II. Traltrnieiit hygiénique
Nous avons vu de combien d’illusions on s’est bercé dans le traitement curatif du cancer de la matrice. Aussi reconnaissons-nous au traitement palliatif seul la faculté de faire quelque bien aux ma-
lades, et ici nous plaçons en première ligne le traitemeni hygiénique.
L.a nourriture de ces malades doit être choisie avec beaucoup de soin et doit différer naturellement selon les périodes et les complications de la maladie. Il faut conseiller un régime substantiel , une alimentation douce , dépourvue de tout principe excitant , et avant tout éviter toute exagération, comme l’usage exclusif du laitage, le régime purement végétal ou essentiellement composé d'une nourriture animalrsée. Un régime mixte est évidemment celui qui convient le mieux : le lait , les potages au bouillon et aux fécules , les viandes blanches de préférence aux viandes noires, qui cependant ne doivent nullement etre proscrites ; du poisson de bonne qualité , des légumes verts ou des racines , les pommes de terre et les farineux en général les œufs sous diverses formes , les fruits crus ou cuits bien mûrs ■ pour boisson , de l’eau rougie avec du vin de Bordeaux , ou celui-c’i coupe avec de l’eau de Seltz , tels sont les aliments parmi lesquels on peut choisir, selon les habitudes et les dispositions particulières des malades. Il faut proscrire, en général , les boissons excitantes tel es que le vin pur, les vins généreux, les liqueurs, le thé et lé calé ; de plus , tout aliment trop épicé , trop gras , et tout ce que les malades, par expérience, savent être pour elles d’une digestion difficile. 11 faut que les repas soient assez distancés et pas trop copieuxil est bon que le praticien se rappelle toujours que l’alimentation ,’ dans cette maladie, doit donner à l’économie les forces que nécessite une lutte prolongée contre une maladie incurable; qu’il faut éviter
l^s?" iT'î^ congestions et à des inflammations
ocales. 11 faut diminuer la quantité des aliments et donner toutes
, les boissons refroidies ou même à la glace , pendant le moment des perles et lorsqu une digestion laborieuse ou des nausées annoncent un commencement d’altération de la muqueuse gastrique ■ car' à mesure que le tube digestif devient malade , le nombre des alimenté supportés devient plus reslreiiit et se borne souvent, à la lin, aux potages aux fecules, au bouillon , à l’eau de Seltz. Il faut toujours
288 CANCER DES ORGANES DK LA (iÉNÉKATION,
avoir on vue pendant toute la maladie, et dès le début, la possibilité de ces airections gastro-intestinales, et surveilliT avec un soin extrême l’alimentation, la digestion et l’état des garde-robes. Du reste, nous reviendrons plus loin encore sur ce point important.
Il ne suflit pas de mettre les malades à un régime convenable , il faut encore s’occuper des soins de propreté , de la manière de se coucher, et régler, en un mot, tout leur genre de vie. 11 ne faut pas les condamner au repos absolu tant que l’état des forces est passable, et les engager seulement à garder la position horizontale pendant les pertes. Il faut alors que les malades ne restent au lit que pendant la nuit et qu’ elles ne soient pas trop couvertes ; elles passeront la journée sur un canapé un peu dur avec un traversin sous le siège pour donner au bassin et à la matrice une position déclive d’avant en arrière. Ces mêmes précautions doivent être observées lorsque plus tard des douleurs, la faiblesse ou des pertes continues, condamnent les malades au repos absolu. Il faut leur procurer, autant que cela se peut , des distractions et de la gaieté , et tant qu’elles peuvent marcher , des promenades peu prolongées à pied , en voiture ou en bateau doivent faire partie de l’hygiène.
La propreté des organes malades réclame un soin tout particulier, et au moyen de bains tièdes et d’injections adoucissantes, ces der- i nières surtout faites dans le bain, on évitera la stagnation des ma- | tières de l’écoulement vaginal. Quant aux injections désinfectantes, nous en parlerons plus loin.
Les bains, qui ne doivent être pris qu’en dehors des pertes, ne t seront pas trop prolongés, pas au delà d’une demi-heure à trois quarts f d’heure, tièdes, tout au plus de 32 à 33 degrés centigrades. Il faut l enfin interdire de bonne heure les approches sexuelles qui, du reste, par la suite, s’interdisent d’elles-mêmes par les douleurs et le sai- ■ gnement qu’elles provoquent, et par le dégoût qu’inspirent les rava- \ ges de la maladie. On est quelquefois consulté par les maris sur la i question de savoir si les approches sexuelles peuvent avoir des in- i convénients pour eux. Cela n’est guère le cas au commencement ; mais , plus tard, l’état ulcéreux du cancer pourra fort bien donner lieu à un écoulement urétral chez l’homme. Le médecin pourra, de I
plus, s’en prévaloir pour interdire avec plus d'autorité encore les I
rapports conjugaux.
Il est enfin un dernier point tout spécial d’hygiène qui doit un | instant fixer notre attention , c’est l’allaitement. L’auteur auquel
nous devons, sans contredit, la meilleure monographie sur le cancer
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utérin, ïéallier |1) regarde l’allaitement comme un puissant agent de révulsion. Tout en conseillant aux lemmes atteintes de cancer utérin de ne point s’exposer à devenir enceintes, il a cependant observé que chez une femme qui avait accouché à terme , malgré un cancer confirmé de l’utérus , l’alfection locale parut complètement station- I naire, pendant quinze mois qu’elle allaita, effet heureux qu il attribue aussi en partie à l’absence des règles pendant tout ce temps, i On admet généralement que celles-ci produisent , par la congestion 1 périodique qu’elles provoquent dans la matrice, un effet fâcheux sur ; ces maladies organiques (ce qui du reste n’est pas prouvé). Si, d un . côté, il est bon de tenir compte de ce fait , il ne faut pas cependant , lui attribuer une trop grande valeur ; d’abord parce qu’il est isolé, et ensuite parce qu’on observe des cas de cancer de l’utérus , à i marche lente, dans lesquels le mal local paraît stationnaire pendant un laps de temps plus ou moins prolongé.