‹ Traité pratique de photographie au charbonChapitre 21 sur 25 · II. Coton-poudre · texte numérisé non relu

II. Coton-poudre

Alcool . 300

Ether . 300

Huile de ricin . 13

Le numéro I est versé bien également sur le cliché non préalablement verni; puis, quand la couche ainsi obtenue est sèche, on y verse le collodion numéro II, et, quand celui-ci est à peu près sec, sans attendre qu’il le soit absolument, on coupe avec une pointe de canif les quatre bords du cliché, et on l’arrache d’un mouvement continu.

Si la dessiccation du collodion était trop complète, on serait exposé à voir se produire une séparation de la couche même du cliché, dont une partie resterait adhérente a la glace, tandis que l’autre serait entraînée par la pellicule enlevée.

Avec un peu d’habitude, on réussit aisément cette opéra-

tion. . , .

Il est important, pour que le cliché pelhculaire soit bien

plan, que la couche de gélatine soit bien également répandue ’à sa surface. On y arrive en posant le cliché sur un support à vis calantes, bien horizontal, et en y versant la solution de gélatine dans un état de fluidité qui permette d’en couvrir toute la surface du cliché avant qu’il y ait un principe de congélation. Le niveau s’égalise alors, et l’on est certain d’avoir une pellicule régulière égale et dont l’application contre la surface sensible sera bien complète.

Précautions à prendre avant d’user définitivement des glaces doucies pour supports provisoires.

Si l’on prend une glace doucie mince et qu’on la stéarine ainsi qu’il a été dit dans ce Traité, il arrive très-généralement qu’après le développement de l’image au charbon et le collage sur cette image d’un papier de transfert définitif on ne peut enlever cette image, qui adhère au verre douci en dépit de la stéarine dont sa surface est couverte.

C’est là un accident qui décourage fréquemment les débutants dans la voie des impressions au charbon.

Il est un moyen d'arriver certainement à éviter cet accident, qui amène la destruction de bon nombre d’épreuves.

La glace doucie, étant stéarinée, est gélatinée, puis recouverte d’un papier gélatiné de peu de prix, tout comme si 1 on devait opérer le transfert d’une épreuve.

On arrache ce papiër, dont on n’obtient la plupart du temps que des fragments.

Puis on recommence cette opération, et on la renouvelle jusqu à ce que la feuille, appliquée comme il vient d’être dit, se détache facilement sans la moindre déchirure. A partir de ce moment, la plaque de verre douci sera bonne pour l’usage, et les épreuves transférées sur papier s’en détacheront sans la moindre peine.

Action de l’alcool sur les mixtions sensibilisées après leur insolation.

On sait que, si l’on plonge dans de l’alcool une couche de gélatine gonflée par de l’eau, l’alcool pénètre dans le sein de cette couche et en chasse l’eau.

Or, comme l’alcool est bien plus volatil que l’eau, si surtout on emploie de l’alcool rectifié, il se desséchera rapidement, et 1 on verra se sécher dans peu d’instants cette même gélatine, qui, sans cet effet, eût pu demander de longues heures pour arriverau même état de dessiccation.

Cest là un fait à indiquer à ceux qui l’ignorent, parce qu’il peut rendre de fréquents services dans l’emploi des procédés où la gélatine joue un rôle important.

Mais il est une autre action que nous avons remarquée : c est celle de l’alcool sur une mixtion déjà insolée. L’immersion dans de l’alcool augmente l’intensité de l’épreuve, et 1 on remarque, lors du développement, que les demi-teintes sont mieux liées. Sans doute, l’effet de resserrement sur la couche de gélatine produit sur l’image elle-même une

constrictionqui la rend plus nette, en même temps que l’insolubilité de la partie attaquée par la lumière devient plus grande.

Cet effet une fois constaté, on peut en déduire cette conséquence que, à l’aide d’une exposition à la lumière moindre et une immersion préalable dans un bain d’alcool, on arrive à obtenir un résultat identique à celui que fournirait une plus longue exposition à la lumière.

11 est des cas où ce fait peut rendre des services, et c’est pourquoi nous l’indiquons ici.

Il faut, avant de procéder à l’application de la mixtion sur le support provisoire ou définitif, qu'il soit débarrassé de toute trace d’alcool; sans quoi, l’adhérence contre le support ne saurait avoir lieu, et l’épreuve pourrait être compromise.

Papier photométrique.

Nous usons, pour notre photomètre, du papier au chlorure d’argent préparé par le procédé de M. Carrier. M. Monckhoven indique la formule d’un papier sensible susceptible de se conserver très-longtemps; nous la lui empruntons;

Choisir du papier de Saxe ou Rives non préparé.

Faire une dissolution de lOl) grammes de sel marin dans 2 litres d’eau distillée.

Immerger la feuille de papier dans le bain durant deux minutes.

Faire sécher dans l’obscurité.

Un certain nombre de feuilles a'nsi préparées étant prêtes, faire un bain de 2 litres d’une solution de 100 grammes de nitrate d'argent par litre d’eau et y immerger successivement les feuilles à sensibiliser de 10 à 15.-

Retourner le tout et enlever feuille à feuille, que 1 on

place dans une cuvette pleine d’eau pour enlever l’excédant de la dissolution d’argent; suspendre par un angle et laisser sécher.

Ce papier manque de sensibilité, et il nepeut guère servir que dans un photomètre où il est possible d’introduire des fragments de carbonate d’ammoniaque.

Il acquiert sous l’action de l’ammoniaque une grande sensibilité. Mais ce moyen exige encore certaines précaut:ons,et nous préférons de beaucoup le papier Carrier, si l’on a eu soin de le préparer dans un bain régulièrement titré.

Bref, tous les moyens sont bons quand on s’est créé une méthode à l’aide de laquelle le résultat peut être atteint. Ce n’est plus qu’une question d’habitude.

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