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CHEVALETS, COULEURS, BROSSES, ETC

HEVALETs. — Lc clievalet d’atelier le plus commode est le chevalet droit à vis fixe se remontant et descendant avec une manivelle : solide et pouvant par conséquent supporter des toiles un peu grandes, même avec leurs cadres, il a en outre l’avantage de présenter le tableau perpendiculairement au sol, ce qui donne la meilleure position pour travailler. Les chevalets de campagne les plus généralement adoptés aujourd’hui sont ceux à branches brisées glissant sous coulisseaux de cuivre et permettant de s’installer commodément sur un sol inénral.

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Couleurs . — Les couleurs à l’huile se trouvent aujourd’hui si bien préparées chez tous les marchands, qu’aucun artiste ne songe à les préparer lui-même. Nous recommanderons seulement de ne pas négliger de remettre le bouchon sur le tube après s’en être servi et d’en rouler l’extrémité à mesure qu’on pousse la couleur hors du tube, pour éviter quelle ne sèche.

Pinceaux et brosses. — On doit peindre le plus souvent à la brosse ; aussi faut-il avoir environ dix brosses pour deux pinceaux ; encore ces derniers doivent-ils être un peu torts de panse, afin d’éviter la sécheresse dans certaines lignes ou certains détails, particulièrement les branches. Brosses et pinceaux doivent avoir trempé quelques heures dans l’eau avant de servir, afin que le poil se regonfle ; autrement il se casse et adhère après le travail. En paysage, la brosse à poils courts est souvent préférable, parce qu’elle donne plus de fermeté au travail. Je ne puis passer sous silence l’emploi du blaireau, quia son utilité, mais qui présente aussi ses inconvénients. Le blaireau-

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tage rend le ton mou et nuit à la fermeté et au relief d’un paysage; aussi ne doit-on s’en servir que pour le ciel et les eaux : dans le ciel, pour avoir une exécution plus douce, qui donnera de la profondeur et de l’air ; dans les eaux pour obtenir la transparence des reflets. 11 faut, pour qu’un blaireau soit de bonne qualité, qu’il ait une grande souplesse et soit muni d’un manche un peu fort.

Palette. — La palette de bois et surtout celle de noyer est la meilleure; elle doit toujours être nettoyée avec le plus grand soin; aussi est-il urgent à l’atelier d’en avoir deux, afin de pouvoir transporter l’excédent des couleurs de la palette dont on vient de se servir sur une autre pour la laver à l’essence entièrement. Beaucoup d’artistes vous diront que leur palette n’est point passée à l’essence, mais simplement essuyée au chiffon. Je crois que cela est nuisible pour un commençant, parce qu’il reste toujours un ton général d’une gamme fausse et qui modifie plus ou moins le ton que l’on cherche .

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Couteau a palette. — Il doit être large et souple ; la forme coudée de la truelle est préférable à la forme droite, parce qu’elle permet l’emploi d’une plus grande largeur, et que l’on ne se sert guère du couteau à palette pour les grandes surfaces.

PiNCELiER ET GODETS. — La palctto doit être accompagnée d’un double godet destiné à contenir, d’un côté, l’huile, de l’autre, le siccatif. Le pince lier dans les boîtes de campagne se trouve à droite et muni au milieu d’une lame de zinc destinée à faire sortir la couleur de la brosse lorsqu’on la nettoie. A l’atelier, on peut avoir un pincelier à passoire ou un pot à essence de forme ronde et muni d’une anse, car il ne faut point ménager l’essence, ainsi que nous le verrons plus tard. D’ailleurs, l’essence de térébenthine peut servir fort Ibntemps, à la condition de la tenir bien fermée; une fois les brosses lavées, il suffît de décanter l’essence dans un autre vase ; la couleur, étant plus lourde, reste au fond et ne retire aucune des qualités de l’essence.

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Appui-main. — L’usage de rappui-main est presque indispensable pour la peinture, et, si je l’ai rejeté bien loin pour le dessin, afin d’obtenir une grande sûreté de main, je crois qu’on ne peut guère s’en passer pour peindre; il est même remarquable qu’on s’en passera plus facilement en dessinant au pinceau des traits fins qu’en peignant largement avec la brosse. A l’atelier, l’appui-main ordinaire en bois blanc suffit ; à la campagne, on devra se munir de l’appui-main brisé à viroles de cuivre.

Huiles et essence. Siccatifs. — Pour la peinture de paysage ou il faut simplifier le matériel le plus possible, puisqu’on doit le transporter souvent, on peindra simplement à l’huile, c’est-à-dire en délayant la couleur avec l’huile d’œillette de son godet, et cela surtout pour l’ébauche : une pointe de siccatif de Courtray pour les laques fera sécher plus vite votre ébauche ; mais on doit l’éviter dans tous les tons où il entre des terres ou du blanc. Néanmoins, et seulement pour les ébauches, c’est-à-dire pour les tons de dessous,

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qui doivent être entièrement recouverts de tons nouveaux, on pont composer une sauce faite de deux parties d’huile pour une partie de siccatif.

Il arrive souvent qu’après avoir laissé reposer quelques jours une toile peinte à l’atelier et surtout en plein air, la couleur se recouvre d’une teinte mate qui en change l’aspect. C’est ce qu’on nomme l’embu. Cet embu disparaît sitôt le tableau verni ; mais souvent aussi on désire y faire quelques retouches, et c’est alors qu’il est bon de se servir du medium de Robertson. On doit remployer très sobrement, en imbibant seulement un chiffon et en le passant légèrement sur les parties ombrées ; puis on fait les retouches, en employant le medium comme toute autre couleur. Quand le tout est bien sec, on passe le vernis à la brosse dite queue de morue. Il est très important que le vernis ordinaire qu on emploie soit très blanc et de première qualité ; autrement il bleuit facilement, et au bout de peu de temps on est obligé de l’enlever pour recommencer l’opération.

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Toiles et panneaux. — Je n’entrerai pas ici 'dans d’autres détails sur le côté matériel de la peinture, car je m’en rapporte à votre jugement. Soyez sobre de matériel, mais choisissez-le de bonne qualité, surtout pour vos toiles ou panneaux : prenez de préférence un grain assorti à la grandeur de votre tableau. Jusqu’à la toile de 10, soit 55 sur 46, prenez un grain plus fort. Mais en tous cas ces toiles doivent être montées sur châssis à clefs, qui permettront de les retendre au besoin. Quant aux panneaux, ie crois qu’il ne faut guère les employer, vu leur prix élevé, que pour de petites dimensions, et cela d’autant plus que, dès qu’ils atteignent une certaine grandeur, 50 centimètres, par exemple, le parquetage devient indispensable. Mais on fait aujourd’hui d’excellents petits panneaux minces, qui entrent dans la boîte à pouce, et qui sont fort commodes pour la pochade. Leur petite dimension permet d’en emporter un certain nombre et d’avoir ainsi la faculté de prendre, dans une même journée, plusieurs notes ou impressions.

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Enfin je vous conseillerai, si vous faites des études à peu près de même grandeur, d’avoir à l’atelier un ou deux cadres qui vous serviront de passe-partout, et qui permettront d’isoler complètement le travail. On ne saurait croire combien l’artiste se rend mieux compte dp ce qu’il fait de la sorte, et cela est tellement vrai qu’on arrive au bout de quelques années d’études à ne plus pouvoir terminer un tableau si l’on n’a pas son cadre.

Pour le matériel de campagne, il s’agit avant tout de le rendre léger et portatif. Mais l’outil indispensable est le parasol, car en plein soleil vous faites des études si noires que vous serez tout étonné, de retour à l’atelier, de n’y plus voir aucun détail. On fait aujourd’hui des boîtes complètes dites appareil de campagne, qui résument assez bien tout ce qu’il faut pour peindre d’après nature.

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