne contiennent point tous les détails dont j’avais besoin pour lasolution des problèmes que je devais résoudre. Voilà pourquoi les divers résultats que j’indiquerai par la suite^ ne s’appuieront pas sur le rriéme nombre de faits, puisque j’ai dii nécessairement écarter momentanément tous ceux qui ne pouvaient me servir de renseigncmens sur les questions que j’étudiais.

Quoique je me sois efforcé d’appuyer toutes mes opinions sur des résultats numériques, j’ai tâché cependant, pour rendre la lecture de mon livre moins ennuyeuse ou moins pénible^ de dissimuler les chiffres, ou plutôt de les disséminer le plus possible. C’est ainsi que j’ai évité, autant que j’ai pu le faire, de donner des tableaux dans lesqiuds on résume sèchement en chiffres, ou par des formules algébriques,

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