‹ Traité pratique de radiographie et de radioscopie: technique et applicationsChapitre 2 sur 79 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

décèle les corps étrangers, elle guide l'œil du médecin et du chirurgien, dont les moj^ens d'investigation et d'exploration se trouvent ainsi singulièrement élargis : leur intervention thérapeutique ou chirurgicale peut se faire de suite, sans la moindre hésitation, et le malade retirera tous les avantages d'une action immédiate.

 ce titre, la Photographie médicale vient d'entrer dans une nouvelle phase de son développement. Dans tous les services hospitaliers où il existe des laboratoires de Photographie, ceux-ci devront recevoir l'installation radiographique nécessaire ; dans les autres, où l'on sera amené à créer un service radiographique, on sera conduit, par la force des choses, à le compléter par un laboratoire de Photographie.

On nous objectera que, grâce à la Radioscopie qui permet de voir les sujets étudiés sur un écran fluorescent, la Radio graphie , qui consiste précisément dans la reproduction sur la plaque photographique de ces mêmes images, devient inutile et n'est qu'une complication nouvelle pour le praticien. Ce n'est pas notre avis. La Radioscopie, telle que nous pouvons la réaliser avec nos connaissances actuelles, laisse encore beaucoup à désirer; à peu près satisfaisante pour l'examen des parties minces du corps humain, elle devient insuffisante lorsqu'il s'agit des j/^rties épaisses : l'effet sur l'œil est immédiat, mais l'intensité de l'image ne croît pas avec la durée d'examen. Au contraire, sur la plaque photographique les impressions s'ajoutent les unes aux autres et, par une pose suffisante, on arrive à percevoir des détails qui échappaient précédemment, à traverser des épaisseurs qui étaient un obstacle presque absolu pour l'examen direct.

Nous croyons donc que l'emploi de la Radiographie conjointement avec celui de la Radioscopie est nécessaire. On examinera d'abord le sujet à l'écran; si le résultat cherché est obtenu, on s'en tiendra là; mais la plupart du temps,, du moins dans l'état ac-

PREFACE. Vil

tuel de la science, il faudra recourir à renregistrement sur la plaque photographique; celui-ci, absolument impersonnel, ce qui élimine entre parenthèses toutes les erreurs d'interprétation que l'observateur le plus consciencieux peut faire sur une image entrevue plutôt que rigoureusement dessinée, aura l'avantage de constituer un document durable, susceptible d'être analysé et étudié à tète reposée^ comparé à d'autres et enfin publié. Ces qualités dominantes de la Photographie, fixation des images et leur multiplication, ont encore ici plus d'importance que dans la Photographie médicale ordinaire.

En résumé, pour tirer de la découverte de Rœntgen tous les résultats qu'on peut déjà en espérer, il sera nécessaire de compléter les services photographiques existants ou d'en créer d'autres en leur donnant toutes les ressources voulues au point de vue radiographique. C'est là, il ne faut pas se le dissimuler, une grosse question au point de vue budgétaire, et l'on comprend facilement que l'Administration de l'Assistance publique hésite encore sur les voies et moyens les plus convenables pour donner satisfaction aux médecins et chirurgiens sans faire de dépendes soit exagérées, soit inutiles. La question serait évidemment un peu simplifiée si Ton pouvait se contenter uniquement de la Radioscopie, mais, comme nous l'avons déjà dit et comme le lecteur en verra la preuve dans cet Ouvrage, ce procédé d'examen sommaire ne peut suffire dans la plupart des cas.

Du moment que le laboratoire photographique paraît le corollaire nécessaire, une autre solution consisterait à créer dans chaque hôpital un service radiographique complet. Mais c'est encore là une grosse dépense, car il ne faut pas s'imaginer que tout sera fait lorsque pour chaque hôpital on aura fait la dépense du matériel : il est une autre question que nous n'avons pas encore abordée et qui est capitale, c'est celle du personnel indispensable pour tirer

vin prëpace.

parti de ce matériel. Il ne faut pas croire, en effet, qu une fois en possession de l'outillage convenable, il n'y aura qu'à amener le malade et à faire l'examen sur l'écran ou le cliché photographique, c'est une erreur complète; le maniement des .ampoules radiographiques est chose fort délicate, comme il sera démontré par la suite. Il faut que l'opérateur, par une série de travaux préalables, d'opérations diverses faites suivant l'état de l'ampoule, suivant la température, suivant l'énergie du courant électrique, amène son matériel au point précis où il donnera le maximum d'effet : ce travail préliminaire et qui exige des soins cotastants ne peut guère être demandé au personnel médical, à moins que celui-ci ne consente à négliger en grande partie ses occupations professionnelles. Il faut d'autre part, pour le maniement des appareils, leur entretien, la charge des accumulateurs, certaines connaissances pratiques que l'opérateur devra acquérir par un apprentissage spécial, sinon les appareils ne seront jamais prêts à fonctionner au moment voulu, ou encore ils seront vite mis hors d'usage.

Comme conclusion, que ce soit un opérateur spécialement désigné pour ces fouclions, ou que le médecin ou un de ses aides consente à s'en charger, il ne faut pas se dissimuler qu'ils acceptent une tâche fort délicate et tout à fait absorbante; s'ils sont amenés, comme cela est inévitable, à faire en même temps de la Photographie, il faudra qu'ils possèdent également dans celle matière les connaissances indispensables. On a tellement répété sur tous les tons que la Photographie était à la portée de tous, que bien des personnes et, nous devons le dire, bien des savants, la considèrent comme une opération tout à fait accessoire et n'offrant aucune difficulté. Nous nous sommes toujours élevé contre cette assertion, la grande pratique de la Photographie nous montrant à chaque pas la complexité des problèmes à résoudre : mais c'est principalement dans la Radiographie qu'il sera nécessaire de mettre à profit

Page 1