‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 63 sur 251 · P1UNCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE • CXXXVII · texte numérisé non relu

P1UNCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE • CXXXVII

el la gauche, le bas et le haut de chacun de ces hémisphères représentent les régions correspondantes (renversées) du moi sentant.

Toutes les questions de diplopie binoculaire seront donc jugées d'après cette base. Tout objet qui, pour une cause ou une autre, dessinerait son image nette sur la moitié droite d'une rétine et sur la moitié gauche de l'autre, serait nécessairement vu double.

C'est ce qui arrive, par exemple, au moment où un prisme est placé devant un œil. Le champ entier de la vision, le tableau extérieur est déplacé pour cet œil. Si l'angle réfringent du prisme est dirigé en dehors, par exemple, l'œil ne bougeant pas, tout le tableau rétinien se déplace en dedans, sur la région interne. Il est alors projeté en dehors de sa position première par rapport au centre du sujet.

Comme, de l'autre côté, il n'y a pas eu changement, le sujet voit donc deux tableaux semblables, l'un à droite par l'œil droit, l'autre à gauche par l'œil gauche.

Il a des images doubles homonymes. (Fig. xli).

Si le prisme n'est pas très fort, que son angle ne dépasse pas quelques dénies, il arrive généralement

Fis xli

que, sous l'empire du besoin

de voir simple, les deux images, d'abord séparées, se rapprochent bientôt d'un mouvement continu, et se fusionnent en une seule.

Si l'on observe, pendant ce mouvement, l'œil devant lequel est placé le prisme, on remarque que cette fusion des deux images est accompagnéed'un mouvement de divergence de cet œil, l'autre demeurant fixe.

Le point de concours des axes optiques, ou de l'attention, est donc alors virtuel et au delà de la position réelle de l'objet. Cet objet est vu plus loin et, ajouterons-nous, plus ou moins agrandi. Si l'angle du prisme était tourné en dedans, c'esl-à dire vers la racine du nez, les phénomènes s'accompliraient en sens inverse; les images doubles seraient croisées, et exigeraient, pour se réunir en une seule, un mouvement de convergence ou d'adduction de l'axe optique, correspondant à l'image déplacée. L'objet serait alors jugé plus rapproché ou plus petit. (Fig. xlÏi).

La figure xli montre ce qui se passe dans le premier cas (prisme à angle externe); la figure xlii ce qui a lieu dans le cas inverse.

CXXXVIII DIOPTniQUE PATIIOI.OOIQl E.

L'effet subjectif d'un prisme placé (levant l'œil, l'image double de la diplopie binoculaire, peut être produit de même façon par un mécanisme inverse. Au lieu du déplacement de l'image, imaginons que, par suite d'une modification anormale quelconque, l'un des axes optiques se meuve quand l'autre demeure immobile. Supposons, pour fixer les idées, que l'œil droit fixant un objet qui se déplace, se meuve vers la droite, l'œil gauche demeurant fixe. L'attention étant portée

sur l'objet qui se déplace, l'image de cet objet est maintenue sur la macula de l'œil droit, et l'objet est mis par elle en rapport constanlavec le centre du sujet.

Mais, dans l'œil gauche, qui est demeuré fixe, l'objet peint son image non plus sur la macula, mais bien sur la région externe de la rétine gaucbe. L'œil gauche rapporte donc cet objet à la droite du sujet, tandis que le droit le met en rapport avec son centre.

Il y a donc, en ce cas, double sensation (diplopie) croisée. Les yeux sont en même temps à l'état de strabisme dirigent relatif.

C'est le cas du prisme à angle interne.

Les images doubles de la diplopie binoculaire accuseront donc toujours un état de discordance ou de strabisme relatif des axes de l'attention, ou axes polaires. Les images croisées : un état de strabisme divergent; les images homonymes, un strabisme convergent relatif.

§ III. Influence des verres convexes et concaves sur la grandeur apparente

des objets.

168. — La notion exacte de la grandeur des objets est altérée par deux conditions : 1° une erreur sur la distance; 2° une modification dans l'angle visuel.

L'influence des prismes nous fournit un exemple saisissant de la première de ces modifications. (Voyez les fig. xu et xui.)

L'action des verres concaves ou convexes nous présente un exem-

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