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LA FUTAIE JARDIN£E

Principe de la m^thode. — Avantages et inconv^nients. — Gas ou le jardinage doit ^tre maintenu. — Pratique du jardlnage. — Les rotations. — Les soins culturaux. — Application auxdiff^rentes essences.

Principe de la mithode. — Le jardinage, tel qu'il 6tait appliqu6 k toutes les forets resineuses, en sui(e de Tobservalion des anciens reglements generalises par rOrdonnance de 1669, etait un mode de traitement parfaitement justice, et qui, de nos jours encore, employe avec de legers correctifs, presente des avantages tr^s serieux.

II consistait a parcourir annuellement toute Tetendue des forets jardinees, en exploitant, par unite de surface, un nombre d'arbres fixe k Tavance, et constiluant la possibilite. Ces arbres etaient enleves Qk et 15, et phoisis uniquement parmi ceux que leur dimension ou leur mauvais etat de vegetation rendaient exploitables.

Cette operation, qui conslituait le veritable mode de jouissance de la foret, etait accompagnee de Textraction des sujels morts. Tous ceux de ces bois morts, qui avaient la dimension c/'arj&re(l), etaient defalques du nombre des tiges k realiser. On ne tenait aucun compte des autres. En somme^ tout en tirant parti des produits sains et exploitables, on procedait au curage de la foret, comme il y a toujours lieu de le faire ; mais il ne faudrait pas croire que le jardinage ne donnait que des bois en majorite tares, loin de Ik.

Un semblable systdme a pour resultat de faire porter les exploitations annuelles, non plus sur des peuplemenls recouvrant des espaces continus, mais sur des arbres consideres individuellement, repartis au hasard dans toute Tetendue de

(1) Sujet ayant au minimum 1 m^tre (3 pieds) de tour & hauteur d*homme .

208 LES DIFFl&RBNTS MODES DB TRAITBIIENT.

la foret. La r^g6n^ration 6^ fait uniquement par points et non par surfaces, dans les endroits decou verts, entour^s de toiites parts par des arbres en croissance de dimensions variables, dont quelques-uns sent fertiles.

Dans ces conditions, la futaie jardin^e revet une forme toute speciale et dont on ne rencontre Tanalogue dans aucun autre mode de traitement. En effet, le peuplement jardin^, consid^rd dans son ensemble, presente un melange confus de tiges de toutes grosseurs sur chaque unite de surface (fig. 54). II ne passe done pas par les etats de d^veloppement successifs d'un peuplement r^gulier.

D*ailkurs, Taspect d'une foret jardinee change avec le calibre choisi pour rendre Tarbre exploitable. Plus celui-ci est faible, moins il y a de tiges ayant depasse Tage de leur plus grand accroissement en hauteur: le nombre de celles qui ont des longueurs dilTerentes sera maximum, et le profil du massif se dessinera suivant une ligne irregulierement bris^e. Plus, au contraire, la grosseur sera forte, plus disparaitra cette forme sinueuse ; car les arbres qui, ayant depasse le terme de leur accroissement en longueur, ^lalent leurs.cimes dans une nieme zone de hauteur, seront alors plus abondants ; ces sujels, grace a leur nombre et k leurs grandes dimensions, forment la partie principale du peuplement et la categoric la plus imporiante ; comme arbres constitu^s, il sont les seuls qui frappent la vue et cela au point que certains massifs jardines presententraspect de vieilles fulaies regulieres (1), a I'^tat plus ou moins clair.

Avantages et inconv^nients. — Le profil sinueux des peuplements jardines perrhet k la lumiere de se projeter sur une va&te surface foliacee, et beaucoup de tiges, bien que dominies, sont mainienues vivantes sous Tinfluence de la lumiere lat^rale. Tous les points du sol sont ainsi proteges par une vegetation active, dont les etages se superposent en donnant d'abondants detritus. En fait, mieux que tout autre mode de traitement, le jardinage r^glemente est a meme d'assurer d*une maniere permanente

(1) A distance, Toeil jugc assez mal du calibre d'un arbre.

U FUTAIB Jahdin^b. sod

I'entretieii de la couverture morle et la fertility de la foret.

Les sujels les plus vigoureux, tout en continuant k appar-

tenir au massif, se creent une certaine individuality. Parleur

vegetation meilleure, par leur enracincraont plus profond, ils rendent la for6t plus solide et plus durable. Les massifs jardines sont moins exposes que les peuplements rSguliers aux d^gats dc la neige el du vent ; ils ne pr^sentent pas non BoppB at JoLviiT. H

210 LBS DIFFERENTS MODES DE TRAITEMBNT.

plus un milieu aussi favorable au d^veloppement des organismes nuisibles.

La foret entiere est sans cesse en vole de vegetation, et ses peuplements, dont on ne saurait determiner exactement rSge moyen, se succedent sans crise de transition, sans a coup, sans qu'on 8*en doute, pour ainsi dire.

D*ailleurs, dans les massifs jardin^s, Tintensite du convert, variable dans le temps, differe, par suite, A un moment donn^, d*un point a un autre d'une meme enceinte et favorise Tinstallation, ici d*une essence, Ih d'une autre. Les especes foresti^res se succedent done et se m^langent avec une opportunity, un k-propos, auxquels ne peuvent pr^tendre les proc6des factices du sylviculteur, dans le d61ai relativement court affecte k la regeneration d'une parcelle defutaie reguliere. Enfin le jardinage, dont Torganisme est simple, pent s'appliquer a toutes les forets, aux plus petites comme aux plus grandes, et il est juste de constater qu'il a maintenu jusqu'i nos jours de nombreuses sapinieres dans un etat de prosperity remarquable.

Par centre, la quality des produits laisse sou vent h d^sirer. Les arbres ne fournissent pas to uj ours ces pieces fiancees, de croissance regulierement constante que produisent les peuplement suniformes.

Les exploitations portant sur de gros arbres englob^s au milieu de tiges de tous ^ges occasionnent k ces dernieres des ddg^ts importants. Leur dissemination sur de grandes etendues couvertes de bois en croissance rend la surveillance difficile et le transport des produits onereux,

Les peuplements restent ce que la nature les a fails, leur composition, comme leur amelioration, echappent a Taction du forestier. ^.

La possibility, calculee sur des bases incertai^es, ne peraiet pas de realiserun rapport suffisammentsoutenu, etles linwtes vagues dans lesquelles flotte le capital g^n^rateur rendent la confusion possible entre ce capital et le revenu ; d'oii des epargnes in utiles ou des abus de jouissance.

Gas ou le jardinage doit-etre maintenu. — Nousciterons en premier lieu, suivant les conseils de M. Broilliard (1), les

(1) Ch. Broilliard, CouTs d'amenRgement :^dition de 1878, p. 18P. ,

LA FUTAIE JARDINEE/ 211

forets de protection, c'est-k-dire celles oil le maintien cons* iant du massif est indispensable, soit k la s^curit6 publique pour prevenir les eboulements, les torrents, les avalanches, soit k la prosp^rite des forets de rendement dont elles constituent la ceinture de defense ; puis toutes les forets oil la regeneration se fait avec lenteur. Tant6t c'est un escarpement, une pente tres d^clive, oil la majority des graines roulent entraindes par les eaux pluviales ; tantot c'est un eboulis rocheux, oil les semis ne n*installent qn'k la longue dans les interstices des pierres, et a la seule condition que la mousse ne soit pas d^ssech^e par un d^couvert irrefl^chi ; tant6t encore c'est le climat qui rend les arbres peu fertiles, le vent qui renverse les porte-graines Isolds dans les

coupes successives de regeneration A quoi bon prendre

la peine de fixer une revolution, d'^tablir des p^riodes, auxquelles correspondent sur le papier des affectations, si la nature bouleverse toutes les provisions de TamOnagiste, si tel canton, qui doit se regenerer d'apres le proems verbal en vingt-cinq ou en trente ans, ne se garnit qu'a la longue de semis se dOveloppant avec une lenteur desesperante ? On se trouve conduit k prolonger la durOe des p6riodes prOalable* ment fixOe, — ce qui est contraire au principe de la mOthode, — eik conserver sur pied des sapins dOperissants, — ce qui, fait plus regrettable, entraine des sacrifices de materiel importants.

A cette Enumeration, nous ajouterons les forets de faible etendue, et toutes celles oil Ton craint de ne pouvoir donner les soins culturaux, dOgagements de semis et Eclaircies, que comporte la futaie rOguliere.

D'ailleurs, il faut bien se dire que les inconvenients des futaies jardinOes peuvent etre attOnuOs. L'irrOgularite Iheorique de ces forets est moindre dans la pratique qu'on ne pourrait le supposer. Quand un arbre est devcnu dominant, il est rare qu'il perde la situation acquisc, et, si le terme de Texploitabilite est recule, le peuplement prend cette forme d'apparence quasi rOguli^re dont nous avons parlO plus haut : les produits qu'il fournit r6pondent tres suffisamment aux exigences du commerce.

La realisation de la possibilite par volume^ et surtout les compiages et les inventaires souvent r^p^tes rMuisent a peu de chose les dangers du syst^me au point de vue 6cononiique; enfin, nous allons le voir, lYtablissement de coupons rem(^die k la dissemination des produits, signalee comme pr^judiciable au propri^taire de la foret, aussi bien qu'k Tacquereur des coupes.

Pratique du jardinage. — L'application du jardinage est d'une simplicity primitive, car la regeneration estengrande parlie abandonnee a la nature. Neanmoins, si la regenera* tion est incomplete ou se fait trop attendre sur un point, on lui vient en aide par la mise en eiat du sol, par des semis oU des plantations. De m^me, un martelage bien dirige fait tomber de preference les arbres kg6s dont le convert etouffe des placeaux de jeunes semis ; ailleurs, sur les points oil la lumiere arrive au sol en quantite insuffisante, il rompt le massif pour faciliter Tensemencement. Tout en laissant faire la nature, il n'est pas defendu de conduire intelligemment la cognee.

Le principal soin necessaire est de bien choisir les arbres k exploiter. On prend de preference, parmi les gros, ceux qui couvrent la jeunesse ct qui sont les moinsbien venants. On evite de faire de larges trouees» de degarnir les lisi6res, d'isoler les arbres pauvres en branches et, par suite, en racines. On se garde bien d^enlever les perches dominees qui seront un jour ou I'autre des sujets de remplacement. Quand le h6tre se trouve mdlange aux resineux, on coupe les^gros hetres, qui s'dtalent, de preference aux sapins ct aux cpic^as, k moins que les hdtres ne soientrares ou places sur les bords du massif, auquel ils font alors comme un manteau protecteur. (1)

Les rotations. — Les series jardinees seront de faible etenduc, de fagon k egaliser autant que possible les facteurs de la production. Cette precaution prise, dans le but de reglementer les exploitations, de faciliter le choix des arbres, et de garantir la bonne execution des operations, on a imagine de restreindre encore la surface annuellement parcourue, en partageant la serie en un certain nombre de divisions, dans chacune desquelles la coupe de I'annee se trouve concentree. II s'etablit ainsi une veritable rotation,

(1) Ch. Broilliard, Traiiement des bois en France^ p. 311.

LA FUTAIE JARDINEE. 213

Le n'ombre des divisions ou coupons, qui fixe la periodic citd du retourdu jardinage sur lememe point, regie en meme temps rintensite de la coupe sur chaque unit^ de surface. En effet, ^tant donn^e une s^rie de cent hectares, avec une possibilite d'un arbre par hectare et par an, si la surface est divis^e en dix coupons, dans chacun de ceux-ci successivement on realise cent arbres, en une seule fois. Si le nombre des coupons est r^duit a cinq, la surface de chacun se trouve doubl^e, et, comme le nombre des arbres a prendre reste toujours de cent, I'intensit^ de la coupe est r^duite de moiti^.

. Ce proc^d^ est done un pallialif ing^nieux, mais Timportance donn(^e aux exploitations constitue une derogation au principe de la mdthode. Si on augmenle outre mesure le nombre des coupons, si Ton en fait vingt, par exemple, on decouvre le sol vingt fois plus qu'on ne le doit thdoriquement et Ton s'expose k perdre les avantages culturaux du jardinage.

Pourconcilier ces derniers avec les avantages economiques du coupon, on est conduit, en tenant compte de la situation, du climat et des essences, k faire varier la durec des rotations entre cinqetquinze ans. En general, il faut revenir plus souvent chez les essences d'ombre que chez celles de lumi^re, plus fr^quemment dans les sols fertiles que dans les sols pau* vres, dans les climats doux que dans les climats rudes. Par-* fois mSme, dans les regions alpestres oil la vegetation est trcs lente, on se croit autoris^ k depasser le chilTre de quinze ans. Cela permet de r^glementer le paturage, de cantonner le bctail dans les coupons ou les semis, ages de huit a dix ans d6jk, soufTriront moins de sa presence.

Les rotations un peu longues creent, par suite des vides qui, relativement grands au debut, vonl sans cesse en se reduisant et permettent aux diverses essences de trouver Tune aprcs Tautre les conditions propres k leur regeneration ; elles faciliteiit done le melange.

Les coupons sont, bien entendu, etablis une fois. pour toutes sur le terrain et delimites par des tranchees ou des chemins de vidange. En outre, quelle que soit la methode adoptee pour le recrutement de la possibilite (volume ou

pieds d*arbres), la division en lour d'exploitation doit 6tre eniierement parcourue par la coupe ; il est facile d'obtenir ce result at si la iaxe de chaque coupon a ^t^ individuellement calcul^e, comme si ce dernier constituait une serie k part.

Soins culturauz. — En principe, la futaie jardinee ne comporte pas de soins culturaux. D'une part, en effet, la r^g^n6ration est supposee obtenue par les seules forces na(urelies, ce qui supprime les d^gagemenls de semis. D'aulre part, rimpo8sibilit6 oil Ton est de distinguer les individus appel^s k jouer les r61es principaux dans le peuplement, de ceux qui seront 6ternellement r^duits k Tdtat doming, ne permet pas de faire des ^claircies, operations destinees par definition k Tameiioration des sujets d'avenir.

Cependant, quand de jeunes sapineaux luttent peniblement pour se degager d'un roncier ou d'un fourrd de h^tres, quelques coups deserpe donnas k propos peuventMre fort utiles. De meme, au passage de la hache, on coupera les perches mal conformees qui genent un sujet voisin de belle venue. La difference entre ces soins culturaux et ceux qui sont en usage dans les futaies regulieres, est que, dans celle-ci, ils constituent une ou plusieurs suites d'op^rations sysiematiques spe* ciales et independantes des coupes principales. Dans le jardinage, au contraire, lout se fait k la fois dans la meme enceinte : en meme temps que Ton realise les « vieux », on ameliore la situation des « jeunes ». Le passage frequent de cette coupe a (out faire assure un travail durable et suivi, pourvu que les exploitations soient strictement limitees aux necessites cuU turalos.

Application aux diffirentes essences. — Le jardinage

etant surtout k sa place dans les regions montagneuses, ne trouvcra son application que dans des forets generalement peupiecB de conif^ros.

D'autrepart, Ic jardinage \Tai, ne convient qu^aux essences d'ombre, et, en fail, c*ost dans la sapiniere qu'il a pris naissancc, cVst h cllo soulc qu*il pent s'appliquer sans reserves; d'ailleurs, la prt^cnco du hetre ne s'oppose en Hen k Tapplication d*une mtUhodo grSce k laquelle le melange se maintient en d^excollontcs proportions.

LA FUTAIE JARDINEE. 215

Dans le Jura, le sapin file & travers les hetres, et il est facile de le sauver. Dans les Vosges, il exige plus de precaution et de soins. Mais partout il se tire d'afTaire dans la futaie jardin^e, car, k T^tat domine comme k T^tat dominant, il prime en hauteur les hetres voisins, et prend ainsi la meilleure place (1).

Le propri^taire ne peut pas r^ver mieux.

Quant au m^leze, bien que comportant peu Tetat jardine, il se rencontre k de hautes altitudes, dans la zone alpine oil la plus grande prudence s'impose, quel que soit le nom du traitement choisi. Or, le jardinage se prete k toutes les modalit^s, et permet au sylviculteur d'agir au mieux des int^rets de la fordt. On peut, en elTet, parcourir les cantons en enlevant des arbres, toujours ck et la, mais, de preference, en creant de petites troupes ou les semis naitront par bouquets : le melange des 4ges s^^tablira non plus par pieds isoles, mais par petits groupes plus ou moins homogenes. Les arbres qui constituent ces forets ont d'ailleurs assez de resistance individuelle aux intemperies et aux coups de vent pour qu'il n*y ait pas trop de danger k entrouvrir les massifs. Sous ses reserves, on peut jardiner le m^leze dans les Alpes, comme le pin de montagne et meme le pin sylvestre dans les Pyrenees et dans toute situation analogue (fig. 55). II suffira, par exemple, d'exploiter de ci et de \k quelques arbres sur un m^me point.

Pour Tepicea, la question est plus discu table. En dehors de la zone alpine, ou le jardinage peut lui etre applique comme au pin et au m^leze, on sait : l'^ que son semis a besoin de lumiere pour s'installer ; — 2° que plus tard, au contraire,'si Ton veut en obtenir du bois de bonne quality, cette essence doit former des peuplements tres pleins; or, ces considerations semblent incompalibles avec le jardinage.

Nous ne pensons pas cependant devoir en proscrire sysi^matiquement Tapplication. Tout d'abord, il favorise d'une mani^re g^n^rale le melange des essences et ne peut etre, en particulier, nuisible kTassociation sapin eti^pic^a. En second lieu, dans les forets d^^pic^a pur k de grandes altitudes, les arbres, dont les cimes se rapprochent plus ou moins de la

(1) Ch. Broilliard, loc. ciL, p. 310.

J DIFFERENTB )

forme columnaire, ne constituent, malgr^ leur grand nombre, que des massifs peu serr^s ; on pourra done, sans trop se prtoc-

Piff. 55. - MilhzKi el pins cembro!

Villarodin Bourges, pr£s de Modan

cuper d'une r^g^n^ration qui, avec le tomps, se produira toujours, tantot sur les vieilles souches, tant6t d^na les clairieres,

LB TAILLIS SIMPLE RioULIER, 217

r^aliser, en jardinant, les gros bois, de pr^f^rence les arbres sur le retoiir ou menaces par le^. bostriches. La production du sol aiieignant a peine deux metres cubes, par hectare et par an, il faut manager un materiel dont la croissance est lente, mais la quality exceptionnelle.

On peut, h la rigueur, ranger dans les forets jardin^es les peuplements de ch6ne-li^ge des Maures et de TEsterel, Ces chenes forment des massifs tres clairs, ou meme sont k T^tat d'arbres isol^s au-dessus d'^pais maquis de bruyeres, de cistes et d'autres drbustes m6ridionaux ; le plus souvent, ils poussent en melange avec les pins maritimes. Lq seul produit de valeur ^tant le li6ge, on exploitera — en jardinant — les arbres oil la lev^e de T^corce sera devenue, avec Tage, peu r^mun^ratrice. Pour propager Tessence pr6cieuse, il est indispensable d'en d^gager radicalement toys les semis et de d^couvrir, en temps opportun, les jeunes tiges par des extractions de pins en forme jardinatoirc. L'incendie, qui d^truit les r^sineux, n*atteint pas la vitality des souches de chSne : celles-ci four-

nissent d*abondants rejets apres le passage du feu; mais

ce n*estpas U un proc^d^ de culture h recomm^inderl

ARTICLE ni

LE TAILLIS SIMPLE RfGULIER

Principe de la m<$thode. — Avantages et inconv^nients. — R^gdndration. — Soins culturaux. — Application dans les regions tcmp^rdes. — Application dans les regions mdridionales. — Applications diverses.

Principe de la mithode. — Quand on coupe syst^matiquement k blai^c ^toc, et sans y faire aucune reserve, une surface continue, peupl^e de bois feuillus susceptibles de rejeler de. souches, les peuplements se constituent en taillis simple r^gulier. La r^g^n^ration est la consequence n^cessaire de Texploitation. Des le printemps qui suit la coupe, le recru, form^ de rejets et de drageons, nait sur toute la surface k la meme ^poque, et son ensemble repr^sente le type le plus parfait de peuplement uniforme.

La densile d*uii taillis, eu ^gard au nombre des c^p^es, est fonction de la r^volutioiy. Comme chacune de celles-ci se d^veloppe avec les ann^es, sa projection occupe d'autant plus d'espace qu'on la laisse davantage vieillir. Par consequent, le nombre des centres de reproduction est d'autant plus faible, et par suite le fourr^ veritable, — abstraction faite des morts bois, — s'etablit d'autant plus tard, que les revolutions sont plus longues.

Le mode de regeneration par rejets entraine une liaison intime entre le peuplement k venir, et celui qui va toraber sous la hache. En fait, il n'y a pas de nouvelles individualities creees, puisque les anciens sujets continuent leur existence sous la forme des rejets emergeant de leurssouchesmutilees. II y a rajeunissement plutot que naissance d'une generation nouvelle ; aussi, theoriquement, en dehors de la question d'&ge, ne devrait-il y avoir aucune difference entre le peuplement ancien et le peuplement nouveau, ou les meraes essences se retrouvent dans la meme situation.

Les seules causes de perturbation dont il y ait lieu de tenir compte sont : la mort naturelle d'un certain nombre de souches, — revolution possible de drageons, — enfin Tapparition de quelques brins de franc pied, provenant de semences apportees par les vents ou par les animaux.

Avantages et inconvenients. — L'exploitation en taillis simple regulier est facile et commode. Elle fournit des produits constants. Le capital engage reste toujours tr^s faible et fonctionne k un taux de placement eieve.

Les peuplements de cette forme sont peu exposes aux degats des champignons et des insectes (1), non plus qu'aux bris de vent ou de neige ; d'ailleurs, en cas d*accident, on ne perd que la recolte et les bois en croissance : I'ensouchement reste toujours intact.

Enfin, le taillis, dont les tiges flexibles resistent k Tarrachement, dont les racines nombreuses s'entrelacent dans la parlie la plus superficielle du sol, est tout indique pour pre venir et corriger les ravinements.

Par centre, les taillis simples, du moins dans leur jeunesse,

(1) Un Coroebns est pourtant nuisible dans les for^ts de ch6ne vert.

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