L’ATMOSPHÈRE
Étude sur les semences aériennes des moisissures et des bactéries, sur les procédés usités pour récolter, isoler, compter et cultiver ces deux classes de microbes, et sur l’application de ces recherches à l’hygiène générale des villes et des asiles hospitaliers,
Par M. P. MIQUEL,
Docteur ès sciences, Docteur en Médecine Chef du Service micrographique à l’Observatoire de Montsouris
Un beau volume grand in-8, avec 86 figures dans le texte, 2 planches gravées sur acier, et de nombreux tableaux de statistique microscopique; i883.— Prix : 9 fr. 50 c.
L’importance de l’étude des microbes atmospneriques est aujourd’hui reconnue par tous et l’on ne conteste plus les services que cette branche delà Science rend à la Médecine, à la Chirurgie, à l’Hygiène comme à l’étiologie des maladies inféctieuses et à l’épidémicité.
Le Livre de M. le Dr Miquel, fruit de patientes recherches exécutées depuis sept années a l’Observatoire de Montsouris, initie le lecteur au monde invisible des germes voltigeant sans cesse dans l’atmosphère. Après un historique impartial des travaux de micrographie ancienne, exécutés depuis Ehrenberg jusqu’à nos jours, l’Auteur aborde l’exposition des procédés très simples et la description des appareils aéroscopiques destinés à recueillir et à montrer les semences cryptogamiques des moisissures répandues en abondance parmi les sédiments atmosphériques ; l’Auteur discute ensuite le mérite respectif de chaque instrument, depuis l’appareil primitif inventé par Pouehet jus-
qu’aux aéroscopes installés actuellement à l’Observatoire de Montsouris. Gela fait, plusieurs paragraphes sont spécialement consacrés aux organismes de l’air, faciles à discerner avec le secours des grossissements vulgaires, aux pollens, aux grains d’amidon, aux spores des mucédinées, des algues, des lichens, etc., au dénombrement de ces mêmes cellules, aux lois qui régissent leur apparition et leur disparition, aux causes qui provoquent leurs recrudescences subites ou progressives, etc. Mais c’est surtout l’histoire des germes aériens des bactéries qui a paru à M. Miquel demander le plus de développement. Après un aperçu des travaux de MM. Pasteur, Tyndall et de plusieurs autres savants sur cette matière, un long Chapitre traite de la nature et de la physionomie des bactéries peuplant les atmosphères libres et confinées, des espèces microbiques communes et des formes diverses qu’elles peuvent adopter momentanément en laissant alors le champ ouvert aux illusions; cette partie, comme toutes d’ailleurs, est essentiellement pratique. Dans les Chapitres qui suivent, l’Auteur développe les procédés dé fabrication et les modes de stérilisation des liquides propres au rajeunissement et à la culture des bactéries.
Les derniers Chapitres sont surtout affectés à l’exposition des résultats de la statistique des germes tenus en suspension dans l’air du parc de Montsouris, du centre de Paris, des égouts, des habitations, des hôpitaux, des régions élevées de l’atmosphère. Comme pour les spores des moisissures, il existe des lois générales qui régissent la diffusion des semences infiniment petites de bactéries j leur détermination et leur étude font l’objet de plusieurs paragraphes d’un grand intérêt* car on ne découvrira des mesures prophylactiques efficaces contre l’invasion des microbes qu’en mettant en œuvre les méthodes indiquées par l’expérience : soit pour fixer les bactéries, soit pour les faire disparaître des lieux où elles peuvent s’accumuler, s’éterniser ou prendre naissance et pulluler. Le parallélisme manifeste entre le chiffre des décès observés à Paris par les maladies dites zymotiques et le nombre des germes récoltés à la rue de Rivoli est un fait dont l’Auteur fait ressortir l’importance. Enfin, dans le Chapitre IX et dernier, on classe les diverses substances antiseptiques suivant leur puissance d’action déterminée par une longue suite de reclieiches expérimentales.