MISE AU POINT
On introduit alors dans la coulisse le cliché à agrandir, en le plaçant dans un châssis en bois à rainure, en ayant soin de placer la couche qui porte l'image du côté •qui regarde l'écran.
On avance ou l'on recule l'écran ou la lanterne jusqu'à ce qu'on ait obtenu la grandeur voulue., et Ton procède à la mise au point en faisant avancer ou reculer l'objectif.
Cette opération de la mise au point, qui paraît tout d'abord très facile, est au contraire très embarrassante quelquefois, et Ton est tout étonné de voir qu'on peut faire avancer ou reculer Tobjectif de quantité assez notable sans arriver à se rendre un compte bien exact du point vrai où le maximum de netteté est obtenu. Cela tient la plupart du temps à ce que les lignes du cliché manquent de précision et sont un peu floues, dans les portraits surtout. 11 faut alors substituer au cliché un réseau ainsi fait : sur un verre de la dimension du cliché on étend un morceau de gaze de sole noire très fine que Ton maintient bien appliquée contre le verre en la collant sur les bords et en bordant de papier verre et gaze. Sur ce réseau, très facile à mettre au point à cause de sa netteté et de sa finesse, on trouvera rapidement le point où l'objectif doit être arrêté.
Ce réseau permettra également de vérifier le parallélisme de l'écran et de la lanterne : si un côté est moins net que l'autre, c'est que l'écran est oblique; après quelques tâtonnements, on trouve à mettre l'écran dans la direction voulue.
Le réseau permet encore de reconnaître les qualités ou les défauts de l'appareil; si l'objectif est bon, toute la surface sera également nette; s'il est défectueux, le centre sera net et les bords flous. Si Toii veut ramener la netteté des bords, le centre devient flou ; le meilleur objectif sera celui qui donnera le champ de netteté le plus étendu.
En général, il faut chercher une position moyenne où toutes les parties de l'image ont une netteté suffisante
Pour bien des opérations, il se rencontre à ce moment une difficulté toute particulière pour les portraits ; et l'on se demande quelles doivent être les proportions à donner, et la place que doit occuper la tête.
Voici, d'après M. Klary, les règles à suivre à ce sujet :
La grandeur moyenne de la figure d'un homme, du bas du menton à la racine des cheveux, est de 20<='^; celle d'une femme de 18*^", celle d'un enfant de 13^"» à -15cm environ.
8i Ton doit obtenir des portraits de grandeur naturelle en simples vignettes, ils exigeront des épreuves de la dimension de 50*^"» sur 60*^™ ou plus grandes, à partir de la tête d'un adulte, et de 45«™ sur 55«"», ou de 40«" sur 50<^°» pour la tête d'un enfant.
Lorsque, dans un agrandissement, au lieu de représenter la tête seulement, on désire avoir le personnage complet, voici une règle simple et facile, qu'on pourra suivre, pour déterminer immédiatement la grandeur de la feuille de papier nécessaire.
Mesurez exactement avec un compas la longueur du visage de la petite photographie originale, tirée directement sur le cliché, et assurez-vous combien de fois cette longueur est comprise dans le reste de l'image ; convertissez le résultat obtenu en centimètres.
Citons un exemple : supposons que le sujet que nous avons à agrandir soit un portrait carte de visite, représentant un enfant assis sur une chaise, et que toute la photographie doive être complètement comprise dans Tagrandissement.
Mesurons d'abord la longueur du visage, du bas du
mentonà la racine des cheveux. Ceci nous donne 1<*™,25. Déterminons ensuite combien de fois cette mesure est comprise dans le reste de la petite épreuve : opération qui se fait rapidement au compas : nous trouverons en général qu'elle y est contenue quatre fois. .11 est généralement admis, en outre, que la partie des cheveux visible au sommet de la tête est équivalente au cinquième de la longueur totale de la tête.
Nous supposons qu'on nous demande la reproduction agrandie de Tenfant en donnant à la tête une longueur de 10*="^.
Nous constaterons que le restant du modèle aura quatre fois cette dimension, c'est-à-dire 40<=«>, et les cheveux au sommet de la tête 2<^™,5. Le total de ces mesures nous donne déjà une longueur de 52«™,5.
On doit laisser au-dessus du personnage une marge qui ne peut être moindre que la longueur du visage. La marge du bas doit être au moins moitié de la marge du haut. Ces dimensions ne pourraient être diminuées sans nuire à l'harmonie de l'épreuve.
En conséquence nous obtenons :
irm
Pour la figure 10'
Pour le reste du corps 40
Pour les cheveux 2 ,5
Pour la marge supérieure 10
Pour la marge inférieure 5
Ce qui donne un total de 67'="', 3
En considérant les proportions de la longueur et de la largeur d'une photographie carte de visite, nous de-
T. —Il» Partie. 10
liO CHAPITRE I.
vons conclure qu'une feuille de papier de 55*=™ sur 67««,5 est nécessaire pour cet agrandissement.
La mise au point étant effectuée, on masque l'objectif en plaçant en avant des lentilles un verre jaune ou rouge, et l'on met en place le papier sensible. Par ce moyen, on voit toujours l'image sur l'écran; elle est floue et peu visible avec le verre jaune, mais on ne commet pas d'erreur dans la mise en place du papier.
La feuille de papier étant choisie, on examine avec soin quel est l'endroit ou l'envers, et il est facile de se tromper en opérant dans l'obscurité ; le côté sensible se reconnaît cependant assez aisément en le touchant avec le doigt mouillé ; celui-ci colle du côté sensible, grâce à la gélatine qu'il porte.
On fixe le papier soit avec des punaises, ce qui est le moyen le plus simple, soit en le tendant dans un châssis extenseur. Mais nous préférons, pour notre compte, tremper le papier dans l'eau, et le mettre ainsi mouillé sur une grande glace préalablement fixée sur la planchette du chevalet. Il faut, dans ce cas, avoir le soin de marquer l'envers du papier avec une croix au crayon parce que, une fois mouillé, il est absolument impossible de distinguer l'endroit de l'envers.
On enlève alors le verre jaune, et l'on fait poser le temps voulu. Pendant cette opération de la pose, il est très important de ne pas marcher autour de l'appareil, car on doublerait certainement les lignes de l'épreuve.
Il est bien difficile d'indiquer le temps de pose ; il peut varier de quelques secondes à plusieurs minutes, suivant l'intensité du cliché, suivant le mode d*éclai-
rage employé et suivant le grossissement. Quelques essais préalables donneront toutes les indications suffisantes.
Lorsqu'on opère sur des feuilles de très grandes dimensions, on doit toujours faire quelques essais préalables en usant de morceaux de papier de même fabrication et de petites dimensions ; si Ton a à faire un portrait, on coupe un morceau de la grandeur de la tête et l'on cherche par tâtonnements le temps de pose exact.