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CHAPITRE VIII

Nous avons réuni dans ce Chapitre tout un ensemble de procédés et de tours de main publiés dans les divers Ouvrages et journaux relatifs aux impressions photolithographiques.

Le succès, le plus souvent, dépend d'un point de détail insignifiant en apparence, mais important en réalité, parce qu'il permet d'atteindre le but final.

La plupart des méthodes publiées plus haut ont entre elles beaucoup de ressemblance, et pourtant elles diffèrent plus ou moins les unes des autres. En les étudiant de près, on verra que plusieurs des tours de main ci-après pourront servir à les compléter, à en rendre l'emploi plus facile et plus sûr. Il faut, pour travailler avec certitude, connaître mieux que le seul procédé qu'on veut employer, et c'est en se familiarisant avec un grand nombre de données susceptibles de conduire au but désiré, qu'on devient non seulement capable

de bien appliquer les méthodes connues, mais encore d'en trouver de nouvelles, plus propres, souvent, à la nature spéciale des travaux à exécuter.

Formules pour négatifs de traits.

M. John Carbutt a publié, dans le Photographie Times, un procédé propre à l'obtention de ces négatifs avec des plaques à la gélatine.

La solution alcaline qu'il recommande est celle-ci :

Eau 1000cc

Carbonate de soude (cristaux) 32 &r

Sulfite de soude (cristaux) 64

Bromure de sodium ou de potassium. 2

Le développateur est formé de

Solution alcaline 1000cc

Acide pyrogallique sec, environ 5sr

On opère le mélange et la dissolution avant de projeter le liquide sur la plaque posée.

Bain fixateur:

Eau chaude 1000"

Hyposulfite de soude 250 gr

Sulfite de soude 32

Acide sulfurique 0&r, 12

Alun de chrome : 16

Dissoudre le sulfite de soude dans 125cc d'eau; mélanger l'acide sulfurique avec 32cc d'eau et ajouter peu à peu à la solution de sulfite ;

Dissoudre l'alun de chrome dans 125cc d'eau et l'hyposulfite de soude dans le restant; ajouter alors la solution de sulfite et enfin celle d'alun de chrome. '

Ce bain de fixage ne se colorera qu'après un long usage.

Il a la propriété d'éclaircir les ombres du négatif et de durcir en même temps la couche.

On doit y laisser le négatif pendant deux à trois minutes, après qu'il est complètement débarrassé de la présence apparente de tout bromure d'argent. On lave alors à eau courante pendant une demi-heure au moins pour enlever toute trace d'hyposulfite de soude.

Si aucun renforcement ou réduction n'est nécessaire, on nettoie la surface avec un tampon de coton et, après un dernier lavage, on met à sécher.

Solution pour épurer. — Cette solution sert à faire disparaître tout léger dépôt sur les traits ou à épurer les parties claires du négatif.

Eau 440rc

Cyanure de potassium (pur) l-c

Solution d'iode dans l'alcool à raison

de l&r par 32cc d'alcool 560cc

Solution pour renforcer :

Bichlorure de mercure 25 sr

Chlorure d'ammonium 25

Eau distillée 1000cc

Chlorure d'ammonium 25 gr

Eau 1000"

N° 3 (Solution de cyanure d'argent).

Eau distillée 500cc

Cyanure de potassium 10gr

Eau distillée 500 cc

Nitrate d'argent 30 sr

Verser le nitrate d'argent dans la solution de cyanure en agitant, et inscrire sur le flacon le mot Poison.

Laisser dans l'eau la plaque à renforcer pendant au moins une demi-heure, puis la mettre dans une solution à 5 pour 100 d'alun pendant cinq minutes et laver encore à fond ; cette opération a pour but d'assurer l'élimination complète de l'hyposulfile. La plus légère coloration jaunâtre après le renforcement indiquerait que le lavage n'a pas été suffisant.

Mettre sur le négatif une quantité suffisante du n° 1 pour le couvrir, et laisser blanchir soit partiellement, soit en totalité.

Plus Faction est prolongée, plus intense sera le résultat. Rejeter à l'évier et verser le n° 2, qu'on laisse agir une minute; laver et immerger dans le n° 3 jusqu'à ce que la couleur se soit transformée en un brun foncé ou en noir.

Le n° 3 peut être remis dans le flacon, mais pas les nos 1 et 2. Laver et faire sécher complètement.

Pour l'exposition à la lumière dans le châssispresse, il convient de placer ce dernier au fond d'une boîte, à environ 60cm de profondeur pour n'admettre que les rayons parallèles.

Moyen d'accroître la sensibilité du bitume

M.Valenta a trouvé que la sensibilité du bitume pouvait être augmentée en y incorporant du soufre. Il fait dissoudre de 7§ràlOgr de soufre dans une quantité suffisante de bisulfure de carbone et y ajoute 100gr de bitume.

Le sulfure de carbone est supprimé par évaporation, et le résidu est chauffé pendant une heure à la température de 100° G. en vase clos, puis mis à l'air, et la chaleur est poussée graduellement jusqu'à environ 180° G., jusqu'à ce qu'il y ait dégagement d'hydrogène sulfuré.

On maintient cette température pendant cinq heures environ.

(*) Photographie news» 1891.

Après ce traitement, le bitume forme une masse noire et brillante, insoluble dans l'alcool et seulement à un faible degré dans l'éther, tandis que la solubilité est parfaite dans la térébenthine, la benzine, le chloroforme et le bisulfure de carbone.

4 parties de cette préparation sont alors mises dans 100 parties de benzine, et la solution est appliquée, de la façon usuelle, sur les plaques de zinc poli. 11 en résulte une mince couche légèrement jaunâtre, et possédant une sensibilité à la lumière relativement élevée.

Moyen d'obtenir des diapositifs de dimensions égales à celles des originaux.

Cette méthode est due à M. Ammann qui l'a publiée dans YArchiv.

Une glace bien polie est enduite avec la préparation sensible bien connue de gomme et de bichromate de potasse qui sert au procédé aux poudres, puis séchée. La gravure dont on veut obtenir un diapositif est placée, le verso en dessous, dans le châssis-presse. Par-dessus est posée la glace préparée. Après l'exposition, on saupoudre avec une poudre de couleur convenable, on collodionne, on lave, on sèche et l'on vernit.

Le diapositif est alors terminé.

Pour empêcher le papier de la gravure d'adhérer à la couche bichromatée durant l'impression,

le dos de l'image est préalablement enduit de térébenthine et laissé à l'air libre pendant quatre à cinq minutes. Le papier est de plus, par ce fait, rendu transparent au point que les granulations du papier demeurent invisibles lors du développement à la poudre.

Si l'on fait usage de la térébenthine pure et limpide, il n'en restera pas la moindre trace sur le papier après évaporation.

Ce procédé peut rendre de grands services à la Photolithographie en dispensant de faire une opération à la chambre noire; seulement, il faut bien le dire, jamais un pareil diapositif ne vaudra celui que l'on obtiendrait avec un bon cliché photographique.

Nouveau procédé de Photozincographie (1)

de MM. Auguste et Louis Lumière.

La méthode employée par MM. Lumière est une modification du procédé dit à l'albumine.

La facilité et la rapidité avec lesquelles elle permet d'obtenir des images d'une grande finesse légèrement gravées en creux et l'emploi, comme écran, d'un cliché positif constituent des avantages incontestables qui nous engagent à la faire connaître.

(1 ) Moniteur de la Photographie > 1891.

La plupart des procédés actuels exigent des clichés négatifs retournés, à la fois transparents et vigoureux, conditions parfois difficiles à réunir; de plus, les manipulations auxquelles ils donnent lieu sont délicates et ne conduisent à des résultats satisfaisants qu'à la suite d'une longue pratique.

Cette méthode n'a pas les mêmes exigences, et, en se conformant exactement aux indications sommaires qui suivent, on obtiendra à coup sûr des images exemptes de toute défectuosité et susceptibles de fournir d'excellentes planches lithographiques ou d'être transformées en blocs propres à l'impression typographique.

On prépare la solution suivante :

Eau 1000"

Albumine d'œufs 100 gr

Bichromate d'ammoniaque 3

Ammoniaque en quantité suffisante pour amener la coloration au jaune clair.

Le mélange est agité fortement, filtré avec soin, puis étendu à la tournette sur un zinc poli, préalablement nettoyé au blanc de Troyes.

Dès que la couche mince d'albumine est ainsi obtenue, il convient d'en activer la dessiccation en chauffant légèrement la plaque.

On l'expose ensuite à la lumière sous un positif, puis, l'insolation jugée suffisante, le zinc est retiré du châssis et recouvert au rouleau d'une

légère couche d'encre à reports additionnée de vernis moyen. L'aspect de la couche doit alors être gris foncé, sans aucune apparence d'image, et non pas noir.

On immerge dans l'eau tiède et l'on ne tarde pas à voir apparaître le dessin, qui peut être facilement dépouillé en frottant légèrement la surface du zinc avec une touffe de coton.

L'image ainsi obtenue est négative et le métal est mis à découvert dans les points représentant les traits noirs de l'original.

L'albumine est, en effet, restée soluble en ces points protégés par les traits correspondants de l'écran positif, pendant l'exposition à la lumière.

La plaque est ensuite rincée à grande eau, séchée, et plongée dans une solution de perchlorure de fer à 35° B., où elle doit séjourner dix à quinze secondes.

On lave, puis on sèche de nouveau.

En passant ensuite sur le zinc chauffé vers 50° un rouleau chargé d'une encre composée de noir à reports et de vernis moyen, l'encre adhère sur toute la surface ; on fait ainsi tableau noir, puis on dégarnit les fonds à l'aide d'un rouleau lisse qui est passé rapidement et à plusieurs reprises sur la plaque.

Il ne reste plus qu'à frotter la couche avec un morceau de mousseline imbibée d'ammoniaque caustique.

L'image apparaît en noir se détachant sur un fond brillant formé par le zinc. Pendant cette opération, l'albumine bichromatée insolubilisée par la lumière se dissout à son tour dans l'ammoniaque, et l'on opère ainsi un second développement, inverse du premier. Par le frottement et à l'aide du liquide ammoniacal, on enlève donc l'encre des points où celle-ci se trouvait supportée par l'albumine insoluble, tandis que cette encre reste fixée au zinc dans les parties gravées. C'est cette dernière réaction qui est la base de cette méthode et qui en constitue le côté nouveau. Nous ajouterons qu'il est très curieux de voir s'opérer cette inversion de l'image primitive sous l'influence de l'ammoniaque. Les solutions de potasse, soude, etc., ou de leurs carbonates, ne conduisent pas à des résultats aussi nets, probablement à cause de la saponification de certains éléments constituants de l'encre employée et aussi parce que ces substances ne possèdent pas le pouvoir diffusif considérable de l'ammoniaque.

Si la planche doit être tirée lithographiquement, il ne reste plus qu'à préparer à la manière ordinaire, au moyen des solutions gallique, phosphorique ou chromique, etc.

Si, au contraire, elle doit être mise en relief, il convient de saupoudrer l'image avec de la colophane pulvérisée, puis de chauffer comme d'usage avant de procéder à la première morsure.

Dans ce dernier cas, il est préférable de diminuer la durée de l'immersion dans le perchlorure de fer, afin d'éviter la formation de creux trop appréciables dans les points qui devront ultérieurement être en relief.

Méthode de Collographie simplifiée.

M. Lavroff, rédacteur de Y Amateur Photographe russe, décrit ainsi cette méthode, différente, sur certains points, de celle qu'a publiée M. Balagny.

Une plaque est préparée comme d'habitude avec du bichromate de potasse, exposée sous un négatif, développée à l'eau froide et ensuite mise à sécher pendant vingt heures à la température d'environ 30° G. On la recouvre ensuite de la solution suivante :

Eau 335cc

Glycérine 665

Hyposulfite de soude 6er,5

On laisse agir cette solution sur la plaque pendant une à deux heures, selon le relief désiré, puis on l'enlève à l'aide d'une éponge très souple et de papier buvard, et l'encre y est appliquée avec un rouleau de gélatine.

Pour l'impression à la presse ordinaire à copier, la plaque encrée y est placée sur une feuille de caoutchouc; sur la glace sont disposés un masque

en papier paraffiné, le papier destiné à recevoir l'image et enfin un coussin formé de fine mousseline, ouatée et enfermée dans un étui de soie souple et lisse. Ce coussin permet d'obtenir le contact le plus intime possible de la plaque et du papier et d'avoir ainsi tous les détails du négatif.

Si, après le tirage d'une vingtaine d'épreuves, l'image commence à devenir grise dans les blancs, il suffit d'y passer la solution ci-dessus avec une éponge souple pour ramener la planche à son premier état.

Transport du noir au blanc et du blanc au noir en Lithographie.

Ce changement est ce qu'il y a de plus facile avec la Photographie puisqu'on peut toujours, par une contre-épreuve, passer d'un négatif à un positif et d'un positif à un négatif; mais il est utile de savoir comment on peut y arriver à l'aide de la Lithographie ( 1 ) .

Prendre une pierre grenée, bien poncée; aciduler, gommer et laisser sous l'action de l'acide et de la gomme pendant une demi-heure au moins.

Tirer sur chine, au noir ordinaire, l'épreuve à

(') Imprimerie, année 1883, p. 951.

reporter sur cette pierre. Dégommer entièrement à l'eau pure avec une éponge.

Laisser sécher. Décalquer l'épreuve. Passer à sec sur toute la surface de la pierre de la mine de plomb tamisée très fine et très sèche. L'opération se fait délicatement. Une demi-heure après, laver légèrement avec du vinaigre. Laisser sécher. Étendre au tampon de l'encre lithographique un peu claire. Laisser parfaitement sécher. Enlever à l'essence de térébenthine. Poncer les contours de l'à-plat devant former cadre sur le papier. Encrer lentement, avec fermeté, en employant un excellent rouleau. Tirer à la manière habituelle.

Moyen de faire adhérer le papier sur une plaque de métal («).

D'après le journal la Fonderie, ce procédé tout récent procure une adhérence telle, qu'il serait impossible de retirer la moindre parcelle de la feuille sans la détruire. Cette invention permet d'obtenir des plaques de métal pouvant s'appliquer au dos des lithographies, des gravures, des dessins, etc., de telle sorte que l'atmosphère la plus variable n'a aucune influence sur eux.

Les essais ont prouvé à l'inventeur que tous les acides avaient cette propriété, mais que le meil-

(1) Imprimerie, année 1888, p. 6.

leur agent était l'acide chlorhydrique mélangé d'égale quantité d'eau à laquelle on ajoute un peu d'oxyde de zinc dans le but d'empêcher l'effervescence.

La plaque de métal étant enduite de cette composition est, après avoir été séchée convenablement, recouverte du vernis fin employé par les fabricants de voitures.

Ainsi préparée, elle est placée dans un four à faïence à une température de 30° environ, de façon à faire cuire le vernis dans l'espace de vingt minutes environ. Lorsque le vernis a presque perdu son adhérence, on place avec précaution la feuille de papier sur la surface ainsi préparée et on soumet le tout à une forte pression. L'union entre la feuille de papier et le métal est telle qu'il vient d'être dit plus haut.

Ce mode de collage peut offrir un certain intérêt pour le montage de blocs collographiques, obtenus par un procédé pelliculaire.

Lanterne à projection appliquée à l'exécution de dessins autographiques.

M. T. G. Hepworth a indiqué, dans le Photographie news, un moyen bien simple d'user d'une lampe à projection pour exécuter des dessins ou des pyrogravures avec l'aide de la Photographie.

L'idée ingénieuse suggérée par M. Hepworth

consiste dans la projection du sujet sur un plan horizontal, au lieu de l'être, ainsi que cela se passe habituellement, sur un plan vertical.

Le dessin, dans ce dernier cas, n'est pas chosfe aisée, le dessinateur étant mal assis et ne pouvant

Fig. 23.

disposer de ses mains d'une façon commode. Le dessin ci-dessus [fig. 23) indique le dispositif conseillé.

Un support horizontal en bois AA porte à une de ses extrémités une planchette verticale perpendiculaire à AA. Cette planchette reçoit l'objectif. D' autre part , la lanterne peut aller et venir dans une rainure qui lui sert de guide, et on l'amène plus ou moins près de l'objectif, suivant les dimen sions du sujet à copier.

En G se trouve un miroir à charnières que l'on peut incliner à 45°, de façon à renvoyer l'image en T sur une surface horizontale où se trouve fixé le papier sur lequel on dessine.

Un support B, de dimensions moindres queAA, surélève tout le système, ce qui permet d'étaler au-dessous de AA une partie delà feuille destinée à recevoir le dessin.

Cet ensemble se trouvant fixé assez solidement sur une table TT, pour qu'aucun déplacement d'une partie quelconque du système ne soit à craindre, onpeut dessiner tout comme d'habitude, mais en étant guidé directement par l'image projetée.

On commence par en faire d'abord le trait pour en bien arrêter les contours, puis on modèle conformément aux effets d'ombre et de lumière observés sur l'écran.

Le plus gros de la besogne peut ainsi être fait, sauf à parfaire ensuite l'œuvre d'après les premières indications notées.

Grâce à un semblable moyen, l'emploi des papiers autographiques à grain et à réseaux lignés devient excessivement facile.

L'œuvre photographique première consiste dans l'obtention d'un positif à placer dans la lanterne. On usera pour cela des divers moyens indiqués au Chapitre I. S'il faut faire l'opération entière, on exécutera un négatif du format lanterne 8 x 8 et

de ce négatif on tirera par contact un positif à projection ; si le négatif existe déjà, on en fera à la chambre noire une épreuve positive réduite au format voulu.

On peut ainsi soit amplifier, soit réduire et en tous cas arrêter les dimensions du dessin au format désiré.

C'est là une sorte de dessin à la chambre claire, mais obtenue à l'aide de moyens bien autrement pratiques et sans fatigue aucune, ni pour l'œil, ni pour le corps.

Chacun, d'après la description sommaire qui précède, peut faire disposer en vue de ce genre de dessin toute lanterne à projection. Les modifications à apporter à cet instrument, tel qu'il est normalement, ne sont ni coûteuses, ni d'une exécution difficile.

Une bonne glace ordinaire suffit, paraît-il, sans qu'il soit besoin d'un miroir à surface argentée.

On a soin de fermer les fenêtres de la pièce où l'on travaille, si c'est pendant le jour, afin de mieux voir l'image projetée; quant à l'espace EF, il peut être occupé par un soufflet qui permet de faire varier à volonté sur AA la place de la lanterne.

Il convient de bien assujettir solidement soit l'appareil à projeter, soit la feuille de papier pour conserver rigoureusement leurs positions respectives.

Dans les écoles d'industries d'art, on devrait exercer les élèves à ces procédés de dessin qui leur permettraient d'atteindre au résultat voulu avec plus de rapidité et d'exactitude. D'ailleurs, ce ne serait pas une raison pour ne pas leur apprendre quand même le dessin normal.

Dessin ou écriture sur gélatine avec du bichromate de potasse ou de l'acide gallique.

En 1873 ( 1 ) , M. Waterhouse a émis ridée d'écrire sur de la gélatine avec une encre formée surtout de bichromate de potasse. On imprime ensuite à l'encre grasse par les moyens ordinaires.

De notre côté, nous avons, en juin 1876 (2), indiqué un moyen de retouche des collographies à l'aide d'une encre formée d'acide gallique ou de tanin. En 1878, nous avons complété cette indication en mentionnant la possibilité d'écrire avec une encre ainsi composée sur du papier à report et de décalquer le dessin ou l'écriture sur une gélatine humide préparée à point pour recevoir ce décalque, sur lequel on n'a plus qu'à imprimer à l'encre grasse comme d'habitude.

C'est là le principe de Y Autocopiste noir, application postérieure de quelques années aux indications du colonel Waterhouse et aux nôtres.

(1) Moniteur de la Photographie, 1873, p. 54.

(2) Ibid.} 1876, p. 92.

L'Autocopiste est un des meilleurs moyens de réaliser l'emploi, d'une façon pratique, des reports sur gélatine, en vue d'impressions ultérieures, d'un écrit ou d'un dessin tracés à l'encre spéciale sur un papier quelconque.

Moyen de faire adhérer la gélatine pour la Collographie sur plaque de zinc.

C'est M. Husnik qui nous fournit cette indication.

On applique à la surface de la plaque de zinc une solution de 3gr d'acide chromique dans 100sr d'eau.

Après que l'action est produite, on lave et l'on étend sur le zinc de la gélatine non bichromatée, puis enfin la couche bichromatée.

L'adhérence est très grande; mais il faut, avant de s'en servir, maintenir les plaques au sec, sans quoi il y aurait une réaction qui pourrait amener des taches sur la surface collographique.

Moyen de rendre le papier transparent (*).

L'auteur de cette indication dit qu'il a essayé la vaseline sans en être satisfait. L'huile de castor vaut mieux, mais ce moyen n'est pas utilisable partout. Le beurre lui a paru convenir; il en recouvre

(* ) Photographie news, 1885, p. 716.

le papier avec les doigts, puis il fait chauffer modérément, et pendant qu'il fond, on dirige l'excès vers les parties non suffisamment imprégnées. Quand on a une surface bien également enduite, et tandis que c'est chaud, on enlève tout l'excès avec un tampon de coton ; on peut avoir à chauffer plusieurs fois pendant cette opération. On tamponne enfin avec du coton imprégné d'alcool, et l'épreuve se trouve prête à être imprimée; elle a l'apparence d'une glace finement doucie.

M. Burton f1) a indiqué, comme étant un des meilleurs moyens, celui-ci : un mélange d'une partie de paraffine visqueuse est fait avec trois ou quatre parties de vaseline ; on en met une couche épaisse au dos d'un négatif sur papier. La partie antérieure du dit est exposée à la vapeur d'une bouilloire à la distance de celle-ci d'environ 0m,05 à 0m,06.

Presque aussitôt les parties du dos de l'épreuve qui ont subi l'effet de la vapeur deviennent blanches, ce qui est un indice que l'enduit a pénétré dans l'intérieur du papier et qu'une fois refroidie, l'épreuve sera transparente. L'action de la vapeur conserve la limpidité du papier et l'empêche de s'enrouler, fait important à cause de la présence de l'émulsion sur une des surfaces. Cette opération ne demande que quelques mi-

(1) Photographie news, 1880, p. 753.

mites. Il faut veiller à ce que de la vapeur d'eau ne se condense à la surface de la gélatine, sans quoi elle se fondrait. Avec des clichés sur papier albuminé, rien de la sorte n'est à redouter.

Moyen de faire couler une dissolution de gélatine comme du collodion.

Cette indication est due au capitaine Abney (1 ) ; il a constaté que, contrairement à ce qui a été publié, un substratumde silicate de soude ne contribuait pas à mieux faire couler la gélatine, et qu'il en était de même avec un substratum composé de silicate et d'albumine, à de très rares exceptions près. Un substratum de gélatine ne convient guère mieux. Grâce à un petit tour de main, on arrive très bien à vaincre toute difficulté.

On enveloppe une racle d'un morceau de calicot qu'on humidifie légèrement; au moment même de verser la gélatine sur la plaque, on y passe la racle à deux reprises et la gélatine coule uniformément à sa surface.

On a aussi recommandé l'eau sucrée comme donnant de la facilité au couchage des plaques avec de la gélatine.

Papier remplaçant le chine pour les reports.

Pour préparer ce papier, on use d'une prépara-

(1) Photographie news, 1880, p. 13.

tion due à M. Thiébaut. On prend du beau papier à surface lisse, on y applique une première couche de la solution suivante :

Dextrine 400 sr

Eau 1000e'

Albumine ou gélatine 200 sr

Glucose 100

Lorsque la couche est sèche, on lisse la surface et l'on applique une seconde couche composée de :

Albumine ou gélatine 400 gr

Eau 1000 cc

Blanc de zinc, de plomb ou de baryte 1000 **

Glucose 160

Dextrine 400

Glycérine 160

Et une pointe de bleu soluble.

La deuxième couche étant sèche, le papier est

lissé de nouveau. On peut remplacer la couleur bleue par toute autre ( 1 ) .

Rouleaux en gélatine pour Photocollographie .

M. Altishoffer a publié dans L'Imprimerie (1883) les indications suivantes. On se procure d'abord un moule consistant simplement en un tuyau de cuivre du diamètre voulu, un ou plusieurs man-

(1) L'Imprimerie, 1887.

drins en bois, un bain-marie, une garniture pour fixer le rouleau.

La pâte se prépare avec de la gélatine fine, pareille à celle employée en Photocollographie, ou bien de la colle de Flandre en feuilles minces.

Gélatine 500 sc

Glycérine ordinaire, de 350 à 400

Tanin 4

Faites tremper la gélatine dans de l'eau froide pendant une ou deux minutes, retirez et laissez égoutter dans un panier pendant deux heures, puis mettez dans le bain-marie, sans y ajouter de l'eau. Pendant la dissolution, remuez de temps en temps. Ajoutez ensuite par petites quantités la glycérine, mélangez bien, et laissez au bain-marie pendant une demi-heure, en remuant par intervalles.

Au moment de retirer, faites dissoudre le tanin dans 25cc de glycérine et versez cette solution dans la matière en agitant vigoureusement, afin que le mélange soit complet. La matière est alors prête à être versée dans les moules ou à être mise en pains pour la conserver. Dans ce cas, elle est placée dans un endroit frais et sec.

Avant de couler le rouleau, on graisse légèrement l'intérieur du moule. Lorsqu'il est refroidi, on le retire, on le dégraisse avec un peu d'essence, on lave à l'eau froide et on laisse sécher.

Les rouleaux ainsi confectionnés possèdent un

léger mordant nuisible à la plaque de gélatine bichromatée pendant l'encrage ; le mordant disparaît en les lavant avec la dissolution suivante faite à chaud ou à froid :

Il est inutile de filtrer.

Imbibez une éponge et lavez le rouleau de façon à bien mouiller, laissez sécher à Pair ; recommencez ce lavage trois ou quatre fois et faites définitivement sécher pendant une journée. On peut l'employer ensuite.

Pdte à rouleaux. — Une des formules en usage en Allemagne est la suivante :

Gélatine 40 gr

Sucre brut 240

Glycérine ( 350

Colle de poisson 10

Eau 1000 cc

Fabrication de la pâte. — On fait d'abord bouillir la gélatine en laissant évaporer l'eau le plus possible, puis on met la glycérine et le sucre, et finalement on ajoute la colle de poisson.

Le sucre se fait préalablement dissoudre dans le moins d'eau chaude possible.

La colle de poisson aura été détrempée d'avance dans de l'eau et bouillie avec la glycérine.

Alun de chrome

Acide gallique

100 f 1000 cc

La gélatine, selon la qualité, sera ramollie ou seulement humectée. Pour ce macérage, on prend peu d'eau; une grande quantité liquéfierait la gélatine.

On laisse bouillir la pâte en remuant lentement, jusqu'à ce que l'eau soit complètement évaporée, ce qui demande deux heures environ.

Pour s'assurer que la pâte possède l'élasticité voulue, on en fait tomber cinq ou six gouttes sur une assiette; lorsqu'elles sont froides, on les essaie du doigt. Si le degré nécessaire manque, on laisse bouillir davantage la pâte.

Plus la pâte bout, plus elle diminue de volume par le fait de l'évaporation. La cuisson à la vapeur est la plus avantageuse.

Le mieux est d'employer un appareil au bainmarie pour que la pâte ne s'attache pas et ne perde rien de son principe sucré (1).

Addition d'un grain à la gélatine pour la Photocollographie.

M. Pretsch conseille l'emploi de l'iodure d'argent sans doute à l'état d'émulsion.

M. Husnik emploie le chlorure de calcium.

M. Balagny se sert du bromure d'argent contenu dans l'émulsion négative.

( 1 ) L'Imprimerie, 1888.

Encre pour préparer des clichés pour la Photolithographie.

Formule donnée par M. Toovey : 10gr à 15gp de cire blanche sont dissous dans 10O,r de benzine et traités avec 12gr d'encre lithographique. Une petite quantité du mélange est t mise sur une pierre lithographique et bien également roulée ; on en dépose au rouleau de très minces couches sur des glaces que l'on couvre par criblage d'une poudre jaune orange. Quand le tout est bien sec, on passe sur la surface poudrée un mélange de 3 parties d'encre lithographique dans 7 de térébenthine et, quand l'enduit est sec mais poisseux encore, on le saupoudre avec du bronze fin (couleur argent). Le dessinateur travaille à la pointe sur cette préparation et, sa glace étant posée sur du papier noir, il voit son dessin se détacher en noir sur fond blanc.

Ce travail fini, on a un cliché absolument imperméable à la lumière dans les parties de la glace non découvertes par la pointe.

Grenage du zinc à l'acide (').

Versez 250cc environ d'acide chlorhydrique dans une cuvette en porcelaine ou dans un vase plus

(1) Dureysseix, L'Imprimerie, année 1887, p. 1204.

étroit de lcm en largeur et en longueur que la plaque, de façon que les bords fassent supports.

La plaque est posée dessus pendant huit à dix minutes, puis on l'enlève.

Les émanations de l'acide ont dépoli le zinc et laissé à la place un grain uniforme sans la moindre rayure.

L'opération se fait dans une pièce où règne une température de 10° à 12° C, mais pas au-dessous.

On passe ensuite une solution de potasse d'Amérique pour enlever ce que les pores du zinc pourraient retenir d'acide et on lave à grande eau.

Papier à transfert pour la Photolithographie.

Cette formule est recommandée par M. leDr Eder ; c'est celle qu'on emploie avec succès à l'Institut Impérial de Vienne.

Gélatine 30^

Glycérine 15 cc

sont dissous dans 1000cc d'eau et la solution est étendue sur du papier.

Le quart de la quantité indiquée suffit pour une feuille mesurant 45cm x 50cm.

Liqueur sensibilisatrice :

Bichromate de potasse 50 *r

On ajoute de l'ammoniaque jusqu'à ce que la

couleur du liquide prenne une nuance jaune clair.

Le papier est immergé dans cette solution jusqu'à ce qu'il devienne très souple.

Pour du papier à transfert contenant de l'albumine, il est avantageux d'ajouter de l'alcool au bain sensibilisateur. Voici en ce cas la formule :

Bichromate de potasse 50 gr

Eau , 800ce

Alcool 200

et ammoniaque comme précédemment.

Le papier, après exposition sous un négatif, est, tandis qu'il est encore sec, encré avec un rouleau de velours, puis, après immersion dans de l'eau froide, il est développé avec un tampon, et enfin avec le rouleau de velours. Le transport sur pierre s'opère à la manière habituelle.

Nouvelle encre pour les transports lithographiques.

La composition de certaines encres à transfert de commerce est secrète, aussi M. le Dr Eder a-t-il voulu étudier la question avec sa compétence indiscutable et il s'est arrêté à une formule dont il se montre très satisfait ( 1 ) :

Bitume 20 "»e

Colophane 100

Huile de térébenthine 40

(1) News, 1890, p. IGU.

On met dissoudre à chaud, puis on ajoute

Cire jaune.. 20 gr

Graisse 140

Gomme élémi 230

Savon de Marseille 30

Vernis à l'huile de lin (vernis moyen),

de 60srà 80

Suie très fine 80 à 100

On peut supprimer le savon de Marseille et le remplacer par 200 gr de térébenthine de Venise, qu'on mêle intimement à 40 gr de l'encre à transport.

D'après les essais de M. Eder, il résulte que la gomme élémi présente les caractères les plus favorables, autant au point de vue de la consistance qu'aux autres points de vue, parmi toutes les substances qu'il a expérimentées.

Cette matière, additionnée de savon et de quelques autres substances telles que les vernis, la graisse, fournit une encre à transport excellente et elle est, d'autre part, d'une résistance parfaite aux acides employés à la gravure.

D'après ses recherches, la gomme élémi agirait précisément, comme le savon et les corps gras similaires, à la façon d'une sorte de ciment. D'où résulte l'évidente possibilité de préparer de l'encre à transport à base de gomme élémi au lieu et place de savon.

Plaques de zinc traitées au carbonate de chaux

M. 0. Muller (de Leipzig), a imaginé de recouvrir des plaques de zinc d'un enduit calcaire dont l'épaisseur est d'un bon millimètre. Cela a l'aspect d'une pierre lithographique et peut servir aussi bien pour la gravure que pour le transport de dessins exécutés à la plume.

Nous mentionnons ce fait, qui peut servir de base à de certaines applications de ce genre, non pas qu'il nous paraisse préférable de remplacer une surface de gélatine bichromatée par cette couche de carbonate de chaux, mais l'idée en ellemême mérite d'être indiquée.

Méthode pour graver la pierre profondément (').

Ce procédé est à recommander quand il est nécessaire de pratiquer sur pierre lithographique une morsure prof onde sans perdre les moindres détails .

La pierre est encrée et gravée convenablement suivant la méthode ordinaire, après quoi elle est lavée et séchée complètement. On la saupoudre alors de résine ou de bitume en poudre dont l'excès est enlevé avec une brosse douce ; une feuille de papier à satiner est placée sur la pierre, puis on donne une pression.

Cela fait, la pierre est mise de niveau et sa sur-

( 1 ) Photographie news, p. 220.

[2)Ibid.

face est recouverte d'alcool que l'on allume en évitant tout courant d'air qui pourrait nuire à la régularité de la combustion.

Par le fait de cette combustion, la résine et l'encre grasse s'unissent de la même façon que s'opère l'union intime de ces mêmes substances à la surface d'une plaque de zinc chauffée par le dos en vue de sa préparation pour la gravure.

Quand la pierre s'est refroidie, elle peut être gravée franchement, assez pour que l'image soit très visiblement en relief.

Pour graver les pierres ainsi préparées, je préfère, dit l'auteur du procédé, l'acide phosphorique dilué et la gomme plutôt que l'acide nitrique et, en encrant, je fais usage d'une encre qui a été mélangée avec une solution de bitume dans de la térébenthine.

Préparation d'un papier de report pour la Photolithographie.

Prendre du papier légèrement encollé (le papier de Rives convient le mieux), le laisser flotter pendant environ trois minutes à la surface d'une solution dont la température atteint 35°G. et composée comme suit :

Eau ordinaire 1000cc

Gélatine 150 «r

Colle forte fraîche 25

Bichromate de potasse 14

Il faut éviter qu'il se forme des bulles d'air entre la surface du liquide et celle du papier.

On l'enlève ensuite soigneusement du bain, en le prenant par deux coins du même côté, et on le pose sur une planchette pour le laisser sécher, ce qui prend environ deux heures par une température de 20° G. Cette opération se fait dans une pièce obscure éclairée seulement par un verre jaune.

Quand le papier est sec, il est exposé à la lumière solaire directe ou diffuse sur un cliché positif ou négatif, suivant le résultat désiré. On développe l'épreuve en la plongeant dans une cuvette remplie d'eau ordinaire dans laquelle on la laisse jusqu'à ce que la couleur jaune, due au bichromate de potasse, ait entièrement disparu. Cette condition remplie, on prend la feuille et on l'étalé sur une surface plane, bois, pierre ou verre, et on l'encre avec un rouleau doux. Quand toute la finesse de l'original est obtenue, on opère le transfert sur pierre ou zinc, ainsi qu'il est d'usage (1).

Moyen de grener des plaques de zinc ou des pierres lithographiques .

Le moyen suivant, très employé en Amérique, donne, assure-t-on, un grain très convenable pour

(1 ) Philadelphie Photog., 1887.

la Photographie typographique ; il consiste dans la production d'un grain en recouvrant de sable la surface d'une pierre lithographique ou de plaques de zinc; on roule sur la surface sablée des boules sphériques, lesquelles ayant un point de contact limité, servent à presser le sable contre la plaque sans risque de produire des éraillures ou de la dépolir inégalement.

On fait usage d'un plateau sur lequel la plaque de zinc est fixée à l'aide de taquets placés sur les côtés ; le plateau porte sur ses bords des bandes en relief portant des galets roulant sur deux rails circulaires.

Du sable étant répandu sur la plaque, on y met quelques boules qui doivent cle préférence être en verre. On- imprime alors un mouvement de rotation à l'aide d'une manivelle adaptée au plateau, et le va-et-vient des billes se heurtant contre les grains de sable produit une granulation très fine à la surface de la plaque et telle qu'il le faut pour l'impression. Pour obtenir un meilleur résultat, on mouille un peu le sable. Les boules doivent être de la dimension de grosses billes.

Le résultat, des plus satisfaisants, est obtenu très vite.

Au lieu d'une plaque de zinc, on peut grener une pierre lithographique par le même moyen, mais à la condition de disposer la pierre cle façon

que le sable et les billes ne puissent pas s'échapper par les bords [* ).

Écriture reproduite sur gélatine.

Un moyen de transformer une couche de gélatine en une surface imprimante à l'encre grasse susceptible de reproduire maintes fois une écriture, d'abord tracée à la main sur une feuille de papier ordinaire, a été indiqué par nous en principe. Le 2 juin 1876 (2), nous disions alors qu'on pouvait, avec une encre maigre, contenant du tanin, obtenir n'importe quel transport lithographique, tout comm e si Von opérait sur pierre avec une encre grasse. En mai 1878, M. Pumphrey publiait un mode opératoire analogue (3) : « On écrit, dit-il, avec de l'encre ordinaire sur du papier ordinaire. On applique cette écriture sur une couche de gélatine humectée sans excès, puis on passe la presse, le papier laisse l'écriture sur la gélatine. On encre alors cette couche au rouleau et l'encre ne prend que là où l'écriture a été en contact avec la gélatine. On imprime comme à l'ordinaire. »

Plus tard, vers 1881, M. Otto Lelm, inventeur de l' Autocopiste noir, fit une application industrielle de ce même principe. On sait que le pro-

(\) Year-Book, 1800.

{2) Voir Bulletin de la Société française de Photographie, 1876. I3) Ibid., 1878.

cédé de l'Autocopiste repose sur une base absolu ment semblable à celle qui vient d'être indiquée.

Du papier parcheminé est recouvert d'une couche de gélatine sur laquelle on décalque des écritures ou des dessins tracés avec une encre spéciale contenant des matières telles que le tanin , l'acide gallique , le nitrate d'uranium , le perchlorure de fer, l'alun, susceptibles de coaguler la gélatine. On encre ensuite, après avoir humi* difié l'endroit gélatineux, et l'on imprime en lissant à la main.

On peut aussi user du moyen de report indiqué par M. OttoLelm, et qui consiste à saupoudrer un dessin quelconque à l'encre grasse fraîchement imprimé, ou une écriture poisseuse.

La poudre est formée d'alun de tanin ou de toute autre matière ayant la propriété de coaguler la gélatine.

Actuellement, le procédé de l'Autocopiste est exploité par le successeur de M. Raymond, qui tient dans ses magasins tout ce qui est nécessaire à ce genre d' Autographie, de Photolithographie et même de Photocollographie. ( Voir à Collographie pelliculaire. )

Nous nous bornerons à rappeler, à ce propos, ce que nous disions en 1882 f1), au sujet de l'application de la Photographie par ce procédé d'au-

( 1 ) Moniteur de la Photographie, 1882, p. 187.

tocopie. Notre avis était qu'on devait plutôt sensibiliser avec du bichromate de potasse de minces couches de gélatine étendues sur du papier parcheminé, comme le prépare M. Otto Lelm, et insoler à travers un négatif pour avoir l'image imprimante, sans recourir à une presse pour le tirage.

Des essais faits dans cette voie avaient parfaitement réussi.

Papier à report pour la Photozincographie (').

Le colonel Waterhouse a remplacé, pour la Photozincographie, le papier à report à la gélatine par un papier à l'arrowroot, plus économique et donnant des résultats aussi bons, sinon meilleurs.

Le papier choisi, de consistance convenable,

est recouvert de deux couches de :

Arrowroot, 40 gr

Bichromate de potasse 20

Eau ; 1000cc

Après l'exposition à la lumière, le papier est encré à la façon ordinaire avec de l'encre à report composée de :

Encre à report ordinaire.. 100 gr

Encre lithographique 100

Huile de palme 7

On mouille à l'eau chaude, plus chaude que

(1) Moniteur de la Pliotographie, 1888.

pour le papier à la gélatine. L'impression se décalque très bien sur le zinc sans se coller, d'où un transfert Lien clair et bien net.

Transferts photolithographiques.

Première méthode, par M. W.-T. Wilkinson. — Le papier est enduit avec

Gélatine Nelson (n° 3) 165 *

Eau 1000cc

On fait gonfler la gélatine jusqu'à ce qu'elle soit molle, on la fait fondre alors et Ton ajoute (en agitant tout le temps) 6gr,6 d'une solution d'alun de chrome à 0gr, 7 pour 100. On filtre à travers une mousseline dans une cuvette placée dans une autre remplie d'au chaude.

Sur cette solution de gélatine chaude, du bon papier à écrire est mis à flotter, puis on le fait sécher, après quoi il est flotté de nouveau, et on le fait sécher en le suspendant par le coin opposé, de façon à égaliser l'épaisseur de la couche de gélatine. Ce papier, une fois sec, peut se conserver longtemps.

Plus il est vieux et mieux il vaut. Pour l'emploi, ce papier est immergé dans une solution de

Bichromate de potasse 50 sf

Eau 1000 ce

pendant trois minutes, puis étendu, le côté préparé en bas, sur une plaque de verre propre,

traité par la raclette pour le tendre et chasser la solution en excès, puis séparé de la plaque et mis à sécher dans une pièce obscure.

Quand il est sec, le papier est exposé à la lumière sous un bon cliché négatif de traits pendant environ cinq minutes au soleil, et de quinze à trente minutes en lumière diffuse ; l'image est visible durant l'impression, mais il ne faut pas la regarder trop souvent. Quand l'exposition a été suffisante, il reste à convertir l'impression photographique en une image à l'encre de transport, ce que l'on fait en immergeant d'abord le papier dans de l'eau froide propre jusqu'à ce que la gélatine, protégée contre l'action de la lumière par les parties opaques du négatif, ait absorbé assez d'eau pour refuser l'encre grasse.

Tandis que l'épreuve est dans l'eau, on prend de l'encre lithographique à transport, qu'on étend avec un peu de térébenthine, de façon à l'amener à une bonne consistance de travail, en effectuant le mélange avec un couteau à palette ; un rouleau de gélatine est enduit avec cette encre, et l'épreuve retirée de l'eau est posée sur un marbre formé par une glace, une des extrémités de la feuille étant repliée sur le bord de la glace pour pouvoir le maintenir durant l'emploi du rouleau; l'eau en excès est enlevée soit avec du papier buvard, soit avec un linge souple, et l'on voit l'image apparaître avec un léger relief. Le rouleau de gé-

latine, chargé d'encre, est promené sur Fépreuve, et l'on voit peu à peu l'image se détacher en noir sur un fond blanc.

Maintenant, pour que tous les blancs soient bien propres, et pour éviter des parties voilées lors du transport sur la pierre, il faut plonger un tampon de coton dans de l'eau et le pressurer en frottant partout sur l'épreuve à transporter.

Le transfert, une fois développé, est mis à sécher, et il est prêt à être reporté sur pierre.

Deuxième méthode. — C'est celle de M. Husnik, dont le papier est employé. Ce papier, d'abord enduit avec une couche de gélatine, puis d'albumine, est sensibilisé par immersion dans un bain de

Bichromate de potasse 57 *T

Eau 770 ec

Alcool méthylique (de vin) 230

On ajoute de l'ammoniaque à cette solution jusqu'à ce qu'elle prenne une couleur jaune légère.

Le papier est passé rapidement à la surface de cette solution, puis séché dans une pièce chaude aussi rapidement que possible.

Une fois sec, il est exposé trois minutes environ au soleil, et, tandis qu'il est encore sec, on passe à sa surface un rouleau de gélatine chargé d'encre étendue avec de la térébenthine, en ayant soin de mettre peu d'encre (on doit voir l'image à travers l'enduit). L'épreuve imprimée est maintenant

plongée dans de l'eau propre et, après y être restée peu de temps, elle est enlevée et posée sur une surface plate, où on la nettoie avec un tampon de coton pour éclaircir les blancs en enlevant l'encre qui pourrait être restée entre les traits.

Le transport s'opère comme d'habitude. Les feuilles encrées sont placées dans un cahier de papier humide jusqu'à ce qu'elles soient très souples.

Procédé de Photolithographie, d'après des photographies ou des dessins.

Cette invention a pour objet d'effectuer sur pierres lithographiques ou sur plaques de zinc des reproductions d'après des photographies ou d'autres dessins en vue de l'impression lithographique, et elle consiste simplement dans la création d'un grain artificiel sur la photographie ou le dessin, grain rendant possible l'impression sur une pierre lithographique ou sur une plaque polie, soit encore sur papier porcelaine ou tout autre support. Pour y arriver, la photographie ou le dessin sont recouverts avec un enduit composé ainsi qu'il suit.

On fait dissoudre :

Fleur d'amidon 500 sr

Eau à 70° G. environ 1000cc

et l'on ajoute

Gomme arabique 300 &v

Sucre 200

Ce mélange est vivement agité pendant qu'il est chauffé au bain-marie et jusqu'à ce qu'il forme une masse homogène à laquelle on ajoute alors environ 30 parties de kaolin. Quand le tout s'est mis en une sorte de pâte semi-liquide, on le broie à l'aide d'une molette en verre jusqu'à ce que l'on ait atteint le degré de finesse voulu.

Ce composé est alors répandu avec soin sur l'épreuve photographique ou le dessin, en évitant les épaisseurs et autres inégalités, et l'on met à sécher en étendant la matière jusque sur les bords avec une plume à écrire. Quand la surface est sèche, la silhouette est tracée avec une plume et de l'encre lithographique, et les demi-teintes sont obtenues avec un crayon lithographique; on tâche de rendre le mieux possible le modelé de l'original, ce qui est facile, sans qu'on ait besoin d'être très habile ou qu'on ait quelque connaissance spéciale du dessin lithographique.

Le grain artificiel produit par la présence du kaolin ressemble exactement au grain que l'on obtient sur les pierres lithographiques ou sur les plaques de zinc, et il reste à opérer le transfert du dessin sur pierre ou sur zinc; on procède comme il suit : le papier qui porte le dessin est légèrement mouillé ; on l'applique ensuite sur la pierre (ou le zinc) mouillé aussi légèrement et un peu chauffé. Après plusieurs pressions, on répand de l'eau bouillante sur le papier que l'on enlève

alors, tandis que le dessin reste sur la pierre ou le zinc. On laisse en repos pendant cinq à six heures, puis on encre et imprime à la manière habituelle.

Par ce moyen, un dessin au trait ou une gravure peuvent être transformés en une lithographie modelée.

Au lieu d'introduire le grain dans la composition à l'aide de laquelle le dessin est transporté sur la pierre, un enduit, composé comme il suit, est étendu sur la photographie :

Amidon 4000 ^

Gomme 2000

Sucre 1000

On fait bouillir le tout. La photographie ou le dessin, après avoir reçu une épaisseur convenable de cette préparation, sont mis à sécher, puis on humecte légèrement et l'on presse sur une pierre lithographique ou une plaque de zinc ayant reçu le grain nécessaire.

Le grain s'imprime, de cette façon, sur la surface de l'enduit.

Le dessin est alors exécuté sur l'enduit grené et ensuite transporté sur la pierre ainsi qu'il a été dit plus haut.

En résumé, l'idée principale qui fait l'objet du brevet ci-dessus consiste dans le dépôt artificiel d'un grain sur un dessin ou sur une photographie,

après quoi l'on dessine comme sur une pierre li thographique grenée.

Encre à transport de M. Reinhardt et préparation du papier de transport (1 },

Formule :

Cire jaune ci0 à 25?r

Graisse de mouton 15

Bonne encre lithographique 100

Ces matières sont mises à chauffer sur le feu dans un pot cle terre jusqu'à complète dissolution ; on verse ensuite ce mélange sur un marbre et on le broie à la molette pendant qu'il est encore chaud.

L'encre ainsi préparée s'étend régulièrement et forme un transport ayant du corps, ne tachant pas et pénétrant profondément dans la pierre.

Voici la composition du papier de transport de M. Reinhardt:

On met à la surface du papier une couche égale de l'enduit ci-après employé à chaud:

Dextrine 100sr

Gélatine 60

Gomme adragante 50

Eau 1000cc

(1) Photographie news, 1885. p. 10

Après ébullition, on filtre à travers un tissu, puis on ajoute quelques gouttes d'acide nitrique à une quantité suffisante d'une solution concentrée de bichromate de potasse, pour avoir une légère couleur jaune.

Ce papier est impropre à l'usage après un laps de temps d'un mois. Par l'introduction d'acide acétique dans la gélatine bichromatée, M. Scamoni aurait obtenu un grain analogue à celui du Photo- Ink.

Retouche des photolithographies au trait (1).

M. Scamoni fait remarquer qu'il arrive souvent que les dessins à la plume exécutés pour la Photolithographie sont si peu propres à cette application, qu'il est impossible d'obtenir un négatif ayant des détails bien complets, des lignes bien nettes ; ce n'est donc que par une judicieuse retouche sur la pierre qu'on peut arriver à l'obtention de quelque chose de satisfaisant.

Voici, dit-il, comment on doit procéder. Après que l'image sous gomme, sur la pierre, a été encrée avec de l'encre à transport, gravée à l'acide faible et enfin encrée à l'encre lithographique de force moyenne, on la poudre avec de la chaux pour empêcher la couleur fraîchement appliquée

(") Photographie news, 1885, p. 215.

de s'étaler, puis on la frotte avec de l'eau faiblement gommée ajoutée à du rouge de graveur. Cette couche transparente facilite le travail en permettant à l'outil du retoucheur de tracer les lignes délicates et les détails incomplets.

On doit surtout veiller à ce que la pointe du burin ne pénètre que très légèrement et à une profondeur égale sur toute la surface de la pierre.

Comme jauge, on peut prendre pour guide la profondeur obtenue par un diamant sous une faible pression.

Les points produits par des éclats de diamant sont surtout utiles pour les lignes larges; mais pour remplir des espaces ombrés, on doit faire usage de roulettes de diverses formes (*).

Quand le travail de gravure est terminé, humectez légèrement les parties creusées avec un peu d'huile de palme et, après quelques minutes pour laisser au corps gras le temps de pénétrer, encrez toute l'image avec de l'encre à transport jusqu'à ce que les traits nouveaux apparaissent noirs, autant que ceux du transfert lui-même.

Gommez la pierre maintenant, et, quand elle est sèche, ou quelques heures plus tard, roulez à sa surface de l'encre à retransport; regommez de nouveau, nettoyez le dessin et enfin gravez avec

(1 ) On trouve d'excellents outils ad hoc chez Renard, 24, rue des Gravilliers.

de l'eau de gomme acidifiée avec de l'acide phosphorique dilué.

Pour nettoyer, il convient de faire usage dune pointe large de graveur ou bien d'une brochette de bois taillée en pointe et trempée dans de l'acide phosphorique dilué.

Si quelques parties du dessin paraissent faibles ou brisées après le second encrage, il faut les repasser à l'encre lithographique à écrire avant de procéder à la dernière morsure.

Formule d'un liquide pour faire adhérer la gélatine à la pierre ou à tout autre support (1 )•

La pierre, après avoir été bien lavée et séchée, est dégraissée avec un mélange par moitié d'alcool et d'ammoniaque ; on laisse sécher de nouveau, puis on verse la solution ci-après, dissoute à froid et soigneusement filtrée :

Eau distillée I000cc

Acide gallique 20

Glycérine 4 ou 5 gouttes .

On en verse une .quantité suffisante pour recouvrir toute la surface et on laisse égoutter l'excédent. La pierre est placée ensuite de niveau dans une étuve chauffée à 50° ou 60°. Après dessiccation, on essuie légèrement avec un chiffon propre

(1) L'Imprimerie, année 1883, p. 750.

de façon à faire disparaître la plus grande partie de la poussière blanche qui s'est formée à la surface. On termine avec un blaireau qui enlève les dernières traces de poudre ; il n'en doit pas rester.

Avant de verser la gélatine bichromatée, on attend que la température soit tombée à 25°.

Procédé d'impression et de transport recommandé par M. Wilkinson.

Faire, à la lumière artificielle, une épreuve sur n'importe quel papier au gélatinobromure du commerce en usant d'un bon négatif d'un sujet au trait. Développer à l'acide pyrogallique, laver et placer la feuille sur un marbre et enlever le liquide en excès avec un linge souple ; on tamponne alors sur toute la surface avec une éponge imprégnée d'encre à transport, étendue avec de la térébenthine. On laisse évaporer la térébenthine, puis on prend un rouleau de gélatine que l'on promène sur l'épreuve jusqu'à ce que les blancs soient complètement exempts d'encre. Gela fait, on plonge de nouveau l'épreuve dans le développateur pyrogallique pendant quelques secondes et on l'expose à la lumière. Enfin, on lave à l'eau et on laisse sécher. Après dessiccation, l'image est prête pour le transport qui s'opère comme pour n'importe quelle photolithographie.

Les seules causes d'insuccès avec ce procédé

peuvent provenir soit d'une durée d'exposition défectueuse, soit de l'emploi d'un mauvais négatif.

Le négatif doit avoir des traits bien nets. Plusieurs des sortes de papier de commerce ont une couche de gélatine trop mince; en ce cas, mieux vaut préparer le papier soi-même, ce qui n'est guère compliqué, la couleur de l'image développée étant sans importance.

Une bonne formule est :

Gélatine 60^

Eau1 1000"

Quand la gélatine est ramollie, on la fait fondre à la température de 30° et Ton ajoute 10gr de bromure d'ammonium ; on agite jusqu'à complète dissolution et l'on ajoute 10 gouttes d'acide chlorhydrique en agitant encore.

Dans 1000cc d'eau faites dissoudre 100gr de nitrate d'argent en chauffant cette solution jusqu'à la même température que celle de la gélatine,

On verse la solution d'argent dans celle de gélatine en très petite quantité à la fois, et en agitant tout le temps vivement. On met ensuite ce mélange dans une cuvette inclinée de façon que le liquide afflue seulement vers un des bords. Le papier est enroulé de manière à former un petit rouleau ; une de ses extrémités est posée sur le liquide, on en saisit la partie mouillée et l'on descend à mesure,

ce qui permet d'étendre à sa surface un enduit régulier. On met à sécher, puis on fait de nouvelles feuilles jusqu'à épuisement de la liqueur.

Pour le transport des sujets à demi-teinte, il faut employer du bromure et du chlorure de calcium avec addition de 13gr de gélatine et chauffer le papier à une température aussi élevée que possible sans arriver toutefois à fondre la gélatine. Le papier recouvert de cette émulsion sera hygroscopique, et il devra être conservé dans un endroit très sec. Avant l'usage, il faut le sécher et le chauffer aussi avant le développement, pour favoriser la réticulation de la gélatine.

Ce papier doit être exposé sur un négatif de demi-teinte, développé, lavé, puis encré ainsi qu'on le fait pour le transport des sujets au trait (de même qu'il vient d'être dit plus haut).

Pour le transport sur pierre, couper les bords avec des ciseaux, mettre l'épreuve à ramollir dans un cahier de feuilles humides ; mouiller le dos du transport avec une éponge imprégnée d'une solution d'acide oxalique à 1 pour 100 d'eau, en évitant avec soin que la moindre partie de cette solution ne mouille le côté du transport. L'épreuve, une fois mise à sa place sur la pierre, reçoit la pression en l'augmentant de plus en plus jusqu'à cinq ou six fois et sans relever le tympan de la presse.

Le papier peut ensuite être détaché, laissant

l'image en encre sur la pierre. On gomme et on laisse au repos cinq à six heures avant d'encrer au rouleau.

Méthode Swan sur planche collographique.

Une planche collographique est encrée uniformément, au rouleau, avec de l'encre grasse, aussitôt l'exposition terminée et avant d'être plongée dans l'eau.

Après l'immersion, la plaque est traitée soit au rouleau, soit au tampon, pour enlever l'excès d'encre.

Dès que l'image paraît convenable, on imprime un transport que l'on décalque sur une pierre lithographique.

Avec des planches collographiques à grains prononcés, on peut obtenir des transports sur pierre assez nettement grenés pour être facilement imprimés.

Cette solution doit sécher sur le zinc, puis on essuie légèrement avec un chiffon propre. Alors la

Formules pour Zincographie

Solution gallique.

Tanin

Acide gallique

(1) L'Imprimerie, année 1882, page 569.

plaque est prête à recevoir l'écriture, un dessin ou un report. L'acidulation se fait avec la solution suivante :

La solution de noix de galle s'obtient en faisant macérer des noix de galle dans de l'eau pure pendant quelques jours.

Avec une éponge, on passe cette solution sur le zinc où elle reste pendant dix à douze minutes ; on lave ensuite assez légèrement pour ne pas enlever toute la solution.

L'encrage a lieu en passant vivement le rouleau deux ou trois fois jusqu'à ce que le dessin arrive au point voulu.

Vernis à l'eau pour les photocollographies et autres

Bien que les impressions vernies puissent laisser à désirer quant à l'aspect artistique, il est des cas où ce vernissage s'impose pour donner plus de profondeur aux grandes ombres. Il faut aLors faire usage d'un vernis à l'eau qui convient admirablement.

Les vernis à l'alcool ne peuvent être employés que sur du papier couché ou sur un encollage préalable, sans quoi ils pénétreraient dans répais-

Eau

Gomme arabique

Acide nitrique

Solution de noix de galle

impressions à l'encre grasse.

seur du papier. D'autre part, même avec un encollage, ils laissent à l'épreuve un aspect gras et ils sont susceptibles de jaunir, aussi les vernis à l'eau sont-ils préférables.

Celui de ces genres de vernis que nous avons recommandé et dont nous reproduisons ici la formule est composé de :

Eau 1000"

Borax 260 *r

Gomme laque blanche 200

Carbonate de soude. 12

On fait dissoudre le borax additionné du carbonate de soude dans de l'eau bouillante, puis on ajoute graduellement la gomme laque blanche et l'on prolonge l'ébullition jusqu'à ce que cette dernière substance se soit fondue; on filtre après refroidissement. Ce vernis s'emploie à chaud, soit dans une pièce chauffée à la température d'environ 25° à 30° C. Les épreuves sont flottées successivement à la surface de ce vernis mis clans une cuvette, puis suspendues pour sécher.

M. Eder a analysé un vernis du même genre qui était employé dans une importante maison d'impression photocollographique d'Allemagne; il l'a trouvé composé de :

Eau 1000"

Borax 80 »

Soude calcinée 17

Gomme laque blanche 330

On peut ajouter à ce mélange 50gr environ de dextrine, ce qui augmente le brillant.

Le Dr Geissler pense qu'il est préférable de préparer le vernis seulement avec de la gomme laque et du borax, sans addition de soude ou de carbonate de soude, pour éviter la coloration brune que prend cette liqueur sous l'influence de la chaleur, en présence du borax et de la soude.

Il recommande de faire digérer, à la température ordinaire, dans trois parties d'une solution de borax saturée à froid, une partie de gomme laque blanchie fraîchement pulvérisée ; on remue le plus souvent possible, pendant deux ou trois jours, et la gomme laque se trouve dissoute sans qu'il y ait formation d'une coloration.

Le vernis se colore en brun, même à la température de 50° à 60° G. Le Dr Eder ne trouve pas superflue l'addition de la soude qui contribue à dissoudre mieux la gomme laque.

Après le vernissage et quand la dessiccation est complète, on doit satiner les épreuves qui acquièrent alors un beau lustre, d'un aspect doux et fin, pas trop brillant pourtant, ce qui vaut mieux.

Avec du papier couché, un vernis alcoolique peut être employé ; en voici la formule pour le cas où Ton voudrait en user :

Alcool méthylique

Gomme laque blanchie

1000 cc

On remarque, en faisant cette dissolution, que le liquide est troublé par des matières grasses tenues en suspension.

En ajoutant, d'après M. Peltz, de la chaux en poudre, on obtient une solution dont les trois quarts sont limpides, et ce qui reste filtre rapidement même à travers un feutre.

On peut mettre encore une partie d'essence de pétrole ou de benzine pour trois parties de vernis ; il se forme deux couches : la supérieure contient la matière grasse que l'on élimine ainsi. Il est bon de séparer le corps gras, sans quoi le filtrage est très lent et l'on n'a qu'un vernis peu brillant.

Les épreuves vernies à l'alcool doivent être séchées rapidement près d'une source de chaleur.

Emploi de la Photographie orthochromatique pour la Photolithographie,

M. Moerch a publié, dans le Photographie news de 1888 (p. 678), un procédé propre à l'emploi de la Photographie orthochromatique pour l'obtention de clichés pour la Photolithographie et subsidiairement pour la Photogravure. Nous extrayons de son intéressant article les passages essentiels.

Il indique d'abord la nécessité de faire usage d'un procédé négatif de correction des valeurs respectives, quand on a à reproduire un sujet où se trouvent des traits de diverses couleurs. D'autre part, et c'est nous qui le disons, on peut avoir

affaire à des dessins d'une couleur telle, du bleu par exemple, que Ton n'obtiendrait qu'une reproduction insuffisante avec les préparations dites ordinaires.

Le collodion est le véhicule qui, jusqu'à nouvel ordre, peut donner le plus de netteté, le plus d'acuité dans les reproductions de sujets au trait destinés à la Photolithographie; c'est donc du collodion orthochromatique qu'on devra employer. Voici les formules données par M. Moerch, d'après Obernetter :

Collodion à l'argent. — Dissoudre 5gr de nitrate d'argent dans 2CC d'eau distillée, en chauffan (^convenablement sur une lampe à gaz ou à alcool, et y ajouter une goutte d'acide nitrique pur.

Après complète dissolution, on ajoute, et en remuant tout le temps, 250cc d'alcool à 96°.

Il est bon de chauffer l'alcool au bain-marie avant d'en faire le mélange avec la solution d'argent, pour éviter tout précipité.

Ajoutez alors 6gr de pyroxyline et 150cc d'éther. On secoue le flacon cle temps en temps, pendant une demi-heure.

Quand le coton est entièrement dissous, le collodion est filtré et il est prêt pour l'usage.

Il acquiert ses meilleures qualités au bout de vingt-quatre heures et il les conserve pendant des mois.

Avec ce collodion à l'argent, on peut préparer soit des plaques à l'iodure pur, soit à l'iodure et bromure.

Les plaques à l'iodure sont les plus convenables pour les reproductions de toute sorte de dessins de lignes, et sont aussi sensibles que les plaques humides. Les plaques au bromure ne possèdent pas les mêmes qualités ; les traits ne sont pas aussi clairs et le fond est moins intense ; pourtant on peut les renforcer assez et elles produisent des négatifs très propres au sujet qui nous occupe.

Quant à leur degré de sensibilité, il peut être double de celui des plaques humides à l'aide d'un certain traitement, et exposées humides.

Les glaces doivent être bien nettoyées, ainsi qu'on le fait dans le procédé courant au collodion humide; les bords sont enduits d'albumine et, une fois secs, la surface est collodionnée avec le collodion ci-dessus, de la même manière employée pour le collodion humide.

La plaque peut alors être passée dans un des bains d'iodure ou de bromure dont voici les formules :

Bain d'iodure. — Dissoudre 10gr d'iodure de potassium dans 120cc d'eau et ajouter une goutte d'acide nitrique.

Bain de bromure. — Dissoudre 10gr de bromure

de potassium dans 120cc d'eau et ajouter une goutte d'acide nitrique.

Bain d'iodobromure. — Si l'on désirait une plaque à l'iodobrornure, voici la formule. Faire dissoudre :

lodure de potassium . .

Bromure de potassium

dans

Eau distillée

Acide nitrique pur

10er

1 goutte.

En conservant ces trois bains, on est toujours prêt à exécuter tout travail, soit de reproduction d'après des gravures, ou d'après des tableaux à l'huile.

Pour les reproductions de traits, on donnera la préférence à l'iodure pur si ce n'est à l'iodobrornure, tandis que les plaques au bromure conviendront mieux à des reproductions de toute autre sorte.

Pour terminer la préparation de la plaque, on l'immerge dans le bain choisi pendant cinq minutes, après quoi on la lave à l'eau dans une cuvette, de façon à enlever tout excès d'iodure ou do bromure.

Les plaques à l'iodure aussi bien qu'à l'iodobrornure ne sont pas du tout sensibles à la lumière. On n'a doncpas à les soustraire à son action.

Les plaques au bromure seules doivent être préservées contre les rayons lumineux.

Dans cet état, elles se conservent autant qu'on veut si on les laisse dans une cuvette pleine d'eau.

Cependant elles peuvent toujours être préparées le soir pour le lendemain, ce qui économise à l'opérateur une grande perte de temps.

Au moment de faire usage des plaques, elles doivent être passées au sensibilisateur qui, pour les plaques à l'iodure et à l'iodobromure, consiste en une solution de nitrate d'argent (1:8) additionnée de quelques gouttes d'une solution d'iodurede potassium dans le rapport de 1 : 100 (soit 5 gouttes pour 100cc de la solution d'argent), et une goutte d'acide nitrique.

Dès que cette solution est placée sur la plaque, ce que Ton peut faire en y revenant à plusieurs fois, elle doit être soustraite à l'action de la lumière.

Dans le cas où l'on compterait sur une assez longue durée dépose, quelques gouttes de glycérine pure devront être ajoutées à la solution sensibilisatrice.

Pour produire un effet orthochromatique, on ajoute aussi la matière colorante (bleu d'aniline, éosine, etc.).

Les plaques au bromure doivent être sensibilisées avec 5gr de nitrate d'argent dissous dans 100cc d'eau et 5 gouttes de glycérine pure : ce sensibi-

lisateur peut être neutralisé avec de l'ammoniaque liquide concentré jusqu'à ce que le liquide devienne trouble.

Ces plaques étant beaucoup plus sensibles que celles au collodion humide, des précautions doivent être prises contre Faction de la lumière, sous peine de voile.

Le meilleur développateur pour les 'plaques à l'iodure et à Tiodobromure est celui des plaques au collodion humide, le développateur ordinaire au sulfate de fer.

Pour les plaques au bromure, on doit donner la préférence à un développateur alcalin. Tout bon développateur pour les plaques ordinaires à la gélatine conviendra très bien.

Avant de développer, il faut se débarrasser, par lavage, du sensibilisateur.

La méthode qui précède peut s'appliquer à tout travail de reproduction monochrome.

Pour entrer dans la voie orthochromatique, M. Moerch a combiné les procédés du Dr Albert et du Dr Eder.

Dans ces deux procédés, il est fait usage d'émulsion au collodion et l'on y emploie de l'éosine à l'argent comme constituant un des meilleurs sensibilisateurs pour donner une valeur correcte des tons.

L'émulsion d'Eder est deux fois aussi sensible que les plaques au collodion humide, et c'est

ce qui arrive avec les plaques au bromure dont il vient d'être fait mention plus haut.

Albert propose maintenant d'introduire des sels d'acide picrique au lieu de se servir d'un écran coloré en jaune, et il réussit même à arrêter les rayons ultra-violets. Il fait usage d'une éosine à l'argent qui est seulement soluble dans l'ammoniaque. L'ammoniaque ayant la propriété de détruire la pyroxyline, il la neutralise avec de l'acide picrique en formant de la sorte du picrate d'ammoniaque qui est la vraie matière propre à l'extinction des rayons ultra-violets.

Ce sensibilisateur excellent peut être appliqué aux plaques préparées comme il est dit ci-dessus pour obtenir un résultat semblable à ceux qu'on obtient avec du collodion à l'émulsion.

Tout opérateur tant soit peu habile pourra compléter cette formule, de façon à lui faire produire les meilleurs résultats pratiques.

Il n'est pas nécessaire d'employer une émulsion. Un collodion bon pour tout usage dans le procédé humide peut être utilisé et il peut aussi servir à préparer des plaques sèches pour des impressions par contact.

Il est un point plus important qu'il faut indiquer, surtout pour les applications à la Photolithographie ; si l'on prend trois négatifs pour les impressions en couleur, en usant d'écrans colorés en verre, ces négatifs généralement pèchent

par un repérage défectueux à cause des différences de foyers inhérentes à chacun des écrans.

Si, au lieu de recourir à des écrans, l'opérateur colore la plaque sensible avec des substances convenables, le foyer reste le même, les négatifs donneront des images repérant exactement.

Une qualité importante qui fait défaut aux plaques de gélatine, c'est que celles qui sont préparées par la méthode indiquée plus haut peuvent être rendues plus intenses par les renforçateurs employés dans le procédé humide ; il n'y a pas à laver longuement, les points ne sont pas à redouter, la dessiccation est rapide et les impressions convenables .

La glycérine dont on se sert doit être la plus, pure qu'on pourra se procurer et l'on fera bien de la mélanger avec quelques gouttes de nitrate d'argent et de l'exposer pendant quelque temps à l'action des rayons solaires. Toutes les impuretés qui pourraient nuire aux résultats sont séparées et précipitées au fond du flacon. Il faudra décanter avant l'emploi.

Impression sur bois (1 ).

On fait une préparation composée de y

Gélatine — Savon blanc Eau

(1) Photographie news, 1891.

La gélatine est mise à gonfler, on la dissout au bain-marie et l'on ajoute le savon peu à peu en agitant continuellement. La solution est enfin filtrée à travers de la mousseline. Le bois est enduit de cette mixtion additionnée d'un peu de blanc de zinc. La couche doit être aussi mince et aussi uniforme que possible. Le bloc est alors enduit avec une large brosse de la solution suivante :

Albumine 1250 ?r

Chlorhydrate d'ammoniaque 50

Acide citrique 8

Eau 1000-

L'albumine est battue en neige et laissée en repos. L'eau, le chlorhydrate d'ammoniaque et l'acide citrique y sont ensuite ajoutés dans Tordre indiqué.

Quand cet enduit est sec, la couche est sensibilisée avec une solution de

Nitrate d'argent : . 10 gr

Eau 1000"

que Ton étale sur la surface du bloc avec une baguette de verre.

L'excès est rejeté et le bloc mis à sécher.

L'impression a lien comme d'habitude et il n'est pas nécessaire de surexposer. Après l'impression, la surface du bloc est immergée, pendant trois minutes environ, dans une faible solution de sel commun dans l'eau. On l'y laisse un peu blanchir.

On lave sous un robinet et l'on fixe en quatre ou cinq minutes avec une solution concentrée d'hyposulfite de soude.

Enfin on lave à eau courante pendant dix minutes et Ton met sécher.

Effaçage et grenage des plaques de zinc (').

Effaçage. — Lorsqu'il s'agit d'effacer une composition sur une plaque de zinc, on procède de la manière suivante :

1° Enlever la composition à l'essence ou au pétrole ;

2° Faire fondre gros comme une noisette ou une noix de potasse d'Amérique dans un demi-verre d'eau ou un verre plein, selon la superficie de la plaque ;

3° Verser la potasse sur la plaque, la frotter avec un morceau de drap jusqu'à ce qu'il ne reste plus trace de dessin ;

4° Rincer à l'eau claire et laisser sécher.

Grenage. — Reprendre la même plaque lorsqu'elle est parfaitement sèche et passer de l'acide chlorhydrique à l'aide d'un pinceau de crin.

Promener ce pinceau de gauche à droite et de bas en haut en croisant.

(1) L'Imprimerie, 1888.

Activer les mouvements de façon à ne pas laisser de traînées et faire bouillonner continuellement l'acide. On obtient ainsi, à peu de chose près, un dépolissage régulier.

Passer de nouveau un peu de potasse.

Laver à grande eau et sécher soigneusement en essuyant avec un vieux chiffon propre et sec.

L'opération se termine en enveloppant la plaque dans une feuille de papier sec pour la préserver des accidents et de la poussière jusqu'à ce qu'on en fasse usage.

Le grenage à l'acide chlorhydrique est aussi efficace sur des plaques neuves que sur des plaques effacées.

Autre méthode (*). — « Voici de quelle façon, dit l'auteur, nous l'avons vu pratiquer dans une importante imprimerie de Paris :

» La plaque était placée dans un plateau en zinc à bords relevés, d'une dimension plus grande que la plaque.

» La première opération s'est faite avec du grès et de l'eau additionnée de quelques gouttes d'acide sulfurique.

» Puis l'ouvrier a rincé la glace à l'eau pure. » La seconde opération a eu lieu avec du sablon et de l'eau additionnée de quelques gouttes du

(1 ) L'Imprimerie.

même acide. On a rincé de nouveau, essuyé et laissé les plaques se sécher.

» La plaque baignait pour ainsi dire dans le mélange de grès, de sable et d'eau. Les gouttes d'acide avaient pour effet d'aider le grès et le sable à mordre le zinc.

» Le grenage s'est terminé avec une molette en verre et du sablon.

» Pour remettre en état les zincs qui ont servi, on conseille ici d'enlever le dessin à l'essence, de frotter avec un mélange d'eau et d'acide sulfurique à l'aide d'une brosse douce jusqu'à ce que le zinc devienne blanc; finalement, de laver à grande eau pure et de grener. »

Moyen de conserver longtemps une épreuve à transporter (1 ).

Dans le journal Archiv, M. C. Fleck a décrit un procédé pour l'application duquel le papier à transfert peut être commercialement livré tout prêt. Le papier bien connu de M. Husnik convient parfaitement. On le sensibilise avec une solution de bichromate de potasse et on l'encre absolument comme il est dit dans les instructions livrées en achetant ce papier. Après quoi, l'impression est placée, dans une chambre obscure, sur une solution

( 1 ) Photographie news, 1891.

de chloroforme jusqu'à ce qu'elle en soit suffisamment saturée; elle est alors posée sur une glace propre et enduite avec une solution de bitume sensible. Une fois sèche, l'épreuve est mise dans de Peau chaude pendant dix minutes et enfin développée sur une glace en la frottant circulairement avec un tampon de coton. On continue l'opération jusqu'à ce que les traits de l'image apparaissent clairs et distincts. L'épreuve est alors lavée à l'eau froide, plongée pendant cinq minutes environ dans une solution d'alun de chrome à 1 pour 100 d'eau et encore lavée.

Finalement on la gomme. Dans cet état, elle peut être conservée durant des mois avant que le transfert ait lieu.

Avant d'y procéder, la gomme doit être enlevée par un lavage à l'eau et Ton se débarrasse de l'excès de l'eau en épongeant doucement la surface.

Pendant le lavage, on garnit un rouleau en gélatine d'une encre dont voici la composition et on l'étend sur un marbre.

On mélange :

Encre à transport 100 sr

Bitume de Judée 50

Térébenthine de Venise 50

que l'on fait bouillir dans

Huile de térébenthine (de France). .... 200 -c

Après que la préparation a été retirée de dessus le feu, on y ajoute 100cc de benzine en agitant continuellement.

On passe le rouleau chargé de cette encre sur Tépreuve encore humide jusqu'à ce qu'une légère couche recouvre tout le papier ; on voit l'image très distinctement à travers cette couche. Après l'encrage du papier, le transfert a lieu comme d'habitude.

Cette méthode présente l'avantage qu'il suffit de tirer une seule épreuve à transfert, qu'on peut la conserver durant des mois et qu'on peut en tirer autant de transferts qu'on désire et très brillants.

Impression mécanico-chimique.

Le principe sur lequel repose cette impression est celui de la Photolithographie ; mais, au lieu de travailler avec l'encre grasse ordinaire, la pierre (ou le support servant à l'impression) est couverte d'une couche qui renferme un corps réducteur, et l'impression se fait sur un papier préparé avec du ferrocyanure de potassium et du chlorure de fer.

La substance réductrice produit alors sur le papier une image en bleu de Prusse.

Ce procédé n'a été indiqué que pour son principe, mais il est bon de retenir cette idée dont on arrivera facilement à faire une application pour peu qu'on s'en occupe.

L'idée première est due à M. Kolk, ingénieur à Berlin ; elle n'est mise en pratique encore que dans la teinture et l'impression des tissus, mais pas en Photographie.

Ce serait à notre avis une sorte d'hydrotypie. ( Voir le passage consacré à ce mode d'impression. )

Transport sur pierre sans effacer l'ancienne image

La pierre est rendue sensible au corps gras par un traitement au sulfate d'aluminium. Le sujet est ensuite transféré. Le papier de transfert ayant été enlevé avec soin, la pierre est bien gommée, mise à sécher, puis débarrassée de la gomme par un lavage.

La pierre est alors encrée avec de l'encre lithographique ordinaire, saupoudrée avec de la poudre de résine, mordue à l'acide et gommée une fois encore. Elle est alors prête pour l'impression. Quand on doit faire usage de cette même pierre pour une nouvelle impression, l'image transportée est enlevée avec de la térébenthine, et tout corps gras qui a pu rester sur la pierre est détruit par un lavage à l'acide. Cela fait, la pierre est de nouveau rendue apte à absorber le corps gras, de

C) Photographie news, 1891.

façon à pouvoir recevoir une impression nouvelle sans avoir été d'abord poncée.

11 ne faut que de dix à vingt minutes pour qu'une pierre soit mise en état de servir de nouveau, quel que soit son format, tandis que, par les moyens ordinaires, le ponçage des plus grandes pierres exige environ cinq heures.

Par le traitement sus-indiqué, lapierre reçoit un poli qui n'égale pas celui des pierres poncées. Elle est très finement grenée, ce qui lui permet de retenir les lignes et les points les plus réduits et de les reproduire avec la même finesse.

Remède contre l'action délétère du bichromate de potasse.

L'emploi du bichromate de potasse n'est pas sans présenter de sérieux dangers si l'on ne prend des précautions pour éviter un contact trop immédiat avec les doigts et surtout avec des mains blessées. Il en résulte une sorte d'empoisonnement qui produit des ulcères du genre syphilitique.

M. Max. Boite, à qui de graves accidents ont été causés par la pratique du procédé au charbon, n'est parvenu à se guérir qu'en prenant tous les jours deux pilules contenant chacune la huitième partie d'un grain de sulfure de calcium.

Pour les accidents inflammatoires, on trouve

dans le Bulletin de l'Association Belge de Photographie la formule d'un onguent composé de :

Iodure de potassium 2%r

Acétate de morphine 0 ,10

Axonge 10

On frotte avec cet onguent la partie malade matin et soir.

Le meilleur remède est encore celui qui réside dans les précautions préventives. Il faut éviter de se familiariser assez avec ce produit pour oublier qu'il expose à des désordres graves. Son introduction dans la circulation surtout est ce dont il faut se garer avec le plus grand soin. Les yeux et le nez doivent aussi n'avoir aucun contact avec ce produit. Il est d'un emploi tellement fréquent dans les procédés de Photolithographie, que ces conseils ne sont pas à dédaigner.

Fluorographie (').

On désigne ainsi un moyen de transférer, pour la graver sur verre, une lithographie ou une collographie à l'aide d'encre fluoratée, laquelle, au contact de l'acide sulfurique, dégage de l'acide fluorhydrique, ce dernier acide ayant la propriété de graver le verre.

(1) PJwtograpliic news, 1891.

La pierre est encrée avec la composition suivante :

Savon 500 sr

Glycérine 2000

Suif 500

Eau 1000cc

Borax 250

Spath-fluor 500

Noir de fumée 150

L'épreuve est transférée sur le verre que l'on borde de cire, on le recouvre ensuite d'acide sulfurique à la densité de 64° ou 65° Baumé.

Après quinze à vingt minutes, l'acide est enlevé et la plaque est lavée à l'eau, puis, avec une solution de potasse, lavée encore à l'eau etséchée avec un linge.

Ce procédé est surtout applicable aux sujets à traits ou au pointillé. L'image reste gravée à la surface de la plaque de verre.

Dédoublement d'une feuille en deux (1).

Si l'on demandait à quelqu'un de fendre une feuille de papier en deux, dans son épaisseur, cette proposition serait considérée comme une plaisanterie ou une mystification. La chose est cependant possible, et, qui, plus est, peut avoir son utilité. Le moyen d'obtenir ce résultat curieux

(1)Le Progrès typo-Utho.

a été trouvé par M. Scamoni, chef de la partie héliographique pour la confection des papiers de l'État à Saint-Pétersbourg; et le docteur Eder, de Vienne, en donne la description dans son dernier Annuaire de la Technique de la reproduction . L'auteur et le vulgarisateur du procédé sont gens assez connus pour qu'on prête quelque attention à leur dire. Voici, d'après eux, comment on doit procéder.

On coupe d'égale grandeur deux morceaux de toile très fine, très mince et forte, dépassant d'environ 0m,05 dans tous les sens le papier qu'on veut dédoubler. On les fait bouillir dans l'eau jusqu'à complète disparition de l'apprêt, on les rince plusieurs fois à l'eau pure et on les presse fortement — sans les tordre — pour en faire sortir l'excès d'eau.

On étend ensuite un des morceaux de toile sur une planche bien rabotée, et on l'enduit d'une couche très régulière de colle d'amidon fraîchement cuite. On enduit d'autre part une des faces de la feuille de papier, on la juxtapose sur la toile de façon qu'elle y adhère sans qu'il y ait de bulles d'air interposées, résultat qu'on obtient facilement en passant au dos une raclette en caoutchouc. On enduit ensuite de colle le dos de son papier et l'on y fait adhérer, avec les mêmes précautions, le second morceau de toile.

Ceci fait, on recouvre d'une seconde planche

bien unie et l'on met le tout en presse. Douze heures après environ, c'est-à-dire lorsque la colle est complètement sèche, on sort le tout de presse et on le dispose sur une table. On charge les planches d'un poids assez lourd, après avoir fait ressortir les toiles d'environ un travers de main.

On commence alors à séparer lentement, et avec soin, les toiles l'une de l'autre; la feuille de papier interposée se sépare en deux parties qui adhèrent sur les toiles. Lorsque l'opération a bien débuté, il est facile de la mener à bonne fin.

La séparation effectuée, il reste à isoler le papier dédoublé des toiles support. On y arrive en humectant à l'eau chaude avec une éponge fine et assez volumineuse; l'eau chaude ramollit la colle, on couche alors le papier sur une glace bien propre et l'on soulève peu à peu la toile ; puis on nettoie, avec un blaireau et de l'eau chaude, la surface du papier, on fait sécher et Ton satine à la presse ou au fer à repasser.

Nous avons dit que ce procédé pouvait avoir son utilité; nous ne citerons qu'un cas, celui, du reste, pour lequel il a été inventé par M.ScamonL

Un volume illustré renferme quelque gravure d'un bel effet artistique, qu'on désirerait conserver en album ou sous verre, mais le texte imprimé au dos nuit à cet effet artistique* On dédouble le papier, et l'image, isolée, teintée avec une décoction faible de café, et collée sur une feuille de

bristol à grandes marges, donne l'illusion d'une belle épreuve sur chine tirée spécialement.

Les autres applications possibles présentent trop de dangers au point de vue de la contrefaçon, pour que nous les signalions.

Encre pour imprimer sur celluloïd

On a pu voir à l'Exposition de 1889, section américaine, de fort jolis spécimens d'impression de gravure : portraits, vues et paysages, faits sur de minces plaques de celluloïd ivoiré d'un très bel effet. Les fabricants d'encre pour imprimer sur celluloïd ou autres composés de pyroxyline emploient habituellement un dissolvant de la pyroxyline pour faire pénétrer l'encre dans les surfaces à imprimer. En effet, le celluloïd et les autres matières similaires n'étant pas poreuses et n'absorbant pas les liquides, il fallait trouver un moyen d'empêcher que l'encre déposée à leur surface ne pût en être effacée. L'invention nouvelle a pour objet la production d'une encre susceptible de se fixer solidement sur le celluloïd ou la pyroxyline, sans qu'il entre aucun dissolvant de ces matières dans sa composition. Cette encre est faite des substances suivantes : de la matière colorante ou pigment, de l'albumine ani-

(1) Le Progrès typo-litho.

maie ou végétale, et de la glycérine, de préférence diluée dans de l'eau.

Voici comment on procède : on doit d'abord choisir la matière colorante, plutôt sous forme de poudre, et y ajouter l'albumine, soit végétale, comme celle qui vient de la farine de blé, soit animale, de préférence sous forme de blanc d'œuf. Mêler le tout pour former une pâte ferme. Ajouter ensuite la glycérine diluée, dans la proportion d'une partie de glycérine pour dix parties d'eau, et malaxer jusqu'à ce que le degré de consistance soit obtenu. Cette consistance varie selon la grandeur de la plaque (cette encre est faite spécialement pour l'impression des plaques gravées) ; elle doit être moins forte pour une plaque de grande dimension que pour une de petit format. Les proportions des substances varient beaucoup, selon la matière colorante. Par exemple, pour une encre noire, voici une excellente formule :

Matière colorante 120gr

Albumine 120

Glycérine diluée 10

Toutefois la quantité d'albumine, comme nous l'avons dit, peut varier beaucoup. Dans une encre minérale, on n'en mettrait au plus que 50gr ou 60gr; si l'on employait du noir de fumée, il en faudrait 140gr à 150gr. L'albumine, dans la composition décrite, sert à lier les particules de la

matière colorante. Voici comment: sous l'influence de la chaleur, l'albumine se coagule, et l'encre, pour ainsi dire, se cuit en masse sèche, dure, élastique pourtant, et capable de résister à une forte friction, qualité indispensable, puisque aucun dissolvant de la pyroxyline n'entre dans sa composition. Enfin l'impression obtenue avec cette encre ne nécessite aucun séchage extraordinaire. Pour augmenter les propriétés adhésives de l'albumine, on peut ajouter à la composition de la gomme-résine en poudre, comme copal. shellac, gomme de lentisque, etc., dans des proportions pouvant varier de 3 à ^ de partie, selon la surface de la plaque.

Transports de longue durée (*).

Après le décalque des épreuves tirées sur chine à l'encre de report, faire bien sécher la plaque, aciduler avec la décoction de noix de galle et talquer. Laver à grande eau, gommer et faire sécher rapidement. Laisser reposer un quart d'heure, une demi-heure au plus, avant d'encrer. On peut, si on le croit utile, se rendre compte delà solidité du report en lavant à l'essence ou au pétrole, ce qui revient au même.

Encrer avec du noir pas trop dur, comme le

\ 1 ) L'Imprimerie.

noir à tirage; quand le report est garni, le saupoudrer à l'aide d'un tampon de coton de résine impalpable, de manière que celle-ci soit bien caillée. Présenter la plaque à la chaleur d'un poêle jusqu'à ce que la résine soit tout à fait vitrifiée ; laisser refroidir, aciduler à l'acide muriatique (| d'acide dans 7 parties d'eau) en promenant le pinceau qui sert à l'opération de façon à égaliser les parties rongées. Laver à grande eau, placer la plaque sur champ devant un poêle ou au soleil, jusqu'à dessiccation complète. Réaciduler à la décoction de noix de galle et gommer comme on gomme les zincs.

Ce procédé procure un relief qui permet des tirages sur n'importe quel papier.

Quand on prend la plaque pour opérer le tirage, il peut arriver que l'essence ou le pétrole, par un trop long séjour sur le zinc, ait graissé la plaque. Il ne faut pas se décourager : on encre toujours malgré ce voile d'une certaine ténuité ; jamais il ne persiste à une nouvelle acidulation et à un gommage de dix minutes.

Décoction de noix de galle

Concasser 10ûsr à 120gr de noix de galle d'Alep. les mettre digérer dans 3 litres d'eau de pluie

( 1 ) L'Imprimerie.

environ pendant vingt -quatre heures. Faire bouillir ensuite le tout dans un vase en terre vernissé jusqu'à réduction d'un tiers. Filtrer et conserver dans des bouteilles bien bouchées. Prendre de la galle noire ou galle verte d'Alep, qui est d'une couleur brun verdâtre à l'extérieur et hérissée de petites éminences. Le principe actif de la galle d'Alep est le tanin qui se transforme en acide gallique par la fermentation. Cette décoction ou solution s'utilise spécialement sur le zinc, soit additionnée d'autres substances pour préparer les planches, soit mélangée en petite quantité à l'eau de mouillage dans certains cas.

Reproduction de gravures ou de dessins d'une grande finesse

Ce procédé permet à un opérateur ordinaire ou bien à un amateur d'obtenir des effets artistiques intéressants. Il a été inventé par M. Willis, et repose sur ce fait : que. lorsqu'on expose à la lumière du bichromate de potasse en présence d'une matière organique, il se forme de l'acide chromique libre, alors que les parties qui n'ont pas subi l'action de la lumière restent à l'état de bichromate et produisent des couleurs d'aniline quand on les expose aux vapeurs de l'huile d'aniline.

(1) L'Imprimerie, 1891 -

On choisit du papier glacé de la meilleure qualité possible, exempt de charge, qu'on sensibilise en le couchant avec la préparation suivante :

Le couchage se fait à l'aide d'une brosse douce passée en tous sens sur l'un des côtés du papier, sans laisser ni stries ni excédent de liquide. L'opération a lieu à la lumière rouge du laboratoire. Les feuilles ou la feuille est suspendue dans l'obscurité. Quinze à vingt minutes après, lorsqu'elle est sèche, on la met dans un châssis à insolation, sous le positif à reproduire. Le temps nécessaire à l'insolation est d'environ vingt secondes en été ou quarante secondes en hiver, au soleil.

Lorsque l'exposition est jugée suffisante, le châssis est porté dans le laboratoire, à la lumière rouge. On enlève le papier insolé, qu'on fixe au couvercle d'une cuvette à fumigation au fond de laquelle est une feuille de buvard imbibée d'un mélange composé d'une partie d'huile d'aniline pour dix de benzine rectifiée. Il faut pouvoir enfoncer plus ou moins le couvercle pour l'approcher ou l'éloigner de la feuille de buvard. Si l'exposition a été convenable, l'image est développée

Bichromate de potasse

Acide phosphorique de 1,124 de

densité — Eau distillée

en une demi-heure. Lorsqu'elle paraît faible, on prolonge la fumigation.

La dernière manipulation consiste à laver l'épreuve à plusieurs eaux, quatre au moins, avant de la faire sécher.

Le papier préparé peut se conserver pendant quelques jours, à la condition de le laisser dans l'obscurité.

Reproduction d'anciennes gravures par voie de report lithographique

M. Ginestet, membre de la Société française de Photographie, a décrit un procédé connu des photographes, mais qui est nouveau pour les lithographes et les amateurs. Voici la marche à suivre : plonger premièrement la gravure dans un bain de

Acide sulfurique 30 à 50 sr

Alcool 30 à 50

Eau 1000 ec

Laisser cinq à quinze minutes la gravure dans ce bain; la sortir, la bien laver et l'éponger entre des feuilles de papier buvard. La gravure, encore humide, se place sur un marbre, une glace ou une pierre lithographique. Exactement appliquée contre ce support, on passe sur le côté à reproduire

l1) L'Imprimerie, 1891.

une légère couche d'eau gommée, en se servant d'une éponge fine ; ensuite on encre avec de l'encre à report mélangée d'un peu d'essence de térébenthine, jusqu'à encrage complet de l'image. Pour enlever les impuretés que celle-ci pourrait présenter, on se sert d'un rouleau à sec.

L'image ainsi encrée et nettoyée s'applique à la façon d'une épreuve de report soit sur zinc, soit sur pierre, et l'on tire, après la préparation habituelle de tous les reports, les épreuves dont on a besoin.

Papier à transport photolithographique de M. Adalbert Franz

Ce nouveau papier a élé employé, avec de bons résultats, à l'Institut royal de Photographie à Vienne. La couleur dont on fait usage est préparée par M. Adalbert Franz; elle est contenue dans des tubes en feuille d'étain, comme le sont les couleurs à l'huile. Le papier est recouvert comme d'ordinaire, d'une mince couche de gélatine. La couleur est claire et très onctueuse. Voici les indications données par M. Ad. Franz :

« La solution sensibilisatrice est faite avec 50gr (en hiver 60gr) de bichromate de potasse qu'on met à dissoudre dans 1000cc d'eau. Après entière dis-

(1) Photog. Correspondenz

solution, on ajoute de l'ammoniaque liquide jusqu'à ce que la couleur de la solution soit devenue jaune clair. Le papier est plongé dans ce bain, en un lieu obscur, jusqu'à ce qu'il soit entièrement imprégné et assoupli, puis on le laisse se sécher dans cette même pièce.

Pour des dessins et gravures d'un travail très fin, le papier doit être appliqué à la surface d'une glace absolument propre. On a soin d'interposer entre le dos du papier et la racle une feuille mince de caoutchouc ou de toile cirée, pour éviter de déchirer le papier.

Mieux vaut pécher par surexposition, après quoi la feuille est maintenue sur une planchette à l'aide de punaises, et la couleur y est appliquée ainsi qu'il est dit plus bas.

On doit l'étendre sur toute la surface de l'épreuve très légèrement et uniformément. Après trois minutes environ d'immersion dans l'eau, les plus hauts reliefs commencent à paraître, et on laisse tremper jusqu'à ce que tous les détails soient marqués* Enfin l'épreuve est étendue sur une glace et frottée avec une éponge douce ou un tampon de coton jusqu'à ce que le développement soit complet.

On doit avoir soin de n'user que d'objets très propres, pour ne pas tacher les blancs de l'épreuve.

Pour opérer le transport sur zinc, le papier doit

être plongé dans une solution d'alun à 2 pour 100, puis lavé de nouveau.

Si, lors du lavage, la couleur abandonne l'épreuve, cela prouve que l'exposition a été trop courte.

Pour empêcher l'enroulement de la feuille durant le développement, on doit poser sur ses bords de petites lames de plomb.

La couleur est extraite du tube à l'état semifluide et mise à dissoudre dans un mélange de parties égales de benzine et de térébenthine. On l'étend alors avec une éponge très douce et très également.

On ne doit l'employer qu'après que le mélange avec les huiles est bien complet.

Avant d'opérer le transport, on met l'épreuve entre deux feuilles de papier buvard humide jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment assouplie j on donnera une très forte pression.

La couleur donne sur le zinc un aussi bon transport que sur pierre.

Tournettes pour la Photozincographie.

Les figures ci-après sont empruntées à l'intéressant ouvrage de M. Bonnet, Manuel d'Héliogravure et de Photogravure en relief j1).

(1 ) Bonnet (G. ), Manuel d'Héliogravure et de Photogravure en relief. In-18 jésus, avec figures et 2 planches spécimens; 1800 (Paris, Gauthier- Villars et fils).

Cet instrument se compose de deux plaques de bois triangulaires A et B, réunies à la partie supérieure par une charnière qui porte une manette mobile G et une manivelle M. Le long des côtés des plaques de bois, sont fixées quatre tiges en cuivre D, D', D", D'", terminées à leur partie inférieure par deux crochets. On place la plaque en P et l'on obtient le serrage à l'aide de l'arc de

Fig. 24.

Tournette mobile (premier modèle).

cercle dentelé E, qui est fixé d'une part par le ressort à taquet T, et d'autre part par une vis serrante placée à l'autre extrémité, derrière la plaque de bois B. Le serrage une fois obtenu, on retourne la tournette de manière à placer la plaque en l'air, puis on verse le liquide à la surface de celle-ci; on retourne la tournette, la plaque en bas, on place la plaque au-dessus d'une source de chaleur, et saisissant la poignée G dans la main gauche, on impressionne avec la droite un mouvement de rotation rapide à l'aide de la manivelle M.

Dans les ateliers, on emploie de préférence des tournettes fixes.

Nous donnons ici le dessin et la description de la tournette fixe indiquée par M. Bonnet :

Une plaque de fonte circulaire et percée de trous à différentes distances est montée sur un axe vertical portant un engrenage qui lui communique un mouvement dero-

• Fig. 25.

Tournette fixe (second modèle) .

tation à l'aide d'une manivelle correspondant à une tige horizontale portant une vis sans fin.

Une lampe à gaz circulaire permet de porter la plaque de fonte à une température assez élôvée, 40° ou 50° par exemple; le tout est monté sur un bâti en bois et enfermé dans une case en bois dont le couvercle porte deux verres jaunes.

Il est facile de fixer la plaque à préparer sur le plateau de fonte à l'aide d'une série de vis ou simplement des chevilles qui la maintiennent pendant la rotation»

On peut aussi établir facilement des tournettes

propres aux plaques de petite surface à l'aide de patères pneumatiques ; mais leur emploi expose au danger de voir la plaque se séparer de son support et mieux vaut un appareil du genre de ceux qui viennent d'être décrits.

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