PLANCHE II
Fig. 1.
La figure tr° donne la représentation d'un impétigo à l'état aigu, avec sa sécrétion purulente qui se concrète en croûtes jaunes. Nous avons pris cet exemple sur la figure d'un adolescent, parce que celte maladie est très commune à cet âge. Il est là disposé en une plaque arrondie, assez bien conformée, figurée pour représenter l'impétigo figurata, dénomination tirée de sa forme et non pas de son siège. Dans cette affection, la confluence des pustules est telle qu'elles se touchent, qu'elles se confondent pour donner naissance à une croûte unique. Mais on peut voir çà et là, à la circonférence de la plaque, plusieurs petites pustules isolées qui donnent une idée de l'élément morbide de l'affection. C'est donc là une maladie à élément pur, très distincte d'ailleurs de l'eczéma impétigineux représenté à l'état aigu et chronique dans la planche I. L'eczéma impétigineux est une forme composée, comme l'impétigo sycosiforme qui est représenté figure 2 est une association de deux maladies, l'impétigo et le sycosis. Aussi daus cette seconde variété la maladie siège toujours à la bouche et principalement au-dessous de la cloison du nez ou du menton. Ce ne sont pas de grosses pustules ou de gros tubercules comme dans le sycosis, mais de petites pustules isolées, assez profondément nées dans la peau, ne sécrétant que par poussées et donnant naissance à une croûte sèche, dure, saillante, adhérente, et dont la chronicité est le cachet.
Fig. k.
Dans cette figure on représente des pustules tout opposées. Elles sont larges, assez vésiculeuses, très superficielles , mais ombiliquées d'un point noir à leur centre, qui est assez profond, et qui laisse après la guérison une- empreinte à la peau. C'est la pustule d'ecthyma, comme c'est aussi celle de la gale. Mais dans un ecthyma aigu, tdutes les pustules tendent à s'ombiliquer ; dans la gale, ce n'est que l'exception. Cette figure est prise sur le dessus de la partie inférieure de l'avant-bras; c'est aussi là que se rencontre le plus souvent l'ecthyma. On peut voir que l'épiderme est soulevé et que l'engorgement cutané ne forme pas la dixième partie de la pustule. La circonstance qui dislingue le plus facilement l'ecthyma de la gale, c'est le siège limité de cette éruption dans un point donné du corps, avec absence de tout bouton sur les points où la gale, se montre ordinairement.
EXPLICATION DÈS PLANCHES
Fig- 5.
La figure M offre les caractères de pustules d'un autre genre. Elle représente ce que dans le inonde on appelle le plus communément des boutons. C'est l'engorgement de la peau qui en constitue les neul" dixièmes. Le pus ou la vésicule purulente n'existe qu'au sommet. La coloration indique la forme chronique de ces boutons, et la peau blafarde sur laquelle ils sont nés fait connaître le caractère du tissu où on les rencontre le plus souvent. Cette acné siège le plus généralement à la figure, ainsi que nous l'avons représenté.
Fig. 3.
Dans cette figure on retrouve le sycosis tuberculeux, ou mentagre, porté à son plus haut degré de développement. Deux choses frappent tout d'abord dans cette affection : la série de tubercules suppurants qui se sont développés dans l'épaisseur de la peau, et la tuméfaction de la peau, qui double, triple ou quadruple le volume du menton. Nous avons supposé une mentagre très forte en granulations, donnant toutes une suppuration moins purulente, qui a peu de tendance à se concréter et qui forme peu de croûtes. Il existe une autre variété de mentagre que nous avons appelée pustuleuse ; elle n'a que de très rares tubercules, mais elle a surtout de très grosses pustules, et elle est accompagnée d'un engorgement à la peau peut-être plus considérable que dans la mentagre tuberculeuse.
PLANCHE IIÏ.
Fig. 1, 2, 3.
Les figures l, 2 et 3 représentent des affections à forme papuleuse. Dans la figure première, c'est le lichen simplex; on y voit disséminées vers la longueur d'un avant-bras, sans ordre, sans méthode, des papules par groupes, toutes cependant isolées les unes des autres. Elles ont été le siège de grattages, et cependant elles ne sont pas excoriées et sanguinolentes comme dans la figure 3, qui donnent l'image d'un prurigo. Elles sont plus ou moins rosées, plus ou moins vives et inflammatoires. S'il y a eu quelques sécrétions par les grattages, c'est une sérosité qui s'est concrélée en petites écailles adhérentes. Les papules de la figure 2 sont, au contraire, volumineuses, excoriées, quelquefois suppurantes; ce sont des papules de lichen agrius, dont le siège le plus commun est à la cuisse, et qui se dispose ordinairement sous forme de rubans; on voit deux bandes de ce genre qui traversent obliquement la portion de cuisse qui se trouve représentée.
EXPLICATION DES PLANCHES
Quant au prurigo, il donne d'abord l'aspect de cette peau foncée, sur laquelle siège ordinairement la maladie. En second lieu, une série de petites papules, très superficielles, qui sont toutes excoriées, et qui toutes ont donne lieu à un petit suintement sanguinolent, qui s'est concrété sous forme de croûtes sanguines. Dans le prurigo pédiculaire, les papules sont plus saillantes et moins sanguines; elles fournissent de la sérosité; elles sont accompagnées de traînées d'excoriations allongées, et leur siège est au moins autant sur la poitrine que sur le dos.
Fig. k-
C'est la représentation du pityriasis versicolor que donne la planche IV, non pas sous le rapport de l'étendue, mais comme physionomie des taches qui peuvent avoir une surface plus ou moins considérable. On voit que l'affectiou est toute superficielle; que c'est une simple coloration de la peau avec quelques légers furfures ; il n'y a rien de comparable à cette maladie ; aussi est-elle facile à distinguer de toutes les autres. Le pityriasis nigra est beaucoup plus foncé.
Fig. 5.
Cette plaque de teigne, espèce de favus lupinosa, a été prise sur la tête d'un ancien teigneux, auquel la maladie a déjà fuit perdre un grand nombre de cheveux. L'affection est en traitement; la peau était rentrée dans des conditions naturelles, quant à l'aspect. Le traitement a été interrompu pour laisser reparaître la teigne avec ses éléments morbides les plus jeunes, afin qu'ils fussent mieux représentés et mieux compris. Toute cette plaque dessine le cuir chevelu , une portion a été complètement dénudée. Il n'y est resté que quelques cheveux; et c'est là où les cheveux restent que la maladie a reparu. D'ailleurs, telle a été la durée de cette affection abandonnée à elle-même sans traitement, que l'autre partie de la peau n'a plus que des cheveux rares et altérés. Ils sont tous frisés, amincis, amaigris, et évidemment atrophiés et malades. — On peut voir sous quelques-uns d'entre eux la petite capsule du mycoderme parfaitement arrondie, non encore ouverte, et au centre de laquelle se trouve le cheveu ; puis cette poche ouverte, allant en s'élargissaut de plus eu plus, au far et à mesure que les bords se renversent en dedans pour prendre la forme d'un godet, dans l'état où la maladie se présente au médecin. Tous ces godets sont uniformes, se touchent, se confondent pour donner naisance à une plaque; mais à la circonférence de cette plaque, on distingue très bien la forme des godets. Nous n'avons pas reproduit de favus scutulata; ce n'est, en effet, qu'une série de godets généralement isolés, du double ou du triple de ceux du favus lupinosa.
EXPLICATION DES PLANCHE?