‹ Traité pratique des agrandissements photographiques (volume 2)Chapitre 28 sur 42 · LANTERNE · texte numérisé non relu

LANTERNE

La lanterne , ordinairement faite en tôle, doit contenir la source lumineuse et donner attache à sa partie antérieure au système optique. Une des conditions essentielles de toute bonne lanterne est de laisser pénétrer à son intérieur une masse d'air suffisante pour assurer un bon éclairage et empêcher un échauffement trop considérable de tout l'appareil. De plus, cette ventilation doit être obtenue sans que le moindre filet de lumière puisse s'échapper de la lanterne.

Celle-ci se pose tantôt directement sur une table, tantôt elle est supportée par quatre colonnes qui permettent une manœuvre plus facile du chalumeau employé pour la lumière Drummond (fig. 16). La cheminée qui surmonte la source lumineuse ne doit pas laisser échapper de lumière, et cependant assurer un tirage facile.

On trouve aujourd'hui dans le commerce divers mo-

T.— H« Partie. 4

dëles de laaternes à agraadissementa qui donnent d'e: Fig. 16

cellenta résultats, et qui ne diffèrent les uns des autres que par quelques détails de construction.

Lanterne d'Ea*tman.

Cette lanterne {fig. 17), entièrement construite en tôle, tient peu de place, ne coûte pas cher, et son sys-

tème optique est excellent. C'est le moJcle le plus employé en Amérique et en Angleterre; il n'est pas encore très connu en France.

L'objectif et le condensateur sont plact^s aux extrémités d'une botte en tôle qui s'engage dans une rainure que porte à l'avant la lanterne. ,C'est là une disposition spéciale à ce modèle et qui rend le nettoyage des lentilles très commode. L'objectif est à crémaillère, et il est enchâssé à l'extrémité d'un tube de fort diamètre, q^ui peut s'allonger par frottement doux sur un autre tube soudé à la boite du condensateur. La lampe est à trois mèches plates avec réflecteur en cuivre argenté.

Il existe trois modèles de lanterne américaine pour les clichés 9 X 12, 13x18 et 18x21.

Lanterne de Moltoni,

L'&ppareil de M. Molteni {(îg. 18) se compose d'une lanterne en tôle, munie à sa partie postérieurs d'un réflecteur en verre argenté. Une lampe à bec rond four-

a la lace opposée a ceiie qui pone le renecieur. l. odjectif est porté par une sorte de chambre à soufflet à vis de rappel, qui permet une mise au point fort exacte, quel que soit l'agrandissement qu'on désire obtenir.

Les clichés s'introduisent dans l'appareil au moyen d'un châssis de bois, entre deux plaques à ressort qui font appuyer le cliché contre les condensateurs.

Lanterne unioerteile de MM. Clément et Gilmer.

Cet appareil (fig. 19), tout en tôle pleine, est construit avec tout le soin désirable; il est monté sur une planchette en bois, et les plaques supportant le cliché,

Flg. 19.

solidement maintenues par des colonnes , assurent un centrage parfait. Des barillets de rechange permettent d'allonger le tube porte -objectif lorsqu'on veut faire des agrandissements peu considérables. La lampe est à mèches multiples.

Il existe trois modèles de ce ^ enre : l'un, & condensa-

K CHAflIftB t.

teur de 10"», pour clichés de 7 x 8 ; l'autre.à condensateur de 15™, pour les 8 x 9 ; le troisième, à condensateur de 22'^'", pour les plaques 13 x 18,

MM. ClémentetGilmer construisent encore une petite Imteme spécialement destinée & l'amplification des petits clichés de 4 X 4 {(îg. 20).

Fig. w.

Le corps de cet appareil est en tôle vernie, et il est monté sur une planchette en acajou. Il renferme une lampe h bec rond, avec verre et cheminée en métal, et munie d'un réflecteur en cuivre argenté.

Le condensateur est composé de deus lentilles planconvexe de 6=™ de diamètre. L'objeetif est de combinaison double, à portrait, de 12 lignes de diamètre, monté à crémaillère, et muni d'un diaphragme central fixe.

L'appareil possède deux porte-épreuves placés à. l'avant du condensateur, l'un pour recevoir les clichés de toutes dimensions, jusqu'à ù'™ de diamètre, l'autre spécialement destiné à la plaque ronde de la chambre

Fig. 21.

invisible, qui donne six clichés ronds sur la même plaque.

La grande lanterne à agrandissement {fig. 21) du même constructeur, est un appareil très perfectionné. Il est muni de deux portes, l'une en arrière, l'autre sur le côté, disposition qui permet d'employer à volonté l'éclairage au pétrole, qui se règle par la porte de der-

rière, ou bîeo la lumière DrummoQii, qu'il est plus facile de surveiller par une porte latârale.

La lampe est à trois mèches, avec chapeau coulissant, de telle sorte que, quel que soit le déplacement

Fig. 2».

qu'il faille donner à la lampe, il ne s'échappe aucun filet de lumière.

Lalanterneaiasiconstituée.estmontéesuruusocleeQ bois de chêne, supportant à l'avant un soufflet à double bouton de crémaillère, à l'extrémité de laquelle est fixé l'objectif. La mise au point s'effectue ainsi avec la plus grande facilité, et le volume de l'appareil est extrêmement riduit.

Le n* i est muni d'un condeasateur de 15™, d'un objectif tiers de plaque, et peut recevoir des clichés 9 X 12; le n" 2 porte un condeusateur de 22™ de diamètre, un objectif demi-plaque, et peut agrandir des clichés 13 X 18.

Ces diverq objectifs portent des diaphragmes centraux (/îg. 22), mais il est quelquefois préférable d'appliquer le diaphragme à la face de sortie des rayons

Fig. 23. Fig. 24.

lumineux; un simple carton uoir percé d'un trou au centre, et placé dans le parasoleil de l'objectif, suffit amplement à l'effet cherché.

Enân, il est quelquefois très utile de changer d'objectif, suivant la grandeur du cliché et suivant celle de

l'agraDdissemeot que I'od cherctie à obtenir; dans ce cas, il sera bon de munir la planchette porte-objectif

de la bague universelle de M. Molteni {fig. 23, 24, 25).

SOURCE LUMINEUEE.

Celle-ci peut être une lampe électrique, un chalumeau pour la lumière Drummond, une lampe au pétrole.

Lumière électrique.

La lumière électrique et la lumière Drummond donnent les résultats les plus parfaits, non seulement à cause de leur intensité, mais surtout à cause du peu d'étendue du point lumineux ; les images sont alors

plus nettes sur les bords, condition difficile à remplir avec les lampes à large foyer lumineux.

La lumière électrique est excellente, mais elle nécessite un outillage dispendieux : piles ou machines électromagnétiques, à moins que l'on habite une ville où l'éclairage électrique est installé. Dans ce cas , il suffit d'un fil d'abonnement, et il n'y a plus à s'occuper de la production du courant électrique.

Mais ce n'est encore là qu'une exception, et il n'y a que peu de villes en France qui possèdent ce genre d'éclairage.

Deux méthodes peuvent être employées pour la production de l'électricité : la pile ou les machines.

Pile de Bunsen, — Il faut de trente à quarante couples Bunsen grand modèle pour obtenir une bonne lumière. Malgré les ennuis que donne le montage de cette pile, c'est encore la meilleure pour la production de la lumière; elle est d'une régularité très suffisante, et il est rare qu'elle ne fonctionne pas du premier coup. Je ne pourrais en dire autant des piles au bichromate, malgré toutes les réclames faites à leur sujet. Ces dernières ne peuvent être utilisées que pour actionner des lampes à incandescence; tandis que pour des lampes à arc la pile Bunsen est indispensable.

Machines électrodynamiques. — Les machines d'induction sont beaucoup plus commodes, mais elles nécessitent l'emploi d'un moteur, condition qui n'est pas toujours facile à remplir. Dans une installation spéciale.

un moteur à gaz est excellent. Il a Tavantage de tenir peu de place et de pouvoir être mis en marche sans préparatifs. Mais moteur et machine électrodynamique sont encore d'un prix élevé et entraînent toujours une forte dépense.

Accumulateurs, — On peut encore user, comme source lumineuse, des accumulateurs, réservoirs dans lesquels on emmagasine l'électricité, que celle-ci soit produite par une pile ou par une machine. Mais ce n'est que dans des cas tout particuliers que les accumulateurs peuvent être employés avec succès, lorsque, par exemple, on peut profiter d'une force motrice intermittente.

Il ne faut pas oublier que, jusqu'à présent, les accumulateurs sont des instruments lourds, encombrants, et qui se détériorent assez facilement. Un accumulateur parfait est encore à trouver.

Régulateurs. — Les modèles de lampes sont assez nombreux ; les unes sontàrégulateur et maintiennent le point lumineux en place, grâce à un mouvement d'horlogerie actionné par le courant lui-même.

Mais, à notre avis, il est préférable, pour les agrandissements, d'employer des lampes plus simples, sans régulateurs automatiques, et dans lesquelles les charbons se meuvent à la main.

Le modèle que représente la fig. 26 est dû à M. Boudréaux, et construit par M. Ducretet.

Le charbon supérieur C s'applique légèrement sur le charbon inférieur plus gros C, quand on desserre la

vis B". Le charbon supérieur est guidé par un anneau l évasé en dessus et contenant un peu de mercure, qui ne peut s'échapper par les joints, trop étroits, et qui

lui apporte l'électricité négative par P'RI. Les boutons B, B' servent à régler la direction du charbon C; les pignons à crémaillÈre I', P permettent de changer la distance des supports des charbons, et le pignon P", de

déplacer verticalement tout Tappareil, pour mettre le foyer lumineux à la hauteur voulue.

On peut encore utiliser le régulateur de Duboscq. Celui-ci est monté sur un pied à crémaillère qui permet le centrage du point lumineux. Le rapprochement des charbons s'effectue au moyen d'un seul bouton, dont Taxe porte deux pignons isolés, l'un ayant un diamètre double de l'autre. Les porte-charbons sont mobiles, et les charbons peuvent être remplacés sans être obligé d'enlever le régulateur de la lanterne.

Les régulateurs à main sont peut-être préférables en toutes circonstances aux régulateurs automatiques; avec ces derniers, on compte trop sur leur bon fonctionnement, et si un accident survenait, il est quelquefois difficile de porter remède inmiédiatement au mal. Avec les régulateurs à main, on est toujours maître de. sa lumière. De plus, on évite avec eux ce bruit désagréable qui se produit souvent avec les appareils automatiques, et qui dépend tantôt d'un défaut de réglage, tantôt d'une variation dans l'intensité du courant.

L'emploi de la lumière électrique pour les agrandissements n'est réellement utile que dans le cas des forts grossissements, car elle a une puissance photogénique considérable, et permet des temps de pose relativement courts.

Les lampes à incandescence ne sont pas à conseiller pour le cas qui nous occupe ; leur surface lumineuse est trop grande; elles nécessitent un réflecteur, et il est presque impossible, avec elles, d'obtenir une surface éclairée uniformément.

Lumière oxyhydrique.

Le meilleur, surtout le plus commode, de tous les éclairages artificiels est celui que l'on obtient par l'incandescence d'un cylindre de chaux au moyen d'un mélange de gaz hydrogène et oxygène; lumière Drummond, lumière oxyhydrique. Ici le foyer lumineux est réduit à une surface très petite, et, de plus, il est très facile d'obtenir un éclairage intense et d'une très grande fixité.

Le seul inconvénient de cette méthode est l'obligation de préparer le gaz oxygène, opération facile, il est vrai, mais qui peut devenir dangereuse entre les mains d'un opérateur inexpérimenté ou peu soigneux. A Paris, on peut éviter tous ces ennuis, car on trouve aujourd'hui à l'usine de MM. Blin de l'oxygène comprimé dans des tubes d'acier.

La lumière oxyhydrique se produit en brûlant un mélange d'hydrogène et d'oxygène; cette flamme est peu éclairante par elle-même, mais elle possède une puissance calorifique considérable (1400<> à d500«), et elle porte facilement à l'incandescence certains corps; mais les uns se volatilisent alors, l'acier, par exemple, et donnent bien une lumière éblouissante, mais de courte durée. La chaux vive, au contraire, malgré cette température énorme, ne se volatilise pas et demeure incandescente.

Un chalumeau sert à opérer la combustion des deux gaz; ceux-ci ne doivent pas être en proportions quelconques : pour obtenir le maximum d'effet, ils doivent

être mélangés dans la proportioa de l'"^ d'oxygène contre S'"" d'hydrogène.

Hydrogène. — Lorsque l'on peut faire usage du gaz d'éclairage, hydrogène carburé, il suffit de relier par un

tube de caoutchouc le chalumeau à une olive Usée au lieu et place d'un bec de gaz, ou sur une prise spéciale. Il est important de ne pas fixer le tube en caoutchouc sur un bec papillon, par exemple, le débit aérait beaucoup trop faible; il faut donc dévisser ce bec et le rem-

placer par une olive ; on cherchera aussi à placer horizontalement ou verticalement en bas cette olive, afin d'éviter un coude trop brusque du tube de caoutchouc qui intercepterait le passage du gaz.

Dans le cas où Ton ne pourrait changer la direction de Folive de prise, il faudrait remplacer le tube de caoutchouc par les tubes métalliques flexibles que l'on fabrique à cet effet {fig. 27). Par une disposition très simple, que Ton voit sur la figure, on relie rapidement ce tube à l'olive.

Si l'on n'avait pas d'olive à sa disposition, il faudrait dévisser le bec papillon et fixer le tuyau de caoutchouc, ou le tube flexible, sur le pas de vis qui termine le tube d'arrivée du gaz. Si l'on emploie le caoutchouc, il sera prudent de poser une ligature.

Mais il peut arriver que l'on ne puisse utiliser le gaz d'éclairage; il faut alors fabriquer de toutes pièces l'hydrogène.

Si Ton a besoin d'une petite quantité d'hydrogène, on peut utiliser la méthode des laboratoires.

On prend deux flacons de quatre à cinq litres de capacité (fig. 28) ; chacun d'eux porte une tubulure dans le bas, et on les réunit l'un à l'autre par un fort tube de caoutchouc.

Dans l'un des flacons on met d'abord des fragments de verre ou de charbon, jusqu'au-dessus de la tubulure, puis des rognures de zinc ou du zinc en grenailles, jusqu'aux trois quarts environ ; on bouche le goulot avec un bon bouchon de liège dans lequel passe un tube muni d'un robinet que l'on ferme.

U CHi.PITRB I.

Dans l'autre flacon, oa verse, jusqu'aux trois quarts environ, un mélange ainsi composé :

Eau 1000"

Acide sulfurique 100"

Acide cblorbydrique 300^

Bien que les deux flacons communiquent ensemble

Fig. S8.

par le tube de caoutchouc qui relie leurs tubulures, le liquide acide ne peut arriver sur le zinc, parce qu'il en est empêché par l'air retenu dans le flacon; mais, dès que l'on ouvre le robinet, l'air s'échappe, la solution acide touche le zinc et l'hydrogène se dégage par le tube; lorsqu'on ferme le robinet, le gaz qui se forme

refoule le liquide dans l'autre flacon, et le courant d'hydrogène est interrompu, pour reprendre avecla même facilité lorsqu'on tourne de nouveau le robinet.

Comme on le voit, cet appareil peut être monté à Tavance, il est toujours prêt à fonctionner; il suffit pour cela de tourner le robinet.

M. Molteni a construit un appareil plus robuste que celui que nous venons de décrire, mais qui fonctionne d'après le même principe (fig. 29).

Il se compose d'une cloche en plomb en forme de bouteille, dont le goulot se termine par un robinet de dégagement G. Le fond F peut s'enlever et se mettre en place rapidement par une fermeture à baïonnette; il est percé de trous sur toute sa surface et sur les côtés. Pour mettre en marche l'appareil, on renverse la bouteille, on enlève le fond, et on la remplit aux trois quarts de rognures de zinc sur lesquelles on ajoute un lit de verre cassé, ou mieux de menu charbon, charbon de bois ou coke. On remet en place le fond et l'on retourne la bouteille pour la placer dans un baquet rempli de la solution acide dont nous avons donné la formule. Lorsqu'on ouvre le robinet, le liquide pénètre, agit sur le zinc, et Thydrogène se dégage aussitôt; lorsqu'on le ferme, l'acide est refoulé parle gaz hors de la bouteille, et la production du gaz cesse.

»v L'appareil en plomb de Molteni est préférable à celui en verre des laboratoires parce qu'il ne peut causer d'accidents en cas d'explosion, explosion qui peut se produire si la solution acide arrive trop vite sur le zinc, et si le dégagement de gaz a lieu brusquement.

Avec les a&cona de verre, lor3([ue cet accident se produit, les récipients éclatent et peuvent blesser l'opéra-

Fig. Î9.

teur;aTec la cloche en plomb, pas d'esplosiort possible; celle-ci est soulevée bors de l'eau et se renverse le plus souvent.

Comme il est dlMcile d'obtenir par l'une ou l'autre

de ces méthodes un débit de gaz sous pression suffisante, il faut emmagasiner Thydrogène dans des sacs en caoutchouc. A la rigueur, cependant, on peut attacher directement le tube du chalumeau sur le robinet de l'appareil Molteni; mais il sera toujours préférable d'employer le sac.

L'hydrogène mélangé à l'air forme un mélange détonant des plus dangereux; aussi est-il important de prendre certaines précautions.

l» Laisser échapper l'air qui était contenu dans les appareils produisant le gaz avant de les relier au chalumeau ou au sac de caoutchouc.

2° Bien purger d'air le sac, en le roulant, et, au besoin, en aspirant soit avec la bouche, soit avec un fort soufflet l'air qu'il peut contenir. Par les temps froids, assouplir le tissu caoutchouté en l'approchant d'un foyer de chaleur.

30 Ne pas remplir le sac trop longtemps à l'avance, car l'hydrogène traverse peu à peu par endosmose le tissu de caoutchouc le plus serré ; chaque molécule de gaz ainsi échappé est remplacée par une molécule d'air, et alors le sac contient un mélange détonant des plus dangereux. Cet efl'et se produit en quelques jours.

Si l'on est obligé de renoncer à l'emploi de l'hydrogène, on peut avoir recours à une simple flamme d'alcool, comme nous le verrons tout à l'heure, ou bien employer l'air carburé.

Air carburé. — Celui-ci se produit à l'aide de l'appareil suivant :

Dans un seau cylindrique {fig. 30), on introduit par Fentonnoir  deux litres de gazoline : le robinet de trop plein B indique le moment où le carburateur est plein ; le bouchon revissé à la place de Tentonnoir, on agit sur le soufflet H, qui remplit d'air les deux poches régulatrices F et G, munies intérieurement de soupapes pour empêcher tout retour d'air en arrière. L'air pénètre sous pression par le robinet D dans le carburateur, se charge de vapeurs de pétrole, et sort en E pour brûler dans le chalumeau aux lieu et place de l'hydrogène. En C est une soupape de sûreté destinée à régulariser la pression intérieure.

On arrive par ce moyen à produire une flamme très active, qui devient suffisamment chaude par son mélange avec Toxygène pour rendre incandescent le cylindre de chaux.

Vapeurs d*éther, — L'air carburé peut être encore remplacé par les vapeurs d'éther, et la lumière ainsi produite est peut-être plus intense que par les procédés que nous venons de décrire.

La vaporisation de l'éther se fait au moyen de l'appareil ci-dessous {fig. 31).

Pour se servir de cet instrument, on dévisse un des couvercles qui ferment les deux tubes, et l'on verse dedans de l'éther méthylique jusqu'au moment où les deux tubes sont pleins : un demi-litre environ. On bouche alors l'appareil et, au bout de quelques minutes, on dévisse de nouveau le couvercle et l'on renverse tout l'instrument, de façon à laisser égoutter au

dehors tout l'excès d'éther; on visse alors fortement le couvercle, et l'appareil est chargé.

Pour la mettre en marche, on place le tuyau de caoutchouc venant du sac à oxygèoe sur la tubulure du T qui communique d'une part avec le vaporisateur, d'autre part avec le tube qui va aboutir au robinet oxygène du chalumeau. La seconde tubulure est mise en Fig. 31.

communicationaveclerobinethydrogèneduchalumeau, et c'est par là que viennent brûler les vapeurs d'éther poussées et mélangées à l'oxygène.

Il ne faut pas oublier que cet appareil peut devenir dangereux lorsqu'il se produit un retour de pression; les vapeurs d'éther pénètrent alors dans le réservoir à oxygène et forment un mélange détonant. Il faut donc faire la plus grande attention, charger le sac à oxygène avant d'allumer, et fermer le robinet du sac avant de décharger le sac.

Oxygène. — Il existe plusieurs moyens pour produire "

Toxygène ; le meilleur, sinon le moins cher, consiste à décomposer par la chaleur le chlorate de potasse. Dans les laboratoires, on se contente de chauffer du chlorate de potasse dans une cornue de verre jusqu'à ce que l'oxygène se dégage ; mais on n'arrive par ce moyen qu'à produire de petites quantités de gaz ; il faut chauffer avec beaucoup de précaution pour éviter un dégagement brusque qui pourrait faire éclater la cornue.

Lorsqu'on veut, au contraire, obtenir une quantité d'oxygène plus considérable, 100 litres ou 200 litres, on emploie une marmite en fonte, dans laquelle on introduit un mélange de chlorate de potasse et de bioxyde de manganèse. On obtient ainsi un dégagement beaucoup plus régulier et les explosions ne sont plus à craindre; mais il ne faut négliger aucune des précautions que nous allons indiquer.

Le chlorate de potasse devra être en paillettes cristallisées et non en poudre, ce dernier se décomposant avec «ne trop grande rapidité, ce qui peut amener des accidents ou tout au moins faire perdre une certaine quantité de gaz.

Le bioxyde de manganèse doit, au contraire, être réduit en poudre; et il est bon de le calciner au rouge sur une plaque de tôle, dans une poêle à frire, par exemple. On élimine ainsi toutes les substances étrangères, dont les unes pourraient, par leur mélange avec le chlorate de potasse, former un mélange détonant, ou qui en brûlant dans l'appareil produirait de l'acide carbonique qui souillerait l'oxygène.

Les auteurs varient sur la quantité du bioxyde de

maagaDëse à mélanger au chloratede potasse; mais il n'y a auGUQ incoQvéatent à élever la dose de manganèse, et comme cette substance sert indéfiniment, la question d'économie n'existe pas. Dans notre pratique, nousemployous parties égales en poids de l'un et de l'autre.

Le mélange doit être fait k l'avance, et l'on remue avec une spatule jusqu'au moment où la masse a pris une teinte uniforme.

On installe alors l'appareil {fig. 32) de la manière

FiR. 3Î.

suivante : A est une marmite en fonte, dont le bord libre porte une rigole B dans laquelle entre le couvercleO, terminé par un tube en fer D, On met dans la

marmite le mélange de chlorate de potasse etdebioxyde de manganèse, et l'on a le soin de relever vers les bords la masse noirâtre, de façon à lui faire former un cône renversé; le dégagement se fera mieux, et Ton évitera par là que des portions du mélange échappent à la décomposition.

Dans la rigole B on coule du plâtre de Paris gâché avec soin; on pose le couvercle et l'on achève de garnir de plâtre les parties libres de la rigole. Pour préparer le plâtre, on met dans une sébille en bois ou dans une assiette creuse 200«<' d'eau environ, puis, à Taide d'une cuiller, on verse du plâtre en l'éparpillant en quantité telle que Teau disparaisse. Si le, plâtre est frais, n'est pas éventé, le mélange prendra rapidement, et acquerra bien vite la densité voulue. Si le plâtre est vieux, il faudra forcer la dose. On mêle bien à la cuiller et Ton coule dans la rigole, de façon à la remplir à moitié. On pose alors le couvercle, après s'être assuré que le tuyau D n'est pas bouché ; on achève de remplir la rigole de plâtre, on lisse avec la main, et au bout de quelques minutes la marmite peut être placée sur le feu.

Le fourneau à gaz que construit à cet effet M. Molteni est le meilleur appareil pour chauffer la cornue. Au commencement de l'opération, on chauffe doucement pour éliminer l'eau et l'air qui peuvent être contenus dans la cornue. Pendant le temps de l'opération, on réunit le tube D au flacon laveur F par un tube en caoutchouc d'un diamètre assez fort, et l'on s'arrange de façon que la marmite soit plus élevée; de cette manière, s'il se produit de l'eau pendant l'opération,

64 CHÀPITR& I.

elle tombe naturellement dans ce flacon et n'engorge pas le tube d'amenée. Dans le flacon laveur on met de l'eau jusqu'à moitié, et l'on ajoute un peu de carbonate de potasse pour neutraliser les traces d'acide qui pourraient se produire et être entraînées avec le gaz.

On a grand soin de relier le tube E avec la tubulure L qui porte le mot entrée; celle-ci conduit le gaz au fond du laveur; sur la tubulure M qui porte le mot sortie, on place un tube de caoutchouc que Ton relie au sac, après s'être assuré que le robinet est bien ouvert. Mais il faut attendre que le dégagement d'oxygène ait commencé, chose dont il est facile de s'assurer en approchant delà tubulure M une allumette enflammée; si c'est encore de l'air qui s'échappe, la flamme ne change pas d'aspect; si, au contraire, c'est de l'oxygène, elle prend un éclat tout particulier. Le bruit que fait le gaz en barbotant dans le flacon laveur, permet de suivre le dégagement du gaz; si celui-ci se produit trop rapide, l'eau s'élève dans le tube de sûreté H, qui doit plonger jusqu'à une petite distance du fond ; on baisse alors le gaz du fourneau. Si l'on veut se rendre mieux compte de la marche de l'opération, on peut remplacer le flacon laveur en métal par un flacon de verre de trois ou quatre litres de capacité portant trois tubulures, l'une pour le tube d'entrée du gaz qui plonge dans l'eau, l'autre pour la sortie qui descend à peine au-dessous du bouchon. La troisième tubulure, celle du centre, sert à introduire un tube de sûreté.

L'appareil, ainsi monté, pourrait encore présenter quelque danger dans le cas où, le feu diminuant et la

DES MÉTHODES D^ÀORARDISSBMBNT. 65

production du gaz cessant, il se ferait une moindre pression ; Teau du flacon laveur F serait alors aspirée» et en pénétrant dans la marmite très chaude, elle pourrait occasionner une explosion. On obvie à cette éventualité par rinterposition d'un flacon vide à deux tubulures; on monte l'extrémité L du tube de caoutchouc sur Tune, on réunit la seconde au laveur par un autre tube, de sorte que, s'il se fait une absorption, l'eau reste dans le flacon interposé, et c'est l'oxygène ou l'air qui entre dans la marmite.

Mais cet accident ne pourrait se produire que par défaut de surveillance, si l'on avait abandonné l'appareil, ce qu'il est toujours imprudent de faire. Lorsque le dégagement du gaz a cessé, on ferme le robinet du sac et on laisse refroidir la cornue. Il est important de ne pas laisser en communication le sac et Tappareil producteur quand le dégagement d'oxygène s'est arrêté, car il se produirait alors le phénomène d'absorption dont nous avons déjà parlé.

La marmite refroidie, on démonte le couvercle, on la remplit d'eau, on agite la bouillie noire qui se produit, on laisse déposer le bioxyde de manganèse, on décante, et l'on change l'eau de même manière deux ou trois fois. On élimine ainsi le chlorure de potassium qui s'est produit ; le bioxyde de manganèse nettoyé est desséché et servira pour une nouvelle opération.

On peut encore effectuer ce lavage de la manière suivante : On détache au moyen d'un ciseau à froid et d'un marteau la masse noire et dure qui reste dans la marmite, et on la met dans un entonnoir de verre bouché

par un tampon de coton. On verse sur le tout de Teau chaude qui dissout rapidement le chlorure de sodium; un deuxième et un troisième lavage avec de nouvelle eau chaude laisseront le manganèse parfaitement pur.

Sac à gaz. — Le gaz ainsi produit s'emmagasine dans des sacs en caoutchouc, ou bien encore dans des gazomètres. Ce dernier instrument est excellent pour conserver le gaz, car il ne se fait plus alors de déperdition par endosmose; mais il est difficile de donner une pression suffisante sur un gazomètre, et en dernière analyse il faut toujours en terminer avec le sac. Ceux-ci se composent de feuilles de caoutchouc vulcanisé, laminées entre deux fortes toiles, et réunies sous forme de soufflet carré ; un robinet est placé sur la charnière, comme on le voit sur la fig, 32.

Les sacs sont de deux dimensions : 125 et 250 litres environ. Le premier peut alimenter le chalumeau pendant une heure ou une heure et demie ; le second donne de deux à trois heures de lumière.

En hiver, ces sacs deviennent durs et cassants, et ils ne pourraient servir en cet état. On leur rend leur souplesse en introduisant par le robinet quelques litres d'eau chaude à la température de 30o ou de A0\ Aussitôt l'effet produit, on vide l'eau et l'on fait égoutter avant de remplir de gaz.

Ces sacs sont d'un prix élevé ; il est donc important de veiller à leur conservation, et avec un peu de précautions, ils peuvent faire un long usage. En été, il faut veiller à ce que le soleil ne puisse les atteindre ;

ils se ramolliraient outre mesure, et s'ils étaient suspendus par le robinet, ce que Ton fait trop souvent, celui-ci pourrait être arraché de sa place. Un excellent moyen de conservation consiste à garder les sacs dans une cave, de façon à obtenir une température uniforme. Cette précaution est surtout utile en été.

S'il se produit une fissure dans un sac, il est quelquefois difficile de trouver le point où l'accident s'est produit. On peut employer, pour cette recherche, deux moyens : le premier consiste à remplir à moitié le sac percé de gaz ou plus simplement d'air. On le plonge alors dans l'eau, et en le comprimant, on voit l'air ou le gaz sortir en petites bulles ; avec un crayon rouge, on marque le point où apparaissent les bulles.

Il faut, dans ce cas, avoir à sa disposition un baquet assez grand, et c'est là une condition qui n'est pas toujours facile à remplir.

La seconde méthode consiste à remplir d'air le sac que l'on suppose défectueux et à verser dans l'intérieur une certaine quantité d'eau ; en comprimant alors le sac, ou simplement en forçant l'air qu'il contient avec un fort soufflet, on voit l'eau suinter au dehors par les fissures; on marque celles-ci au crayon rouge, comme dans le cas précédent.

Il faut alors boucher ces fentes; un raccommodage complet nécessitera les opérations suivantes : avec un canif on fend la toile extérieure au-dessus du point à réparer, on la relève de droite et de gauche, de façon à mettre à nu le caoutchouc sur une certaine étendue. On imbibe alors cette surface avec de la benzine ; après

quelques minutes on passe une couche de caoutchouc dissous que l'on trouve chez tous les fournisseurs d'articles de cette espèce, et l'on colle par ce moyeu un morceau decaoutchouc en feuille ou de toile caoutchoutée-, on rabat ensuite les bords de la toile et on les fait adhérer arec la solution de caoutchouc.

Ces opérations sont assez longues, difficiles, et elles demandent beaucoup de soins pour réussir.

Plus simplement, on peut se contenter d'imbiber de benzine le point marqué, sans enlever la toile, et de coller à la surface ainsi préparée un morceau de toile

Fie- 33.

caoutchoutée, ou de cuir que l'on recouvre^d'une couche de solution de caoutchouc.

Le sac rempli d'oxygène doit être soumis à une certaine pression. On fait alors usage d'un compresseur ifig. 33 ). Celui-ci se compose de deux plateaus de bois de la dimension du sac, et réunis sur un des côtés par une double charnière ; une large encoche laisse passer

DES MÉTHODES D^AOBANDISSEMENT. 69

le robinet. Le plateau inférieur est placé bien horizontalement sur le parquet; le plateau supérieur porte une traverse à charnière destinée à retenir les poids employés pour mettre le gaz en pression.

Oxygène comprimé, — La fabrication de Toxygène, quoique facile, est toujours une opération longue et ennuyeuse, et elle peut présenter quelque danger. Il ne faut pas oublier également que le gaz ne peut se conserver pur dans les sacs que peu de temps ; par suite des phénomènes d'endosmose, l'oxygène s'échappe peu à peu et est remplacé par de l'air. Enfin, dans le gazomètre, surtout dans ceux faits en zinc, il peut se faire de l'hydrogène par la décomposition de l'eau, et une explosion se produira lorsqu'on voudra faire usage du gaz conservé dans ces conditions. Cet accident s'est déjà produit dans un laboratoire. Il y avait donc à rechercher le moyen d'éviter ces divers inconvénients. L'emploi de l'oxygène comprimé dans des tubes d'acier obvie à tous ces défauts.

MM. Brin frères, à Paris, livrent aujourd'hui de l'oxygène pur enfermé soit dans des tubes en acier, soit dans des récipients en tôle, éprouvés les ims et les autres à la presse hydraulique.

Le procédé industriel employé pour la production de l'oxygène pur consiste à faire passer de Tair sec, débarrassé de son acide carbonique, sur de la baryte caustique chauffée vers 500<> dans des cornues en fer disposées dans un four chauffé à l'oxyde de carbone. A 500o la baryte absorbe Toxygène de l'air par une sorte de

suroyxdatioD, et il se dégage de l'azote qu'oa laisse perdre dans l'air ou qu'on recueille suivant le besoin.

Lorsque la baryte a atteint son maximum d'absorption, on pousse la température vers 800°, en interrompant l'arrivée do l'air, et à l'aide d'une pompe d'aspiration, on recueille l'oxygène, car, et c'est là la partie la plus curieuse du procédé, il a été reconnu qu'à cette température la baryte abandonnait tout le gaz absorbé k la température inférieure.

Le four comporte deux batteries identiques, dont

Fig. .11.

l'une sert à la surosydation, tandis que l'autre travaille à la désosydation ; la manœuvre consiste donc simplement à agir sur un robinet à double voie, et à élever et à abaisser la température à intervalles réglés pour

que les batteries fournissent de l'oxygène d'une manière continue.

La baryte sert indéfiniment, et son pouvoir absorbant semble augmenter par un travail continu; à chaque opération il se produit 50 litres d'oxygène par kilogramme de baryte.

Le gaz ainsi produit est amené dans un vaste gazomètre et ensuite comprimé dans des récipients en acier. Les uns ont la forme d'un seau cylindrique avec anses (fig, 34), et contiennent de 200 litres à 500 litres.

Le petit modèle mesure 53*"» de hauteur sur 2b^^ de large; il pèse S^s et contient 200 litres d'oxygène à une pression de 8 atmosphères. L'autre modèle de réservoir consiste en un tube d'acier, d'une seule pièce, terminé à une extrémité par une calotte sphérique (fig. 35), et à l'autre par un ajutage à vis sur lequel se monte le régulateur chargé de régulariser la pression du gaz.

Ici la résistance des parois est beaucoup plus considérable, et la pression est ordinairement de 65 atmosphères, mais elle peut aller jusqu'à 120 atmosphères; dans ce cas, un tube de 80^» de long et de 15^" de diamètre contient 600 litres de gaz à 65 atmosphères, et 1100 litres à 120 atmosphères.

Dans tous ces réservoirs, la fermeture est obtenue au moyen d'un bouchon conique fileté, placé sur le côté, et que l'on ne peut manœuvrer qu'avec une clef. Suivant que l'on desserre la vis plus ou moins, on fait varier l'ouverture de sortie et le débit. Avec un peu de soin et d'habitude on peut arriver par ce moyen, très simple, à régulariser la sortie du gaz, mais il faut sur-

veiller constamment la marche du chalumeau, car la pression diminue graduellement avec la sortie du gaz, et il faut ouvrir peu à peu la vis de réglage. Pour assurer un débit uniforme, il vaut mieux faire

Fig. 3j,

usage d'un régulateur automatique, que l'on interpose entre le tube et le chalumeau. Deux modèles ont été proposés, et tous deux fonctionnent avec une régularité très suffisante.

Le premier consiste en une tête de cuivre fixée paj un contre-écrou sur le goulot du réservoir; le gaz, en sortant de ce dernier, pénètre dans un soufflet de caoutchouc muni d'un fort ressort qui le maintient fermé, et il s'éphappe au dehors par un ajutage métallique que Ton rejoint par un tube de caoutchouc au robinet du chalumeau. En desserrant la vis-bouchon et en ouvrant plus ou moins le robinet du chalumeau , on arrive à obtenir le débit convenable. Disons dores et déjà que le chalumeau est à point lorsqu'il brûle sans bruit tout en donnant le maximum de lumière ; un léger sifflement indique un excès d'oxygène. Mais nous aurons à revenir tout à l'heure sur cette question du réglage du chalumeau, car elle a son importance.

Si la pression vient à monter, le soufflet se gonfle, et, dans ce mouvement, il entraîne le ressort qui agit par rotation sur une pièce contenue à l'intérieur du régulalateur; celle-ci agit à son tour sur l'orifice de sortie du gaz et rétrécit cette ouverture à mesure que le soufflet s'ouvre, c'est-à-dire que la pression augmente. Cette disposition a de plus ce grand avantage, c'est que, lorsqu'on ferme le robinet du chalumeau, le réservoir se trouve fermé automatiquement par le soufflet.

Malgré tout, cette sorte de régulateur a besoin d'être surveillé ; il peut suffire dans la plupart des cas, mais, pour obtenir une marche absolument régulière, il vaut mieux avoir recours au second modèle {fig. 35).

Dans celui-ci, une cloison en caoutchouc divise le régulateur en deux chambres. Le gaz pénètre dans la première par un ajutage dans lequel s'engage de bas en

T. —II« Partie. 7

haut une soupape conique soutenue par la cloison et manœuvrée du dehors par une clef. Le gaz sort de cette chambre par un bec latéral, et son débit reste uniforme tant que la pression reste la même ; si elle vient à augmenter, la membrane se gonfle du côté de la chambre supérieure et entraîne le cône de réglage qui diminue l'arrivée du gaz jusqu'à ce que la pression revienne au degré précédent. Une fois le cône réglé par la clef, le réservoir se vide avec une régularité de débit absolue.

Si l'on tient à savoir quelle est la quantité de gaz consommée, ou plutôt celle qui reste dans le réservoir, il faut placer sur la tête du tube un manomètre préparé à cet effet; on ouvre peu à peu le robinet, et l'aiguille marque la pression du gaz contenu dans le tube. Un petit calcul donne alors la quantité cherchée : étant connue la capacité du tube, en multipliant celle-ci par la pression indiquée on a le volume du gaz qui reste dans le réservoir. Une fois le bouchon à vis refermé, on dévisse le manomètre, et il est bon d'être prévenu qu'il se produit alors un petit sifflement qui pourrait faire croire que le réservoir est ouvert ; ce sifflement provient tout simplement de la petite quantité de gaz comprimé qui était restée dans le tube du manomètre.

L'oxygène contenu dans ce réservoir métallique est très pur, comme nous l'avons dit, ce qui offre un double avantage : le chalumeau brûle sans produire de sifflement, et le gaz n'attaque plus aucune des pièces avec lesquelles il est mis en contac*. Avec l'oxygène obtenu par la décomposition du chlorate de potasse, il n'en est pas ainsi : presque toujours vers la fin de Topération,

surtout si Ton pousse trop le feu à ce moment, il se dégage une certaine quantité de chlore que le flacon laveur ne retient pas toujours. Celui-ci attaque les sacs de caoutchouc, et dans le chalumeau il donne naissance à de Tacide chlorhydrique qui attaque fortement les appareils.

Chalumeau, — Dans le système primitif de Drummond, on effectuait à l'avance le mélange des deux gaz et on les projetait dans un tube métallique terminé par un ajutage en platine à orifice très étroit. Audessous de ce brûleur, le tube d'arrivée présentait un renflement dans lequel étaient placées un nombre considérable de rondelles en toile métallique, destinées à empêcher un retour de flamme et une explosion du réservoir. Malgré ces précautions, un accident était toujours à craindre; aussi la lumière Drummond était-elle employée rarement, et toujours avec appréhension.

Plus tard, on eut l'idée de n'effectuer le mélange qu'à une très petite distance de l'ajutage d'inflammation, et tout danger fut ainsi écarté.

Le modèle que représente la fig. 36 est construit d'après ce principe.

Une crémaillère permet de mettre le point lumineux à la hauteur voulue, et au moyen d'une tige butante à vis on peut incliner plus ou moins l'orifice du chalumeau, de façon à éloigner ou à rapprocher le jet de flamme du cylindre de chaux.

La manœuvre de ce chalumeau est un peu délicate : il se produit facilement des explosions : celles-ci sont

Bans danger aucun, mais elles éteignent la flamme. Il faut, pour éviter cet accident, baisser le plus possible

l'hydrogène avant de donner l'oxygène, et ouvrir lentement les deux robinets.

En France, on a abandonné presque complètement ce modèle; mais, en Angleterre, il est devenu à la mode dans ces derniers temps; il donnerait une flamme plus

régulière que celui que nous allons décrire, et avec un peu d'habitude le réglage s'obtiendrait facilement.

Dans le modèle habituellement en usage, les deux tubes d'amenée sont placés concentriquement l'un dans l'autre, le jet de gaz hydrogène formant une sorte de couronne au milieu de laquelle est lancé un étroit fil d'oxygène (/iflf. 37).

L'examen de la figure en fera facilement comprendre

Fig. 37.

les dispositions : le tube O est mis en communication avec la prise de gaz d'éclairage, ou bien avec le sac plein d'hydrogène, au moyen d'un tube de caoutchouc, ou mieux d'un tube métallique flexible. Un robinet permet d'en régulariser le débit au point voulu; parle tube E le gaz arrive à l'orifice F qui est relevé obliquement et taillé en biseau, de façon à projeter sa flamme en haut, et cela, afin que l'ajutage ne fasse pas ombre devant le cylindre de chaux. L'oxygène est envoyé de même manière par le tube H et D, il pénètre dans l'ajutage de sortie de l'hydrogène et se termine par une très petite ouverture effilée placée exactement au centre de l'ouverture en sifflet.

La tige B est destinée à supporter le cylindre de chaux qui est percé dans son axe. Cette tige est ûletée et porte une pièce mobile qui peut monter et descendre de façon à mettre le cylindre de chaux à la hauteur voulue. Toute cette partie est mobile d'avant en arrière et glisse sur les deux tubes d'amenée des gaz D,E.Elle est maintenue à la place voulue par l'écrou de serrage G. Ce mouvement d'avant en arrière est nécessaire pour mettre la chaux à une distance telle que le jet de gaz la touche en son milieu et laisse à la flamme une largeur de 1«" à 2<=«» environ.

Dans un modèle plus perfectionné, le tube à hydrogène se termine par un ajutage à large débit, et sa tête en cône s'infléchit à 45° vers le cylindre de chaux. Le tube à oxygène pénètre au milieu de cet ajutage et se termine un peu en arrière de l'ouverture par une petite buse en cuivre rouge percée d'un grain assez fin.

Une tige à pignon permet de faire tourner le cylindre de chaux sur son axe et de changer la surface de chauffe, ce qui est souvent nécessaire. Enfin, une tige à crémaillère donne la possibilité de centrer en hauteur le point lumineux.

Ces différents modèles dé chalumeaux peuvent servir soit avec l'hydrogène pur, obtenu au moyen du zinc et de l'eau acidulée, soit avec le gaz d'éclairage avec l'air carburé, ou enfin avec les vapeurs d'éther.

Mais si l'on ne peut employer aucun de ces moyens, on peut remplacer ces différentes flammes par celle d'une lampe à alcool : la lumière ainsi produite est appelée lumière oxycalcique.

Le chalumeau ost alors modifié comme on le voit sur la fig. 38. Une douille à vis de serrage E permet de fixer sur une tige à la hauteur voulue tout l'appareil. Le tube D donne entrée à l'oxygène qui pénètre dans l'ajutage F par le tube B. A l'arriôre, un réservoir A à niveau constant renferme de l'alcool qui arrive dans l'aju- Fig. 38.

tage d'inâammatioa P. Celui-ci contient une mèche de coton au centre de laquelle vient se placer l'ajutage en cuivre de l'oxygène. En G est le cylindre de chaus, mobile en hauteur par l'écrou sur lequel il s'appuie, et mobile en avant ou en arrière par la coulisse que forment les deux tubes d'arrivée ; ici l'écrou H le maintient en place.

La mèche doit être coupée très nettement; elle ne doit pas être trop serrée autour du bec h oxygène.

Un autre modèle, moins perfectionné, est celui que représente la fig. 39.

Dans celui-ci le dard d'oxygène n'est plus contenu dans la mèche de la lampe à alcool, il passe au-dessus; le réglage est alors plus facile que dans le modèle précédent.

La préparation de la mèche est le seul point délicat de l'opération : avec de petites pinces d'horloger (bru-

celies) on soulève légèrement la mèche, de manière & lui faire dépasser un peu l'ajutage de l'oxygène, puis on écarte légèrement les brins, de manière à leur donner la forme d'un V. Le jet d'oxygène se glisse dans ce

Fig, 30.

couloir et, s'eutourant de toutes parts de la flamme de l'alcool, projette sur le cylindre de chaux un jet de flamme extrêmement chaude, sous l'influence de laquelle la chaux devient incaudescente. Il est important de couper avec soin tous los flls qui peuvent dépasser le corps de ta mèche. Le sac ne doit recevoir qu'un poidade20'eà50iï.

La lumière ainsi produite est certainement moins brillante que celle obtenue au moyen de l'hydrogène (moitié environ), mais elle donne encore de très bons résultats pour les agrandissements photographiques.

Cylindres de chaux. — On fait usage, avec ces divers appareils, de cylindres de chaux vive. Les fabricants de lanternes à projection fournissent ces cylindres très bien préparés, taillés sur le tour au moyen d'une molette, et percés en leur centre d'un trou dans lequel doit passer la broche du support. On les conserve dans des flacons bouchés avec soin, et remplis de chaux vive en poudre. Il est important de mettre ces flacons à l'abri de l'humidité, car la chaux vive ne tarderait pas à s'hydrater et ne pourrait plus servir.

M. Molteni fabrique une boîte en cuivre à fermeture hermétique, qui permet de conserver les cylindres de chaux à l'abri de l'humidité.

Il est quelquefois nécessaire de faire soi-même ces cylindres de chaux, et si l'on ne tient pas à une forme absolument régulière, l'opération est très facile.

On se procure dans un four à chaux des morceaux de chaux vive, récemment cuite, que l'on choisit le plus exempts de fentes. On les découpe à la scie en plaques de 3cn> d'épaisseur environ, puis on les refend ensuite par un nouveau trait de scie, de façon à obtenir des parallélépipèdes de 3^™ de côté sur 5^™ ou 6<^" de hauteur. On peut laisser les arêtes vives ou les abattre au moyen d'une râpe à bois. On perce ensuite, dans toute sa longueur, le cylindre ainsi obtenu, soit en faisant usage d'une mèche à cuiller actionnée par un vilebrequin, soit en montant une mèche à biseaux sur le tour. Ce dernier moyen est sans contredit le meilleur. Dans tous les cas, il faut agir avec lenteur et dégager souvent la mèche, sinon le cylindre de chaux éclaterait.

Pour faire toutes ces opérations, il est bon de se frotter les mains avec de Thuile d'olive, afîn d'éviter les brûlures que pourrait occasionner la chaux vive.

Lampes au pétrole.

La lumière la plus facile à se procurer, la moins chère en même temps, est celle que donnent les lampes alimentées par l'huile de pétrole. Mais, pour obtenir de ces appareils des effets satisfaisants, il faut ne négliger aucun des détails que nous allons énumérer.

Essai du pétrole. — Le choix du pétrole est de première importance, et trop souvent ce produit est sophistiqué par son mélange avec des essences de qualité et de prix très inférieurs.

On reconnaît que Thuile de pétrole est de bonne qualité aux caractères suivants :

Elle doit être très fluide, incolore, et, vue par réflexion, présenter une légère teinte opalescente. A la température de SB*», elle ne doit pas donner de vapeurs inflammables. Pour faire cette épreuve, on chauffe le pétrole dans une capsule en porcelaine, en se servant pour cela d'un bec Bunsen ou d'un fourneau à gaz brûlant à bleu. On plonge le réservoir d'un thermomètre dans le liquide, et quand la température atteint 35o, on promène à la surface du liquide une allumette enflammée; si les vapeurs qui se produisent alors prennent feu, l'huile doit être rejetée ; elle a été mêlée frauduleusement avec de l'essence^ ou la rectification a été mal faite.

Le pétrole, une fois essayé et choisi, on fait dissoudre dans ce liquide du camphre à la dose de 12e*' par litre ; la flamme devient alors plus brillante et plus blanche. Mais, si Ton dépassait la quantité indiquée, la lampe fumerait.

Dans ces derniers temps, on a mis dans le commerce un pétrole rectifié après mélange à Tessence de térébenthine ; ce produit, connu sous le nom de luciline, donne une lumière très blanche, analogue à celle produite par le pétrole camphré.

Une recommandation importante, et qui s'applique aux différents modèles de lampes que nous allons étudier, est celle-ci : lorsque les opérations sont terminées et que la lampe est refroidie, il faut vider avec soin le réservoir. Sans cela, le pétrole continuerait à monter dans la mèche par capillarité, et n'étant pas brûlé, il se répandrait sur la lampe et formerait avec les poussières qui voltigent toujours dans l'air une sorte d'enduit des plus désagréables. Lorsqu'on allumerait de nouveau la lampe, cette huile se vaporiserait bientôt et répandrait alors une affreuse odeur. Dans tous les cas, avant d'allumer une lampe au pétrole, il est important de l'essuyer avec le plus grand soin, et si Ton accuse trop souvent ces sortes de lampes de répandre une odeur désagréable, cet effet est dû uniquement au manque de soins.

Les lampes utilisées dans les lanternes à projection ou à agrandissements sont de deux sortes : les unes à plusieurs mèches plates, les autres à mèche unique» ronde.

Lampes à mèches multiples. — Les lampes à mèches plates oDt de deux à cinq mèches; mais, quel que soU ce nombre, la construction générale de la lampe est la mêmeifig.iO).

La base forme le réservoir de pétrole; c'est une sorte

Fig. JO.

de boîte rectangulaire plate, contenant bOOs' de pétrole environ, A l'une des extrémités se trouve un bouchon à vis qui permet de remplir le réservoir.

Au centre de cette boite s'élèvent les porte-mèches; celles-ci sont en coton tressé, et elles ont de 4'" à 5™ de large. Elles sont commandées par des crémaillères dont les boutons vieanent faire saillie à l'arrière de la lampe.

L'espace compris entre tes mèches et les bords du chapeau qui recouvre le tout est formé d'une plaque

de fer-blanc percée de trous nombreux, destinés à régulariser l'arrivée de l'air à la flamme.

Au-dessus, une chambre à combustion vient encapuchonner les mèches et se termine en haut par une cheminée d'appel en tôle. La partie inférieure de la chambre en question est formée par la lame percée dont nous avons déjà parlé; les côtés se joignent en haut pour former une sorte de demi-cylindre dont l'axe, parallèle aux mèches, coïncide avec l'axe lumineux: deux plaques de verre trempé ferment ses deux extrémité s.

Dans certains modèles, le verre postérieur est remplacé par un réflecteur concave argenté au centre duquel est ménagée une ouverture fermée par un verre bleu et qui permet de surveiller le réglage des mèches.

Dans le modèle à cinq mèches (fig. 41), la chambre à combustion est enchâssée dans une caisse rectangulaire en tôle; l'air circulant facilement dans la double paroi ainsi formée, réchauffement de la lampe se trouve diminué de beaucoup. Un capuchon métallique rassemble les cinq mèches en un seul foyer lumineux et régularise le tirage. Le devant de la lampe est formé, comme dans le modèle précédent, par une plaque de verre trempé, maintenue en place par un anneau métallique à ressort. L'arrière se ferme par une porte contenant le réflecteur métallique, et celui-ci est protégé par une lame de verre trempé.

Des trous convenablement disposés assurent la ventilation et le refroidissement de la lampe. Quel que soit le modèle employé, il est important que les mèches brûlent toujours à blanc. Si elles rougissent sur les

bords, c'est qu'elles sont trop levées; il faut aussitôt agii- sur le bouton de la crémaillère pour les abaisser. Faute de ce soin, la lampe fume et remplit la salle d'une odeur fétide et d'une fumée qui salit tout. Si la Ûammc se deatelle et sautille, c'est que la ven- Flg. 41.

tilation est insuffisante ; le plus ordinairement cet accident provient d'un défaut de nettoyage ; la paroi percée n'a pas été frottée avec le soin nécessaire, les trous sont bouchés, et l'air ne peut pénétrer en assez grande quantité.

DES MÉTHODES D' AORA.NDIS SEM E NT. 87

Avant toute opération, il est important de mettre la lampe en état dans toutes ses parties.

Les mèches doivent être coupées nettement, et il ne doit pas passer le moindre fil ; elle fumerait immanquablement. Après avoir ouvert la caisse supérieure, on baisse les mèches jusqu'à ce qu'elles affleurent au ras du tube porte-mèche, et, d'un seul coup de ciseau, on enlève la partie charbonnée, mais en laissant toutefois un léger rebord charbonné qui facilitera l'éclairage. On les relève ensuite de 3°»™ à 4™™, et Ton abat les angles, en les arrondissant un peu.

Les mèches latérales charbonnent davantage sur leur face interne; aussi, après les avoir coupées, est-il utile de les racler légèrement sur cette face avec le dos des ciseaux.

Quelque soin que Ton apporte à cette opération, il est quelquefois difficile d'obtenir une section nette avec

Fig. 42.

des ciseaux ordinaires; et, cependant, il faut absolument éviter que le moindre brin de fil reste sur les côtés de la mèche, car alors il se produit un sautillement désagréable, et la lampe fume. Le coupe-mèche (fig. 42), sorte de tondeuse mécanique, donne sans difficulté une

coupe nette et franche. Cet instrument se compose d'une plate-forme en acier, munie de deux gouttières latérales destinées à saisir les bords du bec et à assurer la position de la plate-forme le long d'un des côtés de la mèche. Sur cette plate-forme vient glisser un couteau de section triangulaire, en forme de V très ouvert, et qui se porte en avant lorsqu'on agit sur la branche inférieure de l'appareil. La mèche est ainsi coupée des bords extrêmes vers le centre, et la section est très nette. Un ressort fixé sur le couteau ramène celui-ci en arrière lorsqu'on cesse d'agir sur la branche qui les manœuvre.

Les mèches étant mouchées, et cette opération doit être faite avec beaucoup de soin, car la moindre inégalité fait fumer la lampe ou empêche d'élever la mèche à une hauteur suffisante pour donner le maximum d^effet, on essuie avec soin toutes les parties de la lampe, et l'on s'assure que les trous de la lame percée sont tous libres.

Il est indispensable enfin d'allumer la lampe à l'avance, et de la laisser brûler à très petite flamme pendant dix minutes. Le corps de la lampe s'échauffe alors progressivement et le tirage s'établit régulièrement, puis on lève graduellement les mèches, et l'on obtient une lumière éclatante.

Dans ces diverses lampes l'intensité lumineuse est considérable, surtout dans celles à cinq mèches, car ici la quantité de pétrole vaporisée en même temps est énorme. Aussi les lampes à mèches multiples sont-elles employées avec succès pour l'éclairage des appareils à

projections; mais elles ont un défaut capital pour les agrandissements : c'est de présenter une série de bandes verticales t)bscures, produites par l'écartement des mèches. Lorsqu'on veut faire usage de ce mode d'éclairage pour les agrandissements, il faut employer une lampe modifiée pour parer à ce défaut. Dans cellesci les deux mèches centrales sont inclinées en forme de W de façon, à empêcher la production de ces raies obscures.

Toutes les lampes à mèches multiples ont besoin, pour donner des résultats convenables, d'être fabriquées avec le plus grand soin; si toutes les pièces ne s'emboîtent pas exactement, il se produit des appels d'air irréguliers, la flamme n'éclaire pas, la lampe fume, et les verres cassent avec une facilité désespérante, même les verres trempés dits incassables.

Il sera donc toujours prudent de vérifier avec soin toutes les parties d'une lampe à mèches multiples et de ne s'adresser, pour leur achat, qu'à des fabricants de réputation assurée.

Lampes à bec rond. — Les lampes à mèche ronde donnent moins de lumière que les précédentes, mais elles sont de beaucoup préférables pour les agrandissements. Avec elles il est possible d'obtenir un champ d'éclairage très uniforme et sans zones obscures ; enfin leur réglage est beaucoup plus facile, et l'on évite, sans la moindre difficulté, l'odeur et la fumée.

Mais toutes les lampes à mèche ronde ne sont pas également bonnes; les meilleures sont celles à verre

cylindrique sans étranglement. Cet étranglement, lorsqu'il se trouve devant la partie lumineuse de la flamme, produirait une zone obscure transversale.

Si l'on était cependant obligé de faire usage d'une de ces lampes dites à bec prussien, il faudrait abaisser la lampe de telle sorte que la portion de flamme supérieure à cet étranglement fût seule utilisée.

En usant de pétrole camphré, on peut aisément obtenir de ces lampes une flamme très allongée, très

Fig. 43.

blanche, et qui ne fume pas. Mais il est essentiel de remplir complètement le réservoir; et celui-ci doit être très rapproché de la mèche. Avec du pétrole impur, la flamme devient rougeâtre, et l'on no peut l'allonger sans que la lampe fume

Le modèle anglais de la Compagnie Silbert, qui se trouve dans l'appareil de M. Molteni {fîg. 43), est muni d'un verre droit, sans étranglement, et il donne des résultats parfaits. Seulement l'intensité lumineuse de ce modèle est peu considérable et presque insuffisante lorsqu'on veut obtenir une amplification considérable, car les temps de pose deviennent alors extrêmement longs.

Le bec autrichien de Sonnenbrunner donne un éclairage plus puissant, surtout si l'on emploie le calibre de 34™". Dans ce système, une lame métallique ronde, une sorte de tête de clou, est interposée au milieu de la flamme et détermine un tirage puissant; en ce point, le cylindre lumineux se renfle et donne une boule de feu du plus vif éclat et d'une très grande blancheur

De tous les systèmes que nous avons été à même d'essayer, c'est certainement celui qui nous a donné les meilleurs résultats.

Réflecteurs. — Les différents modèles d'appareils à agrandissement qui sont éclairés par une lampe à pétrole, portent en arrière du foyer lumineux un réflecteur concave chargé de ramener les rayons qui iraient se perdre en arrière. Nous avons déjà vu que certaines lampes à mèches multiples portaient ce réflecteur.

Les appareils à lampe à mèche ronde sont aussi munis d'un réflecteur, et celui-ci est souvent en verre argenté; c'est là effectivement le meilleur mode d'emploi du réflecteur.

Mais il est indispensable que celui-ci soit d'une

courbure calculée et en rapport avec le foyer des lentilles éclairantes; il doit avoir le même diamètre que ces lentilles. Il arrive au contraire, très souvent, que le réflecteur est plus petit que ce diamètre, que sa courbure n'est pas suffisante, et alors il est plus nuisible qu'utile.

Nous engageons donc à n'user de réflecteur qu'avec les lampes à mèches plates, et à le supprimer totalement dans les lampes à mèches rondes; inous le remplaçons dans ce cas par une surface noire mate, soit vernis au noir de fumée, soit en papier velours noir.

De tous ces éclairages, le meilleur est sans contredit celui de Drummond, chaux et gaz hydrogène et oxygène; le foyer de lumière est alors réduit à un point, ce qui est la condition la plus parfaite pour un éclairage égal, et pour la netteté des épreuves. Dans ce cas, en effet, les lentilles ne sont traversées que par des rayons émis dans une seule direction; au contraire, avec les foyers lumineux à large surface, les rayons qui traversent les lentilles sont en séries multiples ; de là un trouble profond dans la marche de l'appareil, et une difficulté extrême de mise au point lorsqu'on fait usage d'un cliché un peu grand.

Les lampes à pétrole, à bec rond, viennent après, et elles sont ordinairement suffisantes, à la condition de ne pas chercher à obtenir avec elles des grossissements considérables et en n'employant que des clichés à petite surface, 8 x 9 et 9 x 12 au maximum. Ceci est surtout applicable aux agrandissements de paysages;

DES MÉTHODES D^AGB ANDI SSEMB NT. 93

lorsque, au contraire, il s'agit de portraits, les difficultés sont bien moindres, car il suffit que la tête soit bien nette. Les fonds, les accessoires peuvent, sans le moindre inconvénient, subir quelque déformation, quelque diminution de netteté. Avec les fonds blancs, tous les inconvénients disparaissent.

A titre de renseignements, voici quelques chiffres qui indiqueront quelle est l'intensité relative de quelques éclairages, la bougie de l'Étoile étant prise pour unité de lumière :

Lampe à pétrole à 3 mèches 18

Lampe à pétrole à 4 mèches 20

Lampe à pétrole à 5 mèches 25

Lumière oxycalcique (alcool oxygène) 150 à 200

Lumière oxy hydrique 300 à 500

Lumière électrique (40 Bunsen) 600 à 700

Lumière électrique (machine) 1000 à 2000

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