MANIPULATIONS
chirurgien incline en bas la partie supérieure du tronc, de façon à presser fortement au niveau de la partie saillante des côtes, suivant le diamètre allongé du thorax.
9. — Le sujet étant dans le décubitus latéral, dans la position de la figure 1 62, le chirurgien exerce des pressions au niveau de la gibbosité, en soulevant le sujet et en le plaçant en position de suspension latérale.
Fi-. 161.
10. — Le sujet étant étendu sur une table, ou le bassin affleurant le bord de la table, le tronc suspendu dans l'espace dans la position de la ligure 146, un aide immobilise le bassin et les membres inférieurs, un autre aide exerce une forte traction sur les bras, donnant au tronc une légère inclinaison à droite, pendant que le chirurgien exerce des pressions, au niveau de la gibbosité avec les mains ou le genou, suivant la direction indiquée.
11. — Le chirurgien agit par le poids de son corps pendant les manœuvres de redressement. Le sujet, dans la position précédente, saisit à sa partie moyenne le tronc du chirurgien qui exerce des pressions, suivant les indications de l'exercice 10.
12. — Le sujet pendant les manipulations est placé dans la position de la figure 218 (Voy. Redressement forcé, p. 416).
Dans le cas de scoliose lombaire, on recommandera des exercices analogues, mais les pressions, au lieu d'être faites au niveau de la gibbosité, seront exercées au niveau du sommet de la convexité lombaire.
Nous prescrivons souvent aussi les exercices suivants [scoliose lombaire à convexité gauche) :
13. Le sujet dans la position de la figure 160, le chirurgien exerce avec ses deux mains ou avec son genou, une forte pression
au niveau du sommet de la convexité de la courbure lombaire, pendant que le tronc du sujet est légèrement incliné à gauche. Le chirurgien peut encore se placer au côté droit du sujet et exercer avec ses deux mains, au niveau de la convexité gauche de fortes pressions qui redressent la courbure lombaire.
44. — Le tronc du sujet étant exactement fixé par ses bras enroulés autour de la table, ou par une courroie, le chirurgien saisit avec sa main droite, les membres inférieurs et les attire horizontalement de côté, tandis qu'il presse fortement, avec son poing gauche fermé, au niveau du sommet de la convexité lombaire.
La plupart des exercices précédents conviennent aux cas de scolioses totales (scolioses en C).
Dans les scolioses à plusieurs courbures, les manipulations de
redressement doivent être combinées de façon à ce que les pressions au niveau de la courbure primitive ne produisent pas l'augmentation des courbures secondaires.
Dans la scoliose dorso-lombaire, pendant que des pressions sont faites au niveau de la courbure dorsale principale, des contre-pressions sont exercées au niveau de la courbure lombaire. Une main du chirurgien presse au niveau de la courbure principale, l'autre main presse aussi, d'une façon égale, au niveau de la courbure secondaire.
Nous préférons, en général, placer le sujet, pendant les manipulations, dans la position couchée à plat ventre ou dans le décubitus latéral. Ces positions permettent d'obtenir plus de fixité du sujet et de répéter les manipulations pendant un certain temps, sans fatiguer les malades. Les positions suivantes sont cependant souvent utiles :
lo. — Le sujet dans la station verticale, les deux mains derrière la nuque, le membre inférieur, du côté de la concavité, faisant un pas en avant, le chirurgien, placé derrière, exerce des manipulations, en fléchissant latéralement et en arrière le tronc du scoliotique, du côté de la convexité.
La partie latérale du bassin du sujet, du côté de la convexité, est avantageusement appliquée contre le rouleau d'un appareil de Yolm.
16. — Le sujet est placé dans la position de l'exercice précédent, la gibbosité ou le sommet de la convexité appuyant sur le rouleau de l'appareil de Volm.
17. — Le sujet, dans la station verticale, entre les genoux du chirurgien auquel il tourne le dos, celui-ci immobilise le bassin du sujet, par la pression de ses genoux, et l'épaule droite avec sa main gauche placée en travers sur la poitrine [scoliose dorsale à convexité droite). Avec sa main droite, il exerce des pressions au niveau de la gibbosité (Forgue).
18. — Le chirurgien incline latéralement, du côté de la convexité de la courbure, le sujet placé dans la position de l'exercice 17, jusqu'à ce que la gibbosité appuie sur sa cuisse. Appliquant une main sur le bassin, l'autre sur l'épaule, du côté de la concavité, il exerce de fortes pressions au niveau de la gibbosité et de la convexité de l'arc vertébral (Forgue).
19. — Le sujet, d'abord dans la station verticale, les pieds réunis, s'incline ensuite en avant, le dos légèrement voûté, et saisit une barre transversale fixe. Dans cette position, les courbures rachidiennes et les saillies costales sont très apparentes et les diverses manipulations, pratiquées d'après les règles habituelles, sont très efficaces.
Le chirurgien peut exercer avec une main, une résistance au niveau de la hanche, ou appliquer une de ses jambes contre la jambe du sujet, du côté correspondant à la convexité.
20. — Le sujet est dans la position assise, à califourchon sur une table ou sur un banc, les genoux et les jambes bien fixés, la main du côté de la concavité derrière la nuque, la main du côté opposé sur la hanche.
Le chirurgien, étant placé derrière, fléchit latéralement et en arrière le tronc du sujet, du côté de la convexité, pendant qu'il presse fortement au niveau de la convexité de la courbure ou de la gibbosité,
21. — Le sujet assis sur le bord d'un tabouret, le chirurgien, placé devant lui, presse avec une de ses mains au niveau de la gibbosité ou au sommet de la convexité de la courbure, en tirant sur les bras du sujet du côté de la concavité, et en entraînant le tronc de ce côté.
22. — Pendant les manipulations, le sujet est en suspension, le dos appuyé contre les barreaux d'une échelle.
Il saisit, avec ses mains, une barre de l'échelle inclinée, à peu près à la hauteur de la tête du chirurgien, d'abord en suspension verticale, il se place ensuite dans Imposition arquée, en mettant les pieds sur un échelon correspondant à la racine des membres inférieurs, les bras tendus et les membres inférieurs raidis en forme d'arc; le chirurgien, placé derrière, fait les manipulations de redressement. Un aide, placé devant, immobilise le bassin.
Après relâchement, le sujet reprend la position arquée, et ainsi de suite, deux ou trois fois.
Les manipulations dans la position arquée agissent surtout sur les déformations costales.
23. Le sujet étant en suspension, se tient par une courroie à poignées le long d'un espalier double, la convexité de la courbure dirigée du côté de l'engin de gymnastique.
Le chirurgien, à côté de lui, en avant ou en arrière, presse obliquement sur la gibbosité, pendant que le poids du corps redresse les courbures.
24. — Nous pratiquons souvent les manipulations de redressement, le sujet étant en suspension verticale obtenue par l'appareil de L.-A. Sayre.
De même que dans l'exercice précédent, cette position permet de pratiquer les manipulations, pendant que les courbures scoliotiques sont redressées parle poids du corps du sujet.
25. — Le sujet est placé dans le décubitus abdominal, sur les genoux du chirurgien, qui est assis. Les manipulations sont exercées au niveau de la gibbosité et du sommet de la convexité de la courbure.
26. — Le chirurgien, dans la position de l'exercice précédent, une main placée au-dessous de l'aisselle du sujet, du côté de la concavité, l'autre main au niveau du bassin, exerce des pressions avec son genou, au niveau de la gibbosité.
Les manipulations dans les positions indiquées dans les exercices 25 et 26, ne peuvent être exécutées commodément que chez de jeunes sujets de faible poids.
Elles nous ont donné d'excellents résultats dans le traitement des scolioses rachitiques des jeunes sujets.
Dans le cas particulier de scoliose cervicale ou dorso-cervicale, ou cervicale supérieure, les manipulations sont pratiquées dans la position verticale ou assise du sujet, d'après les principes adoptés pour les autres variétés de déviations.
Les manipulations, pratiquées avec prudence et suivant des règles précises, constituent une méthode d'une très grande valeur.
Elles ont une efficacité toute particulière, lorsqu'il s'agit d'obtenir la mobilisation et l'assouplissement du rachis scoliotique, ainsi que la correction des déformations thoraciques.
Employées seules, elles sont impuissantes à procurer la cure de la difformité, car elles ne donnent que des redressements et des corrections temporaires ; elles doivent, en général, être combinées avec d'autres moyens thérapeutiques. - Elles sont surtout utiles comme préparation à l'application
d'autres méthodes de traitement, particulièrement au traitement par l'immobilisation en bonne position, sous des appareils rigides»
IVr. — Massage.
Le massage est un utile adjuvant des principales méthodes de traitement des scolioses.
Employé seul, il ne convient que très rarement, il est surtout efficace dans les formes de scolioses au début qui sont sous la dépendance de l'asthénie musculaire.
Il doit être principalement recommandé dans les scolioses avec atrophies, rétractions, contractures douloureuses musculaires, après les traitements qui ont immobilisé le rachis et atrophié les muscles thoraciques et vertébraux.
Dans notre pratique, nous pratiquons le massage suivant la technique suivante : frictions rapides et énergiques de bas en haut, de chaque côté des gouttières vertébrales, en évitant les saillies osseuses de la région.
Nous faisons des frictions plus énergiques du côté de la convexité de la courbure.
Nous massons aussi, pendant quelques minutes, les muscles latéraux du dos (grand dorsal, trapèze, grand dentelé, muscles de l'omoplate, etc.), en insistant, suivant les cas, sur les muscles du cou, du dos ou de la région lombaire.
Puis, pendant cinq à dix minutes, nous exécutons une percussion et un tapotement, d'abord léger, puis assez fort, avec le bord cubital de la main, dans les régions indiquées plus haut, agissant surtout sur les muscles qui nous paraissent particulièrement affaiblis.
Nous recommandons, dans quelques cas, le massage de la poitrine, des muscles de la partie antérieure du thorax, en faisant exécuter au sujet, par des pressions alternatives sur le ventre et la poitrine, des mouvements d'inspiration et d'expiration.