TUMEUR ENKYSTÉE DANS LA GLANDE LACRYMALE. (P
Obs. 20. — Kyste lacrymal (1). — Un malade qui est actuellement à Bicêtre, dans le service de M. Broca, présente une tumeur curieuse, au niveau de l'angle externe de l'œil. Cet homme a été brûlé dans son enfance et il lui est resté un ectropion. Au mois d'août dernier, il s'est aperçu qu'une tumeur se développait dans l'angle externe de l'œil. Elle a grossi peu à peu, el actuellement elle offre le volume d'un petit œuf de pigeon. Elle est un peu aplatie, rougeàlre à sa surface, franchement fluctuante el transparente. Quand on examine avec soin le siège de cette tumeur, on voit qu'elle est située au niveau des conduits lacrymaux. On aperçoit en haut deux petits orifices, qui sont les orifices des conduits lacrymaux, et autour de ces points de petits perluis appartenant aux glandules lacrymales, qui sont assez nombreuses en cet endroit. En exposant cet homme à l'action des rayons solaires, on a pu voir sourdre un liquide aqueux, transparent, des larmes, de tous ces petits orifices. Une petite ponction pratiquée à celte tumeur a donné issue à du liquide clair, fluide et parfaitement transparent. La poche vidée, M. Broca sentit, dans le fond du cul-de-sac oculo-palpébral interne, une petite tumeur résistante, qui échappe à l'exploration quand la poche esl pleine. Le kyste s'est rempli depuis la ponction. Cette tumeur paraît être un kyste lacrymal et pourrait être rapprochée de la grenouillelte; on sail qu'autour de la glande lacrymale se trouvent les canalicules excréteurs des glandules lacrymales accessoires de Rosenmuller; peul-être l'un d'eux est-il le siège de ce kyste et la petite tumeur dure, résistante, que l'on sent très bien dès que le kyste est vide, est-elle constituée par l'hypertrophie de l'une des glandules de Rosenmuller. M. Broca a ponctionné le kyste, il en est sorti un liquide opalin un peu visqueux ; une injection iodée a été faite immédiatement après.
L'analyse de ce liquide, faite par M. Réveil, a donné le résultat suivant : Poids, 2,63. Soumise à l'ébulition, l'albumine se coagule; celle-ci, desséchée exactement, pesait 0.06. Le liquide évaporé à siccité el le résidu étant repris par l'élher, par évaporalion de celui-ci, on obtient des traces évidentes de matière grasse lâchant le papier. Le résidu laissé par l'élher, fortement calciné à blanc, laisse du chlorure de sodium à peu près pur avec des traces de sulfate.
Eau 2,47 ou 96,87 p. c.
Albumine 0,06 ou 2,86
Sels inorganiques .... 0,02 ou 78 Matières grasses traces.
Le cas suivant, qui s'est présenté dans la pratique de M. Wharton Jones, parait identique à ceux rapportés par Schmidt.
(I) Broca. Union médicale. Avril 1861, p. 159.
MALADIES DES ORGANES SECRETEURS DES LARMES
Obs. 21. (1). — Un homme d'environ trente ans fut amené du Workhouse-Sainl-Pancrace à University Collège Eye In/irmary avec une exophthalmie de l'œil gauche. Comme la désorganisation était considérable, M. Jones se décida d'abord à pratiquer l'excision de l'œil hors de la capsule. Cela fait, il explora l'orbite avec le doigt et trouva que la cause de la propulsion de l'œil était un kyste fluctuant, adhérent aux parois supérieure et externe de l'orbite et se portant en arrière vers le fond de celte cavité. Il fallut dès lors s'occuper de l'enlèvement de ce kyste et, pour cela, M. Jones incisa horizontalement la commissure externe des paupières avec la conjonctive oculaire adjacente, que l'on avait détachée de l'œil lors de son excision. La partie antérieure du kyste fut ainsi rendue complètement accessible et, pour l'isoler, il ne resta plus qu'à diviser le tissu cellulaire qui l'unissait aux autres parties contenues dans l'orbite, les muscles, la capsule de Ténon, etc. On reconnut, pendantee temps de l'opération, que le kyste se prolongeait profondément vers le sommet de l'orbite. M. Jones, ne croyant pas devoir porter le bistouri si loin, se contenta d'enlever toute la portion de la tumeur accessible sans danger. Dès que celle-ci fut ouverte, il s'en échappa une grande quantité d'un liquide séreux; puis, lorsque l'ouverture eut été agrandie, on découvrit un plus petit kyste libre à l'intérieur du plus grand.
Lorsque l'on eut enlevé ce petit kyste avec des pinces, on reconnut qu'il avait environ le volume d'une prune; et, à l'examen, M. Power, l'aide de M.Jones, constata que c'était un acépbalocyste proligère ou sac contenant des échinocoques. On disséqua alors le kyste cellulo-fibreux aussi loin qu'on le crut prudent. Avant le pansement, on explora avec le doigt la paroi de l'orbite où le kyste avait été attaché et on la trouva parsemée d'aiguilles osseuses exoslosiques. On réunit par la suture la commissure externe qu'on avait divisée et on remplit légèrement de charpie l'espace laissé vide dans l'orbite par l'enlèvement du kyste. La suppuration s'établit convenablement et la cicatrisation se fît favorablement. L'étal des parties fut ce qu'il est d'ordinaire après la simple excision de l'œil. Le malade parut idiot, et le gardien qui l'amena à l'hôpital dit qu'il était parfois nécessaire de le placer dans la salle des aliénés du ivorkhouse.
Les parois du kyste à échinocoque étaient formées d'une couche externe, lamellaire, extrêmement coriace, d'une couleur jaunâtre, et d'une couche interne rude et facile à déchirer. Dans le liquide qui remplissait le kyste, M. Power trouva suspendu un nombre immense d'échinocoques, de cellules rondes et de crochets libres. Les échinocoques pouvaient juste être distingués a l'œil nu et leur longueur variait beaucoup, ainsi que leur forme, parce que les uns avaient la tête sortie, les autres l'avaient rétractée et, enfin, parce qu'ils étaient à différentes périodes de leur développement.
Siebold a démontré que les échinocoques peuvent devenir, en se développanl,une sorte de lœnia, qu'on peut, par conséquent, les considérer comme des larves non développées. Les expériences de Siebold ont consisté à mélanger à la nourriture de chiens des echinococci veterinorum. En examinant, trois ou quatre semaines après, les intestins des animaux ainsi nourris, il y trouva une espèce de tœnia à trois articulations, en lesquels s'étaient transformés les échinocoques en se développant.
SECTION IX