‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 47 sur 264 · Exeat · texte numérisé non relu

Exeat

La parotidite purulente canaliculaire est une forme de parotidite assez rare et assez peu connue pour que nous ne passions pas sous silence le fait suivant, que nous avons eu occasion d’observer à l’hôpital Lariboisière.

Obs. 357. — Parotidite purulente canaliculaire. — Munier (François), 32 ans, est entré le 8 novembre 1856 à l’hôpital Lariboisière, salle Saint-Augustin, n° 27.

Get homme est affecté depuis sa seconde enfance d’un catarrhe parotidien présentant d’une manière périodique des exacerbations qui mettent le malade dans la nécessité d’interrompre momentanément ses travaux. Ces recrudescences se manifestent habituellement tous les ans, mais depuis un certain nombre d’années, le malade s’aperçoit qu’elles vont en diminuant d’intensité.

A chaque exacerbation, le tissu de la glande augmente rapidement de volume, devient turgescent et très-sensible au toucher. Quand on appuie extérieurement sur la parotide et quand on fait ouvrir la bouche au malade, on voit sourdre de l’orifice du conduit de Sténon sur la muqueuse buccale une goutte d’un liquide muco-purulent qu'on peut recevoir sur l’ongle.

Le malade n’est soumis à aucun traitement spécial ; seulement, on applique en permanence des cataplasmes sur la partie affectée.

Le 13 novembre, c’est-à-dire, au bout de cinq jours, le malade va beaucoup mieux; les symptômes inflammatoires sont tombés, et la sécrétion purulente est très-notablement diminuée. Le malade demande sa sortie. Exeat.

L’observation qu’on va lire est un cas très-curieux de parotidite purulente canaliculaire. On trouvera dans ce fait l’exposé des caractères diagnostiques à l’aide desquels on peut reconnaître cette forme de suppuration parotidienne. Si d’une part on presse sur la parotide malade et si l’on regarde en môme temps dans la bouche, on voit du pus suinter à l’orifice du canal de Sténon. En essuyant par l’intérieur de la cavité buccale la traînée purulente et en pressant de nouveau sur la glande, on voit apparaître sur la muqueuse une nouvelle gouttelette de pus.

Obs. 358. — Parotidite purulente canaliculaire. Traitement général. Amélioration. — Adrien (Charles), 34 ans, ébéniste, est entré le 17 mai 1856 à l’hôpital Lariboisière.

Cet homme a eu, il y a huit ans, des chancres indurés dont il a été traité et guéri par les mercuriaux. Il ne présente aujourd’hui aucun accident syphilitique.

Il y a six semaines environ, il s’est aperçu de l’existence d’une tumeur siégeant à la région parotidienne gauche, tumeur qui augmente insensiblement de volume jusqu’au moment de l’entrée à l’hôpital.

18 mai. — On reconnaît que la région parotidienne gauche est le siège d’une tumeur assez volumineuse. Si l’on presse sur cette tumeur et si Ton regarde en meme temps dans

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la bouche du malade, on voit du pus suinter à l’orifice du canal de Sténon. Si l’on essuie par l’intérieur de la bouche la traînée purulente en pressant sur la glande, on voit apparaître aussitôt une nouvelle goutte de pus. Cela prouve que le liquide purulent est fourni par le canal excréteur de la glande. La parotide se dessine très-nettement et l’on sent le canal de Sténon à travers la peau. Le malade a le teint pâle, comme cela a lieu dans la cachexie buccale. On prescrit des frictions sur la tumeur avec la pommade d’iodure de potassium, l’iodure de potassium à l’intérieur et un gargarisme boracique.

20. — En pressant sur la parotide, on fait encore sortir du pus, mais on voit ensuite paraître le liquide propre de la glande.

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