‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 19 sur 273 · ABERRATION DE RÉFRANGIBILITÉ OU CHROUATISME · texte numérisé non relu

ABERRATION DE RÉFRANGIBILITÉ OU CHROUATISME

On appelle ainsi la différence d'action exercée par les milieux transparents sur les rayons de différentes couleurs composant la lumière solaire ou blanche, en un- mol, la dispersion de la lumière, la propriété spectrale des changements de milieux.

L'œil est-il soumis à cette aberration? La lumière blanche s'y décompose-t-elle suivant la loi du spectre solaire, donnant lieu à des rayons différemment colorés et de plus en plus réfrangibles du rouge au violet extrême? Si, par un moyen optométrique quelconque, on mesure la longueur focale, dans l'œil, des rayons parallèles partant des limites extrêmes et de la région centrale du spectre solaire, on constate : que toute nappe conique de rayons blancs tombant sur la cornée, donne lieu, après la réfraction, à deux nappes différemment réfractées, l'une bleue ou violette intérieure, l'autre rouge-orangé extérieure, d'ailleurs extrêmement voisines. (V. flg. xn.)

Le cône réfracté intérieur ou violet /■ U v forme foyer sur l'axe en avant en v, le cône extérieur orangé, le moins réfrangible, au delà de ce premier sommet, en r. Entre les deux sommets, la nappe intérieure prolongée rencontre en c, c, la nappe extérieure non encore concentrée en un seul point. Le lieu de cette rencontre est un petit cercle c, &, de couleur composée ou blanche. C'est le foyer même des rayons blancs. C'est le cercle infiniment petit qui, pour chaque point, est le foyer exact.

En ce lieu, il n'y a donc pas de chrômatisme.

Mais, si l'écran est situé en avant de ce dernier foyer, le cercle qui y est dessiné est bleu-violet au centre, rouge orangé en dehors.

Les couleurs sont disposées en sens inverse, si l'écran est, au contraire, placé au delà du foyer des rayons blanes ou FJ(T

composés. On conclut de la que :

27. — L'œil, entre les limites de l'accommodation, est exempt de

XVI DIOPTRIQUE PHYSIOLOGIQUE

l'aberration lenticulaire,, dite de réfrangibilité. Entre ces limites, le rayon bleu-violet, le plus réfrangible, est neutralisé par le rayon rouge-orangé qui l'est le moins, et le résultat est un petit cercle de couleur blanche ou composée. Mais, dépasse-t on cette limite, du côté des objets rapprochés, les points blancs plus ou moins brillants sont remplacés par un cercle bleu-violet, bordé au dehors par une auréole rouge-orangé. Inversement, est-ce la limite éloignée du champ de l'accommodation que l'on franchit, l'intérieur du cercle de diffusion est rouge-orangé, l'auréole extérieure bleu-violet.

Maintenant, l'œil étant exactement accommodé pour le point A, dont les nappes coniques réfractées donnent sur la rétine le petit cercle cj, de la figure xii, on place, entre l'œil et le point A, de façon à couper au-devant de la pupille la moitié du cône incident A/,/3, un écran opaque E. A l'instant on constate expérimentalement, ainsi qu'on le pouvait prévoir, que le petit cercle cj, de couleur composée ou blanche a fait place à un cercle chromatique. Les deux rayons Lv, Lr (du côté de l'écran) ont été interceptés : les rayons du côté opposé U c°, restent ainsi sans compensation. Il y a donc irisation.

28. — Ainsi, au foyer même, il peut encore y avoir irisation si, par une circonstance ou une autre, la loi de symétrie par laquelle le rayon le plus réfrangible, d'un côté, est compensé par le rayon le moins réfrangible de l'autre, se voit interrompue ou faussée.

En résumé, le chromatisme n'apparaît dans l'œil que dans Tune ou l'autre des circonstances suivantes : 1° Quand l'œil n'est pas exactement adapté pour les rayons blancs qui le pénètrent; 2° quand il y a rupture de sa symétrie organique.

Toutes les expériences des observateurs rentrent dans l'un ou l'autre de ces cas.

29. — L'œil, dans son fonctionnement physiologique est donc, en définitive, exempt de l'aberration de réfrangibilité.

SECTION II

OPTOMETRIE.

g I. Champ superficiel ou périphérique de la vision.

Au (16), nous avons défini ce qu'on devait entendre par limite éloignée et limite rapprochée du champ de la vision. Il s'agissait là du champ anléro-postérieurde la vision nette, de la production des images des objets situés sur l'axe principal de la vision. Mais le tableau rétinien a deux dimensions, le système dioptrique de l'œil autant d'axes secondaires que le premier a de points dans sa surface. Il est clair que cette surface sensible peut être physiologiquement ou pathologiquement inégalement vivante et impressionnable dans les divers points de son étendue. L'appréciation de la qualité relative de la netteté de la vue, dans les différentes régions, c'est ce que nous entendrons par « mesure du champ superficiel ou périphérique de la vision. »

OPTOMETIUE.

DÉFINITION. — MÉTIIODK DE JlENSl'RATION.

30. — Un œil normal, qui poinle son regard ou son attention sur un point de mire placé devant lui, est cependant parfaitement averti de la présence et de la direction de tout objet visible, qui se présente jusque dans le plan même de l'équateur du globe de l'œil, c'est-à-dire dans le plan virtuel de la circonférence de la cornée. Il jouit donc des principales propriétés de la vue dans ce plan même, c'est-à-dire dans un rayon de 90° autour de l'axe antéro-postérieur de l'œil. (Voir la fig. ii.)

Il faut cependant déduire de là les limites apportées du côté interne à ce champ de vision par la protubérance nasale, et en haut par l'arcade orbitaire et les sourcils.

Cette étendue, nons le verrons dans l'étude de la pathologie, est souvent réduite par des altérations matérielles ou sensorielles. Il est donc utile de pouvoir apprécier cette réduction. À cet effet, ayant dressé une large feuille de papier dans un cadre à ce destiné, on divise la surface de celte feuille, soit en quatre angles droits par deux droites qui se coupent au centre de la feuille, soit, si l'on veut plus d'exactitude, en un nombre quelconque de petits carrés égaux. Marquant alors d'une manière bien visible le point de centre, on maintient sur ce point toute l'attention du malade, dont l'un des yeux

a été préalablement couvert. Alors on promène sur le tableau, en partant de la périphérie, un morceau de craie porté par un manche un peu long, et on marque sur le tableau les points où ce morceau de craie paraît ou disparaît. On obtient ainsi d'une manière très suffisamment exacte, dans les cas pathologiques, une figure qui représente, en sens inverse, l'image Je la séparation sur la rétine des parties sensibles et Insensibles,

Diminution périphérique du champ de la vision. — 0 point de fixation. — Les hachures indiquent la portion où la sensibilité est éteinte.

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