GANGRÈNE DE LA VULVE
dépressible et fréquent, altération des traits, prostration etcollapsus, sécheresse et aridité de la peau, ou sueur visqueuse et colliquative, anorexie complète, diarrhée séreuse, etc.
La gangrène de la vulve, surtout chez les enfants, peut se terminer par la mort, soit en raison de l'étendue et de la profondeur de ses ravages, soit par suite des symptômes généraux graves qu'elle provoque et qui viennent d'être décrits.
Il importe donc de prévenir la manifestation de cette lésion, en surveillant avec un soin scrupuleux la marche des maladies qui peuvent l'engendrer, ou, dans les cas de traumatisme, en exerçant une attention vigilante sur l'état de la blessure, de la plaie, de la contusion, etc., et en pratiquant des pansements méthodiques, réguliers et bien faits.
Quand la gangrène existe, il faut se hâter d'en enrayer la marche envahissante et d'en circonscrire le foyer. Si la lésion est superficielle et de peu d'étendue, on peut recourir simplement à la cautérisation avec le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure, les acides chlorhydrique, citrique, etc.; aux pansements avec les poudres de charbon et de quinquina, avec le coaltar et ses diverses préparations, avec l'acide phénique, la glycérine phéniquée, la pommade au perchlorure de fer ; aux lotions avec l'eau chlorée, la liqueur de Labarraque, etc.
Lorsque, malgré l'emploi de ces moyens, la gangrène s'étend, on doit appliquer sans retard les caustiques les plus énergiques , la potasse de Vienne, le beurre d'antimoine, l'acide nitrique anhydre, et surtout le cautère potentiel chauffé au blanc. La cautérisation doit être profonde et dépasser toujours les limites du mal. Il est nécessaire de la répéter jusqu'à ce que la lésion cesse de faire des progrès. L'eschare laisse après sa chute une plaie qu'il faut panser par les moyens ordinaires.
Pendant la période de cicatrisation, il importe de surveiller le travail réparateur, et de prévenir les adhérences vicieuses qui pourraient s'établir entre les bords opposés de l'orifice vulvaire, le rétrécir ou l'oblitérer. Si ces adhérences viennent à se produire, il faut les détruire dès le principe, avant que la cicatrice ait acquis une trop grande solidité.
Il est fort utile encore de prévenir par des lotions fréquentes les effets du contact de l'urine, soit sur les parties gangrenées, soit sur les plaies qui suivent la chute de l'eschare.
Ici le traitement général est d'une très-haute importance. Les amers, les toniques difliisibles, les antiseptiques, et principalement les préparations chlorées (quelques gouttes d'eau chlorée, ou 2 ou 3 grammes de chlorure de soude ou de chaux dans un litre d'eau), doivent être prescrits à l'intérieur, concurremment avec un régime analeptique et reconstituant.
Nous croyons devoir insister aussi sur l'utilité des fumigations chlorées, développées autour du malade au moyen du chlorure de chaux délayé dans une suffisante quantité d'eau, afin de purifier d'une manière incessante l'air environnant, et de détruire les émanations putrides de la plaie gangreneuse.