INFLUENCE DES NERFS SUR L'ACCOMMODATION
H9. — Les mouvements de l'iris ne sont point directs ou volontaires. Ils sont, ou l'effet d'une action réflexe, ou le résultat d'une synergie préétablie.
Comme type d'action réflexe, on peut considérer l'effet produit sur le degré d'ouverture de la pupille par l'abord subit ou en excès de la lumière sur la réline.
Comme exemples d'action sympathique ou synergique, on a : 1° le rétrécissement de cette ouverture dans un œil, quand c'est l'autre que l'on soumet à l'action subite de la lumière; 2° la diminution ou la dilatation de la même ouverture, sous l'influence des variations en plus ou en moins de l'effort accommodalif ; 5° enfin des alternances de même espèce, observables sous l'influence du mouvement de convergence des axes optiques.
De ces deux derniers exemples de synergie, la relation qui unit la
convergence des axes optiques au resserrement de la pupille est la plus impérieuse. Cependant, pour être moins rapide, rinflucnce de l'accommodation n'est pas moins incontestable, ainsi que l'ont fait voir MM. Listing etDonders. Ces deux physiologistes ont même montré qu'en agissant sur l'accommodation par la pensée ou l'attention, on pouvait, à volonté, opérer le resserrement ou la relaxation de la pupille (1).
Quand la lumière pénètre dans un œil, elle y exerce sur l'iris une action réflexe directe; sur l'autre œil, une action seulement sympathique. Ces actions continuent à s'exercer (l'action directe du moins), même un certain nombre d'heures après la mort. Lorsque la contraction sympathique existe dans un œil dans lequel manque, au contraire, la contraction directe, nous sommes autorisés à conclure à la cécité dans cet œil.
| I. Influence des nerfs sur le système ciliaire.
150. — Le muscle ciliaire et l'iris sont, on le sait, sous la dépendance des mêmes influences nerveuses. Toutes prennent d'ailleurs naissance dans le ganglion ophthalmique. (Voir la description des émergences et pénétrations ciliaires dans tous les traités d'analomie). Nous rappellerons seulement les connexions de ce ganglion :
4° Une courte racine, provenant de l'oculomoleur ;
2° Une longue, fournie parla branche nasale de l'ophlhalmique;
3° Une troisième, du grand sympathique au cou.
Ajoutons que, dans ce même ganglion, et jusque sur le parcours des distributions ciliaires, on constate l'existence (Millier et Schweigger) de nombreuses cellules propres, permettant de soupçonner en ces points, la naissance de fibres nerveuses nouvelles.
Rôle de chacune de ces parties: 11 résulte des nombreuses recherches expérimentales instituées sur le mode d'action de chacun de ces éléments nerveux que :
1° La contraction du muscle ciliaire et du sphincter de l'iris sont sous la dépendance de l'oculomoteur. Le ganglion en ralentit seulement et en règle l'action.
2° L'action de la racine sympathique du ganglion ophthalmique consiste en une exaltation persistante de la tonicité des fibres radiées. (Le dilatateur de la pupille est donc l'antagoniste tonique, constant dans son action, du sphincter, dont l'action est mobile et variable. Les oscillations de la pupille, variables avec l'éclairage et l'accommodation, ne dépendent que de ce dernier).
On a avancé hypothétiquement que le sympathique étend son action sur l'accommodation. Le fait est plutôt du domaine de l'analogie qu'il n'est démontré. On ne connaît aucun muscle qui agisse activement sur l'accommodation négative ou distante.
L'influence de la cinquième paire sur les mouvements de l'iris et sur l'accommodation reste encore à déterminer. La cinquième paire est un nerf du sentiment: cependant son irritation amène la contraction de la pupille et son action réflexe centrale, car le fait a
(1) Sur ces deux exemples d'actions synergiques, quelques ailleurs considérables, M. Donders en particulier, ont cru pouvoir ranger les mouvements de l'iris au nombre des mouvements volontaires. En convergeant, ou eu accommodant pour les points rapprochés, on peut en efl'el faire éprouver a l'iris les effets de la volonté. — Malgré cela, nous ne nous croyons pas en droit, quand à nous, d'appeler ces mouvements volontaires, non pas seulement par cette considération que notre volonté ne se manifeste ù leur endroit que par voie indirecte; mais parce motif que, si notre intelligence, nos connaissances acquises ne nous avaient pas appris l'existence de la loi synergique que nous mettons en action, notre volonté demeurerait sans aucune relation avec l'iris. Cette volonté ne se manifeste pas chez l'homme en général, mais seulement chez l'homme instruit de son pouvoir indirect.