VICES DE CONFORMATION
avoir lieu de deux manières. La peau peut passer dans le conduit auditif et l'oblitérer complètement.
Une simple incision suffit alors pour rétablir le conduit à l'état normal; mais, avant de la pratiquer, on devra bien s'assurer que le conduit auditif existe derrière l'obstacle qui en oblitère l'entrée.
D'autres fois, on peut rencontrer une membrane développée, soit à l'entrée du conduit auditif, soit dans un point plus ou moins rapproché du méat. Ici encore, le traitement consistera dans l'excision de cette membrane.
Si elle est peu profonde, l'opération sera bien facile: dans le cas contraire, il faudra prendre garde de ne pas léser le tympan. C'est pour des membranes placées profondément que Leschevin veut qu'on ait recours à la cautérisation. Cet auteur vante, pour cet usage, un crayon de nitrate d'argent, entouré d'un petit tube en bois ou en plomb, destiné à garantir de l'action du caustique les parois du conduit auditif. Il pense qu'en laissant quelque temps à demeure ce petit appareil et en y revenant de temps en temps, on parviendra à faire tomber cette membrane. C'est là une idée ingénieuse, mais qui passerait difficilement de la théorie à la pratique.
Le rétrécissement du conduit auditif est plus fréquent que son oblitération par une fausse membrane.
Ce rétrécissement peut être dû au gonflement des parties molles; on le voit survenir assez souvent par ce mécanisme chez les enfants, à la suite de l'otite.
Il peut aussi dépendre d'un rétrécissement, soit congénial, soit acquis ; par exemple, il peut être causé par des exostoses développées sur les parois du conduit, exostoses nées sous l'influence de la syphilis et cédant au traitement par l'iodure de potassium.
Lorsque le rétrécissement ne tient qu'à une maladie des parties molles, le traitement consiste dans la dilatation lente, à l'aide d'épongés préparées, de racines de gentiane. Il faudra continuer longtemps l'emploi des moyens dilatants; sans cela, on aurait une récidive. Mais, si le rétrécissement tient à une lésion congéniale du tube osseux, on comprend qu'ici il n'y a pas de traitement possible. On ne pourra faire quelque chose d'utile pour le malade que lorsqu'il s'agira d'une exostose syphilitique, et il
faudra, alors, avoir recours à l'iodure de potassium, ainsi que nous l'avons dit précédemment.
Dans quelques cas, on observe une oblitération complète du conduit auditif, soit qu'il y ait absence congéniale de ce conduit, soit qu'à la suite d'inflammations et d'ulcérations les deux parois opposées de la partie cartilagineuse se soient accolées l'une à l'autre.
On a conseillé de rétablir le calibre du conduit, à l'aide du bistouri, du trocart.
Si l'oblitération est due à un accolement des parois opposées et qu'elle soit située à l'entrée du conduit, on pourra détruire les adhérences à l'aide du bistouri, et dilater ensuite le canal ainsi créé; introduire, par exemple, dans la plaie, un peu d'épongé préparée, des racines de gentiane ; mais, si l'absence du conduit auditif est congéniale, on ne pourra rien faire.
Un dernier vice de conformation du conduit auditif consiste en une anomalie dans la direction. C'est là une cause assez fréquente de dureté d'oreille; comme la lésion, ici, a pour siège la partie osseuse, le traitement est sans aucune efficacité.
On me permettra de rapporter ici une observation d'étroitesse congéniale des méats, avec surdité très-prononcée.
19e Observation. — Malformation congéniale des méats avec atrésie presque complète. — Le 4 janvier 1855, une enfant de neuf ans, Marie V., nous est présentée par sa mère dans l'état suivant : C'est une petite fille un peu lymphatique, sans trace de strumes et de ganglions au col. — A peu près complètement sourde. — Elle entend difficilement lorsqu'on lui parle.
Pavillon bien conformé. — Les méats sont extrêmement petits; c'est à peine si la tête d'une épingle peut y être introduite. — Peu ou point de cérumen. — Point de bourdonnements. — On ne peut pas examiner l'intérieur à cause de l'étroitesse des méats.
Les trompes d'Eustache sont perméables à la douche d'air. La mère de l'enfant n'a voulu consentir à aucune tentative de traitement.
Nous arrivons maintenant à une partie plus importante, aux corps étrangers.