‹ Traité pratique de perspectiveChapitre 18 sur 134 · I.E TABLEAU · texte numérisé non relu

I.E TABLEAU

(Ir r<i'i! (lu spoclatoiir à l'olgct DE. La ligne AD ou perpendiculaire allant du pied du spectateur au pied de l'objet est la ligne directrice de l'image; A' est rintersection du tableau et (1(> cctU' perpendiculaire. La hauteur A'D' représente, reportée sur le tableau, la distance A'D qui sépare réellenieiJt Tobjet du tableau.

big. 42.

La figure 42 complète et explique la précédente, en montrant un jeune dessinateur qui arrête son crayon sur le tableau au point correspondant à celui que le maître indique et dont le rayon visuel est représenté par un fil allant de ce point à l'œil du spectateur.

LA DISTANCE

LA DISTANCE

31. — Avant de représenter un objet, le spectateur ^ cherchera d'abord la distance qui devra exister entre lui et cet objet. L'angle optique plus ou moins ouvert, selon que cette distance est plus ou moins considérable, cause la réduction apparente et graduelle des objets vus dans Téloignement.

Soient 0 (fig. 43) l'œil du spectateur et AB l'objet à représenter, éloigné successivement vers CD — EF — GH.Si l'on tire les rayons visuels OB — OA — OD — OC — etc., on remarquera facilement la différence qui existe entre ab, grandeur

Fig. 43.

de l'objet vu sous un angle presque droit, et cd, grandeur du même objet plus éloigné et vu sous un angle aigu. Cette différence augmente à mesure que l'objet s'éloigne et que l'angle se ferme, comme le montrent ef — gh.

32. — L'ensemble des objets destinés à former le tableau doit être facilement embrassé d^un coup d^œil; en effet, il ne faut pas que, pour en bien voir les extrémités, le spectateur soit obligé de tourner la tête à droite ou à gauche, ce qui arriverait inévitablement, s'il se rapprochait trop du sujet qu'il veut représenter.

1. Le nom de spectateur est donné ici à celui qui regarde ou dessine 5 il est pris dans le même sens dans tout le cours de cet ouvrage.

l,q LA DISTANCE

Ce croquis (fig. ^'0 a pour but de rendre plus sensible à l'i'lfcvc la rt'duction subie par l'objet sur le tableau, suivant réloignemcnt du spectateur.

33. — La distance que le dessinateur doit adopter pour embrasser facilement d'un seul regard son motif doit être au moins deux fois égale a la base totale du sujet (fig. 45). Cette distance met l'ensemble du tableau sous un angle à peu près de 28 degrés, ce qui laisse aux rayons visuels toute leur force et leur pureté.

Une distance bien prise contribue beaucoup, dans un tal)leau, à l'harmonie de l'ensemble, et l'on ne saurait trop insister sur ce point.

LA DISTANCE

34. — Une distance trop rapprochée forcerait \q dessinateur à tourner la tête en tous sens :

delà naîtraientdifférentspoints de vue et des changements dans la position relative et la forme apparente des divers objets du tableau.

35. — D'autre part, si Von s'éloigne trop, les rayons visuels se trouvent naturellement affaiblis par la masse d'air qui s'interpose entre l'œil et les objets ; or cette masse d'air leur donne une forme vague, qui ne peut convenir à l'artiste pour l'étude des premiers plans.

36. — Néanmoins il arrive souvent qu'on ne peut conserver la distance que nous avons indiquée (33), par exemple, dans des vues d'intérieurs, de monuments, de rues, etc., où le reculement est parfois impossible.

C'est alors que la connaissance de la perspective devient réellement indispensableàl'artiste; car il est obligé de se supposer placé à la distance convenable et il ne peut rétablir l'harmonie des lignes en leur donnant la direction naturelle que par l'application bien comprise des règles de la perspective.

37. — Pour bien juger la distance, l'artiste, quand il est devant la nature, trouve un grand avantage à se servir d'un

20 I.A DISTANCE

prlil cadre en bois ou en carton partagé dans le milieu par un fil on par un crin très lin, qui divise la surface en quatre parties égales et en indique le centre.

Ce cadre, suivant le principe énoncé plus haut (33), doit ôirc placé devant les yeux à une distance égale à deux fois sa largeur ou sa hauteur, selon la forme du motif que l'œil peut embrasser.

Le cadre ABCD (fig. 46) représente la dimension du ta-

bleau; les lignes EF — GH le partagent en quatre parties égales, et la zone LK, glissant sur le cadre, en change à volonté la proportion, selon que le motif l'exige.

Page 1