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TIRAGE A LA GOMME-LAQUE

Il y a déjà de longues années, M. Taylor proposait une méthode de tirage de positives basée sur des réactions toutes différentes de celles en usage , et qui permettait de produire des épreuves d’un effet très artistique et offrant les meilleures garanties de solidité. Nous possédons des épreuves faites en 1867 et elles ont absolument la même vigueur qu’au premier jour.

(( Les substances nécessaires à ce procédé sont de la gomme-laque blanche, du borax et du phosphate de soude.

Solution au borax.

Eau 100

Borax 4

Gomme-laque 8

Solution au phosphate de soude.

Eau 100

Phosphate de soude 4

Gomme-laque 5

» La gomme-laque, finement pulvérisée, est mise dans un flacon, agitée avec de l’eau, de manière

Trutat. — Phot. sur papier négatif. i3

à lui enlever par ce lavage toutes les matières solubles qu’elle pourrait contenir; enfin on jette le tout sur un filtre.

» On prend ensuite un vase convenable (le fer émaillé est excellent pour cet usage), et on le place sur le feu avec la quantité d’eau nécessaire; lorsque les sels sont dissous, on y ajoute la gomme-laque encore humide. Il faut avoir soin que l’eau ne soit point trop chaude au moment où l’on ajoute la gomme-laque, sans quoi elle se prend en grumeaux et l’on a beaucoup de peine à la faire dissoudre. On maintient l’ébullition pendant deux heures environ, en ayant soin de remplacer l’eau à mesure qu’elle s’évapore.

» Comme la résine est en excès, il y a une portion qui ne se dissout pas; ce résidu est gris, visqueux, et engorge rapidement les filtres. On laissera donc déposer le liquide, au moins pendant douze heures et, après l’avoir décanté avec soinv on le filtre d’abord à l’éponge, puis au papier.

» Ces deux solutions peuvent s’employer seules ou mélangées, suivant la teinte que l’on désire obtenir et la nature du négatif. Le mélange de 5 parties de la solution au borax et de 3 de celle au phosphate de soude donne de très bons résultats avec des clichés de moyenne force,

» On peut faire usage soit de papier photographique, soit de papier à dessin ordinaire.

» Le papier est coupé d’une dimension de i à 2 pouces plus grande que ne l’exige l’épreuve que

l’on veut obtenir. Cet excédent est replié du côté opposé à celui qui doit porter l’image, et c’est par là qu’on saisira la feuille pendant les opérations suivantes.

» Pour enduire la feuille, on la plonge de champ dans le bain, de manière à l’immerger d’un seul coup; un triangle en verre est très commode pour cela. L’endroit de la feuille, c’est-à-dire le côté qui doit recevoir l’image, est placé en dessus, et le triangle passé lentement et légèrement sur toute la surface. Au bout d’un quart de minute, le papier est retiré et suspendu pour sécher.

)> On sensibilise sur un bain contenant i5 pour ioo de nitrate d’argent, quoiqu’un bain de moindre force donne également de bons résultats. On doit le filtrer chaque fois que l’on en fait usage, et l’on doit laisser flotter les feuilles à sa surface pendant trois ou quatre minutes.

» On peut, dans quelques cas, faire usage avec avantage du papier ainsi préparé; mais, en général, il est préférable de lui faire subir une autre préparation avant de tirer l’épreuve. Elle consiste à replonger la feuille dans le bain de gomme-laque qui a déjà servi ou dans un bain neuf étendu de moitié d’eau, en s’y prenant exactement comme nous l’avons dit la première fois. Ainsi préparé, le papier se conserve longtemps.

» Les épreuves obtenues sur une seule couche doivent être lavées avec soin avant le fixage, tandis

que celles qui ont reçu deux couchas peuvent être fixées sans lavage préalable.

» Les épreuves tirées sur le papier au phosphate ou contenant une large proportion de ce sel prennent un joli ton dans le fixage à l’hyposulfite de soude à 20 pour 100; mais, lorsque la solution ne contient que du borax ou une faible proportion de phosphate de soude, on obtient de meilleurs tons en associant le sulfocyanure d’ammonium à l’hyposulfite. Ces sels peuvent être mélangés dans le même bain, ou bien les épreuves sont passées d’abord dans la solution de sulfocyanure et l’on termine le fixage dans l’hyposulfite seul.

» Après un lavage complet et soigné on fait sécher. L’épreuve peut alors être considérée comme terminée ; mais le plus souvent, et surtout lorsqu’on a fait usage du phosphate de soude; quelles que soient leur apparence et leur solidité ; on les améliore encore en les saturant du vernis suivant :

Gomme-laque blanche 10 à 12

Alcool 100

» On l’étend au pinceau au revers de l’image (1). » En opérant ainsi, l’on obtient des épreuves qui rappellent facilement la sépia, et l’illusion peut

( 1 ) Bulleti/\ de la Société française de Photographie , t. XX, p. 22.

devenir complète si l’on a employé du papier destiné à ce genre de peinture; enfin l’on peut varier les tons de mille façons en soumettant les épreuves à un léger virage. Dans ce cas, il est important d’utiliser de vieux bains, car une solution d’or neuve donnerait toujours un aspect froid aux épreuves.

Pour les clichés de grandes dimensions, ce procédé donne des résultats merveilleux; nous avons entre les mains quelques études de paysages, obtenues par M. Taylor d’après des négatifs sur papier ciré; et l’effet produit par ces excellentes positives est aussi artistique que possible.

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