‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 336 sur 472 · TUMEURS DU TESTICULE CHEZ LES JEUNES ENTANTS · texte numérisé non relu

TUMEURS DU TESTICULE CHEZ LES JEUNES ENTANTS

Les lésions organiques des testicules sont très-rares chez les jeunes enfants. Jusqu'ici elles ont été di\isées en deux classes: les dégénérescences cancéreuses et les dégénérescences tuberculeuses. Il en existe deux nouvelles : la dégénérescence (ibro-plasliqiie et L'hypertrophie de la substance lesliculaire, dont voici un l'ail :

Paul Guersanl a présenté à la Société de chirurgie le testicule dégénéré d'un enfoui de dix-huit mois. Cet organe ayant acquis le volume d'un œuf de dinde, Guersanl croyait avoir enlevé une masse cancéreuse de la variété encéphaloîde ; il s'était trompé et put voir au microscope que les éléments consécutifs de cette tumeur étaient formés par la substance du testicule hypertrophié.

11 en a peut-être été souvent de même dans plusieurs cas semblables publiés comme des exemples de cancer. Ce produit esl si rare che/. les enfants, qu'il ne faut en admettre L'existence qu'après une minutieuse vérification.

7l2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.

ARTICLE PREMIER SÀRCOCELE

Dans l'observation qu'on va lire, il s'agit d'un véritable cancer du testicule, ayant donné lieu à une diathèse mortelle, caractérisée par d'autres tumeurs encéphaloïdes du foie et des poumons.

Observation 1. — L'augmentation du volume de la glande fut remarquée pour la première fois alors que l'enfant avait dix-sept mois. L'ablation en fut faite dix mois plus tard, en mars 1857. Le gesticule, qui avait alors la grosseur du poing d'un adulte, offrait un bel exemple de cancer encéphaloïde. Après l'opération, la santé de l'enfant se rétablit et resta intacte pendant huit mois. Au bout de ce temps, les poumons se prirent, la maladie marcha rapidement, et la mort arriva le 7 février, onze mois après l'opération.

Autopsie. — Les deux poumons sont infiltrés de matière encéphaloïde; un petit noyau gros comme un pois fut trouvé dans le foie, sans aucune autre altération des organes abdominaux. Il n'existait aucune trace d'infiltration cancéreuse ni dans le cordon spermatique, ni dans les ganglions lymphatiques des lombes.

Ce fait offre de l'intérêt au point de vue de la doctrine de la transmission héréditaire des affections cancéreuses : deux tantes de l'enfant, du côté paternel, étaient mortes de cancer au sein (1).

Voici une observation différente : c'est un bydro-sarcocèle vraiment cancéreux enlevé par Amusssat sur un enfant de onze ans.

Observation IL — Ablation de la tumeur sarcomateuse. Torsion des artères. Réunion par la suture entortillée. — François Grelet, fils de fermier, à Avançon, commune d'Exirieul, près de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), âgé de onze ans, tempérament lymphatique, teint jaune, plombé, intelligence remarquable pour son âge. Le père de sa mère est mort d'un cancer de l'estomac, et la grand'mère de sa mère d'un cancer à la face. Son affection semble remonter à plusieurs années, mais ses parents et lui ne s'en sont aperçus que depuis sept semaines seulement. Jamais il n'a senti aucune douleur, qu'une grande difficulté à la marche occasionnée par le volume et le poids de la tumeur. Cette tumeur occupe le côté droit de l'aine, envahit le testicule et l'épididyme du même côté. Son volume est à peu près celui de la tète d'un enfant naissant, elle est piriforme, la grosse extrémité en bas et la petite en haut, ayant 59 centimètres dans sa plus grande circonférence perpendiculaire, et 37 centimètres dans sa plus grande circonférence transversale. Elle semble s'étendre jusque dans l'intérieur de l'anneau. Le cordon est gros, tendu, offrant sous le doigt une sensation analogue à celle de l'intestin hernie. Cette tumeur est dure, bosselée, lobulée à sa partie inférieure et postérieure, molle et fluctuante à sa partie antérieure et supérieure. Un grand nombre de vaisseaux variqueux rampent sous la peau.

Le jeudi l'2 octobre 1851, à deux heures de l'après-midi, Amussat pratique l'opération, assisté par Lemanski, Seauzeu et A. Pellisson. L'enfant, couché sur une table presque horizontalement, est soumis avec les précautions convenables à l'inhalation du chloroforme. Un des assistants protège la verge et le testicule sain. Amussat pratique deux incisions semi-elliptiques à un demi-pouce au-dessous de la verge. Dissection de bas en haut, écoulement à la partie antérieure de sérosité épaisse, jumenteuse; section et torsion d'une grosse artère du volume d'une digitale. En fendant la tunique vaginale plus longuement, une masse ressemblant à une anse intestinale se présente sous l'instrument tranchant. L'opérateur reste dans le doute, ainsi que les assistants. Après quelques recherches, il reconnût que l'objet de cette incertitude est, en définitive, la tunique vaginale retournée en haut et formant le doigt de gant. On en pratique la section. Amussat fait tout autour du cordon la section isolée des vaisseaux, puis, les saisissant au moyen d'un ténaculum, il en fait la torsion. L'effusion du sang s'arrête. C'est alors seulement que l'opérateur fait la section

(li Union médicale, -23 décembre 1858.

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