PRINCIPES GÉNÉRAUX DE THÉRAPEUTIQUE
sure ni assez puissante pour leur donner celte qualification, ont, (lu moins, une utilité incontestable, pour diminuer l'intensité d'un principe vicieux, et pour en atténuer, et on retarder les effets morbides. Telles sont les préparations arsenicales, dans ladiathèse herpétique, et les préparations iodiques dans la diatlièse scrofuleuse.
Or l'action altérante, modificatrice de cesmédicaments, ne peut se produire que par leur digestion, et leur assimilation : il ne faut donc pas qu'ils agissent à la manière des médicaments perturbateurs, qui troublent violemment les fonctions digestives, et sont rejetés, soit par l'estomac, soit par l'intestin.
Pour que les médicaments altérants soient digérés et assimilés, plusieurs conditions sont nécessaires; il faut d'abord que les organes digestifs soient en état de les recevoir. Si ces organes étaient le siège de quelque désordre, les altérants no pourraient être ni acceptés, ni assimilés ; ils deviendraient perturbateurs, et aggraveraient ainsi les désordres locaux et généraux.
N'administrez donc jamais un de ces médicaments (fer, iodure de potassium, mercure, arsenic) sans vous être assurés, préalablement, de l'état des voies digestives ; s'il y a des symptômes d'embarras gastrique, et de dyspepsie, prescrivez un éméto-catliar tique, et un vomitif, suivi do une ou deux purgations, et quelques boissons acidulés ou amères ; préparez ainsi le terrain cà recevoir la semonce que vous avez à lui confier, et n'administrez les médicaments, qu'après le retour de l'appétit, et le rétablissement de l'intégrité des fonctions digestives.
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Une autre condition tic succës, pour les médicaments altérants, c'est qu'ils soient donnés à des doses telles, qu'ils ne produisent aucun trouble dans l'économie; pour être efficace, leur action doit s'opérer lentement, sans aucun désordre fonctionnel, comme à l'insu du malade, et sans fatigue pour aucun organe; ce n'est qu'à ce prix que vous pourrez en continuer l'usage , pendant un temps qui doit être toujours long, car il s'agit de plusieurs mois, et quelquefois de plusieurs années. Ne croyez pas qu'en forçant les doses, les effets curatifs seront plus sûrs et plus prompts. De trop fortes doses amènent des accidents, qui sont autant d'aggravations, et de complications pour la maladie que vous avez à combattre ; vous êtes alors forcés d'interrompre le traitement, et de soigner les accidents que vous avez produits vous-mêmes, par une médication inconsidérée. C'est ainsi que le mercure est le sujet de si fortes appréhensions, et de répugnances, quelquefois insurmontables ; on a vu des salivations, des stomatites, des ulcérations linguales, des troubles gastro-intestinaux produits, en même temps, qu'une aggravation, portant, aussi bien sur la santé générale, que sur les lésions de la peau, et alors le mercure devient un objet d'épouvante; épouvante qui est la conséquence des résultats désastreux, produits par les doses exagérées, que prescrivent des médecins inexpérimentés.
Sachez bien que le mercure est, non seulement un spécifique, mais encore un tonique, un reconstituant; si vous savez le donner avec opportunité, et à doses convenables, non seulement, il guérira la syphilis, à sa
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période secondaire ; non seulement il ne sera pas débilitant, mais au contraire, ce sera un tonique, un reconstituant, et jamais un malade ne sera plus frais, plus gras, et de meilleure mine, qu'après avoir été guéri de la syphilis, par un traitement mercuriel suffisamment prolongé, et conduit avec la prudence d'une thérapeutique éclairée. 9
La préparation mercuriel le à laquelle nous donnons la préférence est le protoïodure ; c'est le sel le moins dangereux, le plus soluble dans l'estomac, et le plus facilement assimilable; nous ne le donnons jamais à une dose supérieure à 3 centigrammes par jour. Nous l'employons en pilules, composées, chacune de :
Protoïodure d'tiydrargyre. 0,03
Extrait d'opium 0,01
Extrait de gentiane 0,10
l'extrait d'opium a pour but de faciliter la tolérance de l'estomac, et l'extrait de gentiane est un tonique, un dépuratif, en même temps qu'un excipient. Nous ne donnons jamais qu'une seule de ces pilules par jour, une heure avant le repas. L'expérience nous a appi'is que le protoïodure d'hydrargyre, à S centigrammes par jour, est souvent mal supporté ; cette dose de S centigrammes, est souvent mal supportée, nous l'avons constaté plusieurs fois ; elle suffit pour amener des accidents salivaires, et gastro-intestinaux.
L'iodure de potassium, le spécifique des accidents tertiaires, ne doit pas nortplus être donné à une dose exagérée."Sauf les cas très graves d'accidents cérébraux,