‹ Traité pratique des maladies de la peauChapitre 51 sur 60 · RL'PIA · texte numérisé non relu

RL'PIA

1-ccouvrcnt, ou bien faire des bafligoonnages répétés avec le liniment oléo-calcaire.

Huile d'amandes douces lOO grammes.

Eau de chaux JOO

Le traitement général est en rapport avec la nature (lu pcmphigTis.

Rupia .

Maladie caractérisée par une bulle initiale de très courte durée, entourée d'un cercle rouge foncé, contenant un liquide noirâtre; sanic purulente, donnant lieu à une croûte noirâtre, liideusc, ressemblant à une écaille d'buître, molle, laissant suinter dans ses interstices, le même liquide sanieux et puriforme très fétide, qui continue à être sécrété par l'ulcère de mauvaise nature, recouvoit parla croûte. La durée du rupia est indéfinie, car il se produit par poussées successives. Il est tantôt généralisé sur tout le corps, et tantôt limité à une seule rég'ion. Toujours grave, exprimant un état général cacliectique; le plus souvent symptôme d'une sypbilis arrivée à la période tertiaire : quelquefois scrofuleux. Ses degrés de gravité varient suivant qu'il est plus ou moins généralisé, et suivant ses causes.

Rupia simplex, à croûtes peu saillantes; rupia proemiiiens, à croûtes épaisses, pyramidales; rupia escarrotica ou gangréneux ; rupia sypliilitique , rupia scrofuleux.

Traitement général. Tonique reconstituant, antisypbilitique, iodure do potassium de 2 à 4 grammes par jour ; uinquina.

IMPÉTIGO 349

— rraitement local. Ménager les croùles, comme préservatif des ulcérations sous-jacentes; si elles sont détachées, panser les ulcères qu'elles recouvraient, avec du vin aromatique, avec de l'alcool camphré, de la poudre d'iodoformc, et tous les modificateurs des ulcères de mauvaise nature.

Maladies pustuleuses ayant la pustule pour lésion primitive ou constitutive.

La pustule csl un soulùvcmen't ûpidcrmique, variant du volume d"un ^rain de millet, au volume d'une lentille, contenant du pus; la pustule diffère de la vésicule, eu ce qu'au lieu d'être formée par une gouttelette de sérosité, elle est formée par ime gouttelette de pus ; elle se termine parla concrétion croûteuse du pus qu'elle contenait; tantôt elle ne laisse après elle aucune trace, comme dans l'impétigo, et les formes les plus ordinaires de l'ecthyma; tantôt au contraire elle laisse des cicatrices indélébiles, comme dans la variole et quelquefois le sycosis.

Impétigo.

Maladie cutanée, à type inflammatoire, à forme aiguë, constituée, dans sa première période, par une rougeur érylhémateuse , dont l'étendue est variable; dans la seconde période cette plaque de rougeur congeslivc ou érythémateuse, se couvre de pustules granuleuses, acuminées, éphémères, agglomérées comme les vé.siculcs de l'eczéma, mais ditTérant des vésicules de l'eczéma, en ce qu'au lieu de contenir un liquide séreux, incolore, elles sont remplies d'un pus jaune, couleur de miel, lequel, en se concrétant, forme des croùles rocheuses, épaisses, jaunes elles-mêmes, arrosées, dans leurs interstices d'un pus jaune clair. C'est ce qui faisait dénommer, par Alibert, l'impétigo, mditarjm

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flcœesccns ; car, on cU'ol, il ressemble à du miel. La couleur, l'épaisseur, la forme des croûtes différencient l'impétigo de l'eczéma. Ces deux affections se dislingucnL encore l'une de l'autre, en ce que, l'impôligo se développe on une seule poussée, en une seule prolifération, ce qui fait que sa durée est habituellement fixe, et ne s'étend pas au delà d'un, ou de deux septénaires; tandis que l'eczéma, procédant par poussées successives, est illimité dans sa durée.

L'eczéma est presque toujours do nature herpétique ; il a une grande tendance à occuper, sous la forme symétrique, de larges surfaces, principalement, aux membres inférieurs ; l'impétigo, au contraire, dépend le plus souvent d'un état phlegmasiquc aigu, passager de la constitution, c'est un pseudo-exanthème [fièvrc pseudo-exanthématique, impét/gineiise).!] résulte aussi de causes externes, de violences extérieures et de la phlbiriasc de la tête {impétigo granulatci, impétigo larvalis). Ses sièges de prédilection sont : la face et le cuir chevelu.

Traitement. Cataplasmes de fécule de pommes de terre, légers purgatifs; onguent napolitain, s'il est parasitaire; il guérit sans laisser do trace.

Ecthyma.

L'ecthyma est caractérisé par des pustules arrondies, larges, discrètes, toujours isolées, jamais confiuentes. grisâtres, entourées d'un cercle érythémateux, persistant pendant trois ou quatr.' jours; au boutde ce temps.

ECTHYMA '^'i

le pus qu'elles i-entermenL se conci'èLe, forme une croùl.' noirâtre, arrondie, sèche, très adhérente, et ne se détachant qu'après quatre ou cinq jours de durée. Celte croûte laisse à la partie du derme qu'elle recouvrait à l'état de cicatrice, ou bien à l'état d'ulcération fournissant un pus épais ou sanieux.

L'ccthyma peut siéger sur tout le corps, mais ses sièg-es de prédilection sont les espaces interdigitaux, le ph du poignet, les avant-bras, les membres inférieurs.

Il est produit par les causes les plus différentes : ccthijma simplcx, résultant d'une irritation locah' ; ecthyma pseudo-cxanthématlque, fièvre pseudo-exanthématiquc ecthy metteuse, résultant d'un état fébrile passager; ecthyma pavasitaire, complication fréquente, habituelle des lésions do la gale, quand elles sont un peu anciennes ; ecthyma syphilitique, l'une des lésions grave de la syphilis, à sa période tertiaire, ou de la syidiilis maligne galopante, quand il se développe dans la période des accidents précoces, peu de temps après le chancre infectant ; ecthyma càchecticum, quand il existe, eu dehors de toute contamination syphilitique, quand il se produit par poussées successives, aux membres inférieurs, principalement, au milieu d'un état cachectique quelconque, dont il devient le symptôme.

Le traitement varie suivant les causes, et la nature de l'ecthyma. L'ccthyma simplex cède promptcment, en quelques jours, à des applications émollicntes, à des cataplasmes de fécule de pommes de terre. L'ecthyma pscudo-exanthémalique, outre les topiques émollients.

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nécessilc une demi-diète, des boissons d'élayantes, quelques purgalions. L'ecLhyma parasitaire doit être traité d'abord par des applications émoUientes, de manière à modérer l'inflammation qui est un de ses caractères, avant qu'il soit possible de détruire les acares par la pommade d'Helmoricli. L'ectliyma syphilitique, appartenant à la période tertiaire de la diathèse, exig-e, comme traitement général, l'.iodure de potassium, de 2 à 4 grammes par jour. Dans ce cas, le traitement local doit consister surtout à ménager les croûtes, afin que les ulcérations qu'elles recouvrent ne subissent pas l'irritation des contacts du dehors. L'ectliyma caclieclicum, nécessite le traitement général tonique reconstituant de toutes les cachexies. Bonne nourriture, bon air, fer, quinquina, huile de foie de morue, phosphate de chaux, eaux minérales gazeuses, ferrugineuses, salines, iodées.

Sycosis.

On désigne sous le nom de sycosis, l'inflammation des folUcules pileux de la peau. Les sièges principaux de cette maladie sont, par conséquent, les régions où ces follicules sont le plus abondants, ainsi le menton, la lèvre supérieure, les parties latérales de la face, les aisselles, etc. Notons, qu3 par une bizarrerie à laquelle on ne devait pas s'attendre, elle n'existe pas sur le cuir chevelu ou du moins, elle n'y existe que très rarement.

Considéré au point de vue analomo-patliologiquo, lo

SYCOSIS 333

sycosis est constitué par une double lésion, par un tubercule et par une pustule.

Les tubercules sycosiques, sont peu saillants, profondément enchâssés dans l'épaisseur de la peau ; ils sont formés par le follicule pileux lui-même, enflammé et hypertrophié. Ces tubercules ne sont pas douloureux; ils sont apparents sous la forme de rugosités, ou petites bosselures rougeâtres ; ils procèdent dans leur formation, par des poussées ou proliférations successives, ce qui explique la durée toujours très longue du sycosis.

Les pustules sont le résultat do la formation du pus, autrenient dit, de la suppuration des tubercules pileux enflammés ; ces pustules sont rondes, plates, jaunâtres, situées sur le sommet du tubercule, dont elles forment le couronnement ; elles sont traversées, à leur point central, par i:n poil. Après une durée de quelques jours, le pus qu'elles contiennent se concrète en une croûte plate, jaunâtre et molle, et quand cette croûte est tombée, il reste l'induration tuberculeuse qui peut devenir, une deuxième fois, le siège d'une suppuration, et, par conséquent, d'une nouvelle pustule.

Le pus formé dans l'intérieur du follicule pileux, autour du poil, l'ébranlé, le déracine, et si le poil, ainsi énuclée ne tombe pas de lui-même, du moins il a perdu son adhérence normale au follicule, duquel la plus légère traction suffit pour le détacher.

Le sycosis est de deux natures différentes ; c'est une inflammation simple, essentielle, primitive des follicules pileux, inflammation résultant d'irritations locales (coryza chronique, usage du tabac à priser, rasoirs

GUIBOUT, PEAO 93

SYCOSIS

ébféchus coupant mal, (;osméLi(juos ; il pouL ôlre consécutif àl'eczéma, dont il devient la complication [sycosis cczrmuteux, ou eczéma sycosiforme). L'inflammation supLu-ficioUe de l'eczéma a pénétré dans le follicule pileux.

D'autres fois, le sycosis est parasitaire; c'est letruisième degré de la teigne tricopliytique ; le tricopliyton a envahi l'intérieui- du follicule pileux ; ses spores se sont attachés au poil, ils enveloppent sa racine, autour de laquelle ils forment une sorte de gaine blanchâtre, amiantacée. Quand le sycosis est parasitaire, il s'étend plus rapidement, il occupe de plus larges surfaces ; les tubercules sont plus prononcés ; et l'inflammation périphérique du tissu cellulaire ambiant, sous forme de nodosités, de tumeurs mamelonnées, est plus caractérisée, La nature parasitaire du sycosis se dénote encore par la gaine champignonneuse blanchâtre qui entoure la racine du poil.

Traitement. Si le sycosis n'est pas parasitaire, on le traitera, comme une simple inflammation ; supprimer toutes les causes qui auront pu le produire, supprimer l'usage du rasoir ; couper la barbe avec des ciseaux courbés sur le plat ; appliquer des cataplasmes de fécule de pommes de terre; pratiquer l'épilation, et, en outre, des scarifications, sur tous les noyaux tubcrculo-pustuleux, afin de les dégorger par une saignée locale déplélive.

Si le sycosis est parasitaire, épilation pour enlever, avec le poil, les spores champignonneux qui s'y sont all;u-liés; répéter l'épilation jusqu'à ce que le cheveu

ACNÉ 33iJ

repousse dans des conditions normales, faire des scarifications, et étendre sur les parties malades, épilées et scarifiées, une couche de la pommade parasitaire suivante :

Vaseline • 30 grammes.

Turbitli minéral 2 —

Camphre S —

OU bien lotionner les mêmes parties avec la solution suivante :

Eau alcoolisée 230 grammes.

Sublimé 1 —

grâce à l'épilation, et aux scarifications, l'orifice des follicules pileux sera largement ouvert, et les agents parasiticides pourront facilement y pénétrer, et s'y mettre en contact avec les spores et sporules cliampignonneux qu'ils doivent détruire. Ces applications parasiticides irritent nécessairement la peau, aussi les cataplasmes de fécule sont-ils rigoureusement indiqués.

Acné.

On désigne, sous le nom d'acné, une maladie complexe du système sébacé, glandes et conduits excréteurs. Tantôt cette maladie affecte à la fois l'appareil complet, glandes et conduits excréteurs; tantôt la glande seule, ou le conduit excréteur seul : d'autres fois il n'y a qu'un Lrouble fonctionnel, de l'appareil sébacé, sans lésion appréciable, dans ce dernier cas, on désigne l'affection

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SOUS le nom à'aoïé séo'élaïUe; dans le premier cas on dit que Vacné est boutonneuse.

Acné boutonneuse. — Elle offre ù considérer plusieurs lésions analomiques d'espèces et de sièges dillérents : i" taches coiiperosiques, couperose, ou acné rosacée.., c'est une congestion active, sub-inflammatoire du tissu cqWvl- \ai\vc[érrjthème couper osique); 2° varicosités, ou arborisations variqueuses des vaisseaux capillaires qui rampent dans l'étendue de la surface couperosique... 3°induration hyper Irophique inflammatoire de la glande sébacée, sous forme de tubercule {acné tuberculeuse); suppuration du tubercule acnéique, et formation d'une pustule qui s'implante à son sommet {acné tuberculo-pustuleuse .) Le canal excréteur seul peut être malade; son extrémité peut être dilatée, et son orifice oblitéré, de manière à former une petite ampoule arrondie, superficielle semblable A un grain de millet, et contenant une gouttelette de pus {acnémiliaire.) La glande seule peut être enflammée, tuméfiée, augmentée de volume; le conduit excréteur restant dans ses dimensions normales, est débordé dans son pourtour par la glande tuméfiée, dont le niveau s'élevant au-dessus de son orifice le fait paraître dans un enfoncement, au fond d'une sorte d'ombilicatioii {acné varioliforme). Le conduit excréteur et la glande peuvent être, dans toutes leurs parties, transformés en pustule {acné simplex ou pustuleuse); la glande peut être ramollie, pustuleuse h son sommet, et rester tubercuculeuse et indurée à sa base {ac7ié inclurato).

Acné sécrétante. — Ici on ne constate qu'un trouble fonctionnel: la liqueur sébacée est sécrétée en trop

ACNÉ 3o7

grande abondance, elle s'écoule au dehors, d'une manière apparente ; elle stagne sur la peau, la rend hurleuse, poisseuse, comme si on y avait déversé une couche d'huile ou de graisse fondue [acné sébacée fluente). Au lieu de rester à l'état liquide, la liqueur sébacée excrétée en excès, peut se concrétersur la peau, et y former des croûtes jaunâtres, graisseuses qui s'écrasent facilement entre les doigts, et qui n'adhèrent que très faiblement à la peau {acné sébacée, concrète, ou croûteuse). Au lieu d'être déversée au dehors, la liqueur sébacée peut rester en stagnation, dans les canaux excréteurs qu'elle dilate; elle s'y concrète, s'y durcit, s'y noircit par le fait du contact de l'air ; elle apparaît alors à la surface de la peau sous la forme de petits points noirs, semblables à des grains de poudre qui auraient pénétré dans l'épaisseur de la peau; si l'on presse avec les ongles, le pourtour de ces points noirs (qu'on appelle des comédons), on fait sourdre du canal excréteur, une sorte de cylindre vermiforme, qui n'est autre que l'humeur sébacée contenue dans ce canal [acné punctat a).

Les principaux sièges de l'acné sont les régions, où les follicules sébacés sont les plus nombreux, la face, le front, le nez, les régions malaires, le dos, les épaules, la poitrine, la zone génitale, chez la femme surtout.

L'évolution de l'acné boutonneuse est essentiellement longue, et à forme chronique; sa durée est illimitée, indéfinie, car son développement se fait par poussées successives; les glandes sébacées sont atteintes les unes après les autres, et souvent toutes les glandes d'une région sont successivement détruites par une fonte puru-

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lente, successive. Abandonnée à elle-même, l'acné peut (léfig-urer le visage, le nez en particulier; développer, sur toute sa surface, un bourgeonnement tuberculeux énorme, qui peut doubler, tripler son volume (aoie %pertrophique), et causer une véritable et hideuse difformité. Cette maladie n'est pas douloureuse, et ne troublé pas la santé générale.

. Causes et nature de lacné. — Elle résulte quelquefois d'une cause externe, d'une irritation de la peau occasionnée par des cosmétiques. Plus souvent, elle est le résultat des causes internes... habitation dans des appartements trop chautrés, constipation habituelle, usage immodéré des alcooliques, digestions difficiles; diathèse herpétique; diathèse syphilitique (accidents secondaires tardifs). Dans ce cas, l'acné siège sur toute l'étendue du dos, et ses tubercules sont entourés d'an cercle cuivré; en même temps, il y a des engorgements ganglionnaires, inguinaux et cervicaux.

Traitement. — Bien que l'acné ait un caractère inflammatoire, les applications émollientes sont impuissantes contre ses lésions qui seront combattues avantageusement par une médication locale, destinée à produire une irritation substitutive, à modifier Pinnervation de l'appareil glandulaire ; dans ce but, on prescrira deux ou trois lotions prolongées, par jour, avec une liqueur composée de :

Sublimé

Eau alcoolisée.

1 gramme.

OU bien des lotions avec la liqueur suivante, dont on

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