PRÉLIMINAIRES
1. Corps thermométrique et enveloppe. — Parmi les quelques liquides que l'on peut employer comme corps thermométriques ('), le mercure est, de beaucoup, celui qui remplit le mieux les conditions imposées par les thermomètres de précision. Sa faible dilatation rend, il est vrai, les variations de Tenveloppe très sensibles; mais, d'un autre côté, le g^rand intervalle de température dans lequel il reste liquide, la régularité de sa dilatation et la facilité avec laquelle on l'obtient dans un état de grande pureté sont autant de causes de supériorité sur les autres liquides
(») Voir Isidore Pierre, Recherches sur la Thermométrie et sur la dda talion des liquides, Gacn, iS'-S.
a THERMOMI^TRIE DE PRÉCISION.
en usage. Sa densité très élevée et le fait qu^il ne mouille pas le verre le rendent seul propre au calibrage des tubes étroits.
Le choix de l'enveloppe n'est pas aussi aisé. On rencontre, en eiTet, une grande difficulté dans la mesure des températures au moyen du thermomètre à mercure, par suite des anomalies que présente la dilatation du verre. Nous étudierons plus loin les lois de ces phénomènes; nous nous bornerons à indiquer sommairement ici en quoi ils consistent.
Une masse donnée de verre étant portée à une température supérieure ou inférieure à celle à laquelle elle a été précédemment exposée se dilate ou se contracte rapidement d^une certaine quantité; puis la variation de son volume se poursuit encore d'une manière appréciable, pendant un temps plus ou moins long, jusqu'à ce qu'un état stable soit atteint. On désigne cette propriété du verre (partagée par quelques autres corps, tels que le zinc et ses alliages, l'acier trempé, etc.), en disant qu'il possède des résidus de dilatation. Ces résidus se manifestent d'une manière frappante, surtout dans les variations du zéro des thermomètres (*), le volume du réservoir à la température de la glace fondante restant, pendant quelque temps, influencé par les variations qu'il a éprouvées. Lorsque le réservoir est resté dilaté par l'exposition à une température supérieure à o®, on dit que le zéro du thermomètre est déprimé; le thermomètre étant soumis à la température de o", son zéro remonte, et, lorsqu'il est arrivé à une position stable, on dit qu'il est rele\é. La dépression du zéro, pour une température /, est la différence entre sa position après que le thermomètre a été exposé à t^ et la position qu'il atteint lorsque le thermomètre demeure, pendant un temps prolongé, à la température dr la glace fondante.
Ces variations continuelles du zéro ont été pendant longtemps un obstacle à la détermination précise des températures; mais des recherches systématiques, entreprises depuis une quinzaine d'années, ont fait adopter un mode d'emploi des thermomètres par lequel on se libère presque entièrement de ces anomalies. Cependant les erreurs qui peuvent subsister dans l'évaluation des températures sont d'autant moindres que les résidus sont plus faibles.
(») Foir Chapitre I!I.