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Traité pratique des agrandissements photographiques

L'importance que prennent tous les jours les applications photographiques a donné une impulsion nouvelle aux travaux des chercheurs, et l’Exposition de 1889 a démontré que la Photographie était devenue l’auxiliaire indispensable de la Science, des Arts et de l’Industrie. * Appareils et procédés ont reçu les perfectionnements les plus complets, mais le caractère qui semble les résumer tous est celui-ci : simplification et certitude des procédés.

A côté des services rendus par la Photographie aux Arts, à la Science, à l’Industrie, il est bon de signaler l’accueil, de jour en jour plus favorable, qu’elle trouve chez d’innombrables amateurs, auxquels elle sert, pour ainsi dire, à illustrer quotidiennement les événements de la vie. C’est pour eux surtout [que la simplification et la certitude des procédés sont d’un grand secours ;

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c'est à ces deux qualités que la Photographie doit de compter de si nombreux adeptes.

C’est aussi ce qui a fait le succès des petits appareils à main, faciles à transporter, qui permettent à l’opérateur de se passer du pied, grâce à la rapidité des couches sensibles que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce.

Malheureusement, les épreuves obtenues à l’aide de ces petits appareils sont de dimensions bien restreintes.

Les agrandir, et d’un cliché de 6cm ou 8cm obtenir une image de 20cm ou 30cm de côté : tel est le desideratum que l’on entend formuler de toutes parts.

Le problème est cependant facile à résoudre, il l’est même depuis longtemps ; mais les méthodes anciennes étaient longues et difficiles ; aujourd’hui, grâce aux nouveaux procédés, rien n’est plus aisé, n’est plus rapidement exécuté que la transformation d’un petit cliché en une grande épreuve positive.

L’amateur n’est pas le seul, d’ailleurs, auquel cette méthode soit utile; les artistes, qu’ils l’avouent ou non, demandent aujourd’hui aux agrandissements photographiques des esquisses de portraits ou de tableaux de genre qui leur sont extrêmement utiles. Et souvent ils fixent, grâce à la Photographie^des impressions fugitives que leur crayon n’aurait pu saisir et, en tout cas, gagnent ainsi un temps précieux.

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Au point cle vue photographique, les grandes épreuves ont encore une supériorité artistique incontestable : elles donnent mieux que les petites une idée vraie des sujets qu’elles représentent; c’est ainsi que, malgré leur manque de finesse, les grands clichés sur papier ciré d’autrefois donnaient des résultats infiniment supérieurs, pour les artistes, à ceux des minuscules épreuves d’aujourd’hui.

Celles-ci sont merveilleuses, il est vrai, sous le rapport de la finesse des détails, mais, je le répète, elles sont trop souvent incomplètes au point de vue de l'art.

Malheureusement, le matériel que nécessitent ces grands clichés 40 x 50 et même 30 x 40 est d’un poids considérable, et le transport de ces immenses chambres noires, souvent bien difficile, toujours coûteux, devient parfois impossible, en montagne par exemple.

Si donc il y a lieu de revenir aux grandes épreuves, il faut absolument trouver un mode opératoire qui modifie le matériel à transporter, de telle sorte qu’il soit toujours possible d’obtenir un cliché, quelque grandes que puissent être les dificultés d’accès de la station.

Il y a déjà longtemps, Bertsch a proposé de faire sur place, au collodion humide, de petits clichés, et il avait combiné un matériel ingénieux, peu embarrassant et relativement léger, qui permettait de faire toutes les opérations de sensibilisation et de développement en pleine lumière; les petits clichés ainsi obtenus étaient

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ensuite placés dans une sorte de microscope solaire, spécialement combiné à cet effet, et, par projection, on obtenait des épreuves de grandes dimensions. Les essais tentés alors ne donnèrent pas les résultats que l’on espérait. Les clichés laissaient encore à désirer, en raison du peu d’étendue de l’angle embrassé par l’objectif, et les méthodes opératoires sur papier ioduré, le seul assez sensible pour permettre ce procédé, ne donnaient que des positifs froids ou sans finesse.

Plus tard, un Américain, Woodward, obtint avec sa chambre solaire des résultats bien supérieurs à ceux de Bertsch; ses portraits agrandis ne laissaient rien à désirer, surtout quand l’opérateur faisait usage de l’appareil modifié par le Dr Monckhoven. A côté des avantages de cette méthode, il convient d’ajouter que le matériel était coûteux, encombrant, que chaque épreuve demandait souvent plus d’une heure de pose, et que le soleil était absolument indispensable à la réussite des épreuves; aussi les agrandissements ne se faisaient guère que dans l’atelier du photographe portraitiste.

Aujourd’hui, cette question a été remise à l’étude : les perfectionnements importants apportés par les opticiens à la construction des objectifs permettent d’obtenir des clichés infiniment supérieurs à ceux d’autrefois.

D’autre part, l’exquise sensibilité des couches de gélatinobromure a rendu facile et rapide l’obtention des grands positifs, la lumière directe du soleil n’est

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plus nécessaire : une simple lanterne au pétrole permet de faire les agrandissements de grandeur moyenne; la lumière oxyhydrique, le soleil ou la lumière électrique n’étant plus nécessaires que lorsqu’il s’agit de produire des panneaux de lm et 2m de haut.

Le moment nous semble donc venu de réunir en un seul Ouvrage, de codifier, pour ainsi dire, toutes les données acquises à ce sujet, dans l’espérance que ce travail fera entrer définitivement dans la pratique les agrandissements photographiques.

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