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Un abcès de nouvelle formation commence

18. — La collection purulente a rouvert l’ancienne plaie et s’est fait jour par cette voie. ii Cataplasmes.

il 9 et 20. — Ventouse.

23. Il s’écoule encore beaucoup de pus par l’ancienne ouverture. Le nouvel abcès est Tonné; incision; large ventouse; issue de beaucoup de pus mêlé de sang.

Le pus s écoule toujours. On continue les lavages ; on place une canule de caoutchouc en Y.

3 avril. 11 sort encore du pus. Exeat, sur la demande de la malade.

La distinclion que nous avons établie des abcès glandulaires du sein en abcès interstitiels ou interlobulaires, et en abcès canaliculaires, veut etre justifiée par des exemples. C’est dans ce but que nous rapporterons les observations suivantes qui se rattachent à des cas d’abcès canaliculaires proprement dits.

Obs. 425. Abcès canaliculaire du sein gauche ; lavage ; occlusion; puis canules en Y; cataplasmes. Guérison. — Poterin (Flavie), 23 ans, couturière, est entrée à l’hôpital Lariboisière le 27 janvier 1855.

Cette femme est accouchée le 8 janvier 1855 et a allaité son enfant. Le 23 du même mois, des douleurs intolérables se sont manifestées dans le sein gauche et ont nécessité la suppression de l’allaitement.

28 janvier. — En examinant le sein malade, on trouve de la fluctuation et l’on reconnaît 1 existence d’un abcès profondément situé. La pression exercée sur l’organe malade fait sortir par les orifices du mamelon un lait mélangé de pus. On diagnostique un abcès intracanaliculaire. Une incision pratiquée sur le foyer, en donnant issue à un liquide laiteux et purulent à la fois, confirme ce diagnostic. On lave jusqu’à limpidité et. l’on panse par occlusion, dans l’espoir d’obtenir la réunion primitive.

29. — Les souffrances locales sont calmées; la malade a bien dormi. Eau de Sedlitz tous les deux jours.

30. — La douleur ayant reparu, on enlève le pansement et l’on constate la présence d’une grande quantité de pus qui s’est formée dans la cavité de l’abcès. On renonce au pansement par occlusion et l’on place dans l’ouverture une canule en Y que l’on recouvre d’un cataplasme.

On raccourcit la canule un peu tous les jours suivants.

Le 13 février. — On la supprime complètement.

i5. — La malade sort entièrement guérie.

Obs. 426. — Abcès profond parenchymateux du sein gauche. Abcès canaliculaire du sein droit. Drainage. Guérison. — Deniot (Françoise), 24 ans, piqueuse de bottines, est : entrée à l’hôpital Lariboisière le 13 mai 1856.

Cette malade est accouchée depuis deux mois environ. Elle a commencé à nourrir son : ! enfant, mais, souffrant depuis quelques jours du sein gauche, elle a renoncé à l’allaitement. Elle se plaint d’une douleur considérable dans ce sein, et Ton constate un abcès profond de la glande mammaire. Le foyer est ouvert par le trocart à drainage et une anse élastique établie dans sa cavité donne issue à une quantité considérable de pus.

Déjà la mamelle gauche est en voie de guérison, quand le sein droit devient à son tour le siège de douleurs profondes. On y perçoit une fluctuation non équivoque et la pression exercée sur différents points à l’entour de la collection fait sortir par plusieurs des conduits galactophores un lait mélangé de pus en assez grande quantité. Ces pressions méthodiquement répétées tous les jours amenèrent l’avortement de l’abcès et par suite la guérison du sein malade.

Quant au sein du côté opposé, il guérit par l’emploi du drainage continué avec persévérance, et le 21 juin 1856, la malade put sortir entièrement débarrassée de ses abcès.

Celte observation nous paraît offrir quelque intérêt, en ce sens qu’elle nous fournit un exemple tic guérison d’un abcès canaliculaire sous l’in* tluence de pressions exercées sur la glande. — Il est certain que, dans le cas d’abcès des conduits galactophores, si ces conduits étaient libres ou assez dilatés pour permettre l’expulsion méthodique de la matière

purulente, cette évacuation presque naturelle constituerait un mode de guérison bien préférable à ceux dont nous pouvons disposer. Malheureusement, ou bien la quantité de pus est trop considérable pour être expulsée à travers les canaux excréteurs, ou bien ces canaux, oblitérés par une circonstance pathologique quelconque, ne se prêtent pas aux manœuvres que nécessite l’emploi des pressions méthodiques. — On peut donc rarement compter sur l’efficacité de ce moyen. Mais il n’en doit pas moins être toujours tenté avant que l’on n’ait recours au trocart ou au bistouri.

Obs. 427. — Abcès canaliculaire du sein gauche. Drainage. Guérison. — Kélin (Marie- Louise), 31 ans, cuisinière, entre à l’hôpital Lariboisière le 3 janvier 1856.

Cette malade, accouchée depuis quinze jours, n’a eu aucun accident puerpéral et n’a pas nourri. Cependant, huit jours après l’accouchement, un abcès s’est formé sur le sein gauche.

Au moment où la malade entre à l’hôpital, l’abcès déjà ouvert laisse écouler par plusieurs petites fissures un pus verdâtre mélangé de quelques caillots laiteux. Comme l'abcès s’est vidé spontanément et qu’on ne peut admettre l’ouverture d’aucun conduit galactophore par l’instrument tranchant, la présence du lait dans le pus, auquel il donne l’aspect pâteux et filiforme du vermicelle, est un signe caractéristique de l’abcès intéro-mammaire canaliculaire. A cette circonstance il faut ajouter qu’en pressant le sein pour évacuer le pus on fait sortir celui-ci par les orifices du mamelon.

La suppuration est actuellement très-abondante et le toucher réveille des douleurs lancinantes.

La malade est endormie au chloroforme et soumise à l’opération du drainage. Une double incision est pratiquée et sert à établir dans le foyer un séton perforé qui donne issue au liquide purulent. Le sein malade est ensuite recouvert de cataplasmes.

5 janvier. — Suppuration très-abondante; le volume du sein a considérablement diminué.

10. — Le sein a perdu sa sensibilité morbide ; la suppuration commence à diminuer.

18. — La suppuration a presque cessé; il n’existe plus de douleurs à la pression; le volume du sein malade ne dépasse guère celui du côté sain.

22. — Le mieux a fait de nouveaux progrès ; la pression ne fait plus sortir que quelques gouttes de pus.

24. — La suppuration est complètement tarie; il y a encore un peu d’engorgement; mais plus de douleur. La malade sort en pleine voie de guéris.on.

Obs. 428. — Abcès canaliculaire du sein gauche. Drainage ; cataplasme. Guérison.

Lachaud (Geneviève), 39 ans, ouvrière, est entrée le 26 décembre 1854, à l’hôpital Lariboisière.

Accouchée le 1er décembre, elle ressent depuis cette époque des douleurs intolérables au sein gauche. On constate près du mamelon l’existence d’un abcès superficiel qui a entraîné le décollement et le sphacèle d’une partie, de la peau qui recouvre le mamelon. Ouverture et contre-ouverture qui permettent d’établir un séton perforé. Lavages; cataplasmes. On continue pendant quelques jours les lavages et les cataplasmes.

Les douleurs qui s’étaient d’abord apaisées reparaissent vers le 28 décembre, et deux points (luctuants indiquent la présence de deux abcès nouveaux et profonds. La pression exercee avec continuité sur ces points fait sortir par le mamelon un pus mêlé de lait. Cette circonstance dénote qu’il s’agit ici d’abcès intra-eanaliculaires, et l’incision pratiquée sur

c aque fojer, en donnant issue a un liquide lacto-purulent, vient confirmer cette supposition. 11

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