‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 113 sur 143 · V.NTOZOAIRES A l'iNTÉUIIÎUR DE l'oUGANIÎ I)E LA VISION · texte numérisé non relu

V.NTOZOAIRES A l'iNTÉUIIÎUR DE l'oUGANIÎ I)E LA VISION

portion du cou faisant saillie par la plaie, je la saisis avec, une petite pince, et le reste de l'hydiitide, y compris sa vésicule caudale, vint facilement. Il ne survint aucune hernie de l'iris, de sorte que la pupille conserva sa situation et sa dimension normales. On appliqua sur les paupières des deux yeux d(!S bandelettes de talTclas gomme pour empêclier tout mouvement. — 3 octobre. Lu malade se lève depuis trois jours. L'œil va parfaitement bien.

Les fragments de l'iiydatide furent soigneusement rassemblés par le professeur Allen Tliomsoii,et forment une des préparations du Musée amiloiniciue du Glasçjow Collège.

La flg. 151 montre l'aspect de la lêle et du cou un grossissement de 12 diamètres.

Obs. 637. — M Canton (l)a rapporté le cas d'un garçon, âgé d'environ 10 ans, chez qui survint une diminution graduelle de la vision d'un œil avec une hydroplillialmie de la chambre antérieure et un tel obscurcissement de la cornée, que l'iris s'en trouvait complètement dérobé à la vue. L'œil était aussi douloureux. On pratiqua une ouverture avec un couteau à cataracte à travers la partie la plus saillante de la cornée, de manière à permettre l'évacuation d'une petite portion de l'humeur aqueuse et de ce que l'on supposait être le cristallin et le corps vitré. Ces parties ayant été examinées par M. Wharlon Jones, il reconnut qu'il s'agissait d'un cyslicer- " que volumineux La plaie guérit promplement,

et l'enfant fui débarrassé de ses souffrances. — Six ou sept mois plus tard, ce garçon se présenta de nouveau au Royal Westminster Ophlhalmic Hospital, dans des circonstances qui indiquaient la nécessité d'une nouvelle ponction de l'œil. On la pratiqua, et il s'échappa une substance que quelques personnes prirent pour un second cysticerque, mais que M Canton suppose avoir été le cristallin. M. Gutbrie eut l'occasion de pratiquer une troisième fois la paracentèse de la cornée, à cause de douleurs qui existaient dans l'œil et autour de l'orbite: il s'échappa cette fois une certaine quantité d'humeur vitrée

''Tmeîaraît qu'il s'agit d'un cas dans lequel, la présence d'un cysticerque n'ayanl pas été reconnue au début, l'œil fut détruit par suite d'une innammation de la cornée et dune hydrophthalmie avant que le malade vînt réclamer les secours de l'art.

Obs 638. - Le docteur Appia, de Genève (2), a rapporté le cas d'une femme, âgée de 30 ans, qui avait un cysticercus cellulosœ logé entre les lamelles de la cornée gauche. On pouvait, à l'aide d'une loupe, apercevoir les mouvemenls fort lents de I hydatide. bile était logée dans une capsule transparente située dans la partie inférieure de la cornée et s'étendait vers le haut un peu au-dessus du bord inférieur de la pupille. Elle avai le volume d'un petit pois. Elle était si transparente qu'elle ne communiquait qu une teinte opaline à la cornée. On distinguait un point blanchâtre d'où l'animal faisait sortir son cou surmonté d'une petite tête. Avec une forte loupe, on voyait quatre ouvertures ou suco. s symétriquement disposés autour de la tète, à l'extrémité de laquelle était une double couronne de cils. On voyait la vésicule changer de forme: elle était tantôt spher.que tanto ôvàlaire, suivant que l'animal rentrait ou sortait son cou. Bien que le volume de 1 anima allât sensiblement en s'accroissant, la malade ne ressentait aucune douleur, m aucune sensation particulière, si ce n'est que le champ de la vision s'obscurcissait un peu lorsque l'animal, dans ses mouvements, venait à recouvrir la marge de la PuP"e.

Comme la malade ne pouvait, à l'œil nu, donner aucune description ' /"^^^ j^^^^^^^^^ slacle éprouvé par sa vue, le docteur Appia eut la cur.os.le cl essaye s. « « 1 ° ' cevoirdislinclemenl les mouvements de l'animal à l'aide d'une loupe. 11 plaça donc une

(I) Laiiccl, Julr22, 1848,p.9l. , {■!) Archives d'Oplilhulmologie, l. \, p.HS; l'ans,

ENTOZOAIUliS A l/lMKUlUlK 1)K l/olUiANK DV. !A VISION.

cliiiiulclle il icrre dniis l'un des coins d<i In cliiiiiibn!, et Uni uik; loric louite deviiiil I œil de la malade (lui se trouvait dans le coin opposé. Celle-ci décrivit imnié.lii.le nt les mouvements de l'hydatide, et elle |Hit dire quand par ses ascensions et ses rélraclions successives elle obscurcissait la i)n|)ille ou la laissait libre.

Il parait assez bien établi que les cysticerqiies ne sont (\m\ des formes Iransiloircs du taMiia, qui, tant qu'ils restent enkystés ou eoiifînés à rélroit, n alteii^nent point leur eomplet dévelopi)emenl. Leurs œufs ou embryons viennent de l'extérieur; mais on ne sait pas eneore eomplétemcnt eommcnt ils s'introduisent au milieu de nos parties. Ils sont excessivement petits, et comme ils peuvent être introduils dans le corps à l'aide des aliments ou des boissons, peut-être sonl-ils cbarriés à travers les vaisseaux capillaires. On sait aussi que, dans nombre de cas, les embryons des petits entozoaires traversent les tissus animaux avec une grande facilité apparente, le cercle de crochets dont leur lête est pourvue étant un organe spécialement destiné à atteindre ce but (1). [Voir, pour les cysticerques du corps vitré,

p. XXXV.]

[Le docteur Jaeger donne la description suivante (2) d'un entozoaire, découvert par lui dans le tissu de la choroïde :

Obs. 639. — Dans un œil qui avait séjourné pendant plusieurs mois dans une solution étendue d'alcool, ledocteurE. Jaeger a trouvé un verinlestinal{?) dont ledessin est ci-conlre. Il était comme enseveli dans le tissu de la choroïde, à une ligne el demie environ de l'entrée du nerf optique, du côté du nez. Enduit légèrement sur tontes ses faces par le pigment choroïdien, il était formé d'un cou fort long el fort mince, renflé à son extrémité libre en forme de trompe et ouvert de ce côté. En arrière, il se perdait en une vessie pyriforme terminée par une pointe. De l'endroit de réunion de ces deux portions, partait une espèce de tuyau se prolongeant librement dans la cavité de la vessie, d'où pendait un appendice commecaudal, du côté opposé à celui de I'entrée(lig.l5'2).

Le cou était incolore et pellucide; la vessie, par contre, légèrement brune et diaphane, portait sur ses deux faces de légères stries rayoïmées extrêmement fines , constituées par des rides et des fronces de la membrane vésiculaire, ce qui donnait à ses contours un aspect dentelé.

Le prolongement indiqué plus haut était brun foncé, Couvert de plis pressés, et s'enfonçait jusqu'au tiers de sa longueur dans la vessie.

Retiré du liquide à l'effet d'être soumis à un examen plus minutieux, et i)longé dans de l'eau pure, on vil la vessie el le prolongement lubiforme s'en inliltrer, augmenter de volume, les plis el les rides de celle vessie disparaître complètement, la M'ssie elle-même crever au bout du Irolsième jour, el le liquide s"en écouler par une déclii rure advenue près de la queue.

(1) f.onsiillc'/. TiiOMSopi , Cyclopaîdla of Aiialonir mut Physiology , Siippt., pp. 2.S , iO ; Loiidoii, 18lj2, 1854. [1/usoge (riiiii; iioiirrilurc niiiiiKilc. c.oiiitnc la viande de nioiitoii, par cxciiiplc, est uiio cause du dévi^loppi'iiiciil de ces enlo/.oaii'cs cliez riioiiinie. 1,'iiigesliun ilii rystirercits cetlutosœ est lu cause du la:uiu nalium : Kuc.iiiiPinKisTKii, l.anocl, July 28, 18.")!). p. 81 : Nelson. Monthly .loiinial of Meilieiiic, .luiii- 18!i2. (A'u/f de M. Muckenzie \]

[(2) Annales d'Oculislique, l. XXXV, p. 2(17 ]

Fig. 152.

KNTO/OAlUr.S ,V l/iNTÈUIEl K 1)K l/oRdANE UK lA VISION.

Peiidanl cette opénilion, l'élut du cou n'éprouva aucun cliangemenl; mais les autres parlics subirent les suivants (lig. ifKj); In vessie et le tu>au avaient perdu leur couleur liruiie cl étaient devenus aussi transparents que le cou lui-même. La vessie s'était distendue cl

présenlail cependant encore çà et là quelques plis dans le sens de sa longueur, et paraissait ouverte — peul-ètre était-elle déchirée — à son extrémité libre.

I,a longueur du cou était de. 0,035 dcc. linien. Celle de la vessie, de ... . 0,21^5 » La largeur de celle-ci de . . 0,17 »

Le dessin représente Tobjet à un grossissement de 70 fois. T. W.]

Une chose digne de remarque, c'est la fréquence de la présence de cyslicerques dans l'œil gauche, à l'exclusion du droit, que les entozoaires fussent logés sous la conjonctive ou à l'inlérieur de l'œil ; et la fréquence aussi de leur apparition à la suite d'une légère blessure ou d'une attaque inflammatoire.

g m. — Filaria Medinensis.

l ijr. i.ir,. Le filaria medinensis, dracjonneau ou ver

de Guinée, espèce d'entozoaire endémique dans les régions tropicales de l'Asie ou de l'Afrique, et qui se développe généralement dans le tissu cellulaire sous-cutané des extrémités inférieures, et quelquefois du scrotum, s'est parlois aussi rencontré sous la conjonctive (1).

Obs 640. - l,e docteur Loney en a rencontré deux cas, tous deux sur des sujets natifs d-Afrique, et qui vinrent le consulter se plaignant de ressentir des démangeaisons dans œil. et l s nsaUon de quelque chose qui s'y bougeait. A l'examen, ! ^Pe>^Ç" ^ voyageant circulairement autour de la cornée, sous la conjonctive, et ''«^"^ ""^^^^^^^^^ d'i ritalion, que les malades ignoraient la présence de ce corps étranger. Lexl..u^tion "en effectua sans difficulté en retranchant avec des ciseaux, au niveau e la partie centrale du ver, un petit lambeau de conjonctive soulevé avec un lenaculum. Chaque ver ainsi extrait n'avait pas plus de deux pouces de long (2).

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