TUMEURS ENKYSTEES DE LA VULVE
quefois hématoceles vulvaù^es, sont habituellement le résultat de violences subies par les grandes lèvres : coups, chutes^ contusions, abus de coït, accouchement laborieux et prolongé, compression ou déchirure opérées par la tête d'un fœtus ou par un instrument d'obstétrique, etc.
Ces kystes se reconnaissent, dès les premiers jours, au changement de couleur des téguments, qui prennent la teinte d'abord bleue ou violacée, puis jaunâtre, du liquide épanché. Molles tant que le sang reste fluide, elles acquièrent une consistance demi-solide ou solide, à mesure que la partie fibrineuse du sang se coagule. Il arrive ensuite, ou que l'épanchement se résorbe entièrement et ne laisse après lui qu'une petite tumeur dure et mobile, — c'est le reliquat non résorbé du coagulum, — ou que le sérum n'est pas résorbé, et forme un kyste séreux. Plus rarement les kystes hématiques se terminent par suppuration et aboutissent à un abcès.
Les kystes séreux peuvent donc naître d'un kyste sanguin, dont ils représentent une des transformations ultimes.
Us se montrent quelquefois aussi, mais beaucoup plus rarement, d'une manière primitive.
Les kystes séreux des grandes lèvres ont été assimilés, par plusieurs chirurgiens, à l'hydrocèle, et décrits sous le nom d'hydrocèle vulvaire.
Il est probable qu'il faut ranger également dans les tumeurs désignées ainsi, les kystes mnquevx, ou séro-muqueux , qui, d'après MM. Velpeau et Yidal (de Cassis), se développent, sous l'influence des excès de coït, dans une bourse muqueuse située dans l'épaisseur des grandes lèvres.
On a donné aussi la même dénomination à la dilatation excessive des conduits de la glande vulvo-vaginale. On voit, en effet, l'orifice de ces conduits s'oblitérer parfois; le liquide sécrété par la glande s'y accumuler sans cesse, distendre outre mesure les canaux excréleurs, et donner ainsi lieu à une tumeur enkystée, toujours située, comme les abcès des glandes vulvo-vaginales, à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de la vulve.
L'accumulation du mucus dans les follicules mucipares, répandus si abondamment au pourtour de la vulve, peut encore devenir, de la même manière, l'origine et la cause de tumeurs enkystées, aisément reconnaissables à leur volume généralement petit, à leur
forme globuleuse, à leur extrême mobilité, à leur position superficielle et au défaut de fixité de leur siège.
La poche d'un ancien abcès peut servir également de point de départ à un kyste vulvaire. C'est ce qui arrive à peu près inévitablement, si la cavité purulente ne s'est pas oblitérée par le rapprochement et l'adhérence des parois.
Une dernière variété de kystes vulvaires est constituée par les kystes mélicériques ou sébacés, encore désignés sous la dénomination de loupes de la vulve.
Ces tumeurs, résultant du développement hypertrophique, mais non inflammatoire^ des glandes sébacées de la vulve et de l'accumulation de la matière sécrétée, sont fermes et comme pâteuses au toucher. Contrairement aux kystes liquides, elles ne présentent aucun signe de fluctuation.
Les kystes de la vulve sont faciles à reconnaître à leur forme généralement sphérique, à leur mobilité, à leur indolence. S'il pouvait exister quelques doutes sur la nature de la tumeur, et particulièrement sur la qualité de son contenu, une ponction exploratrice suffirait pour lever immédiatement toute incertitude.
Lorsque ces tumeurs sont d'un petit volume et placées à la partie antérieure des grandes lèvres, elles n'exercent aucune incommodité, et peuvent être gardées sans inconvénient ; mais si elles sont volumineuses et si elles forment une saillie au devant de l'orifice v:;ginal, elles deviennent un obstacle gênant pour les rapprochements sexuels, et elles peuvent, sous Tinfluence des mouvements.et de la marche, s'irriter et s'enflammer.
L'inflammation est, en effet, une des complications possibles des kystes vulvaires et une indication de les opérer, afin de prévenir le retour de cet accident.
Si les kystes sont liquides et peu volumineux, on peut tenter d'en obtenir la résorption par l'écrasement. Cette simple opération suffit quelquefois pour rompre les parois du kyste et pour amener l'épanchement du contenu dans le tissu cellulaire ambiant, où il se résorbe. Les kysies sanguins ne doivent pas être ouverts prématurément.. Il convient d'en favoriser la résorption avant de recourir à une opération, souvent superflue et quelquefois nuisible, en raison des complications dont elle peut être suivie.
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Les kystes séreux, miiqueux ou séro-muqueux devront être traités, suivant les cas, soit par la ponction avec un trocart, l'évacuation du liquide et une injection vineuse ou iodée; soit par l'incision ou l'excision. La ponction est aujourd'hui généralement adoptée; c'est à elle qu'on doit le plus souvent donner la préférence.
Quant aux kystes solides, les loupes par exemple, c'est au moyen de l'énucléation qu'il faut en tenter la cure radicale.
ARTICLE IL