HYPERTROPHIE DE LA LÈVRE SUPÉRIEURE
L'hypertrophie de la lèvre supérieure se rencontre chez les enfants dans des circonstances différentes. On l'observe comme lésion congénitale, ce qui est rare, et comme maladie aqueuse dans la scrofule. C'est la lèvre scrofuleuse (I).
L'hypertrophie congénitale de la lèvre a été observée par Holmes, par Blot, par Dolbeau et par moi, qui ai vu deux enfants de la même famille.
Cette hypertrophie, d'après l'étude que Grancher a faite de la pièce Dolbeau, serait constituée par une transformation Jibreuse du tissu conjonctif du derme et des muscles.
Quand elle est très-considérable, elle donne à la figure l'aspect d'un grouin et forme une difformité repoussante, — que l'on a essayé de faire disparaître par une opération.
Holmes a fait une opération de ce genre en enlevant une partie transversale de l'épaisseur de la lèvre entre la peau et la muqueuse. Le malade a guéri.
Dolbeau a fait la même opération, mais le malade est mort pendant la cicatrisation. On raconte qu'il a été pris d'accidents cérébraux graves survenus dans la plus parfaite santé, le 23 septembre, qu'on reconnut là une méningite tuberculeuse et que la mort eut lieu le 25, deux jours après. Évidemment il y a là une erreur. La méningite tuberculeuse ne marche jamais ainsi. Si cet enfant est mort par le cerveau, c'est à la suite d'embolie cérébrale par endocardite végétante, suite de l'opération, ou par thrombose méningée.
L'hypertrophie scrofuleuse, bien décrite par Paillard, en 1817 (2), résulte des fluxions de la lèvre par le conza scrofuleux et tout le monde la connaît. — Quand elle est excessive, il faut l'opérer, et c'est ce que Paillard a fait en excisant toute la portion muqueuse.