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EXPRESSION MATHÉMATIQUE DU DEGRÉ DE L'AMÉTR&PIE

71 .— Nous venons de désigner sous le nom de « emmétrope» l'œil dans lequel la réfraction éprouvée par les rayons parallèles, pendant le repos de l'accommodation, les conduisait exactement sur la réline.

Dans cet œil, RS, quantité de réfraction statique, est exactement égale à — ; ? étant le demi-diamètre du globe (48).

L'amélropie consiste, elle, en ce que les rayons parallèles, toujours pendant le sommeil de A, réfraction dynamique, sont réunis plus loin ou plus près de la réline.

Dans les yeux atteints de semblable anomalie, le rapport régulier de la quantité de réfraction, développée par l'appareil dioptrique, au diamètre du globe, se trouve altéré. Quel est, des deux termes, celui qui est ainsi changé? Est-ce la quantité de réfraction qui a varié d'une manière absolue? Est-ce, au contraire, la dimension du globe, qui s'est modifiée, l'appareil réfringent restant le même?

De nombreuses mensurations, très nombreuses, exécutées sur des yeux emmétropes, myopes, hypermétropes, ont irrésistiblement établi que, dans l'immense majorité des cas (on pourrait presque dire la totalité) l'œil myope présente un diamètre trop long en présence d'un appareil réfringent régulier; tandis que l'œil hypermétrope présente invariablement la disposition inverse, un œil relativement trop court, en rapport avec un appareil réfringent régulier.

Pour représenter exactement le changement de rapports qui caractérise l'amétropie, nous devrions donc faire exprimer à nos formules que, dans l'un des cas, l'œil est trop long, et qu'il esl trop court dans l'autre.

Cependant, comme il ne s'agil que d'un rapport, nous pouvons, sans inconvénient,en renverser les termes, supposer dans les calculs, le demi-diamètre constant et ne considérer comme variable que la quantité de réfraction.

Nous avons alors : dans l'œil emmétrope R S = ^~; dans l'œil myope R S plus grande

(1) Nous n'entendons pas dire ici que, dans un petit nombre de cas, la myopie constatée ne puisse être et ne soit le résultat d'un changement éprouvé par l'appareil dioptrique. Mais, dans ces circonstances, il est presque sans exemple que ce changement ne porte ou sur une altération de tissus plus ou moins notable des membranes ou des milieux transparents, ou sur une modification de la réfraction dynamique ou accommodation, en général de nature spasmodique. Ces cas n'appartiennent donc pus u l'histoire de la myopie proprement dit.

que — ou R S = — j —, et dans l'œil hypermétrope, R S plus petit que ou

R S = — -j-; en appelant ~ l'excès et -j- ie déficit de la réfraction dans ces deux cas opposés.

N. B. Quand, dans notre système de notation, nous représenterons par RS, 518 unités de réfraction, les termes-^- et seront également exprimés en nombres entiers.au moyen de la table(45).

î. DÉFINITION DE LA PRESBYOPIE.

72. — On sait qu'avec le progrès des années, l'homme est obligé d'éloigner de plus en plus de lui l'objet sur lequel est appelée son attention, s'il veut le voir distinctement. En même temps que ce « punctum proximum » s'éloigne, et s'éloigne jusqu'à l'horizon, on a constaté que le point éloigné, le « punctum remotissimum » ne variait que dans une très faible mesure. Cette modification de la vision consiste donc uniquement dans l'épuisement sénile de la faculté d'accommoder; la structure même de l'œil y est quasi étrangère.

On a donné à cet état le nom de presbytie ou presbyopie : si on veut le considérer comme une anomalie, ce sera donc une anomalie de la réfraction dynamique ou accommodation, mais non pas de la réfraction statique. Nous le considérerons ici, avec M. Donders, comme une modification physiologique (liée aux progrès des années), et par conséquent régulière, de celte faculté dynamique.

Les considérations développées dans les deux paragraphes qui précèdent montrent suffisamment que, sous le rapport de la réfraction, l'hypermétropie est le véritable état à mettre en opposition avec la myopie, et non la presbyopie, comme on la fait jusqu'ici. Nous verrons en effet, plus loin, que la presbyopie, comme on peut en juger d'après sa définition, peut venir compliquer les trois états différents de la réfraction.

§ II. Anomalies de l'accommodation, ou réfraction dynamique.

73. Classification. •— D'après ce que nous avons vu (24 et 25), l'accommodation repose sur la variation éprouvée dans sa forme par le cristallin, sous l'iufluence d'une action musculaire (muscle ciliaire).

Les anomalies de l'accommodation ne pourront donc porter que sur le système lenticulaire ou sur le système musculaire, seuls éléments de la fonction.

Les anomalies du système lenticulaire consisteront dans sa présence ou son absence (aphakie), ou dans les troubles visuels que pourraient, sans oblitérer complètement la vision, déterminer des

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES LÉSIONS FONCTIONNELLES DE LA VISION. LVll

, opacités plus ou moins accusées dont il peut être ou devenir le siège. : Nous les étudierons sous les chefs « aphakie » et « phénomènes de I polyopie monoculaire. » On y pourrait certainement faire figurer i également quelques-unes des perversions fonctionnelles connues sous I le nom d'astigmatisme.

Quant aux anomalies à rattacher au système ciliaire, nous aurons ; à étudier :

Les affaiblissements (paresis) de l'accommodation succédant à différentes affections débilitantes; les paralysies plus ou moins complètes qui, probablement sans exception, accompagnent celles du sphincter de l'iris et se rattachent aux paralysies de l'oculo-moteur ; enfin, les spasmes qui, quoique plus rares, se rencontrent aussi et dépendent d'actions directes ou indirectes du système nerveux.

§ III. Diagnostic de l'amétropie.

74. — Un œil se présente à l'examen ; il n'y voit pas à distance, c'est-à-dire que, mis en face de l'échelle progressive, à 20 pieds de distance, il ne peut en lire distinctement aucun caractère, si ce n'est peut-être vaguement les types des nos 100 ou 200.

Plaçant alors devant lui la petite ouverture du trou d'épingle, ce sujet lit couramment le caractère 20 ou 30; l'unité et la transparence ne sont donc pour rien dans le trouble de sa vue.

Pour nous mettre à l'abri d'une dernière cause d'erreur, supposons en outre l'accommodation paralysée par l'atropine.

Cela posé, voilà un œil atteint bien évidemment d'amélropie; les rayons parallèles n'y déterminent, pendant le repos accommodatif, que des impressions confuses.

Maintenant, à quel genre d'amétropie avons nous affaire?

Suivant alors le procédé de M. Donders pour la détermination du « punclum remotum » (§ 35), nous plaçons successivement devant l'œil du sujet, l'autre étant couvert, une série régulière de verres convexes et concaves, en commençant par les plus faibles.

Le sujet répond que les verres concaves améliorent de plus eu plus sa vue, à mesure qu'ils deviennent plus forts, jusqu'à un certain numéro, après lequel l'amélioration reste à peu près la même. Les verres convexes, au contraire, la brouillent de plus en plus. Chacun conclut évidemment que le sujet est myope.

Inversement, si la réponse est favorable pour les verres convexes et défavorable pour les verres concaves, le sujet est déclaré hypermétrope.

Dans le premier cas, il a vu plus nettement, à mesure qu'on lui était de la réfraction, dans le second, à mesure qu'on lui eu ajoutait.

t. DÉTERMINATION DU DEGRÉ DE L'AMÉTROPIE.

7b. — a) Myopie. — Dans l'essai décrit au paragraphe précédent, arrivé, en suivant Tordre croissant des pouvoirs réfringents, à la lentille ( — 18), le sujet lit parfaitement un caractère en rapport avec le degré de son acuité (préalablement exploré au trou d'épiDgle). Il doit même le lire plus couramment qu'au trou d'épingle, ou même lire le caractère immédiatement inférieur en dimension, vu la plus grande quantité de lumière apportée par le verre.

Nous disions donc que le n° 18 négatif procure au sujet, à distance, le degré de vision qu'il comporte. Qu'est-ce-à-dire? et quelle conclusion tirer de là? '

Puisqu'il (le sujet) n'y voit nettement à distance que lorsqu'on a retranché de sa réfraction statique le nombre d'unités de réfraction que mesure une lentille de 18 pouces, à savoir 12 unités (voir la table § 45), il est clair que ce sujet avait une réfraction statique supérieure de 12 unités à celle qui l'eût fait emmétrope.

Nous dirons donc que son amélropie consiste en un excès de réfraction mesurant 12 unités ou corrigé par une lentille négative de 18 pouces.

M degré de la myopie =12. R S = — + 12.

Nota : (-i- = S18, voyez g 48).

Dans le système classique, nous aurions dit : appelant -|- la quantité de réfraction statique de l'oeil en expérience,

R 18 tp il if> ~ 18

j£ représentant l'excès de la réfraction de l'œil éprouvé sur l'œil emmétrope, ou le degré de myopie du sujet.

b) Hypermétropie. — Dans le second cas, c'est le verre convexe-}- 18 que nous supposerons être celui qui corrige l'amétropie du sujet. Cela revient à dire qu'il faut ajouter la réfraction d'une lentille positive de 18 pouces, ou 12 unités de réfraction, à laréfraction statique de l'œil en expérience, pour amener sur la rétine les rayons parallèles. On a donc ici :

RS.+ 12=^-ouRS«=-f — 12.

d'où H, degré de l'amétropie par défaut, == 12.

Dans le système classique, on aurait écrit -| — [- -j^- = ou =

et -^j- eût représenté le déficit de la réfraction dans ce cas ou le degré de l'hypermétropie, est le -j- de la formule du (71).

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