‹ Traité pratique des déviations de la colonne vertébraleChapitre 52 sur 57 · OPERATIONS CHIRURGICALES · texte numérisé non relu

OPERATIONS CHIRURGICALES

R. Volkmann a pratiqué, en 1889, dans deux cas, et avec d'assez bons résultats, la résection sous-périostée de la partie des côtes déformées qui constituaient la gibbosité postérieure.

Casse (de Middelkerke) a pratiqué, en 1894, dans un cas de scoliose rachi tique, avec gibbosité très prononcée, chez un jeune enfant de cinq ans, la résection sous-périostée de la partie des côtes (5e, 6e, 7e et 8°) qui constituaient la bosse.

Afin d'empêcher le renversement des côtes du côté du poumon et de la plèvre, et la blessure de ces organes, il fît la suture des deux fragments de la 6e côte qui avaient été sectionnés et rendus libres à la suite de la résection.

La forme de la poitrine et de la gibbosité fut très améliorée.

A. Hoffa a exécuté, en 1895, la môme opération sur un jeune garçon de dix ans atteint de forte scoliose dorsale à convexité gauche avec gibbosité postérieure angulaire très saillante. Les 3e, 4e, 5e, 6°, 7e, 8° et 9B côtes furent réséquées par la méthode sous-périostée, dans l'étendue correspondant à la gibbosité.

La bosse diminua considérablement de volume, la taille augmenta de 10 centimètres, la déviation latérale du rachis fut en partie corrigée. L'action sur le rachis, dans ce cas, n'est certainement pas la conséquence de l'opération, mais le résultat du traitement mécanique consécutif qui fut continué pendant plusieurs années.

Jaboulay préfère à la résection sous-périostée des côtes, la section de plusieurs cartilages costaux (desteniaiisation). D'après cet auteur, la section des cartilages, du 3e au 7e, doit être faite au bistouri, bien en dehors de l'artère mammaire interne, isolément pour chaque cartilage et par des incisions différentes aussitôt suturées. Cette opération aurait pour résultat d'arrondir le thorax, de relever le rachis et de faire disparaître la convexité du côté opéré.

Nous ne pensons pas que la résection des côtes, Y ostéotomie linéaire des côtes du côté concave (A. Hoffa) ou même la desternalisation, puissent avoir une action sur le rachis et favoriser son redressement.

La résection des gibbosités, qui ne peut avoir aucune action sur la déviation latérale, mais qui permet de supprimer la saillie

disgracieuse des côtes, doit être considérée, à notre avis, comme un traitement absolument exceptionnel. L'opération

n'est pas sans danger et ne donne que de très minimes résultats.

La fixation apophysaîre, soit à l'aide de fils d'argent enroulés en huit autour des apophyses, soit à l'aide de griffes spéciales (fîg. 231), proposée par Hadra et A. Chipault, est un moyen d'exception qu'il ne faut employer que si la contention par l'appareil plâtré ne donne pas le résultat cherché.

Page 1