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DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LÉSIONS FONCTIONNELLES

SECTION Ire.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LÉSIONS FONCTIONNELLES. — AMBLYOPIES. — ANOMALIES DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION.

68. — Les altérations de la fonction visuelle, considérées dans chaque œil pris isolément, peuvent se rapporter à trois classes principales :

1° Défaut de transparence des milieux dioptriques; 2° Amblyopies ou altérations de la sensibilité spéciale; 3° Anomalies de la réfraction et de l'accommodation. Entre ces trois classes, le diagnostic différentiel sera aisé à établir.

Un œil affecté d'affaiblissement visuel est-il atteint dans la transparence des milieux? L'éclairage latéral et l'ophthalmoscope tranchent promptement la question ; cette première hypothèse exclue, le sujet ne peut voir distinctement à aucune distance; aucune espèce de verre ne peut lui procurer de loin la vision nette ; le cas appartient à l'amblyopie (Donders).

Une autre épreuve, non moins décisive, consiste à faire viser le sujet à travers un trou d'épingle placé tout près de l'œil. Voilà l'œil réduit à l'état de chambre obscure élémentaire ; la réfraction n'y joue pour ainsi dire plus de rôle ( 1 ) ; s'il y a vision suffisamment nette, il ne saurait y avoir amblyopie et l'on est en présence d'une anomalie de la réfraction, soit statique, soit facultative.

G9. — Considéré comme instrument dioplrique, l'œil offre deux modes d'action : l'une fixe, conslante, statique en un mot, c'est la force réfringente qu'il développe à l'étal de repos, et au moyen de laquelle les images des objets éloignés sont dessinées sur l'écran rétinien; —

DIOPTMQUE PATHOLOGIQUE.

l'autre variable, facultative, dynamique, en vertu de laquelle ces images sont maintenues à la même dislance de la lentille, pendant que les objets se rapprochent. La première ne dépend que de la structure même de l'œil (RS, 48) ; la seconde est sous la dépendance d'un appareil musculaire (A, 49).

Leurs anomalies, ainsi qu'elles-mêmes, forment donc tout naturellement deux chapitres distincts.

§ I. Anomalies de la réfraction statique.

70. — On appelle état de la réfraction d'un œil, RS, la force réfringente statique dont il jouit, lors du repos absolu, du sommeil ou

de la paralysie de sa faculté d'accommodation. Cela posé, on nomme «emmétrope » ou moyen (modum teuens) , l'œil dans lequel cet

état de la réfraction correspond à la réunion exacte des rayons parallèles sur la couche des bâtonnets de là réline, pendant le repos de l'accommodation (fig. xxx).

Par contre, ou appellera amèlropie (a privatif), la déviation de cette condition. Un œil sera amétrope qui, étant au repos, concen-

trera les rayons parallèles en deçà, ou bien, au contraire, au delà de la dile couche sensible de la rétine. Si ce foyer des

r'ifc'. rayons parallè-

les est en avant de la rétine (fig. xxxi), l'œil est dit myope (ou brachymétrope). Si, au contraire, il est en arrière de la membrane sensible, on le nommera hypermétrope (fig. xxxn).

Un simple coup d'œil sur ces trois figures fait voir que si, dans l'œil emmétrope, les rayons propres à former foyer sur la rétine, pendant le repos accommodatif, doivent tomber sur la cornée à l'état de parallélisme ; pour produire, dans les mêmes conditions, le même effet dans l'œil myope, ils doivent tomber sur la cornée à l'étal de divergence, et dans l'œil hypermétrope à l'état de convergence.

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