‹ Traité pratique des maladies de la peau [electronic resource]Chapitre 75 sur 77 · PLANCHE V · texte numérisé non relu

PLANCHE V

En jetant un coup d'oeil d'ensemble sur celte planche, qui ne représente que des syphilides, on doit être frappé de plusieurs dispositions générales de dessins qui sont communes à presque toutes les Dgures : 1" les dispositions elliptiques sous lesquelles se trouvent rangées les altérations morbides: c'est ce que l'on observe très distinctement dans quatre d'entre elles; 2" la présence des altérations au voisinage des ouvertures naturelles ou dans les points de flexion des parties ; 3° la couleur sombre, cuivrée, de ces surfaces malades. C'estqu'en effet ce sont là des caractères propres à ces affections.

Fig. L

Dans la figure lrc , j'ai fait retracer un impétigo dont la croule jaune rappelle celle maladie. Mais à l'angle de la bouche existe «ne ulcération dont

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la surface est granulée. Or, celle ulcération (Unit recouverte (l'une croûte pareille à l'autre. Jamais ou ne trouvera celte surface granulée dans les impétigos ordinaires.

Fig- £

Celle ligure représente la variété de papule syphilitique, sans suppurnhon préalable au sommet. C'esl là une syphilide, papuleuse Tranche.

Fig. 3.

La syphilide tuberculeuse ne diffère de la précédente que par le volume de ses tubercules. J'ai Tait représenter dans la même figure l'un de ces tubercules ulcéré, avec sa l'orme arrondie et ses bords relevés.

Fig- h

C'esl l'un des plus beaux exemples de syphilide squameuse que j'aie eu à ma disposition. On y voit le psoriasis disposé en plaques courbes, ondulées et très distinctes.

Fig. 5.

Ici l'herpès syphilitique avec ses cercles complets, mais sans saillie de la peau; In coloration, la forme, quelques légères pellicules sur les plus larges, tels sont les caractères de cette variété.

Fig. 6.

Enfin la figure 6 donne une idée delà syphilide cornée: le dessin, pris nu milieu de la main, représente les plicatures de sa flexion. C'est, en effet, à la paume des mains et à la plante des pieds que l'on retrouve le plus souveni celte variété.

Explication de la planche de micrographie.

J'ai d'abord fait reproduire l'état normal d'un cheveu sous un grossissement de 50 diamètres. Rien n'est plus difficile que d'avulser un cheveu avec son bulbe entier, c'est-à-dire totalement enveloppé jusqu'à sa base des membranes qui l'entourent: on obtient plus facilement ce résultat avec un poil qu'avec un cheveu; aussi une portion du bulbe en est-elle dépourvue; c'est

EXPLICATION DES PLANCHES

ce qui arrivera dans les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des cas. Celle figure représente la naissance du bulbe, les cellules pignientaires qui se trouvent surtout à sa naissance, le cheveu prenant naissance à sa racine, sa substance niedullairc représentant un canal central noirâtre, ses fibres longitudinales et transversales, ainsi qu'une petite portion du cheveu au moment où il quitte la peau; mais c'est une erreur que d'avoir reproduit ce point par une disposition carrée j qui n'existe pas dans la nature, puisque la tunique épidermique vient môme se refléter sur le cheveu. On y voit en dehors la tunique fibreuse du cheveu, en dedans le prolongement épidermique qui pénètre jusqu'à sa racine, puis un espace blanc que l'on suppose vide, mais qui n'est qu'un point de contact lisse, qui permet en quelque sorle la mobilité du cheveu dans les deux gaines qui l'enveloppent.

Tous ces détails sont reproduits parfaitement à un grossissement de 200 diamètres dans les trois figures qui avoisinent celle-ci, et les données anatomiques du cheveu que l'on retrouve dans tous les traités ex professo sur la matière se trouvent représentées : ainsi les cellules pigmentaires dans le corps radiculaire, la naissance des fibres longitudinales. Les auteurs ont représenté la naissance du cheveu avec la forme d'un bulbe d'oignon ; il n'a jamais celte disposition arrondie aussi marquée.

On voit très prononcées les fibres transversales et la disposition des membranes dans la figure qui représente le milieu du bulbe. Enfin la partie supérieure figure une partie de cheveu hors du bulbe au même grossissement, avec son canal, qui n'est jamais d'un diamètre régulier, et qui dans beaucoup de cas est erracé quoique à un âge peu avancé de la vie, ou qui offre des interruptions sur sa longueur.

J'ai tenu à reproduire deux physionomies de ce que je crois être le fait d'une rétraction de l'épiderme ou un état qui précéderait le développement d'une maladie sur le cheveu. Cet état, je l'ai désigné sous le nom d'enroulement épidermique. C'est toujours sur la naissance du cheveu qu'on le rencontre. Il ne faut pas le prendre pour un caractère certain de maladie, et attendre que l'expérience ait prononcé à cet égard. Il n'y a pas de production parasitaire sans spores; de sorte que c'est la spore qu'il faut rechercher.

Le dessin du trichophyton est ce qu'il y a de mieux représenté jusqu'à présent. On y remarque des myriades de spores ; à la surface des cheveux, des traînées ou cannelures remplies de spores, qui donnent au corps du cheveu l'aspect d'une écorce de chêne. On voit les spores s'échappant de l'extrémité du cheveu cassé, par le canal central. Ces cheveux se rompent à la manière d'un bois blanc, c'est-à-dire avec éclats. Toutefois ces faits ne sont bien appréciables que sur les cheveux du centre de la plaque d'herpès tonsurant. Pour ceux de la circonférence, ils conservent et leur forme et leur structure, sauf un état d'aspect rugueux parsemé de spores diffuses.

Les deux dessins de microsporon, qui ont été reproduits sous des grossissements de 5 à 600 diamètres peut-être, se distinguent de tous les autres par la

EXPLICATION l)!iS l1 LANCEES.

disposition des tubes, et surtout par des spores sans cesse de différentes grosseurs, et très souvent agglomérées. Je dois l'un de ces dessins à l'obligeance de M. Robin; l'autre, l'herpès inguinal, a été fait par M. Mauvais, interne de l'hôpital Saint-Louis, ainsi que le dessin d'enroulement qui est reproduit au trait.

Quant au favus, pour retrouver l'image de ce que j'ai fait reproduire, c'est-àdire un ensemble d'une portion de champignon, il faut s'adresser à un très jeune godet, sans quoi on n'a que des spores de diverses grosseurs et des fragments de tubes sporophores cassés et plus ou moins arborisés. Pour apprécier ce dessin, il faut se servir d'une loupe, tant il a été exécuté avec soin. Tous les tubes, quelque déliés qu'ils soient, contiennent des spores.

J'ai emprunté les dessins de la plique à l'ouvrage de M. Ch. Robin.

Quant à la plique, la figure la plus élevée représente un cheveu contenu dans son bulbe; au centre du cheveu se trouvent des spores qui en ont augmenté le volume.

La figure inférieure représente un cheveu distendu par des spores au point d'avoir amené la rupture du cheveu en fibrilles écartées les unes des autres.

Nous avons dû reproduire l'acarus vu par son côté abdominal, afin de représenter dans la seconde figure les parties sexuelles figurées par un point noir entouré de traits représentant un cul-de-sac placé près de l'extrémité abdominale de l'insecte.

Dans celte planche de micrographie, qui diffère peut-être de ce qui a été publié d'aualoguc, je me suis attaché à représenter en général les objets tels qu'on les voit au microscope, et non pas tels que les donnent les mêmes objets préparés à l'aide d'eaux acides, alcalines, ou autres. En effet, le praticien qui veut s'éclairer sur la nature des produits d'une maladie ignore le plus souvent quels sont les dissolvants de tels ou tels tissus, de tel ou tel fluide sécrété que l'on peut avoir à élimiuer pour mieux apercevoir le produit végétal qui coïncide avec la maladie. De sorte qu'il ne retrouve plus l'analogue des planches qu'il peut avoir sous les yeux. Les dessins ont été exécutés sous ma direction par un dessinateur habile et habitué à se servir du microscope, M. Lakerbauer, qui les a rendus avec une grande exactitude. Le seul adjuvant dont je me sois servi pour obtenir les modèles de cette planche plus nets et plus évidents, c'est l'eau pure, ou mieux l'eau distillée préparée depuis peu de temps. Je dois dire à cet égard que les objets qui sont imprégnés d'eau dans toutes leurs parties sont beaucoup plus nets qu'à l'état sec.

Au surplus, je vais donner ici quelques renseignements propres à diriger les personnes qui voudraieut se servir d'un microscope dans le but d'arriver à vérifier l'existence des productions végétales.

Un microscope doit être lourd ou bien fixé sur un plan solide, afin d'éviter toute vacillation (ceux de M. Georges Oberauscr réunissent cette condition à leur supériorité non contestée). On ne doit jamais s'en servir sans vérifier la propreté parfaite du miroir réflecteur, du jeu de lentilles et des deux verres supérieur et inférieur de l'oculaire.

(V,~ EXPLICATION uns PLANCHES.

Avant de placer un objet, il faut mettre son microscope a l'état le plus complet d'éclairage. A cet égard, il faut donner au miroir une inclinaison en rapport avec la réflexion la plus complète de la lumière, et de plus imprimer un mouvement de rotation au microscope à droite et à gauche pour chercher le rapport le plus direct avec les rayons lumineux. En général , pe n'est pas une trop vive lumière qu'il faut rechercher; elle fatigue et nui l } la neilelé des objets. Il y a plus, il faut que la lumière d'éclairage soit d'autant plus faible que l'on |g sert de jeu de lentilles plus fort.

Ces précautions prises, il faut s'assurer de la netteté du verre porte-objet et du verre de recouvrement; celui-ci doit être très mince, et d'autant plus mince que l'on se sert de jeux de lentilles plus forts, attendu que leur foyer est beaucoup plus court.

En thèse générale, des lentilles fortes ne sont des instruments utiles qu'enlre les mains de personnes qui ont une grande habitude du microscope. Il faut que le praticien se borne à un grossissement de 130 à 200 diamètres.

Pour procédera l'examen, il faut en général prendre un objet qui ait te moins d'épaisseur possible, le déposer sur le verre porte-Objet, le recouvrir de la lamelle de verre, et alors mettre sur le bord de celui-ci une à deux gouttes d'eau distillée. L'eau s'introduit entre les deux verres, et laisse en macération le produit morbide à examiner, puis on procède à cet examen.

Dans le cas d'un résultat négatif, il ne faut pas s'en tenir là. Il faut faire glisser l'un sur l'autre les deux verres, en exerçant une douce pression, de manière à étendre et à étaler des spores qui sont souvent accumulées et invisibles, et qui deviennent alors très appréciables.

Lorsqu'il s'agit d'un favus, il est convenable de mettre le champignon, ou même ses fragments, tout entier en macération dans l'eau pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures. Ici l'écrasement entre les lames de verre devient indispensable, attendu que la matière laveuse est toujours plus ou moins en granulations sèches et d'un certain volume. En s'adressant à un jeune favus, on trouvera des portions qui refléteront l'image de l'échantillon que jious avons donné. Un favus de formation déjà ancienne ne produit que des spores et des tubes sporophores plus ou moins brisés.

Les recherches à faire pour le mierosnoron deviennent un peu plus délicates. Il est souvent difficile de l'isoler de l'épidémie sur lequel il trace. Il faut toujours choisir, pour faire cette observatiou, des lamelles épidenniques excessivement fines, aussi franches que possible, et au besoin les mettre en macération dans de l'eau pendant quelques heures. Il sera bon de se servir d'objectifs de différents diamètres pour s'assurer de l'existence du en ptogamc.

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