TUMEURS VASGULAIRES DE LA VULVE
Les mêmes moyens conviennent aux tumeurs plus volumineuses ; mais ils seraient insuffisants si l'on n'y joignait une compression continue et modérée, à l'aide d'une pelote de caoutchouc ou d'un coussinet maintenu ptir un bandage en T.
ARTICLE II
TUMEURS ÉREGTILES.
Les tumeurs êrediles se présentent généralement sous la l'orme de masses pédiculées, résultant de la réunion de plusieurs excroissances vasculaires dont l'ensemble rappelle l'aspect d'une framboise.
Ces tumeurs se développent autour du méat urinaire, et le plus souvent au-dessous. Dans un cas que nous avons observé, la tumeur formait un bourrelet circulaire au centre duquel était l'orifice de l'urèthre.
Leur coloration est rouge, un peu violacée. Elles sont molles^ d'une consistance fongueuse, et saignent assez facilement. Elles sont très-sensibles au toucher, et provoquent aussi des douleurs lancinantes, un sentiment de chaleur et de cuisson qui se propage dans l'urèthre et dans les parties voisines. Il en résulte quelquefois du ténesme, des envies fréquentes d'uriner et tous les symptômes de la dysurie. La marche et les mouvements augmentent ces pénibles phénomènes.
Le siège de ces tumeurs, leur nature essentiellement vasculaire, érectile, leur coloration d'un rouge foncé, l'absence de toute sécrétion fétide dans leur voisinage, sont autant de signes qui distinguent ces excroissances d'autres productions morbides analogues qu'on rencontre à la vulve.
Les tumeurs^érectiles de la vulve n'ont aucune tendance à guérir spontanément.
Les douleurs auxquelles elles donnent naissance peuvent être modérées par l'emploi des topiques calmants, des bains de siège, des bains entiers, etc., mais ces moyens sont généralement insuffisants, et il faut de toute nécessité recourir à l'ablation.
Nous doutons de l'efficacité des lotions astringentes recommandées par Dugès. Cependant avant de recourir à l'excision, on peut essayer, chez les malades pusillanimes, de saupoudrer la tumeur avec de l'alun pulvérisé, suivant le conseil de madame Boivin/
Quant à l'excision^, elle peut se pratiquer, soit par la ligature, soit avec le bistouri, ou mieux encore, et de préférence, avec les ciseaux courbes.
La ligature doit être préférée quand la tumeur est pédiculée ; mais si la tumeur est sessile et présente une base assez large, il faut recourir à l'instrument tranchant.
Cette opération est suivie d'une hémorrhagie parfois assez abondante, et il n'est pas rare de voir récidiver la tumeur.
Dans le double but d'arrêter la perte de sang et de prévenir la reproduction de la lésion, on cautérise la plaie, soit avec le crayon de nitrate d'argent, soit avec une aiguille à tricoter ou l'extrémité d'un stylet chaufl'és au blanc.
Cette cautérisation doit être renouvelée plusieurs fois, à un jour ou deux d'intervalle, jusqu'à la destruction des derniers vestiges de la tumeur. Cependant il faut toujours cautériser avec précaution et (l'une manière superficielle, afin de ne pas occasionner de désordres dans l'urèthre, et d'éviter des cicatrices vicieuses qui pourraient causer des rétrécissements dans ce canal ou des fistules urinaires.
Un moyen plus sûr encore pour éviter l'hémorrhagie consiste à pratiquer, préalablement à l'excision, plusieurs cautérisations successives, à trois ou quatre jours d'intervalle, avec un petit crayon de potasse caustique de Filhos. Lorsque, à l'aide de ces cautérisations préalables, on a réduit le volume de la tumeur et profondément modifié sa texture, on fait d'abord quelque moucheture avec une lancette, puis on procède à l'excision. Nous avons employé ce mode opératoire avec succès dans le cas de tumeur vasculaire de la vulve signalé plus haut.