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TUMEURS NON MALIGNES DU GLOBE DE L'OEIL

retrouve souvent la trace à l'ophthalmoscope, après que le sang s'est résorbé, sous la forme d'une cicatrice fortement pigmentée. Cesépanchements ne se remarquent en général que dans des yeux dont la circulation est profondément altérée (glaucome, scléro-choroïdite) ; on les observe parfois aussi cependant dans des yeux qui n'avaient jamais été jusque-là le siège d'aucune altération appréciable. La résorption du sang épanché peut se faire plus ou moins complètement, mais les hémorrhagies du corps vitré ne permettent jamais à celte humeur de reprendre sa transparence parfaite (1).

Les applications irritantes locales sont, dans ces cas, plus nuisibles qu'utiles. Une douce contention, exercée la nuit au moyen d'un bandage'légèrement compressif, pourra être essayée (2).

Obs. 246 (3). Je fus consulté le 9 novembre 1859, par le garde-chasse d'un noble, qui avait perdu la vue d'un œil par une hémorrhagie oculaire, survenue à la suite d'une course irop prolongée. La chambre antérieure était remplie de sang et l'on n'y apercevait plus aucune irace d'iris ni de pupille. Après deux paracentèses de la cornée, le caillot prit un aspect blanchâtre filamenteux. La douleur disparut, mais la vision ne revint pas.

Obs. 247. (4). — Un domestique de ferme me consulta, le 6 novembre -1860; la vue de son œil droit s'était brusquement supprimée, trois semaines auparavant, pendant qu'il semait du blé: il était, à celte époque affecté d'un catarrhe. L'image renversée était distincte. La pupille dilatée par l'atropine, l'ophlbalmoscope ne faisait presque plus voir de trace du refiel rouge du fond de l'œil ; on n'apercevait aucun vestige de la papille optique, mais tout le corps vitré élail rendu noir par la présence du sang épanché. La douleur avait déjà disparu. Il distinguait la lumière d'avec l'obscurité. Il rapportait que, quelques années auparavant, il lui élail arrivé quelque chose de semblable, el qu'il avait été complètement guéri ; mais il ne se rappelait plus si c'élait le même œil qui avait élé affecté celle première fois.

SECTION IV

TUMEURS NON MALIGNES DU GLOBE DE L'ŒIL. (T. II, P. "259.) (S). § II. Tumeurs non malignes de l'iris. (P. 264.)

2. Les excroissances charnues de l'iris ne sont pas rares : elles offrent quelquefois l'aspect, au début, des tumeurs condylomaleuses syphilitiques. M. Warlomont en a vu un cas où l'erreur eût élé facile (obs. 248); mais le développement progressif du produit palho-

(1) Dosders. On llie Anomalies of Accommodation and Réfraction ol'lhcEye (The New Svdenham Sociely), p. 382. Lond. 1864.

(2) Consultez : Uadeh. Opht. Ilosp. Rcp. 1857-18S9, Vol. I, p. 267. — Ljbbrbich. Observation. Arcliiv fiir Ophth. 1884-18»», 11. I, Ablh. 1, S. 346. - Von Waltiier. Obs. d'hemorrhagic tntra-ocalQire(Merkwûrdige llcilung eincs Eiterauges, p. Cl, Lnndshut, 1810), dans laquelle la vopeur d'éllicr sulfni ifjiic s'est montrée utile.

(3) Mackenzie. Inédite.

(4) loin. Id.

(5) Sur les tumeurs de l'iris, de la choroïde el de lu rétine, voyez : De Giuefe. Arch. fur pphlb. 1860, B. VII, Ablh. 2, S. 55, 40, 41

AUGMENTATIONS DU VOLUME DU GLOBE DE i/OEII..

logique, qui envahit d'abord la chambre anlérieure pour se frayer ensuite une route à l'extérieur, à travers la cornée, et l'existence de la maladie à un seul œil, serviront à prévenir l'erreur.

Ces excroissances se rencontrent d'ordinaire chez les enfants scrofuleuxet s'accompagnent le plus souvent d'adénite cervicale: M. Poland (I) croit que des dépôts tuberculeux peuvent s'opérer dans l'iris et c'est sans doute de cette nature qu'étaient ceux que nous avons observés. Ils se ramollissent rarement et n'acquièrent pas un grand volume, mais ils détruisent les fonctions de l'organe, en occasionnant la dégénérescence du tissu de l'iris et, dans la plupart des cas, l'atrophie du globe oculaire. M. Schirmer (2) a rencontré dans l'iris une tumeur caverneuse, suite de lésion traumalique. Au côté externe de la chambre anlérieure, on remarquait un petit corps demi-lransparenl, comme de la gelée, très distinctement vascuïaire, de couleur blanc jaunâtre, couvert de taches rouges et de la grosseur d'un pois: il débordait à moitié la pupille et semblait adhérer principalement au corps ciliaire et toucher la cornée. La pupille agissait bien. La tumeur fut enlevée par iridectomie et le malade renvoyé quelques jours après avec une amélioration de la vue.

Obs. 248 (3). — Le nommé Édouard Vanweller, âgé de 10 ans, s'est présenté à l'Inslilul oplillialmique du Brabant, le 28 juin 1865, atteint d'une affection de l'œil gauche, dont le début remonte à un mois environ : l'enfant est d'une constitution assez cliélivc et les parents, sans avouer d'antécédents syphilitiques, ne paraissent pas les nier avec beaucoup d'assurance. Quoi qu'il en soit, la vue de l'œil malade est complètement abolie; la conjoncliveoculaire fortement injectée, la dureté du globe très augmentée et des douleurs assez vives y sont en permanence. L'iris paraît être le siège des principales altérations morbides ; il est changé de couleur, d'un jaune cuivré (l'autre est gris-bleu) et toute sa région pupillaire occupée par cinq petites tumeurs de la grosseur d'un grain d'orge, jaunes, accolées les unes aux autres, et ressemblant, à s'y méprendre, aux contlylomes de l'iritis syphilitique ; la pupille en est complètement obstruée et l'atropine, aux plus fortes doses, est sans action sur celle-ci. — Liqueur de Van Swieten à l'intérieur et instillation d'un collyre au sulfate neutre d'atropine. — 31 juillet. Cinq semaines de ce traitement n'ont pas arrêté la marche envahissante de la maladie. Les tumeurs sont aujourd'hui réunies en une seule masse fongueuse, qui occupe une grande partie de la chambre anlérieure; les douleurs sont très violentes et le malade entre à l'Institut le 18 août. Continuation du traitement général ; paracentèses cornéennes, pour diminuer la pression interne, ce à quoi l'on réussit assez bien. — 31 octobre. La cornée s'est perforée à son union avec la sclérotique, vers l'extrémité supérieure de son diamètre vertical, et la tumeur inlra-oculairc y fait saillie : elle a la forme d'un petit chou-fleur, aplati par la pression qu'exerce sur elle la paupière supérieure : les douleurs ont sensiblement diminué. Excision de la partie saillante, au moyen de ciseaux courbes sur le plat. Continuation du traitement général. — 6 décembre. La tumeur a répullulé et se développe rapidement : l'œil est perdu sans retour. Le sujet n'offre aucuns symptômes cachectiques. M. Warlomonl fait l'excision du globe par énucléalion.

Examen delà lumeur fait par le \Y Jotlrand : A la partie antérieure du globe oculaire, à la place occupée, dans l'étal normal, par la cornée el les milieux transparents de l'œil, se trouve, faisant saillie en dehors de la sclérotique, une lumeur d'apparence circulaire,

(1) Ophlh. Hosp. Rep. 18!i7-18I>9, Vol. I, p. 174.

(2) Grcis>\v. rpçd. Bcili-ilgc, III. Clinique du D'' Rurdclcben. (ô) Waiuomont. Presse inédicnlc belge, I8GG, p. 43.

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