DES MALADIES DE L'APPAREIL AUDITIF
ditif ne sont pas communes : cependant nous avons rencontré plusieurs exemples bien évidents de surdités causées par l'action du virus syphilitique sur les membranes et les os qui entrent dans la structure de cet organe compliqué. Dans ces cas, le mercure et ses composés ont toujours été employés avec un égal succès.
7° Eaux minérales. — Les eaux minérales nous ont rendu de véritables services dans la guérison ou l'amélioration d'un grand nombre de cophoses. Ainsi dans les otites strumeuses, nous avons souvent conseillé, avec succès, les eaux deBonnes, de Bussang; dans les otites typhoïdes, la surdité nerveuse, rumatoïde, les eaux minérales de Balaruc ont puissamment contribué au rétablissement des fonctions auditives. Je suis également convaincu que chez les goutteux, devenus sourds à la suite d'un ou plusieurs accès les eaux de Vichy, de Néris, de Contrexeville, jouiraient d'une influence non moins heureuse. Pour les surdités liées à un état dyspeptique les eaux de Plombières, de Pullna, de Sedlitz nous ont paru favorables. Enfin, dans les cas de flux d'oreille invétérés, de catarrhe chronique, le malade doit aller terminer sa cure, soit à Aix-la-Chapelle, soit aux eaux des Pyrénées.
Nous réservons les eaux d'Ems, de Spa pour les malades chez lesquels la diminution de l'ouïe, sans lésion organique d'ailleurs appréciable, aurait coïncidé avec des troubles plus ou moins notables dans la menstruation chez la femme ou un affaiblissement des organes génitaux dans le sexe opposé.
Du reste, ces différentes indications variant selon les individus, nous ne pouvons ici tracer que d'une manière générale les principes qui doivent diriger le praticien dans leur application. Nous renvoyons donc aux observations.
B. — Médication locale.
Les moyens locaux sont nombreux. Nous suivrons, dans leur exposition, l'ordre adopté par M. H. Yalleroux, en y apportant seulement quelques modifications.
Les moyens locaux consistent en :
1° Injections et fumigations dans l'oreille moyenne :
128 THERAPEUTIQUE GENERALE.
2° Le cathétérisme des trompes d'Eustache, avec douches d'air simple ou médicamenteux;
3° La térébration de l'apophyse mastoïde;
4° La perforation du tympan ;
5° La résection et la cautérisation des amygdales ;
6° Les gargarismes, les sternutatoires;
7° Les vésicatoires, sétons, cautères, potentiels actuels :
8° L'électricité.
1° Les injections et les fumigations de diverses natures sont prescrites, chaque jour, soit pour débarrasser simplement le conduit auditif externe des corps étrangers , soit pour y porter des agents curatifs de diverses sortes. On ne doit pas omettre, chaque fois que l'on pratique les premières, d'essuyer avec soin le conduit pour prévenir le refroidissement qui résulte de l'évaporation du liquide injecté. Il convient aussi de bien prendre garde à la température de la vapeur que l'on introduit dans le même canal. Cette température doit être douce, halitueuse, sans déterminer aucun sentiment de brûlure.
Nous avons fréquemment employé les fumigations, tantôt avec l'eau de sureau, les vapeurs de benjoin, de Tolu, de myrrhe, ou l'eau tiède simple; les premières dans les inflammations catarrhales sub-aiguës ou chroniques de l'oreille externe ou moyenne; les secondes, dans les inflammations franchement aiguës des mêmes organes et fréquemment aussi dans ces vieilles surdités nerveuses, que Tanatomie pathologique nous a montrées exister le plussou- Tent avec une grande sécheresse des cavités labyrinthiques.
L'oreille moyenne ne communique avec l'extérieur, dans l'état normal, que par un conduit ouvert dans la gorge ; mais à Pétat morbide la communication peut avoir lieu par deux autres voies, savoir : à travers l'apophyse mastoïde et à travers une rupture de la membrane du tympan. Riolan décrit de la manière suivante la première de ces communications : « On voit, joignant le tam- « bour, du côté d'en haut, un petit trou fort étroit, mais qui , « s'élargissant peu à peu, forme une cavité fort ample, et toute a pleine de petites fosses semblables aux logettes des abeilles, a Cette cavité est renfermée dans l'étendue des procès mamil- « laires. Vésale en fait comparaison avec une mine d'une grande « étendue, parce qu'elle est pleine d'une grande quantité d'air. Il « arrive, lorsque cet air qui doit toujours être calme et en repos,