ATROPHIE AIGUË DU FOIE
Le docteur Lœschner a décrit sous le nom d'atrophie aiguë du foie des enfants (1) une maladie rare que nous ne connaissons en France que sous le nom d'ictère grave ou d'hépatite maligne.
D'après ce médecin, le diagnostic de cette affection chez les enfants est difficile, à cause des complications qui accompagnent et masquent cette maladie, et à cause de sa marche particulière ; chez les enfants de deux à quatre ans, elle prend l'apparence d'une méningite, et chez les enfants de sept à douze ans, celle d'une lièvre typhoïde il n'y a que l'examen minutieux de la région du foie, l'ictère qui ne manque jamais, l'absence de quelques symptômes surtout caractéristiques de la méningite et tout l'ensemble de la maladie, qui puissent faire éviter l'erreur. L'atrophie aiguë du foie se distingue de la fièvre typhoïde par la lenteur du pouls (00-70 par minute), par la coloration jaune plus ou moins intense de la peau, par des douleurs existant au commencement dans l'hypochondre droit et s'étendant parfois dans l'épaule, par l'anéantissement total des fondions digestives, avec absence de phénomènes calarrhaux, par la stabilité des symptômes, sans rémissions, sans exacerbations, par la diminution de volume du l'oie et par l'urine foncée, renfermant beaucoup de biliphéine (fig. 103). La méningite existe souvent comme complication, causée par l'affection du foie; dans ce cas, il n'y a que les phénomènes saillants et L'examen physique, en regard des altérations fonctionnelles du foie, qui puissent faire reconnaître Ijalrnphic comme maladie fondamentale. Cette atropine trompe souvenl par une marche foudroyante; mais on ne voit alors que la phase finale de La maladie, qui s'est préparée depuis Longtemps par un vice de nutrition et une altération du sang passés presque inaperçus.
Dans les cas que j'ai observés, les enfants ont été pris de fièvre lrès-\i\e a\ec douleur hépatique, gonflement du foie, ictère bien caractérisé, prostration consi-
Fig. lu;
— Sédiments urinai n l'atrophie aiguë (* I.
dans
(!) Lœachner, Alîg. med. Central-Zeitung, 1856, u" 68,
(*) a, aiguilles isolées de tyrosine ; </'. aiguilles réunies en groupes ; b, conglomérats de la même substance c, épithélium rénal, teint en vert; d, amas tic matière colorante.
dérable, quelques épistaxis, ailleurs du purpura ou de l'hématémèse et du mélaena. Les urines étaient chargées de sels et de matière colorante de la bile, et les matières fécales n'étaient pas décolorées.
La mort est la conséquence ordinaire de cette maladie, qui peut cependant se terminer par la guérison. Quand la mort arrive, on trouve le foie gras, plus ou moins décoloré, et une dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques.
Des boissons émollientes ou diurétiques, avec addition de 2 grammes de bicarbonate de soude ou d'acétate de potasse, et au début quelques sangsues à la région du foie sont ce qu'il y a de plus utile à prescrire.
On nourrira le malade avec des potages et du lait coupé, et s'il y a de vives douleurs on devra prescrire des cataplasmes laudanisés ou 25 milligrammes d'extrait thébaïque.