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CHAPITRE IV

Nous devons, en commençant, étudier les lésions congénitales.

1° Absence du tympan.

Tous les auteurs en parlent dans leurs traités théoriques ; mais on n'en a jamais donné une seule observation.

2° Perforation centrale du tympan.

On a encore parlé, d'après Rivinus, d'une perforation centrale du tympan, mais l'existence congénitale de cette perforation n'a jamais été observée, et elle est maintenant révoquée en doute par tous les auteurs.

3o Usure de la membrane du tympan.

Seulement, on a rencontré dans certains cas une usure de la membrane du tympan, alors qu'il existe dans le conduit auditif dos concrétions céruminenses. Kibes a plusieurs fois vu des concrétions cérumineuses appliquées contre le tympan, déterminer une usure toute mécanique, et quelquefois môme une perforation circulaire. Cet auteur a cherché à démontrer que cette

(1) Fabric. Hild., cent. 3, obs. 2.

perforation est due à la pression exercée sur le tympan, par un tampon de cérumen accumulé au fond du conduit auditif.

Kramer nie les perforations du tympan que Ribes a démontrées ; mais il ne dit pas pourquoi il les rejette.

Pour nous, nous admettrons volontiers ces perforations du tympan survenues accidentellement, et en même temps nous rejetterons l'existence de perforations congéniales.

4° Blessures du tympan.

Viennent ensuite les blessures du tympan. Ces blessures ne sont pas très-rares ; elles sont en général produites par des instruments piquants, des épingles par exemple, d'autres fois par des corps étrangers introduits dans l'oreille : ainsi une boule de verre qui est brisée dans le conduit auditif et dont, les fragments vont déchirer le tympan. Il en est de même, lorsque, dans les tentatives d'extraction, une manœuvre imprudente refoule le corps étranger jusque dans la caisse. Nous avons donné des exemples de ces perforations à l'article des Corps étrangers dans le conduit auditif externe.

D'autres fois on a vu, chez des baigneurs, le tympan se rompre au moment où ils plongeaient d'une grande hauteur. L'eau tend alors à entrer dans l'oreille et pressant brusquement et avec force la colonne d'air contenue dans le conduit auditif, il en résulte une propulsion du tympan de dehors en dedans ; et Ton conçoit que dans le plus grand nombre de cas la pression soit assez forte pour amener la rupture de cette membrane.

Enfin, on a vu quelquefois le tympan déchiré par une injection d'air ou d'eau poussée avec trop de force dans la trompe d'Eustache.

Les plaies du tympan présentent ceci de particulier, que toutes les fois qu'il n'y a pas eu de perte de substance, la guérison se fait très-rapidement. Des expériences de Valsalva ont mis ce fait en lumière. Cet auteur ayant déchiré avec des aiguilles le tympan de plusieurs chiens, vit ces plaies se cicatriser en quelques jours, et lorsque ces animaux venaient à être sacrifiés, un peu plus tard, toute trace de la lésion avait disparu.

Mais si l'on pratiquait une perte de substance, la plaie du tympan ne se cicatrisait pas, et l'on voyait une fistule persister indéfiniment.

Ces considérations sur les plaies du tympan ne sont pas sans importance; nous verrons que dans les otites internes avec épanchement dans la caisse, la perforation spontanée du tympan est toujours accompagnée de perte de substance.

Or, ces blessures ne peuvent se cicatriser qu'à la condition d'être extrêmement petites. Mais si l'on prévient la rupture de la membrane, en pratiquant une ponction à la cloison tympanique, la plaie ainsi obtenue est sans perte de substance, et guérit facilement, comme nous l'avons vu tout à l'heure.

Le traitement des plaies du tympan est assez simple.

S'il ne survient pas de complication inflammatoire, on devra simplement immobiliser l'organe malade, et pour cela il faudra empêcher les ondes sonores de parvenir jusqu'à lui. On obtiendra ce résultat en plaçant un tampon de coton dans l'oreille et éloignant du malade toute espèce de bruit.

Si la douleur est vive, s'il y a de la fièvre avec élévation du pouls, céphalalgie; en un mot, si des accidents inflammatoires viennent à se développer avec une certaine intensité, il faut recourir de suite aux antiphlogistiques : sangsues, purgatifs, sinapismes aux membres inférieurs.

5° Relâchement et tension de la membrane du tympan.

Willis dit avoir observé cette affection singulière sur deux malades. L'un d'eux n'entendait la conversation que lorsqu'on sonnait les cloches du village ; l'autre n'entendait également la parole que lorsqu'on battait du tambour à côté de lui dans la chambre où il se trouvait. Willis suppose que chez ces deux malades la membrane du tympan avait des dimensions exagérées; de sorte que, relâchée habituellement, elle n'était tendue que sous l'influence des bruits violents. Alors, en effet, les ondes sonores venaient pousser avec force le tympan et lui donner le degré de tension convenable pour l'accomplissement de la fonction.

Mais Willis n'a jamais constaté directement cette trop grande largeur du tympan; il n'a pas non plus examiné, à l'aide du spéculum, le tympan de ces deux malades pour voir si réellement la membane devenait concave en dehors pendant que l'on faisait un grand bruit, de sorte qu'on peut regarder comme hypothétique tout ce qui a été avance ft ce sujet par Willis.

Je ne rejetterai point cependant complètement, comme le fait Kramer, la possibilité d'un relâchement du tympan. Il est des conditions pathologiques à la suite desquelles le tympan peut subir un relâchement ou une tension exagérée.

Ainsi le tympan sera relâché lorsque le muscle interne du marteau aura perdu la faculté de se contracter. Nous savons que ce muscle est le muscle tenseur du tympan, soit qu'il se contracte sous l'influence de la volonté, comme cela a été observé chez quelques personnes, entre autres Fabrice d'Aquapendente, Muller, le professeur Bérard, soit qu'il se contracte indépendamment de la volonté, comme cela arrive le plus souvent.

Le tympan peut encore être relâché ou tendu dans les efforts d'expiration et d'inspiration.

D'autres fois, la membrane du tympan aura été distendue pendant un temps assez long, soit par un épanchement de pus, de sang ou de mucosités qui, étant renfermés dans la caisse, ne peuvent trouver issue par la trompe d'Eustache, ou encore à la suite d'une oblitération de cette trompe, il y aura dans la caisse une colonne d'air qui, venant à se dilater sous l'influence de la chaleur, repoussera le tympan de dedans en dehors. Que ces causes de tension viennent à disparaître après avoir duré longtemps, le tympan aura, sous leur influence, subi une distension dans tous les sens et il en résultera un relâchement lorsque leur action viendra à cesser.

Cette question de la tension ou du relâchement du tympan est une question qui a beaucoup préoccupé les esprits il y a quelques années. On en a fait deux maladies à part; mais, à vrai dire, il n'y a là que des symptômes. Nous n'en dirons pas davantage en ce moment, nous réservant d'y revenir lorsque nous serons aux maladies de l'oreille moyenne.

Je passe aux inflammations du tympan, à ce qu'on a voulu appeler myringitis.

6° Inflammations du tympan.

La phlegmasie du tympan peut être aiguë ou chronique.

Elle reconnaît des causes locales, et alors elle est dite idiopathique, ou bien elle se développe sous l'influence de causes générales, et dans ce cas elle est symptomatique.

Parmi les causes locales, nous voyons figurer le froid, l'humidité, comme pour la plupart des maladies de Torpille.

Les causes générales, ce sont les fièvres graves, les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, puis la scrofule, qui paraît avoir une grande influence sur la production de cette phlegmasie, et enfin la goutte, la syphilis dont l'action est peu marquée et a même été révoquée en doute.

Les altérations anatomiques de la membrane du tympan, dans cette phlegmasie, sont assez importantes à étudier.

D'abord la membrane perd son poli et sa transparence. Sa surface est d'un aspect chagriné, couverte de petites rugosités de couleur terne, blanchâtre, comme nébuleuse. Cette membrane a une couleur semblable à celle de la pierre à fusil.

Du reste, on observe les mêmes altérations sur la cornée lorsqu'elle est atteinte de kératite; elle devient également opaque, terne, blanchâtre, nébuleuse, et elle est couverte, comme le tympan, de petites rugosités qui lui donnent la plus grande ressemblance avec les yeux à lacettes de certains insectes.

Dans cette période, le tympan se dépouille de sa couche épidermique, comme la cornée se dépouille également de sa couche épithéliale, lorsqu'elle est atteinte d'inflammation.

A une seconde période, on voit se développer tout autour du tympan un cercle rougeâtre dû à l'injection et au boursouflement de la peau qui avoisine la circonférence du tympan. De ce cercle rougeâtre, partent des vaisseaux radiés qui vont de la circonférence au centre du tympan ; de même, dans les kérato-conjonctives, on voit se former tout autour de la cornée des vaisseaux également radiés et allant de la circonférence au centre.

Le long de ces vaisseaux, on voit sur le tympan, comme sur la cornée, se former de petites plaques blanches, opaques, qui sont le résultat de petits épanchements de lymphe plastique. Ces exsudations plastiques sont le point de départ de vaisseaux de nouvelle formation qui vont, en suivant diverses directions, s'anastomoser avec les vaisseaux radiés dont nous avons déjà parlé.

De plus, c'est à cette époque, c'est-à-dire au commencement de la deuxième période, que le tympan, comme la cornée dans la kératite vésiculaire ou phlycténoïde, se couvre de petites vésicules pleines de sérosité, de petites phlyctènes. Puis la sérosité de ces vésicules est remplacée par du pus; elles passent à l'état de

pustules, elles s'ouvrent, leur fond s'ulcère et cette ulcération donne lieu à une perforation du tympan. Comme ces phlyctènes sont réunies par groupes et subissent toutes en même temps le même travail d'ulcération, il en résulte que toutes ces perforations se réunissent en une seule, plus ou moins large, suivant que le groupe des phlyctènes occupait une partie plus ou moins grande du tympan. Nous savons déjà que les perforations de la cornée, dans la kératite phlycténoïde, s'effectuent de la même manière.

Ces perforations guérissent quelquefois. Elles peuvent, si elles sont étroites, être comblées par un épanchement de lymphe plastique, et alors la cicatrisation se fait comme dans les plaies simples du tympan.

D'autres fois, lorsque la perforation est un peu plus grande, elle est comblée par des bourgeons charnus qui croissent sur les bords de la solution de continuité. Ces bourgeons charnus acquièrent quelquefois un volume excessif et donnent lieu alors à une tumeur qu'on a, bien à tort, appelée polype du tympan.

Mais dans le plus grand nombre des cas, la perforation du tympan, pour peu qu'elle soit étendue, ne se cicatrise jamais et persiste indéfiniment.

Du reste, cette perforation n'est pas toujours la conséquence nécessaire de la rupture des phlyctènes. Le fond de ces phlyctènes peut quelquefois se cicatriser, mais alors la cicatrisation est précédée d'une exsudation de lymphe plastique; et de cette exsudation résulte un épaississementdu tympan, épaississement tout à fait analogue à certaines taies ou leucomas de la cornée que nous savons être la conséquence de la cicatrisation des ulcères de la cornée.

Pendant le travail de cicatrisation, des vaisseaux se sont développés autour de ces ulcérations. Ces vaisseaux peuvent persister et former, sur le tympan, des taches et des épaississements rougeâtres, comme charnus, que nous appellerons pannus du tympan; en raison de sa ressemblance parfaite avec le pannus de la cornée.

Telle est la série des altérations pathologiques que l'on doit étudier dans les phlegmasies aiguës ou chroniques du tympan. Nous venons de voir l'anatomie pathologique aussi complète que possible et d'après la description précédente, nous croyons avoir

démontré qu'il y a analogie complète entre les phlegmasies du tympan et celles de la cornée. On trouve dans ces deux organes les mêmes altérations anatomiques : elles se développent sous l'influence de causes qui peuvent être comparées, les unes aux autres, tout aussi bien que les symptômes; et le traitement comporte les mêmes indications.

Symptômes. — Les symptômes de l'inflammation du tympan sont anatomiques et physiologiques.

Les symptômes anatomiques ressortent de ce que nous avons dit, en traitant del'anatomie pathologique. En explorant l'oreille avec le spéculum, on peut voir le tympan et reconnaître toutes les altérations que nous venons d'étudier.

Pour symptômes physiologiques, nous avons la douleur qui est toujours très-aiguë; son lieu d'élection est la partie supérieure ou inférieure de l'hélix. La phlegmasie du tympan est la maladie de l'oreille qui occasionne les douleurs les plus intenses : la douleur peut être continue ou intermittente, dans ce dernier cas elle offre des accès qui simulent à s'y méprendre une névralgie. Aussi la phlegmasie du tympan est prise souvent pour une otalgie simple. Après là douleur, vient la dysécée qui est plus ou moins grande.

Et enfin, la dépravation de l'ouïe , les bourdonnements d'oreille ; mais ce sont les tintements ou sifllements qui se rencontrent le plus souvent.

Lorsque le tympan se perfore, le plus souvent la douleur et les bourdonnements cessent dès le moment où la perforation est accomplie ; mais la dysécée persiste, et l'ouïe ne revient jamais à l'état normal, à moins que la perforation ne soit assez petite pour qu'une cicatrice transparente puisse se former.

Lorsqu'à la suite de l'inflammation du tympan, il reste un épaississement de cette membrane et qu'elle est comme parcheminée, l'ouïe ne se rétablit pas ; c'est pour des cas pareils qu'on a proposé d'ouvrir une nouvelle voie aux ondes sonores, en perforant la cloison. Nous aurons tout à l'heure à examiner l'opportunité de cette opération.

Le diagnostic de l'inflammation du tympan est facile. On est mis sur la voie par les symptômes physiologiques : douleurs, bourdonnements d'oreille, surdité. Ou n'a pas à penser à une inflammation du conduit auditif externe, à cause de l'absence

19t» MALADIES DE LA MEMBRANE

d'écoulement, et aussi parce qu'on ne trouve pas, comme dans l'otite externe, des ganglions engorgés au-devant du tragus; et enfin le diagnostic est complété par l'exploration du tympan, à l'aide du spéculum. S'il restait quelque doute et que Ton eût à craindre une complication fréquente et presque obligée des pblegmasies de la membrane du tympan, c'est-à-dire une otite interne : on doit porter une sonde dans la trompe d'Eustaehe et y faire une insufflation d'air. En même temps, on ausculte la caisse à l'aide du stéthoscope placé sur l'apophyse mastoïde, et cette exploration permet de constater si la caisse est libre ou si elle renferme des liquides (pus ou mucus).

Le pronostic de cette affection est toujours grave, à moins que l'on n'ait affaire à une intlammation superficielle; le malade est toujours voué à la surdité, ou du moins à une dysécée plus ou moins grande.

On doit craindre trois terminaisons à peu près également funestes, et bien plus fréquentes que la résolution de la phlegmasie et le retour à l'état normal.

Ces trois terminaisons fâcheuses sont :

1° Le passage à l'état chronique qui s'observe assez souvent, surtout lorsque le traitement a été mal dirigé ;

2° L'épaississement du tympan, et par suite la dysécée;

3° Enfin, la perforation du tympan, qui amène la surdité et une otite externe, qui se perpétue à cause du contact incessant de la muqueuse de la caisse avec l'air froid extérieur.

Trait entent. — Nous avons deux classes de moyens thérapeutiques : les antiphlogistiques d'une part, et de l'autre les moyens généraux, dirigés contre les diathèses qui ont favorisé le développement de la maladie.

lo Les antiphlogistiques doivent être employés surtout au début. S'il y a de la fièvre et des symptômes de congestion cérébrale, il ne faut pas hésiter à pratiquer une saignée générale. Itard et Wylde conseillent la saignée de la jugulaire; Kramer n'admet pas la saignée de la jugulaire et lui préfère celle du bras. Nous ne pouvons pas partager à cet égard, l'opinion de Kramer: ici, la saignée de la jugulaire a, en effet, plus d'efficacité que celle du bras : mais elle a un inconvénient, celui de rendre nécessaire, après qu'on l'a faite, une compression du col. qui gêne la circulation en retour du sang veineux. C'est là, comme

on le sait, une cause capable d'augmenter la congestion cérébrale qui peut coexister avec l'inflammation du tympan.

On fera, en même temps que la saignée générale, une application de sangsues tout autour de l'oreille. Il faudra les appliquer, une à une, en les remplaçant au fur et à mesure qu'elles tombent, et de manière à avoir un écoulement de sang continu pendant un laps de temps plus ou moins considérable, jusqu'à ce que la douleur soit calmée.

A défaut de sangsues, les ventouses peuvent être appliquées à l'apophyse mastoïde ; mais les ventouses ne m'ont jamais semblé procurer au malade un soulagement aussi prompt et aussi complet que les sangsues.

En même temps que les émissions sanguines, nous conseillons les fumigations et les injections tièdes et émollientes dans l'oreille. Il faut seulement observer une précaution qui est indispensable : elle consiste à bien sécher l'oreille après l'injection afin de ne pas y laisser séjourner quelques gouttes d'eau, lesquelles en se refroidissant augmenteraient encore la réaction inflammatoire.

Si les fumigations et les injections ne donnent pas un soulagement marqué , on pourra les remplacer, en instillant dans l'oreille quelques gouttes d'huile ou de lait tiède. On engagera le malade à tenir la tête penchée du côté sain, de manière que le liquide médicamenteux reste, un certain temps, au contact de la membrane enflammée.

Notons encore, comme application locale, des cataplasmes que l'on renouvellera souvent.

Les applications locales et les émissions sanguines trouveront un adjuvant utile dans l'emploi des purgatifs. Le calomel est celui qui convient le mieux. Il agit à la fois comme antiphlogistique et comme altérant. On le donnera à doses fractionnées, par la méthode de Law, un centigramme toutes les heures. Les prises seront continuées jusqu'à ce que les gencives soient touchées. On peut associer le calomel à d'autres purgatifs, par exemple, à la scammonée. La formule qui m'a réussi le mieux est celle-ci :

Scammonée d'Alep pulvérisée 1 gramme.

Calomélas 0,50 cent.

Divise/ en 20 paquets. Un paquet toutes les deux heures.

La scammonée procure des selles abondantes, le calomel agit comme altérant et antiphlogistique; et en même temps il y a un effet sudorifique très-marqué, dû probablement à la scammonée :

Ces sueurs abondantes m'ont toujours paru d'un salutaire effet sur les maladies de l'appareil auditif.

Lorsque l'inflammation du tympan passe à l'état chronique, il faudra encore avoir recours aux antiphlogistiques; mais on sera modéré dans l'emploi des évacuations sanguines, et on donnera la préférence aux révulsifs. Les sétons à la nuque, les moxas, les cautères aux apophyses mastoïdes, les frictions avec la pommade stibiée ou avec l'huile de croton tiglium tout autour de l'oreille.

2° Quant au traitement général, destiné à combattre la cause diathésiquequi a pu causer ou entretenir l'inflammation du tympan, il faut interroger avec soin les commémoratifs, reconnaître s'il n'y aurait pas une diathèse syphilitique ou scrofuleuse, et dans ce cas instituer un traitement antisyphilitique ou antiscrofuleux.

Lorsqu'à la suite de l'inflammation du tympan, il se développe des granulations sur cette membrane, il faut faire des injections astringentes ; par exemple : 30 centigr. 50 de sucre de saturne pour 30 grammes d'eau de roses, etc.

Enfin, si, malgré un traitement bien dirigé, il se forme un épaississement du tympan, quelques auteurs ont conseillé de perforer cette membrane. Cette perforation a été pratiquée trèssouvent et n'a presque donné que des insuccès. Deleau, sur vingt-cinq opérations, n'a pas eu une seule guérison. Itard l'a pratiquée un très-grand nombre de fois, et je ne lui connais qu'un seul cas de succès. Je l'ai pratiquée quelquefois aussi et je n'ai pas mieux réussi; en sorte que je regarde cette opération comme très-hasardeuse et ne pouvant réussir qu'à la condition d'agir, dans les cas bien déterminés, où l'épaississement de la cloison est la seule cause de surdité. Or, nous savons que la caisse participe le plus souvent, sinon toujours, aux altérations de la cloison. Ces conditions rendent le succès si incertain, que je voudrais tenter seulement cette opération, dans un cas de surdité complète et quand tous les autres moyens auraient échoué.

D'ailleurs, Boyer, si judicieux comme chacun le sait, avait

déjà marqué le peu d'avenir de cette opération chirurgicale, en disant : « J'ai de la prévention contre toute opération qui, ayant « pour objet le rétablissement des fonctions d'un organe, porte « atteinte à sa structure et détruit une des conditions nécessaires « à l'exercice de ses fonctions (1). »

Nous donnons quelques observations à l'appui des propositions précédentes.

34* Observation. — Inflammation avec destruction des membranes xiu tympan; écoulements anciens de l'oreille. — Guérison de la surdité par l'application de deux tympans artificiels. — Une demoiselle de dixsept ans se présente à notre dispensaire le 28 juillet 1855. Sa mèr" nous donne les renseignements suivants :

La malade a été vaccine'e, non variolée; elle n'a été atteinte ni de rougeole, ni de scarlatine, ni de fièvre typhoïde. Elle est réglée depuis deux ans convenablement.

A l'âge de cinq ans, celte enfant reçut un coup de volet sur l'occiput. Dans la chute, le front alla rencontrer l'appui de la fenêtre, et de là elle fut renvoyée parterre. Perte de connaissance ; commotion violente ; point d'écoulement de sang par le nez et les oreilles ; point de plaie à l'endroit frappé. Une petite bosse sanguine se montre et disparaît en quelques jours. La mère ne pense pas que l'ouïe ait été plus dure le lendemain de l'accident.

nuoi qu'il en soit, six semaines après un abcès se fit jour par chaque oreille et par la bouche. Le pus sortit en abondance; il était jaune et d'une grande fétidité. Cet écoulement dure encore par le méat, et de temps en temps du sang pur remplace le pus en assez grande abondance.

État actuel. — La malade est une personne blonde, au teint coloré, à la peau blanche. Point de traces de glandes au cou ni de ganglions auriculaires. Elle n'est point sujette aux maux de gorge, ni au coryza; elle ne tousse point, et présente d'ailleurs les apparences de la plus belle sanlé.

Signes anatomiques. — Des deux côtés les conduits sont en plein état d'olorrhée. A droite, le tympan est détruit ; on ne voit que des granulations rougeàtres delà caisse qui font hernie au fond du conduit. A gauche, le tympan est conservé dans sa circonférence; mais au centre, il est perforé, et il y a en outre des granulations rougeàtresde la caisse qui font hernie dans le conduit. On aperçoit sur la paroi interne de

(I) Boyer, Traité des maladies chirurgicales, 1831, t. VI, p. 45.

la caisse une sorte de verrue rougeâlre qui n'est autre chose que l'étrier, retenu en place par la muqueuse hypertrophiée.

Signes physiologiques. — Bourdonnements; un peu de douleur; difficulté considérable pour entendre la voix. Les battements de la montre sont perçus à droite à 0,12; à gauche à 0,13 cent.

Traitement. — Iodure de potassium ; vin blanc; pain grillé ; viandes rôties; injections : eau de roses, 100 gr. ; miel rosat, 40; sel de Saturne, 0,50 matin et soir.

Le 31 juillet, insufflation de sulfate de cuivre porphyrisé dans les deux oreilles.

Le 2 août, la suppuration a diminué, ainsi que les bourdonnements. Le 14, même état. — Même traitement.

En septembre et octobre, la malade habite la campagne et suit le traitement général assez bien; mais les injections ne sont faites que trcs-irrégulièrement.

Le 5 novembre elle revient à notre dispensaire, et nous constatons peu ou point de suintement. Quelques mucosités se voient au fond du méat. Les granulations ont presque entièrement disparu. La montre est entendue à droite, à 0,84; à gauche, à 0,43. — Nouvelle insufflation de sulfate de cuivre, etc.

Le 24 novembre, malgré un temps FIG- 17, humide et froid , la malade en-

tend la montre à gauche, à 0,50; à droite, à 0,50.

En décembre 1855, cette jeune fille est complètement guérie de son otorrhée et de ses bourdonnements; elle entend toujours la montre à 0,50 cent, et même à 0,60, quand le temps est beau.

Pour éviter l'impression de l'air froid sur la muqueuse de la caisse, et les accidents qui en sont la conséquence (douleur, écoulement, etc.), je lui fis porter deux petits tympans artificiels, fabriqués par M. Lùer.

(Fig. 17.)

Lorsque les deux petits appareils sont bien appliqués et que leurs membranes sont convenablement tendues et légèrement humides, la portée de l'ouïe est augmentée de quelques centimètres.

Fig. 17. — A, l'appareil seul, petit tube d'argent garni d'une baudruche à son extrémité externe ou évasée.— B, l'appareil en place. — D, le petit fil destiné à le retirer, caché dans la rainure de l'hélix.

Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que la perception des sons articulés est beaucoup plus nette : la malade entend bien plus facilement la parole.

35e Observation. — Otite externe avec phlegmasie chronique du tympan à gauche, et perforation du tympan. — Le 7 janvier 1856, P., jeune homme de trente ans, se présente à noire dispensaire et nous dit qu'au commencement d'août 1855, pendant les grandes chaleurs, il prit un bain froid dans la Seine, à la suite duquel il ressentit de la démangeaison dans l'oreille : cette démangeaison fut suivie de douleurs et d'écoulement de pus, qui depuis lors n'a pas cessé malgré la médication qui consista en vésicatoire derrière l'oreille, et une application de sangsues.

État général. — Taille grande, un peu lymphatique et peau fine.

Signes anatomiques. — Pavillon bien conformé, à gauche ; — méat glabre sans poils ; un peu d'écoulement se trouve dans le méat ; matière jaunâtre non fétide; — médiocrement abondante.

La suppuration enlevée au moyen d'une injection; on constate que le tympan a perdu sa transparence ordinaire, il est opalin, lactescent, avec une plaque rouge à sa partie antérieure et supérieure; le manche du marteau n'est plus visible, la moitié du tympan conserve encore sa forme convexe, mais sa surface est dépolie: il n'est point perforé. En faisant moucher le malade on n'entend aucun bruit dans la caisse.

Signes physiologiques. — Point de douleur, quelques bourdonnements, pas d'éréthisme, la gorge saine, un peu rougeàlre ; amygdales petites.

A droite. — Phlegmasie chronique du tympan.

Traitement. — Faire des injections trois par jour avec le thé noir en infusion.

Faire des frictions derrière l'oreille avec l'huile de crolon tiglium, 2 gouttes.

8 janvier 1 856. — Insufflation d'air, douche de potasse caustique.

11 janvier 1856. — L'huile a causé une éruption très-marquée ; le tympan est encore opaque ; insufflation d'air à gauche.

14janvier. — Injection au sucre de Salurne.

16 janvier. — Même état. — Frictions d'huile de croton derrière chaque oreille. —Solution ioduréeà l'intérieur,— injection de thé noir.

17. — La suppuration était tarie il y a quelques jours, quand à la suite d'une libation trop copieuse 1 écoulement s'est reproduit.

21 janvier. — Il y a toujours des mucosités purulentes au fond du conduit. — Insufflation d'air dans la trompe.

.5, 5, 7, 8, 10, H février. — On touche la membrane du conduit avec un petit pinceau trempe dans de la teinture d'iode. — La sup-

puration est larie complètement. — Les bourdonnements ont disparu.

— Le malade a recouvré l'ouïe normale.

13 février. — Le malade, après s'être exposé au froid, a ressenti une violente douleur dans l'oreille gauche. On voit un point grisâtre à gauche sur le milieu du tympan qui semble une perforation imminente. — Le tympan droit présente encore des traces d'inflammation.

— On ordonne derrière l'oreille de ce côté une friction d'huile de croton tiglium, 2 gouttes.

15 février. — La perforation est manifeste, de la largeur d'une tête d'épingle.

18 février. — Friction d'huile de croton derrière l'oreille gauche.

25. — L'application d'huile a produit une éruption abondante.

26. — La perforation est touchée, avec un stylet chargé de nitrate d'argent.

1er mars. — On voit diminuer l'étendue de la perforation .

15 mars. — Guérison. — Un point blanc cicatriciel, existe à la place de la solution de continuité. — La montre est entendue à 1 mètre.

36e Observation. — Double otite catarrhale avec vascularisation du tympan gauche et perforation du droit. — Le 25 avril 1856, Marie J., âgée de vingt-cinq ans, lymphatique, bien réglée, sujette aux coryzas:

— mais non aux maux de gorge, se présente à notre clinique et nous donne les renseignements suivants :

Il y a deux ans, sans cause connue, diminution de l'ouïe du côté gauche sans écoulement ; l'oreille droite depuis cinq mois a éprouvé les mêmes symptômes ; et depuis quelque temps elle est affectée d'un flux puriforme abondant.

Celle maladie a été traitée à Necker pendant un mois, sans succès aucun, par les vésicatoires placés derrière chaque oreille.

Etat actuel. — Pavillon bien conformé, — à gauche méat sec, tympan vascularisé, — opaque. — A droite , grande perforation cordiforme occupant la moitié du tympan dans le point où s'insère le marteau; le tympan à sa circonférence est blanchâtre, épaissi; l'air sort en sifflant, dans les efforts d'expiration. La montre n'est pas entendue au contact.

Signes physiologiques. — Bourdonnements dans les deux oreilles. — Pas de douleur actuellement. — Surdité complète.

Traitement ioduré. — Injection de thé noir. — Cautérisation de la perforation avec le nitrate d'argent.

3 mai. — Elle entend à 0,06 cent, de chaque côté.

Le tympan gauche commence à devenir plus transparent. — La perforation est la même à droite.

Celle malade est partie pour la campagne.

On ne peul en vérité s'empêcher de déplorer le triste résultat du traitement obtenu à l'hôpital. Cette grande perforation eût sans doute pu être évitée, avec la surdité qui en est la conséquence, si le médecin eût exploré l'oreille avec attention, au lieu de se contenter du traitement banal parles vésicatoires.

37e Observation. — Otite catarrhale double , de cause strumeuse avec phlegmasie chronique du tympan droit et ancienne perforation. — Le 11 janvier 1856, Edouard M., âgé de dix-sept ans, se présente à notre clinique. — Sujet aux gourmes dès son enfance, il en a été débarrassé dans les premières années de sa vie par un traitement inconnu et c'est à la suite de cette maladie qu'il devient sourd. Ses oreilles n'ont jamais coulé. C'est un garçon assez grand pour son âge, blême avec des taches de rousseur à la figure. Il contracte assez facilement des rhumes de cerveau; la gorge est rouge et les amygdales petites ; la tète est sans gourme; les cheveux sont en très-bon état.

Signes anatomiques. — Pavillon de l'oreille bien conformé.

A gauche. — Méat glabre sans cérumen; le tympan est opaque.

A droite. — Méat glabre sans cérumen ; le tympan est épaissi, bosselé, opalin, cicatriciel, et il y a à sa partie supérieure en dedans du manche du marteau une perforation de la largeur d'un petit pois ; celte perforation est en partie comblée par une excroissance rougeàtre charnue; dans les efforts d'expiration Pair ne passe pas et ne tend pas le tympan, — d'où il est probablement permis d'établir qu'il existe une adhérence entre le promontoire et les osselets de la caisse. On constate dans les efforts d'expiration un râle catarrhal.

Signes physiologiques. — Douleurs; pas de bourdonnements; peu d'érélhisme.

Traitement. — Gentiane, sirop de ménianthe composé : iod. pot., 5 grammes ; injections au sucre de Saturne, 30 cent. ; fumigation de sureau, — vin, — viandes grillées, — cresson.

5 février 18o6. — Pommade stibiée derrière l'oreille droite. — La perforation que l'on remarque au tympan droit est triangulaire, et assez considérable. — Injection de sulfate de cuivre.

G février. — Même état.

13 février. — La perforation est en voie de cicatrisation.

16 février. — On cautérise la perforation avec un stylet chargé de nitrate d'argent. — Buire demain une bouteille d'eau de Sedlilz.

18 février. — Amélioration.

10 mars. — La perforation du tympan s'étend : le fond de la caisse est fongueux.

9 avril. — Le méat est plein de suppuration venant de la caisse. — Injection au suif, de cuivre.

16 avril. — A droite, à 0,60 ; cautérisation de la perforation du tympan droit. — A gauche, à 0,80 cent.

18 avril. — Deux gouttes d'huile de croton en friction derrière l'oreille droite.

15 mai. — La perforation a diminué sensiblement : peu ou point de suppuration.

1er juin. — La perforation est cicatrisée. — A droite la montre est entendue à 0,50 cent. — A gauche, le tympan conserve sa teinte opaline ; mais l'ouïe s'est améliorée, et la montre est entendue à 0,60 cent.

38e Observation. — Otite catarrhale interne avec perforation du tympan droit. — Q., tailleur, âgé de cinquante-deux ans, se présente à notre clinique le 9 février 1856. — D'une taille forte, de bonne constitution, il nous dit qu'il y a six semaines, après avoir respiré de l'alcool camphré, il fut pris à l'instant d'une surdité du côté gauche, qui n'a pas cessé depuis lors ; deux jours après, des bourdonnements se faisaient entendre; et ils ont continué jusqu'à ce jour.

Etat anatomique, à gauche. — Pavillon bien conformé, méat sain, cérumineux; en faisant moucher le malade on entend un gargouillement caractéristique. Ce tympan est petit, transparent.

Signes physiologiques. — Point de douleur : des sifflements. Cophose.

Traitement. — Insufflalion d'air dans la trompe gauche ; poudre de Saint-Ange a priser.

15 février. — On constate que le tympan droit est détruit; friction d'huile de croton. — Adroite, injection au sucre de Saturne, fumigation de sureau.

25 février. — Un tampon cérumineux remplit le fond du méat gauche ; le tympan est un peu enflammé. — A droite, il y a toujours du pus qui s'écoule. Injection de thé noir.

10 mars. — A gauche, à 0,30; à droite, au contact. Insufflation d'air dans les deux trompes.

21 mars. — Amélioration. — Iodure de potassium. — Gentiane.

16 avril. — Injection au sucre de Saturne.

18 avril. — Friction à la pommade slibiée derrière chaque oreille.

13 mai. — 11 entend à 0,50, des deux côtés. — Je lui applique un tympan artificiel, à droite.

39e Observation. — Otite externe catarrhale aiguë avec gonflement de la membrane des deuxconduits et avec perforation des deux tympans. — Paul B., âgé de dix-neuf ans, se présente à notre clinique, le 20 juillet 1855. — Il y a huit jours, il prenait un bain froid, et c'est en plongeant et faisant un effort de renversement qu'il est entré dans l'eau. Le soir seulement, il s'aperçut de l'affaiblissement de l'ouïe.

Le lendemain surdité complète.

En examinant les deux oreilles, je puis constater que les deux méats étaient secs, sans poils ni cérumen. — Les deux tympans offrent une perforation, un peu au-dessous de la longue branche du marteau : c'est une fissure longitudinale placée verticalement : un petit caillot de sang est interposé entre les lèvres de chacune des plaies.

La membrane du conduit auditif est gonflée, rouge; — la moindre pression, à sa surface, éveille la douleur.

Il y a en outre des sifflements dans les deux oreilles, — et les bruits sont très-douloureux. — Le malade est complètement sourd. — Dans l'expiration forcée, l'air ne pénètre pas dans les caisses.

La sonde ne le fait pas pénétrer davantage. Il y a donc un gonflement inflammatoire de la muqueuse de la trompe, en même temps que du conduit, survenue à la suite de la rupture des tympans : cette rupture ayant été causée par la pression de l'eau, dans les efforts de la natation, il est raisonnable de croire que quelques gouttes de ce liquide se sont introduites dans la caisse et ont produit la phlegmasie que nous observons en ce moment.

Traitement. — Cinq sangsues derrière chaque oreille. — Fumigations émollientes. — Tamponnement de chaque conduit avec du coton. — Repos. — Régime léger. — Deux pilules aloéliques, tous les deux jours. — Le septième jour, les tympans étaient cicatrisés et le malade guéri.

40e Observation. — Double otite catarrhale externe et interne avec écoulement des deux côtés et perforation du tijmpan droit. — G., âgé de quarante-cinq ans, se présente à notre clinique le 12 avril 1855. Cet homme, d'une forte constitution sanguine avec des traces d'acné au visage, nous raconte ainsi les antécédents de son indisposition.

Il y a deux mois, c'est-à-dire vers la fin de janvier, en se réveillant le matin, il s'est aperçu qu'il était sourd de l'oreille droite. Une douleurse fit sentir dans cette même oreille et dura à peu près vingt-quatre heures. — Elle était assez violente, mais pas assez pour empêcher le sommeil ; huit jours après la disparition de cette douleur, il se manifesta un écoulement blanc-jaunàlre, fétide, par le conduit auditif externe. — 11 était peu abondant, mais sans soulagement aucun relativement à la surdité dont le malade était atteint. — L'écoulement a duré huit jours.

Etat actuel. — Pavillons bien conformés, un peu aplatis cependant, on trouve encore dans le conduit auditif externe droit quelques traces de suppuration. — Après une injection d'eau tiède, on constate que les parois membraneuses du conduit auditif sont tellement gonflées qu'elles masquent la disposition des parties. — Cependant, eu appliquant le spéculum, on peut suffisamment dilater les parois du méat et voir le tympan avec les caractères suivants :

A droite. — La membrane du conduit auditif, rouge, villeuse, gonflée, encadre la cloison. Le tympan est petit, à peine de la largeur d'une lentille, — vertical, — par conséquent il a perdu sa disposition ombilicale, qui lui est naturelle.

A gauche. —Le méat est également sans cérumen, il est étroit, la membrane paraît également un peu gonflée, sa disposition est la même au fond du conduit que du côté droit, épaissie, villeuse, rouge; elle masque presque complètement le tympan. — La petite portion de cette membrane qui apparaît n'est guère plus large qu'une grosse tète d'épingle, d'un blanc nacré, sans transparence.

Dans l'expiration forcée, l'air sort en sifflant du côté droit; du côté gauche, il pénètre dans la caisse, en produisant un bruit muqueux trèsabondant.

Le cathétérisme des trompes donne les mêmes résultats.

Signes physiologiques. — La douleur du début a disparu complètement. Il en est de même des bourdonnements, qui n'ont tourmenté le malade que pendant les trois premiers jours.

La surdité, sans être très-considérable, est gênante pour cet homme à cause de sa profession. — Pas d'éréthisme.

Traitement. — Injection matin et soir avec (infusion de mélilot — miel rosat — sel de Saturne).

A l'intérieur : eau de Balaruc; 2 verres par jour, — coton dans les méats.

Après l'injection d'eau tiède et les douches d'air dans les deux trompes, la montre n'est entendue qu'a 0,14 à droite (0,34 à gauche).

14 avril i855. — Il entend la montre à 0,16 du côté droit; à 0,30 du côté gauche. — Il y a un peu de suppuration dans le conduit auditif droit. — Injection d'eau tiède. — A gauche, une douche d'air élhéré, et à droite une injection potassique.

16 avril— 18° sec. — A droite, à 24 centimètres; à gauche, 32 centimètres. — Douches de chloroforme dans les deux trompes.

19 avril 1855. — A droite, 0,25; à gauche, 0,37. — Douches de chloroforme.

21. — A droite, 0,23; à gauche, 0,37. — On fait une injection d'eau tiède dans l'oreille droite, qui fournit encore un petit suintement séreux. Les bourdonnements sont revenus.

26 avril 1 855. — A droite, il entend la montre à 0,24 ; à gauche, à 0,31 .

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