‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 92 sur 273 · LEÇON PRATIQUE POUR L ÉTABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC. CXLV · texte numérisé non relu

LEÇON PRATIQUE POUR L ÉTABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC. CXLV

distingue rien; du noir sur du blanc, ou seulement et confusément les plus gros caractères de l'échelle.

On essaye le verre ( — 30); le malade y voit un peu moins mal ; on augmente progressivement; vers ( — 14)ou( — 12), la vision devient tout d'un coup beaucoup plus nette; à ( — 12), l'acuité est de-^-, meilleure par conséquent qu'à l'épreuve du trou d'épingle;

Le sujet présente donc une myopie de (-7V). (75.)

On pourrait arriver plus promptemenl au même résultat. Les dires du malade, son apparence, la forme de son œil permettent, dès le début de l'examen, de soupçonner la myopie. On n'a qu'à lui présenter les caractères les plus fins de nos échelles, les nos 1 et2, par exemple. On voit qu'il les lit parfaitement entre 6 et 12 pouces; mais qu'au delà, à 18 pouces, par exemple, il ne dislingue à peu près rien du n° 5. On peut conjecturer dès lors que le sujet offre une myopie de -jy environ.

Pour s'en assurer, on le place en face de l'échelle, à distance, on essaye, comme clans 1, les verres concaves, mais en partant tout de suite de ( — 13) ou ( — 14). On constate alors rapidement que ces deux derniers verres éclairassent notablement la vision; que( — 12) la rend très nette; ( — 11) plus nette encore peut-être; mais que ( — 10) rapetisse un peu les caractères sans rien ajouter à leur netteté. On conclut donc tout de suite à une myopie de ( — 11).

1 . — Myopie compliquée de presbytie. — La question est donc résolue, dans l'analyse précédente, par l'adoption du verre ( — 11) ou ( — 12) pour la vision à distance, si toutefois le malade n'a entendu accuser d'amoindrissement de sa faculté visuelle qu'en ce qui concerne les objets distants. Mais il n'est pas rare que ses plaintes soient tout autres et que ce soit pour la vision rapprochée qu'il réclame encore vos secours. En ce cas, vous êtes en présence d'un myope qui ne peut y voir de près.

L'examen commencé doit donc être poursuivi.

2. — Myope ne pouvant pas voir de près. — Quelles sont les causes (prises dans la réfraction) qui peuvent empêcher un myope d'y voir de près?

Elles sont de deux sortes et dépendent de l'accommodation ou de la convergence, ou des rapports mutuels deces deux éléments fonctionnels.

1er cas : L'accommodation fait défaut, soit par le fait de l'âge, soit par sui te d'une maladie qui a paralysé ou au moins affaibli cette faculté.

Or, dans l'espèce, ces deux cas ne peuvent être cause de troubles de la fonction dans la vision rapprochée, que si la myopie est faible. Au-dessous de -~ ou -^-, la myopie ne se voit pas fonctionnellement affectée par la presbytie ou l'abaissement de la réfraction dynamique (124).

Mais si la myopie est faible, si elle est, supposons-nous, de -fc, m. 13

CXLVI DIOPTRIQl'K PATHOLOGIQUE.

l'accommodation est-elle suspendue? L'épreuve à faire est celle de la presbyopie. Nous présentons au malade le caractère 5, 4 ou 5 de l'échelle. Il lui est impossible de le lire (Il est entendu que dans toutes ces épreuves on essaye chaque œil isolément.) Le malade dislingue seulement le n° 5 vers 15 à 16 pouces. Il y a évidemment paralysie de l'accommodation ou presbytie.

L'une se distingue de l'autre par la considération de l'âge, d'abord, puis par ce fait que, dans la paralysie de l'accommodation, la pupille est mydriatique et plus ou moins insensible à la lumière; dans la simple presbytie, au contraire, la pupille est plutôt resserrée.

Le choix du verre est donné par le procédé du (88) et du (89.) Par exemple : Le sujet offrait une acuité des ~ ou des -§-; on lui présenle, à 14 pouces, le n° 2 ou 5 des caractères de l'échelle, puis on essaye le verre convexe le plus faible, qui lui en permette aisément la lecture.

Ou bien, partant de ce fait que ce n'est qu'à partir de 16 pouces que le sujet peut lire, tandis qu'il aurait besoin de lire à 8 pouces, par exemple, on en conclut qu'il lui manque pour cela le nombre d'unités de réfraction qui séparent 16 pouces de 8 pouces ; la table (45) nous donne ce nombre : c'est (27 — 13) ou 14 unités de réfraction correspondant à une lentille de 15 pouces.

Le sujet en question, que nous avons supposé avoir une myopie de 18 pouces et une presbytie de 16 (c'est-à-dire son point p à 16 pouces etsonpointrà 18),auradonc besoin, pour voir au loin,duverre — 18, et pour voir de près du verre -f- 15.

3. — Myopie forte. Insuffisance des droits internes. — Myopie forte, soit de ~;

Un myope de { qui n'y peut voir de près et qui n'est point amblyope pèche, selon toute apparence, par la faculté de converger. II doit être affecté de ce que nous avons décrit sous le nom d'insuffisance des droits internes.

Comme première épreuve, nous étudions chaque œil isolément : cette épreuve peut être décisive et nous montrer chaque œil apte, séparément, au travail. Nous devons en conclure que c'est la convergence qui est en défaut ou difficile. Mais le plus souvent le résultat des premières épreuves est moins immédiatement satisfaisant, et le malade éprouve presque la même difficulté dans l'exercice d'un œil que dans la fonction binoculaire. Il faut alors recourir aux épreuves de l'insuffisance(121).On approchejusqu'à 2 pouces et 1/2 des yeux, un objet de petite dimension, l'optomètre de Graefe, par exemple; le malade a peine à maintenir sur lui ses deux yeux en convergence; ses yeux oscillent; le malade a de la tendance à reculer : couvrant alors l'un de ses yeux avec la main, on voit cet œil se porter dans la divergence, pendant que l'autre se maintient sur l'objet présenté.

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