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ENLEVAGE DE LA COUCHE DE GÉLATINE

Les clichés destinés à conserver leur support de papier peuvent être utilisés tels quels, mais il n’en est pas de même de ceux qui ont été obtenus avec couche intermédiaire. Il faut encore faire subir à ceux-ci une dernière opération, qui consistera soit à enlever la pellicule du papier Thiébault, soit à transporter la couche des autres préparations que nous avons indiquées sur une glace, ou sur une pellicule de gélatine.

Nous empruntons au travail de M. Fabre la description de ces deux méthodes.

<( Le papier et l’image qu’il supporte étant complètement ramollis par un séjour de huit à dix minutes dans une cuvette d’eau à 1 5° C. est appliqué contre une glace légèrement gélatinée que l’on plonge dans la cuvette: on retire en même temps la glace et le papier, en opérant comme dans le procédé au charbon. On enlève les bulles d’air au moyen d’une raclette en caoutchouc, on éponge l’excès d’eau, et on laisse sécher l’image, ainsi emprisonnée entre le papier et le verre.

» Quand le tout est complètement sec, ce qui

nécessite de six à huit heures, on verse sur le papier une couche de benzine en opérant comme s’il s’agissait de collodionner ; après deux minutes, on trempe un tampon de coton dans la benzine et l’on imbibe de nouveau la surface du papier/ Le caoutchouc primitivement étendu sur le papier est ainsi ramolli, et par une nouvelle friction, en employant une nouvelle quantité de benzine, on le dissout complètement; on peut alors soulever le papier par un angle et, en le tirant doucement, on lui fait abandonner le verre géiatiné sur lequel il laisse le cliché négatif. Si l’on voit à la surface du cliché quelques parties recouvertes de caoutchouc incomplètement dissous, on frotte avec un tampon de coton imprégné de benzine et la surface ne tarde pas à être d’une netteté complète.

» Ce procédé donne, il est vrai, des clichés retournés, mais les procédés de tirage produisant des images indélébiles n’emploient pas de clichés d’une autre nature ; ce n’est donc pas un inconvénient sérieux, car c’est à ce mode de reproduction que l’on a désormais recours.

Transport sur pellicule de gélatine.

» Au Heu d’employer une glace dans le transport décrit précédemment, on peut employer une de ces pellicules de gélatine transparente que l’on trouve dans le commerce; en choisissant une pellicule assez mince, on peut imprimer le cliché des deux côtés. Nous préférons cependant pré

parer nous-mêmes ces pellicules, et voici comment nous opérons.

» Une glace bien nettoyée est couverte de talc à l’aide d’un pinceau de martre très doux; pour bien réussir dans cette opération, on se sert d’un pinceau connu sous le nom de pinceau à trois plumes pour l’aquarelle. On projette une certaine quantité de talc sur la surface de la glace; puis on fait décrire au pinceau une série de cercles se coupant de manière à couvrir de talc la surface de la glace : en cet état elle paraît sale; on régularise cette couche de talc en promenant le pinceau à la surface de la glace. 11 est utile de laisser une assez grande quantité de talc pour que le décollement du cliché se fasse facilement. La glace ainsi préparée est enduite de collodion normal formé de :

Alcool 5occ

Éther 5occ

Coton-poudre i§r

» Lorsque la couche de collodion est sèche, on borde la glace d’une collerette de papier obtenue en collant au dos de la glace et sur les bords des bandes de papier d’environ om,o3 de large; on les colle parallèlement "aux bords et de façon qu’elles dépassent de om,oi5 environ de tous les côtés. Pendant que les bandes de papier sont encore humides, on les relève du côté de la couche de collodion de manière à former une

espèce de fond de boîte dans lequel on coulera la solution de gélatine.

)> D’un autre côté, on a fait gonfler dans 8oocc d’eau i 5ogr de colle forte Coignet (qualité super-extra blanche); après deux heures de contact (plus ou moins, suivant la grosseur des fragments de colle), on fait dissoudre cette gélatine au bain-marie; pendant ce temps on prépare une dissolution composée de :

Alun de chrome i§v

Eau 200cc

à laquelle on ajoute 5CC de glycérine et 2CC d’acide phénique concentré.

» Lorsque la gélatine est complètement dissoute dans l’eau, on l’additionne de la solution précédente versée par petit filet et en agitant constamment le mélange. On filtre alors le tout sur un tampon de coton lavé à la soude caustique : la filtration s’effectue facilement à l’aide de l’appareil employé pour filtrer à chaud.

» La glace collodionnée est mise de niveau et l’on verse à sa surface la solution de gélatine : il faut environ 25cc de cette solution pour une surface de om, i3 sur om, 18.

» On peut procéder au transport aussitôt que la gélatine a fait prise, ou bien attendre que la couche soit complètement sèche : c’est ce dernier procédé que nous préférons ; nous préparons de grandes plaques recouvertes de collodion et

de gélatine sur lesquelles rious transportons plusieurs clichés de dimensions moyennes; de cette manière on gagne beaucoup de temps, et les opérations se font avec régularité.

» Quel que soit le procédé employé, on coupe le papier qui dépasse sur les bords de la glace. On plonge celle-ci dans la cuvette qui renferme le cliché, et on retire ce dernier et son support, la glace portant la couche en contact avec la gélatine ; on évite autant que possible les bulles d’air, on racle légèrement et on laisse sécher.

» Le tout étant complètement sec, on fait agir la benzine qui dissout le caoutchouc, on enlève le papier et on nettoie la surface de l’image à l aide d’un tampon de coton imprégné de benzine ; on laisse évaporer cette benzine, puis, à l’aide d’un canif bien aiguisé, on incise les bords de la couche de manière à mettre la glace à nu : en soulevant légèrement la pellicule par un angle, elle abandonne la glace et lyon obtient ainsi des clichés pelliculaires d’une finesse absolue ( 1 ). »

On peut encore enlever la couche de gélatine en employant des feuilles de gélatine toutes préparées que l’on trouve assez difficilement dans le commerce, il est vrai, mais qui ne tarderont pas à être livrées couramment le jour où ce procédé sera pratiqué sérieusement. Il suffira alors

(l) Faure, Op. cit., p. n.

de traiter cette feuille comme la glace, ainsi que nous l’avons décrit plus haut.

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