‹ Traité pratique de radiographie et de radioscopie: technique et applicationsChapitre 76 sur 79 · SUJET · texte numérisé non relu

SUJET

POSOMSTBZS

en centième* de millimètre.

Main adulte

10 secondes 3 minutes 6 »

Jambe adulte

Tète adulte

• Bassin adulte

Ces indications générales seront complétées dans la suite par

ADDENDA. a3l

chaque praticien, mais elles permettront déjà de prévoir approximativement la pose nécessaire à chaque opération, en tenant compte de l'épaisseur et de la nature du sujet.

Voyons maintenant comment mettre en œuvre les données précédentes.

Opération, — S'agit-il, par exemple, de radiographier un genou • de profil à 5o*^"* d'un tube moyen.

Après installation du sujet et de la source, on place, à côté du genou, sur la plaque photographique, l'échelle posométrique n** 2 qui porte vers le milieu l'échelon de loo centièmes de millimètre d'épaisseur. On pose 3 minutes. On développe. On voit apparaître d'abord, en noir, les points repères. Viennent ensuite lesrectangles cachés sous les écrans les moins épais de Téchelle. On arrête le développement dès que commence à se teinter le rectangle n** 6 qui correspond à l'épaisseur loo.

On fixe et lave comme d'usage.

Passant alors au grand jour, on vérifie que le développement a juste atteint le rectangle n° 6.

Selon qu'alors la radiographie est plus ou moins parfaite, on juge si la pose a été bonne, trop courte ou trop longue. On note ses observations à ce sujet et l'on en tiendra compte dans les opérations ultérieures pour modifier convenablement les poses, corriger et compléter la Table de références.

On jugera aussi du moindre voile par l'état de la silhouette laissée par le cadre opaque du posomètre.

Après quelques expériences bien étudiées, on arrivera vite à estimer d'avance la pose convenable pour chaque opération, lorsque surtout on tiendra régulièrement un livre d'expériences où l'on inscrira pour chaque opération :

I® La désignation du tube employé;

a® Les conditions de sa marche ;

3** La nature du sujet;

4® L'épaisseur du sujet;

5^ La distance de pose ;

6® Le temps de pose ;

7** Le degré posométrique obtenu ;

a32 ADDENDA.

8^ Les autres observations accidentelles.

Lorsque l'on abordera un sujet sur les conditions radiographiques duquel on n'a aucune donnée préalable, on placera à côté les trois échelles. On développera jusqu'à menace de voile.

L'observation des silhouettes posométriques et l'estimation des qualités graphiques du sujet permettront d'arriver à une pose correcte après un ou deux essais.

L'emploi du posomètre permettra enfin de se rendre, à chaque opération, un compte exact de l'état du matériel radiographique.

Si, en particulier, une expérience donne un cliché gris lorsque l'impression a cependant atteint le numéro de l'échelle qui devait être impressionné, on sera avisé que le tube s'est modifié, qu'il a perdu en intensité et gagné en pénétrativité parce que le degré du vide a augmenté par l'usage, en même temps que la résistance au passage de la décharge électrique. Il suffira alors de chaufifer le tube pour lui rendre plus ou moins complètement ses qualités premières.

Condensateur de rayons X de MM. Radiguet et Guichard. — On sait que l'écran de plomb placé derrière la plaque et préconisé par M. Buguet est employé par de nombreux opérateurs, bien qu'à notre avis son rôle renforçateur ne soit pas prouvé d'une façon bien certaine. On connaît également les travaux du même auteur, qui, pour les radiographies d'objets métalliques (montre, fusil Lebel), a indiqué de les entourer d'une ceinture de plomb. MM. Radiguet et Guichard ont pensé à étendre ce mode opératoire aux radiographies humaines et à enfermer le modèle dans une enceinte impénétrable aux rayons X (Académie de Médecine, i5 mars 1898). Ils se servent à cet effet d'une vaste caisse pyramidale garnie de plomb qui recouvre la partie à radiographier, l'ampoule se trouvant à la partie supérieure. Les auteurs prétendent avoir obtenu avec ce dispositif une véritable condensation des radiations qui correspondrait à une diminution manifeste de la pose et à une réduction plus énergique de la couche photographique.

Endodiascopie.

Cette nouvelle méthode d'exploration par l'introduction de l'ampoule dans les cavités naturelles, que nous avions signalée seulement page 194, se perfectionne tous les jours, et comme elle est destinée à résoudre certains problèmes insolubles par les procédés radiographiques ordinaires, nous croyons devoir l'étudier un peu plus à fond.

Le premier essai de radiographie dans cet ordre d'idées est dû à MM. Oudin et Barthélémy (novembre iSgS). Le tube employé avait été établi par M. Chabaud. Il ne paraît pas avoir donné de résultats satisfaisants.

En mai 1897, ^' ^^ ^' Destot, qui a toujours été grand partisan des machines statiques, indiquait à la Société des Sciences médicales de Lyon les avantages de ces appareils qui, dans certaines conditions données (isolement de l'opérateur et du malade sur un tabpuret à pieds de verre), permettent d'approcher le tube du malade et de le toucher même sans ressentir aucune impression. Il signalait à ce moment la possibilité de faire des tubes-sondes qu'on pouvait introduire dans les cavités naturelles en les éclairant au moyen d'un seul pôle.

En novembre 1897, ^^' Rémond, se servant de la machine unipolaire Noé, réalisait l'éclairage de l'ampoule tenue à la main ou entre les dents. Plus tard, en janvier 1898, MM. Rémond et Noé créaient un dispositif rationnel assurant le fonctionnement des ampoules dans un champ à tension quelconque, dans des liquides, des masses musculaires, e.tc.

A la même époque, M. Bouchacourt, s'occupant principalement des applications pratiques, créait un tube spécial avec spéculum de bois, l'employait avec une machine statique Carré dont le pôle positif était à terre et obtenait les deux premières radiographies de symphyses pubiennes. (Presse médicale, 9 mars 1898.)

Aussitôt la méthode Rémond-Noé publiée, l'auteur en a adopté le dispositif, qui permet de faire fonctionner le tube de Crookes dans une enveloppe métallique, c'est-à-dire propre, peu volumineuse, d'une introduction facile et soustrayant malade et opéra-

leur à toute action des phénomènes électriques, quelle que soit leur intensité. 11 présente à TAcadémie de Médecine (24 mai 1898) un certain nombre de radiographies pubiennes, de sacrum et de maxillaires et donne le résultat de ses travaux et de ses recherches dans sa thèse de Doctorat (7 juillet 1898).

Voyons maintenant le matériel employé :

Générateurs d'électricité. — i* Machine bipolaire, — On peut utiliser ce genre de machine, ainsi que l'a proposé M. Destot, à condition d'isoler du sol le sujet et l'opérateur. Cet isolement entraîne de sérieuses difficultés d'exécution.

2° Machine unipolaire. — Si l'on met le pôle positif de la machine statique en communication avec le sol, le malade et l'opérateur n'ont plus besoin d'être isolés. M. Bouchacourt a fait ses premiers essais avec une machine Carré. Cette machine a élé perfectionnée par MM. Rémond et Noé, qui la construisent à trois plateaux indépendants : grâce à un dispositif fort simple, on peut faire varier le débit très facilemjBnt. La machine s'amorce seule, elle fonctionne toujours dans le même sens; elle est actionnée par une dynamo, ce qui assure une régularité de marche très grande.

Ampoules-sondes. — Les premiers tubes qui furent souillés par Anselme, sur la demande de MM. Bouchacourt et Destot, étaient allongés et de petit diamètre, afin de pouvoir pénétrer dans les cavités naturelles. La surface éclairante est reportée tout à fait à la partie antérieure. A l'extérieur, l'ampoule porte un renflement qui en augmente la capacité, tout comme dans l'ampoule Colardeau. L'extrémité antérieure (anode) se termine par une calotte métallique. Le tube est enfermé dans un spéculum de bois destiné à le protéger et à isoler le malade. Un fil électrique bien isolé suit le spéculum et vient aboutir à une calotte métallique intérieure qui s'applique sur la calotte du tube; de cette manière, le passage du courant est parfaitement assuré. L'extrémité cathodique du tube est terminée par une boule métallique servant de détonateur (dispositif Rémond-Noé).

ADDENDA. a3^

Le conducteur de la machine étant approché à distance suffisante, le courant s'eiTectue par la succession des étincelles qui jaillissent en ce point. En modifiant l'intervalle et, par suite, la longueur d'étincelle, on peut régler assez bien la marche du tube.

L'endodiascope de MM. Réniond et Noé est formé par un tube métallique nickelé à extrémité arrondie. Une fenêtre en celluloïd, située en face du miroir anode, laisse passage aux radiations actives. Une fois en place, la partie métallique est reliée à un support également métallique, qui est en communication avec la terre.

Pour la mise en œuvre de Tendodiascopie, nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur à la thèse originale de M. Bouchacourt; il verra les avantages de la méthode pour les radiographies buccales, l'examen des dents, du sinus maxillaire, l'exploration abdomino-pelvienne antérieure et postérieure, etc.

D'ailleurs, nous ignorons ce que cette méthode encore toute récente nous réserve ; elle fait le plus grand honneur à MM. Destot, Bouchacourt, Rémond et Noé qui, par leurs travaux spéciaux sur la question, ont assuré à notre pays la priorité d'une nouvelle et très importante application de la découverte du Professeur Rœntgen.

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