CHAPITRE PREMIER
COWPOX ET VACCINE
On donne le nom de vaccine a l'inoculation chez l'homme de l'humeur contenue <lans les pustules développées sur le pis des caches laitières atteintes d'une fièvre érnptive désignée sous le nom de coicpox, ou picote des
Cette inoculation produit sur place une éruption de pustules ombiliquées dont le développement préserve presque constamment de la petite vérole, et diminue toujours l'action de son contagiuni lorsqu'il n'y soustrait pas complètement les individus. La découverte en est due à Jenner, et elle eut lien en 1798. — D'après lui, c'est une maladie des talons du cheval qui se transmet à la vache, et qui étant reprise chc/. elle donne l'immunité contre la variole. Au reste, \oiei comment s'exprime Jenner | 1 > :
• Depuis que le cheval <->t réduit a l'état de domesticité, il est fréquemment sujet .1 uni- maladie que les maréchaux ferrants appellent the grease (2). C'est one inflammation et un gonflement dans le talon, d'où il s'écoule une matière qui possède des propriétés iV\\\\ genre bien particulier, et qui semble capable (après avoir subi la modification dont je ^ais parler) d'engendrer dans I.- corps humain une maladie axant avec la petite vérole une ressemblance si frappante, que, dans
tonner, An Inquiry into the the Vùriolœ Vaccinœ, a diseatedis-
I m tome o m i.ountnj of England, particulwrly Gloucestenhire, andknoum
by the name of the Cowpox.
- • tus rappellerons qu'on traduit : grease, par par
chure ou ulcère du talon; yreasy-heel, par talon graisseux, lardacé; teratchy-heel, par talon égratigné, écorché.
mon opinion, il est extrêmement probable qu'elle est la source de cette dernière maladie.
» Le comté de Berkeley est très-abondant en vaches, et le soin de les traire est indistinctement confié aux hommes et aux femmes. Un de ces hommes a été chargé de panser les talons d'un cheval attaqué du grease, et, sans prendre le soin de se laver, il est allé traire des vaches, ayant encore aux doigts quelques particules de la matière virulente. Il arrive ordinairement que dans ce cas une maladie est communiquée aux vaches, et des vaches aux laitières, au point que le troupeau et les domestiques en ressentent toutes les conséquences désagréables. Cette maladie a reçu le nom de cowpox {[). Elle se manifeste sur les pis des vaches sous la forme de pustules irrégulières, qui sont au commencement d'un bleu pâle, ou plutôt d'une couleur un peu livide, et environnées d'une inflammation. Ces pustules, a moins qu'on n'y porte un prompte remède, dégénèrent fréquemment en ulcères phagédéniqnes, qui deviennent extrêmement incommodes. Les animaux deviennent souffrants, et la sécrétion du lait s'affaiblit beaucoup. Il commence alors à se manifester sur les mains, et quelquefois sur les poignets de ceux qui sont chargés de les traire, des taches enflammées, qui ensuite ressemblent aux petites cloches que fait élever une brûlure. De cet état elles arrivent promptement à celui de suppuration...
» Ainsi, selon ma manière de voir, la maladie commence chez le cheval, se communique a la vache, et de la vache à l'homme.
» Quand la matière morbifique, de quelque nature qu'elle soit, est absorbée dans le système, elle peut produire des effets en quelque façon semblables; mais ce qui rend le virus du cowpox si extrêmement singulier, c'est que la personne qui en a été ainsi affectée est pour toujours à l'abri de l'infection de la petite vérole, soit qu'elle s'expose à la contagion, soit qu'on lui introduise par insertion dans la peau la matière varioleuse.
» A l'appui d'un fait aussi extraordinaire, j'avancerai un grand nombre d'exemples sous les yeux du lecteur. Mais il est tout d'abord nécessaire de faire observer que des ulcères pustuleux (2) apparaissent souvent spontanément aux pis des vaches, et il y a des exemples, quoique très-rares, où les mains des domestiques employés à traire le lait ont été affectées par des ulcères (3;, et que ces domestiques ont même été indisposés par suite de l'absorption. Ces pustules sont d'une nature beaucoup plus douce que celles qui proviennent de cette contagion qui constitue le frai cowpox. Elles sont toujours exemptes de cette teinte bleuâtre ou livide si évidente dans les pustules de cette maladie. L'érysipèle ne les accompagne pas: elles ne montrent pas. comme dans l'autre cas, quelques dispositions phagédéniqnes, mais se terminent promptement en une croûte sans aucun désordre apparent dans la vache. Cette maladie survient dans diverses saisons de l'année, mais communément dans le printemps, quand les vaches abandonnent la nourriture d'hiver pour vivre d'herbes nouvelles. Elles y sont encore très-sujettes lorsqu'elles allaitent leurs veaux. Mais cette maladie n'est pas considérée comme semblable, sous quelque rapport que ce soit, à celle dont je traite maintenant, car elle est incapable de produire quelque effet spécifique sur la constitution humaine. Cependant il était très-important de la faire connaître ici, dans la crainte que le défaut de
(1) Cowpox veut dire littéralement vérole de la vache. Le mot pox est lui-même une altération de pock. pustule. Aussi trouve-1-on souvent dans les autours anglais coirpock au lieu de cowpox.
- Pustulous sores.
Sores.
COWPOX ET VACCINE.
distinction ne donne des idées fatales de sécurité contre l'infection de la petite vérole.
Jenner rapporte ensuite vingt-trois faits d'observations à l'appui de sa manière de voir. Tons sont destinés à prouver non-seulement que l'inoculation du cowpox préserve de la variole, mais encore que ce cowpox tire son origine du cheval, et cpie, pour avoir tous ses effets préservateurs, il a besoin d'être élaboré, modifié dans le pis de la vache. L'histoire doit enregistrer avec respect la première expérience de cet habile observateur. Elle eut lieu au moyen d'une jeune femme, Sarah Nelmes, servante chez un fermier, et qui eut le cowpox, ou petite vérole des vaches, en 1796. Le li mai de cette année, Jenner ouvre une des pustules de cowpox que portait Sarah Nelmes; il en inocule la matière sur le bras d'un enfant de huit ans, au moyen de deux incisions superficielles de la longueur d'un demi-pouce. Puis, quelque temps après, il inocule à ce même enfant de la matière varioleuse qui ne produit aucun résultat.
Sarah Portlock, John Philips, Mary Barge, mistress H..., et d'autres furent inoculés inutilement avec la matière varioleuse. Tous avaient eu le cowpox à une époque plus ou moins éloignée.
Les autres sujets d'observations, Joseph Merret, William Smith, Simon Nichols, Thomas Pearce, Abraham Riddsford. etc., employés simultanément au pansement des chevaux atteints de grease et à traire des vaches, sont destinés a faire admettre cette origine équine du cowpox. Je relève ici quelques passages semés ça et là au milieu des observations :
c C'est un fait si bien connu parmi nos fermiers, que ceux qui ont eu la petite vérole échappent au cowpox, qu'aussitôt que cette dernière maladie se manifeste dans le troupeau, ils se procurent, autant qu'ils le peuvent, de ces serviteurs, afin que les travaux de la ferme ne soient pas interrompus. »
« C'est un fait remarquable et bien connu, que nous sommes souvent trompés dans nos efforts pour communiquer la petite vérole par l'inoculation aux serruriers qui dans le pays sont maréchaux ferrants. Il arrive fréquemment ou qu'ils résistent a la contagion, ou qu'ils ne l'ont qu'irrégulièrement. »
« Il m'est prouvé que, quoique l'absorption de la matière qui sort des talons du cheval soit un préservatif contre l'infection varioleuse, il ne faut cependant y mettre une confiance entière que lorsque cette matière morbifique a été communiquée du cheval au pis de la vache, et de ce médium au corps humain. »
« Dans le printemps de l'année 1798, beaucoup de chevaux ayant été, a cause de l'humidité, attaqués de SOre-heels, le cowpox se montra rapidement dans les fermes. »
« Quoique je ne puisse étayer par des expériences faites sous mes yeux cette opinion, à savoir, (pie la source de L'infection est une matière morbide particulière venant du cheval, j<- crois cependant l'avoir établie avec assez d'évidence. Je suis bien convaincu que jamais le cowpox ne survient aux vaches que lorsque les domestiques chargés de les traire prennent soin en même temps des chevaux malades. \\ faut que la qualité active du virus pris au talon du cheval s'accroisse beaucoup après avoir agi sur les trayons de la vache, puisqu'il arrive rarement que le cheval communique son mal a celui qui en prend soin, et qu'il n'est pas moins rare qu'une laitière échappe a L'infection en trayant des vaches infectées. Ce virus esl plus actif au commencement de la maladie, avant même qu'il ait acquis une apparence juiriforme. Je ne suis pas même bien sûr qu'il ne perd pas ses propriétés dès qu'il est sécrété souî : me de pus. Je suis même porté .1 penser qu'il . n esl ainsi, et
que c'est >, nlement ce fluide léger,' d'une teinte un peu obscure, s'écoulant decre-
Tasses nouvellement formées clans les talons, qui donne la maladie... Ne peut-on pas conjecturer avec raison que la source de la variole est cette matière morbide, d'une espèce particulière, générée par une maladie du cheval, que des circonstances accidentelles ont pu aggraver de plus en plus, et qui a fini, en s'éloignant de son origine, par acquérir ces facultés contagieuses et dévastatrices, dont nous ressentons tous les jours les funestes effets ? »
Dans deux autres brochures publiées les années suivantes (1), Jeûner professe les mêmes idées relativement à l'origine chevaline du cowpox des vaches; et il est tellement persuadé que cela doit être ainsi, qu'après avoir plusieurs lois et Inutilement inoculé sur le pis des vaches le liquide pris sur les sabots d'un cheval malade, il imagine que ses expériences n'ont pas réussi parce que la matière équiue avait été prise dans son état de purulence, soutenant que le virus du cheval n'a la propriété de se communiquer et de se produire qu'autant qu'il est encore à l'état fluide, transparent, qu'il suinte au commencement du grease à travers les fentes du sabot.
« Le cowpox, dit-il, est-il une maladie spontanée de la vache, ou bien doit-il être attribué, selon ma manière de voir, au transport de la matière sur l'animal? Quoique je n'aie pas l'intention de discuter ici pleinement cette question, je me hasarderai jusqu'à l'appuyer encore d'autres observations, et à donner les raisons qui m'ont fait nourrir une opinion considérée par beaucoup comme imaginaire :
» 1° Parce que cette opinion est populaire, universelle et admise par tous les fermiers du comté de Gloucester;
» 2° Parce que la vaccine, lorsqu'elle n'a pas été apportée dans une ferme par une vache ou une personne déjà infectée, y a toujours été immédiatement précédée du sore-heel;
» 3° Parce que la vaccine est inconnue en Ecosse et en Irlande, où l'on n'emploie point d'hommes dans les laiteries;
» 4° Parce que si le virus du sore-heel neparaît pas susceptible de se développer par l'inoculation sur une peau saine, il n'en est pas de même lorsque ce virus se trouve en contact avec une peau déjà effleurée ou affectée de petits accidents pareils ;
» 5° Parce que cette maladie a paru jusqu'à un certain point capable comme la vaccine de préserver de la petite vérole, mais moins sûrement qu'après avoir passé par le corps d'une vache ;
» 6° Parce que l'enfant inoculé d'après une maladie de cette espèce eut toutes les apparences de la vaccine inoculée (2). »
Suivent deux exemples de contagion probable de la matière du grease aux vaches, communiqués à Jeûner par un pasteur du nom de Moore, et par ML Fewster, chirurgien.
Maintenant que l'on connaît l'origine du cowpox et de la vaccine, je vais indiquer : 1° l'époque à laquelle il convient de vacciner; — 2° la manière de pratiquer l'opération de la vaccine; — 3° les résultats de cette opération; — et 4° enfin, les accidents dont elle peut être l'origine, tels que la syphilis et certains exanthèmes auxquels on a donné le nom d'éruptions vaccinales secondaires.
(1) Jenner, Further observations on the variolœ vaccinœ. London, 1799, in-i, 6i pages. — .1 continuation of facts and observations relative to the variolœ vaccinœ, or cowpox. London, 1800, in-t, t-2 pages.
(v2) Les trois ouvrages originaux de Jenner ont été réunis et publiés ensemble en 1800,
in-8. La même année, ils ont été traduits en français par M. L. C. de L (le chevalier de
Laroque).
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1° Époque h laquelle il confient de vacciner les enfants. — Comme la variole est très-rare dans les deux premiers mois de la vie, il n'y a pas d'inconvénient à attendre le troisième ou le quatrième mois pour vacciner les enfants. Il faut même attendre cel âge paire cju'il y a danger à les vacciner plus tôt, à cause de la syphilis latente chez un vaccinifère de deux mois, et parce que, chez les nouveau-nés particulièrement, l'opération peut être suivie d'accidents mortels.
L'ne commission médicale dont j'ai fait partie a été chargée d'étudier la question, et elle a conclu qu'il y avait de réels inconvénients à vacciner trop tôt les enfants, que cela pouvait être le point de départ de phlegmons du bras, d'adénites axillaires, de résorption purulente mortels, surtout dans les hôpitaux et au moment où règne une épidémie de fièvre puerpérale.
Si l'on vaccine au premier ou au second jour, ce que je proscris entièrement, il faut, ainsi que l'a indiqué Legroux, ne faire qu'une seule piqûre à chaque bras. De cette manière on évite tous les accidents que font naître trois ou quatre piqûres.
2° Manière de pratiquer la vaccine. — L'inoculation du cowpox ou du vaccin, c'est-à-dire l'opération de la vaccine, se pratique au moyen des frictions, des vésicatoires, des incisions ou des piqûres. Autant que possible il faut vacciner de bras à bras en prenant le vaccin sur des enfants de trois à quatre mois, forts et bien portants. Si l'on n'a pas d'enfants il faut employer du vaccin d'enfant de quatre mois mis sur plaque, recueilli et séché sur une lancette ou conservé dans des tubes, mais il ne faut point se servir de vaccin cultivé sur des génisses qui ne sont pas laitières et à plus forte raison sur de jeunes taureaux, ce qui a été fait de 186G à 1870. C'est ainsi qu'on a perdu les qualités préservatives du vaccin.
Morlanne, professeur d'accouchements à Metz, a réussi à vacciner en mettant du vaccin sur les bras des enfants et en frottant la place avec un morceau d'ivoire en l'orme de spatule. Ce massage aide à l'absorption, sans qu'il soit besoin de plaie ou d'écorchure. Au point de vue physiologique, cette expérience est fort curieuse et prouve bien que l'absorption cutanée peut s'accomplir en dehors de toute blessure -des vaisseaux superficiels, ce qui a été nié par quelques personnes à propos du mode de contagion de la syphilis.
On sait, en effet, cju'il est très-rare de voir la syphilis se produire sans qu'une écorchure préalable ait servi de moyen d'inoculation. Warlomont s'est inspiré de ce procédé pour imaginer de petites lamelles d'ivoire pointues imprégnées de vaccin qu'il frotte sur la peau du bras dont on a gratté l'épidémie avec la lancette pour mettre le derme à nu.
Le procédé de vaccination par les piqûres est le plus généralement adopté; il esl très-efficace dans ses résultats, et c'est un des moins douloureux dans l'application.
On prend nue lancette ordinaire, une lancette spéciale consacrée à cel usage, telle que la lancette de Jean Chailb (fig. 1:21), ou une aiguille chargée sur la pointe d'une goutte du fluide \aeein arrivé au cinquième ou septième jour, et après avoir d'une main tendu la peau du bras au niveau de l'insertion du muscle deltoïde, on fait avec l'autre deux ou trois inoculations.
Chez les nouveau-nés, il faut ne faire qu'une piqûre à chaque bras pour éviter l'inflammation trop forte de la p ^ peau et les accidents qui peuvent en être la conséquence. ,i(- Jean Ch
H vaut mieux ne vacciner les enfants qu'à quatre mois. — La lancette ou l'aiguille doit être introduite horizontalement et légèrement, de manière à n'entamer (pie les couches superficielles de la peau, et on l'enfonce
PATIh'I
jusqu'à ce qu'il sainte an peu de - pératear applique alors le ponce de la
main qui fixe le bras sur la piqûre, de manière à essuyer l'instrument dans son intérieur.
I opération doit Être pratiquée à la partie interne des jambes, ou sur les deux bras, et lespiqâ s al être éloignées d'un centimètre environ. On doit bien prendre garde à ne pas vacciner sur l'épaule, chez les tilK >. pour n. - sser de ckatr s sagréahle? soi -un : endroit que s sages de toilette permettent aux femmes de découvrir lorsqu'elles vont dans le monde.
La vaccination doit être, autant que possible, pratiqua- de bras à bras, c'està-dire en prenant le riras vaccin sur un autre enfant bien portant et de bonne race. qui présente des pustules vaccinales bien développées au cinquième ou septième jour de 1 inoculation. Toutefois cette circonstance n'est pas absolument nécessaire.
On |vut se servir du vaccin conservé à l'abri de la lumière et de l'air, entre deux plaques de verre ou dans des tubes de ferre cylindriques capillaires, longs de plusieurs centimètres.
Lorsque l'on recueille du vaccin, il faut le prendre sardes pustules du cinquième ou du septième jour. On le met entre deux plaques de verre (fig. !__. que l'on applique l'une sur l'autre, et que l'on recouvre d'une feuille de plomb. Ainsi placé a l'abri de l'air, le vaccin se dessèche et s - x- pendant plusieurs mois. An moment di - rù\ on le délaye
dans une demi-goutte d'eau froide, jusqu'à ce qu'il ait acquis une consistance oléagineuse, et l'on pratique l'opération comme il a été dit plus liant.
Si l'on met en usage les tubes de verre pour recueillir le vaccin, voici comment il faut s'y prendre : Le tube capillaire doit être ouvert par les deux extrémités. On l'applique sur la pustule déchirée superficiellement par la lancette lorsqu'une goutte de vaccin ( e fluide monte naturellement par capillarité dans le tube, que l'on ferme à la bougie dès qu'il est plein. On le conserve ensuite a l'abri de la chaleur et de la lumière. De celte manière, ie vaccin ne peut subir aucune altération. Veut-on s'en servir, on casse les deux extrémités du tube et l'on souffle par un Unit, sur une cuiller ou sur un corps lisse et poli, le fluide contenu dans son intérieur. On l'utilise ensuite pour l'opération qu'il faut pratiquer.
II ifv a aucun inconvénient pour les enfants à recueillir de leur vaccin: on peut en prendre impunément, sans crainte de nuire aux propriétés pu s S de la vaccination. L'ouverture des pustules vaccinales n'est point douloureuse et n augmente en rien l'inflammation du bras qui succède a la vaccine.
On a pensé qu'il était nécessaire de soumettre a un traitement préparant ^personnes à vacciner: cela s s indispensable, et si l'on peut le fane pour les ■
al ai»n au cou
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adultes, c'est inutile pour les jeunes enfants. Ce traitement consiste dans la diète et dans L'usage de légers purgatifs répétés plusieurs jours de suite.
L'opération se fait de même quand, au lieu de prendre du vaccin sur un enfant, Oïl le prend sur une génisse spontanément affectée de cowpox ou sur des génisses inoculées de vaccin selon la méthode de Negri, de James et de Lanoix, pour faire des générations successives.
Vaccin animal. — D'autres, avec Warlomont, se servent de petites lamelles d'ivoire qu'on imprègne de vaccin et qu'on laisse dessécher, et qu'on fait voyager où l'on veut. Au moment de s'en servir, on sacrifie 1'épiderme superficiellement, presque sans amener de sang et l'on frotte la lamelle imprégnée de vaccin, ce qui fait une forte et large pustule. L'inoculation par la lancette selon l'ancien usage est préférable.
3° Développement de la vaccine. — Trois ou quatre jours après l'inoculation du vaccin, paraissent, à l'endroit des piqûres, de petites saillies rougeàtres de la peau que l'on sent avec le doigt et qui s'accroissent assez rapidement. Au cinquième jour, chacune de ces élevures devient circulaire et paraît ombiliquée; au sixième jour, elle est plus aplatie et blanchâtre; elle a la forme d'un petit disque de 4 ou 5 millimètres de diamètre, déprimé à son centre et entouré d'une petite aréole rougeâtre. Au septième jour, les pustules augmentent de volume, s'aplatissent, prennent un aspect argenté; une petite aréole les entoure. Le huitième jour, la couleur change un peu; les pustules, toujours aplaties, sont un peu plus gonllées et prennent une couleur plus foncée; elles sont entourées d'une aréole inflammatoire assez étendue, qui augmente encore pendant les trois jours suivants. Au dixième jour, les pustules sont très-larges et ont 7 ou 8 millimètres de diamètre; elles sont très-gonflées, déprimées à leur centre et tranchent, par leur couleur pale, sur la rougeur inflammatoire des téguments; leur surface paraît granulée et légèrement pointUlée, et l'on distingue à la loupe une grande quantité de petites vésicules remplies d'un fluide transparent. Le virus vaccin est renfermé dans la pustule dans une pseudo-membrane celluleuse, a peu près de la même manière que L'humeur vitrée du globe de l'œil est renfermée dans la membrane celluleuse qui la soutient.
\u douzième jour, la période de dessiccation commence; la dépression centrale prend l'apparence d'une croûte; l'humeur contenue dans le disque dont j'ai parlé se trouble et devient opaline; l'aréole inflammatoire pâlit et la pustule vaccinale commence à s'affaisser. Ce travail continue les jours suivants.
La pustule, jusqu'alors celluleuse, ne forme plus qu'une seule cavité (l); elle se dessèche enfin et forme une croûte dure, d'un jaune noirâtre, qui persiste jusqu'au quinzième ou vingtième jour. Pendant ce temps, la rougeur inflammatoire delà peau s'efface et disparaît, et lorsque la croûte est tombée, il reste une cicatrice profonde, gaufrée, qui est ineffaçable.
Lorsque les pustules vaccinales sont en pleine activité et que L'inflammation qui les entoure est assez considérable, on observe chez les enfants des malaises, de L'agitation et une iiè\re plus ou moins vive qui n'a rien d'inquiétant. Le bras est le siège d'une douleur aiguë; les ganglions de l'aisselle s'engorgent; mais ces symptômes ne tardent pas à se dissiper avec la cause qui lésa produits.
La marche de la vaccine n'est pas toujours telle que je viens de L'indiquer. Il \ a des enfants chez Lesquels les pustules s'éteignent presque aussitôt après leur apparition sans qu'elles soient complètement développées, il eu est d'autres chez lesquels
(1) Rayer, Traité des maladies de la peau. Paris, L835, t. I, p. 007.
l'inoculation ne donne lieu à la naissance d'aucune pustule et ne paraît pas avoir réussi: il faut alors revacciner jusqu'à ce que l'on ait obtenu des pustules vaccinales d'une nature satisfaisante Cependant on rencontre des enfants qui sont réfractaires à cette inoculation, et d'autres qui, axant été inoculés, sont, au bout de quelques jours, pris d'une fièvre légère de peu de durée, sans développement de vaccine : c'est ce que l'on a appelé vaccina sine vaccinis. Ces exemples sont fort rares.
4° Accidents de la vaccine. — La vaccine n'est pas une maladie; en général, elle ne détermine pas d'accidents autres que ceux dont nous avons parlé, c'està-dire l'inflammation légère du bras, le gonflement des ganglions de l'aisselle et la fièvre. Il n'y a pas à s'occuper de ces accidents; il faut tenir les enfants à la chaleur, modérer la quantité de leur alimentation et leur faire prendre quelques bains. Si l'inflammation du bras était très-intense, il faudrait prescrire des lotions émollientes ou des cataplasmes, qui suffiraient à calmer la douleur et la tension inflammatoire de la peau.
On a vu quelquefois la vaccine être l'occasion d'adénites axillaires, d'abcès de l'aisselle, d'érysipèles graves et mortels. Cela est assez commun dans le temps où règne une épidémie de fièvre puerpérale. Rarement elle est suivie d'infection purulente, cependant je vais en rapporter un exemple observé par M. Hipp. Bourdon, et dont j'ai déjà parlé (1).
Observation. — Enfant de deux mois, vacciné par huit piqûres suivies de huit pustules entourées d'une excessive inflammation. Ii n'y eut pas d'angioleucite ni d'engorgement des ganglions axillaires. Au milieu d'une forte lièvre, il survint de l'ictère, puis les phénomènes méconnus d'une pleurésie avec épanchement, des convulsions, et il succomba.
Autopsie. — On ne trouva rien au cerveau ni dans le foie, et l'on vit seulement un abcès du poumon droit et une pleurésie diaphragmatique secondaire avec épanchement dans le côté gauche.
On peut se demander si c'est bien là une pleurésie simple, ou si ce ne serait pas au contraire un fait de résorption purulente, suite de vaccine, avec ictère, abcès métastaliques du poumon, et enfin pleurésie diaphragmatique consécutive. J'adopterais volontiers cette dernière opinion.
5° Avantages de la vaccine. — Dans quelques cas enfin, la vaccine peut être l'occasion de l'inoculation de la syphilis, et il importe d'être bien fixé sur la santé des enfants dont on se sert pour recueillir le vaccin. Au reste, c'est la une question grave dont je vais m'occuper.
Les propriétés préservatives de la vaccine contre la variole ne sont pas douteuses. Elles étaient beaucoup plus manifestes autrefois que de nos jours où il semble que le virus vaccin soit affaibli et quelquefois impuissant pour préserver de cette maladie. On voit, en effet, dans des circonstances fort rares, eu égard au nombre des vaccinés, la variole se développer chez des sujets qui ont été soumis à la vaccination. Toutefois, quelle que soit la valeur de la vaccine, on ne peut contester qu'elle rende encore de très-grands services à l'humanité. Il faut bien admettre qu'elle est moins efficace qu'aux premiers moments de son apparition; et cela se conçoit sans peine, car on sait que tous les virus s'affaiblissent à mesure que l'on inocule et que l'on fait de nouvelles générations virulentes; mais, tel qu'il est, ce moyen est encore excellent.
(1) Voyez le chapitre sur la Pleurésie.
COWPOX ET VACCINE.
On peut, eo renouvelant le virus vaccin, lui donner toutes les propriétés désirables; aussi les médecins font-ils, à plusieurs reprises, de nouveau cowpox pour régénérer la vaccine, et même on entretient le vaccin sur des génisses par des inoculations continuelles afin de lui conserver sa pureté et son activité. De cette manière on pense que son moyen préservatif reprendra toute son importance, mais cela est loin d'être établi. Je dirai même que cette pratique usitée de 18G6 à 1870 doit être abandonnée, car elle nous a valu en 1870 une épidémie de variole qui, en six mois, a l'ait périr près de 5000 personnes à Paris.
Pour ceux qui ne pourraient se procurer de ce vaccin nouveau, ils peuvent très bien le remplacer en revaccinant au bout de quinze ans avec le vaccin ordinaire. Si la vaccination réussit, c'est que l'on était apte à contracter la variole; si au contraire elle ne réussit pas, c'est que la première vaccination n'a rien perdu de ses propriétés.
Au reste, comme il est évident que la vaccination humaine a perdu quelque chose de sa puissance préservatrice et qu'elle peut être nuisible en raison de la syphilis qui s'v trouve quelquefois mélangée, il faut ne prendre le vaccin que sur des enfants de quatre mois et renoncer à inoculer le vaccin à des génisses pour avoir du vaccin animal pris sur des génisses vaccinifères.
6° Vaccination animale. — C'est l'inefficacité de la vaccination humaine relativement a la préservation de la variole et surtout la transmission de la syphilis par la vaccine qui ont donné l'idée de recourir à la vaccination animale. Depuis 1810, a Naples, après la manifestation de trois cas de syphilis par la vaccine, Galviati inocula le cowpox h des uénisses et se servit de ce vaccin pour vacciner des enfants, ce qui devint un usage dans cette ville. 11 y a constamment à Naples des génisses vaccinifères avec lesquelles Palasciano et Negri font toutes les vaccinations. En 18i0, cette méthode fut introduite en France par James, puis en 1805 par Chambon, Lanoix, et à Bruxelles par Warlomont. On prend une génisse de quatre à huit mois dont on rase la région hypogastrique, et par 50 ou 00 piqûres on inocule un bon cowpox. Cela fait, au troisième jour paraissent les pustules vaccinales qui sont allongées comme les scarifications qui ont été pratiquées, et l'on s'en sert pour inoculer les enfants ou u\r> autre génisse jusqu'à la fm du sixième jour, car passé cette époque le vaccin ne prend plus ou ne préserve pas.
La vaccine animale met plus Longtemps à parcourir les périodes que la vaccine humaine. Les papules sont plus longues à se montrer et les pustules se développent plus lentement, car elles ont quatre jours de retard sur la vaccine ordinaire et elles n'arrivent à la dessiccation qu'au seizième ou dix-huitième joui-.
De 1866 à 1870 cette vaccination animale fut très en vogue à Paris. Patronnée par l'Académie de médecine ( 1 ), il y eut un instant où ce vaccin remplaça presque le vaccin d'enfant. Ce fut une faute. Sous prétexte d'avoir facilement du vaccin, par crainte des accidents de syphilis vaccinale, et sans savoir si ces inoculations de vaccin de uénissc préservaient aussi bien de la variole que le vaccin d'enfant, on eut recoms d'une façon presque exclusive au vaccin de génisse. Le résultat fut une effroyable épidémie de variole qui, en 1870, lit a Paris plus (le 5000 morts.
On constata d'abord que ce vaccin se coagulait très-vite sur la lancette ou dans les tubes qui servaient a l«> transporter; omit que les inoculations échouaient très- SOUVenl sur des sujets non vaccinés et encore plus chez les sujets vaccinés depuis
quinze ou vingl ans qui voulaient une revaccination. On le mélangea à de la glycé-
1 Bulletin derAcad.de médecine. Paris, 1866 a 1870, tome XXXI, p. 510, à t. un,- \\\\ passim.
rinc l/lGe, pour éviter cet inconvénient; mais cela ne lui rendit pas plus d'activité. Enfin, comme pour moi ce vaccin animal ne pouvait être comparé à du vaccin d'enfant produit par des générations successives d'un premier cowpox; comme on se le procurait avec du vaccin humain inoculé à des génisses et non à des vaches laitières, ce qu'il aurait fallu faire pour le comparer au cowpox, je l'ai abandonné et je conseille à tous les médecins d'en faire autant.
7° Éruptions vaccinales secondaires. — On a vu quelquefois des pustules vaccinales se développer sur des points du corps où l'inoculation n'avait point été pratiquée. C'est presque toujours, dit Rayer, sur des surfaces enflammées et privées d'épiderme, sur des eczémas chroniques, des lichens excoriés, etc., que ces pustules secondaires se développent. Elles sont quelquefois produites par une inoculation accidentelle et postérieure que le vacciné s'est faite avec ses doigts, après avoir gratté les pustules, lorsque la constitution n'a été qu'incomplètement modifiée par la première éruption. Plus souvent les pustules surnuméraires sont le résultat d'une éruption secondaire, analogue à celle qu'on observe si fréquemment dans la variole inoculée.
Les éruptions vaccinales secondaires sont en général de nature érythémateuse. Ainsi, le bras vacciné devient le point de départ d'un érysipèle, quelquefois grave, qui se promène sur tout le corps et qui fait périr les enfants, s'ils sont très-jeunes. La roséole vient très-fréquemment couvrir le corps au moment où l'aréole inflammatoire de la vaccine est à son plus haut degré. Cette éruption n'est pas grave, elle peut momentanément troubler un peu la santé des enfants en leur donnant une fièvre intense; mais elle dure peu de temps et se dissipe sans laisser de traces.
Le traitement de ces éruptions secondaires est fort simple. Lorsqu'il s'agit d'un érysipèle, il faut mettre en usage les moyens dont nous avons parlé (1). Quant à la roséole, il convient de la laisser marcher, en donnant au malade des boissons émollientes ou diaphoniques, et en le mettant dans un endroit bien chauffé, à l'abri de l'influence du froid et de l'humidité.
8° Revaccinations. — Jadis, au début de la découverte de la vaccine, les personnes vaccinées conservaient pour la vie ou à peu près l'immunité de la variole. Il n'en est plus ainsi. Le vaccin s'est affaibli par des générations successives selon la loi ordinaire du virus, et il ne préserve plus que pour un temps fort court les personnes soumises à l'inoculation. Tous les dix ou quinze ans au plus tard il faut se faire revacciner si l'on ne veut courir les chances d'une varioloïde ou d'une variole mortelle; car on voit des sujets vaccinés prendre la variole et en mourir. Toutefois, les revaccinations n'auront de raison d'être que si l'autorité, donnant une forte prime aux cultivateurs qui lui fourniraient du cowpox naturel en temps utile, met les médecins en mesure de renouveler le vaccin tous les ans.
9° La syphilis peut-elle être transmise par la vaccination? ou de la vaccination syphilitique. — On a souvent posé la question de savoir si la vaccine pouvait communiquer la syphilis à un enfant; après avoir nié le fait, les médecins sont tous unanimes aujourd'hui pour en reconnaître la réalité (2). Mais il y a eu bien des erreurs commises, et à l'Académie de médecine de Paris on a vu
il) Voyez le chapitre consacré à cette maladie.
(2) Vaccine syphilitique. — Voici la statistique comprenant la plupart des faits connus de ce genre, hormis de ceux qui n'ont pas la sanction d'une authenticité incontestable; elle comprend les exemples tout récents observés à l'Académie de médecine de Paris en 1865, et à Auray en 1866; mais il paraît que les commissaires de l'Académie se sont trompés et qu'ils
COWPOX ET VACCINE. 769
Depaol (1) prendre pour de la syphilis vaccine des vaccinations ulcéreuses phagédéniques qui n'avaient rien de syphilitique.
Dès le commencement de ce siècle, un médecin anglais, Moseley, avait remarqué qu'à la suite de la vaccination, un certain nombre d'enfants contractaient une maladie qu'il désigne sous le nom de cowpox itch (gale vaccinale). Cette maladie était contagieuse ; ceux qui l'avaient contractée avaient d'abord, à la place de la piqûre vaccinale, un ulcère qui durait longtemps et qui était suivi d'éruptions sur toute la peau. Il cite même un cas dans lequel la maladie fut transmise au sein d'une nourrice. Cette maladie, que l'on disait nouvelle, guérissait par le mercure et le soufre.
Depuis lors, des faits analogues ont été publiés, et je vais les reproduire en mettant, d'un côté, ceux où la vaccination a engendré la syphilis, et, de l'autre, ceux où du vaccin recueilli pris chez les enfants syphilitiques a produit du vaccin sans inoculer la syphilis. C'est le résumé d'une publication de Viennois (2).
Première catégorie défaits.— Vaccin (V enfant syphilitique ayant produit la syphilis.
« Monteggia lut, le 17 février 1814, à l'Institut des sciences de Milan, un mémoire tendant à prouver que si l'on vaccine un syphilitique, il se forme immédiatement une pustule qui contient les deux virus, et que tous deux sont communiqués si l'on emploie le pus vaccinal pour vacciner d'autres individus.
» Marcolini, à la même époque, professait aussi la même opinion; c'était aussi celle de Cerioli (de Crémone); mais Annibal Omodei écrivait, dès 1823, que dans les cas où la syphilis était transmise par l'opération vaccinale, c'était le sang qui était l'agent de la contagion.
» En 1821, Cerioli (de Crémone) observait une endémo-épidémie syphilitique, où une petite fille de trois mois transmit la syphilis à une quarantaine d'enfants.
Observation de Cerioli, 1821. — Une enfant trouvée, une petite fille de trois mois, 31..., servit à vacciner 16 enfants en une seule séance. M... parut saine; son vaccin fut très-régulier. Cependant , parmi les 16 vaccinés, 6 seulement eurent une vaccine régulière. Chez presque tous les autres enfants, à la place des piqûres se montrèrent des ulcères, recouverts les uns de croûtes permanentes, ou des ulcères indurés. Ces accidents arrivaient lorsque les croûtes vaccinales étaient tombées. Plus tard, ulcères de la bouche et des parties sexuelles ; éruptions croûteuses sur le
ont pris pour de la syphilis vaccinale ce qui n'appartenait qu'à des vaccinations suivies d'impétigo ulcéreux comme j'en ai vu bien des exemples à Paris.
Faits de Cerioli . - 4G vaccinés, 40 infectés, G sains.
— Tassani Ci — 46 — 18 —
— B. .. vétérinaire 24 — 19 — 5 —
— Hubner 13 — 8 — 5— ...
— Ifonel, de New-York . ... 1 — 1 — » — .-'''iv
— Marcolini «0 — 40 — » — >?#* *^£^
— Viani 2 — % — » — r*^
— Lcco([ 2 — 2 — » — • i <
— «-'llitfo 14 — 14 — ...
— Paccl.iotti 63 — 4li — 17 - !„. ,v**'v**"*
Bidart 6 - . - G - Y** UkfAJit
— Montain 30 — » — 30 — .
— Schreier 2 — » — 2— ".J> *"$
— Trousseau 5 — 1 — 4 — ~V ^T/
— Devcrgie 1 — 1 — » — - ••.,»'
— Hérard 1 — 1 — » —
— Sébastian (de Béziera). . . 2 — 1 — 1 —
— Académie de médecine. . » — Il — » —
— Observés à Auray » — 00 — • —
316 893 "yt
(1) Dcpaul, Bull, de VAcad. de méd.
(2) Viennois, De la transmission de la syphilis par la vaccination, in De la syphilis vaccinale , communications à l' Académie de médecine. Paris, 1805.
BOl'CHUT. — NOUV.-NÉS. — 7e ÉDIT. 49
cuir chevelu; taches cuivrées; ophthalmies. Le système glandulaire et le système osseux ne furent pas épargnés.
Ces accidents se communiquèrent aux nourrices et aux mères de ces enfants, et consistaient en ulcères produits par l'allaitement. La maladie fut méconnue au début, mais les accidents devinrent si intenses, qu'une commission, dont Cerioli était le secrétaire, fut nommée pour étudier l'épidémie. Elle fut reconnue pour syphilitique, et traitée par le bichlorure de mercure à l'intérieur et les frictions mercurielles à l'extérieur. Dix-neuf enfants étaient déjà morts.
Cependant l'administration du spécifiique arrêta la mortalité et rendit la santé aux nourrissons et aux nourrices.
» En 1841, le même Cerioli observait une nouvelle épidémie de syphilis racontée par Tassani (de Milan).
Observvtion de Tassani, 1841. —En 1841, le docteur Bellani, médecin vaccinateur de Gruinello, province de Crémone, se servit du liquide vaccinal d'un enfant, P. C..., pour vacciner soixante-quatre enfants appartenant à quatre communes. Le père de P. C... avait contracté la vérole en 1840, hors du lit conjugal. Chez quelques enfants la vaccine fut régulière; chez d'autres il survint aux points vaccinés, à l'époque de la chute des croûtes vaccinales, des ulcères indurés. Plus tard, ce n'est pas seulement aux anomalies des pustules vaccinales que la maladie se borna, il apparut chez la plupart des vaccinés, sur divers points du corps, d'autres formes morbides, et principalement aux aines, aux parties génitales, au pourtour de l'anus, dans la bouche, des ulcères avec un fond irrégulier, des taches de couleur cuivrée. Les mères et les nourrices ne furent pas épargnées; les symptômes furent intenses, d'autant plus que leur caractère fut méconnu au début et que la maladie put se développer à l'aise en l'absence du traitement spécifique.
Et comme plus tard les enfants et les femmes qui les avaient allaités furent traités convenablement par le mercure, en graduant les doses selon l'âge des sujets, tous guérirent; mais déjà huit enfants étaient morts, ainsi que deux nourrices.
» Au mois de décembre 1844, Pitton publiait (1) deux observations de syphilis générale survenue le sixième jour de la vaccination.
» En 1845, Ceccaldi, médecin principal de l'hôpital de Constantine, vaccina dans la même séance deux fdles, l'une de onze ans, l'autre de deux ans, et un garçon de ving-deux mois, qui présentèrent, peu de temps après, des manifestations syphilitiques générales.
» En 1849, Viani fait connaître (2) l'observation suivante :
Observation. — Une dame N..., mariée en Egypte, revint en Italie auprès de son mari en 1838. Elle y accoucha au bout de quelques mois d'un enfant qu'elle allaita d'abord; il lui vint des ulcérations aux mamelons; elle ignorait la nature syphilitique de ces ulcérations, et fut obligée de confier son nourrisson à une nourrice étrangère. Celle-ci fut contaminée, puis une seconde, puis une troisième. Cet enfant servit à vacciner un de ses oncles âgé de vingt-huit ans et une de ses tantes âgée de vingttrois ans. Un ulcère du bras au point inoculé fut le premier accident de la maladie transmise; les symptômes constitutionnels arrivèrent ultérieurement.
» En 1850, Wegeler(3) constate que dix familles se firent revacciner, et qu'à la suite de cette re vaccination, opérée du 14 au 15 février, 19 individus sur 24 furent reconnus atteints de syphilis.
Observation du vétérinaire B... — Le 14 et le 15 février 1849, un vétérinaire auquel les journaux allemands ont voulu conserver l'anonyme et qu'ils désignent sous le nom du vétérinaire B..., revaccina dix familles avec le vaccin d'un enfant E..., qui
(Il Pitton, Journal des connaissances médico-chirurgicales, 1844. 2) Yiani, Gazetta medica Lombarda, 1849. (3) W egeler, Medicinische Zeitung. Berlin, 3 avril 1850.
COWPOX ET VACCINE. 77 1
le 1 I février 1819 n'avait aucune trace d'éruption cutanée, et qui le 21 avait la roséole syphilitique la plus évidente. Presque tous les revaccinés dont l'âge variait de onze à quarante ans, devinrent malades.
Au bout de trois ou quatre semaines apparurent simultanément sur la plaee des piqûres, des ulcères qui avaient tout à fait le caractère syphilitique, et plus tard des manifestations secondaires de la syphilis : angine, éruptions, céphalalgie. De fortes doses de mercure furent nécessaires pour amender les symptômes constitutionnels.
L'enfant vaccinifère avait été vacciné le 5 février.
» Le vétérinaire B..., auteur de ces revaccinations, fut poursuivi devant les tribunaux, condamné à deux ans de prison et à une amende de 50 thalers.
» En 1852, le 10 juin, treize enfants appartenant à deux villages voisins sont vaccinés le même jour par le docteur Hubner, dans la même séance, avec le même vaccin, celui de l'enfant Keller réputé syphilitique. On voit chez les uns des ulcères aux endroits vaccinés durer longtemps, des éruptions syphilitiques se développer trois mois après, et les autres enfants échapper complètement aux symptômes.
Observation du docteur Hubner. — Le 16 juin 1852, le docteur Hubner vaccina à Freienfels treize enfants avec le vaccin d'un nommé Keller, âgé de trois mois, fils de Marguerite Keller, célibataire, âgée de vingt-neuf ans. Marguerite Keller était syphilitique, et son fils mourut dans le marasme, après avoir présenté des signes de la syphilis héréditaire.
Sur ces treize enfants, huit devinrent plus tard malades; les uns eurent une vaccine régulière, les autres non. Mais au bout de quinze jours, tous les huit enfants eurent aux points vaccinés un chancre du bras, suivi trois mois plus tard d'accidents constitutionnels généraux.
Les nourrices furent affectées, ainsi que les personnes qui étaient appelées à leur donner des soins. C'est ainsi qu'une servante de soixante-dix ans contracta un ulcère de la lèvre en embrassant sans précaution les enfants contaminés, ulcère suivi d'accidents constitutionnels. Deux bonnes contractèrent un chancre de l'avant-bras à l'endroit où le siège de l'enfant reposait sur le membre thoracique pendant d'assez longues promenades. Les enfants que portaient les bonnes avaient des plaques muqueuses ulcérées de l'anus.
n Le 2 août 1851, Monnell publie à New-York (1), une observation dans laquelle on voit la syphilis se dérouler classiquement après la vaccine d'un enfant de six ans : chancre du bras d'abord, accidents constitutionnels trois mois après.
» Du 1er janvier 1850 à la fin d'octobre 1858, sur un nombre de 2584 enfants traités à l'hôpital de Manchester, le docteur James Whithead a constaté 03 cas de syphilis constitutionnelle. De ce nombre, pour le médecin anglais, 31 enfants auraient eu la syphilis par la vaccination. »
Ces observations ne sont pas toutes très-concluantes, et, si l'on en croit Viennois (2) qui les a fait connaître, il y en a quelques-unes dont la signification est douteuse.
«En 1857 avait lieu près de Florence, dans un petit village appelé la Rulina, une vaccination entreprise par Bettoni. Le vaccin fut fourni par Émilia Burchi,née de parents syphilitiques; il est constant que du sang a coulé du vaccinifère sur la lancette de l'opérateur, ainsi que GalligO l'a écrit dans une lettre du 20 février 18i>-2 : huit enfants au moins ont présenté des symptômes syphilitiques ultérieurement, et chez quelques-uns un ulcère au point inoculé aurait été le phé-
l Monnell, Médical Times, New- York, 1854.
- Viennois, Archive» générale» <l>' médecine, juin 1860, et De la transmission <!>• la syphilis parla vaccination, in De la syphilis vaccinale. Paris, 180."., ]». 224.
i iZ PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENFANCE.
nomène initial. Ce fait avait été annoncé sommairement en France (1) dès le mois d'août 1800, et Galligo l'a publié dans an journal italien (2).
» En 1859, Friedenger (de Vienne), un élève du professeur Sigmund, faisait connaître trois cas dans lesquels la vaccination avait servi à faire développer des symptômes syphilitiques cutanés à trois enfants.
» En 1860, Rollet, chirurgien de l'Antiquaille (3), envisage pour la première fois la question de la syphilis transmise par la vaccination sous son véritable jour. Rollet revient à l'idée de Monteggia et de Marcolini : pour lui, par la même piqûre on peut donner les deux virus, mais, dans ce cas, ce n'est pas le liquide vaccinal qui les donne tous les deux ; le liquide vaccinal ne doit donner que la vaccine, contrairement à l'avis des médecins italiens, et la syphilis est donnée par le sang. »
C'est aussi l'idée que Viennois a cherché à développer dans cette même année
« En 1861, le 2 juin, deux vaccinations avaient lieu à dix jours d'intervalle, dans un petit village de 2000 âmes, à Ri val ta. Dans un cas, 38 enfants sur 47 montraient, quelque temps après la vaccination, les symptômes syphilitiques les plus évidents; dans l'autre cas, 1 de ces 38 enfants transmettait la maladie à 7 sur 17, dans une deuxième vaccination. »
Deuxième catégorie de faits. — Vaccin d 'enfants syphilitiques n'ayant pas produit la syphilis.
Observation. — Au mois de mars 1831, Bidard, médecin français du Pas-de-Calais, vaccina un enfant âgé de sept mois et né de parents syphilitiques. La vaccine se développa régulièrement, et le vaccin put servir à vacciner quatre enfants dont l'âge variait entre cinq et six mois. La vaccination avait eu lieu depuis quelque temps, lorsque le sujet vaccinant eut des symptômes généraux de la syphilis, maladie qui fut transmise à la nourrice. Cependant les petits vaccinés eurent une vaccine très-régulière, et, présentés à M. Bidard de temps à autre dans l'espace de six mois, ils ne montrèrent jamais le moindre symptôme syphilitique.
Encouragés par cet exemple, M. Bidard vaccina, le 2 juillet 1831, un enfant de quatre ans qui avait la syphilis héréditaire la mieux caractérisée. Le vaccin fut régulier et transmis le septième jour à deux sujets sains âgés l'un de quatre mois, l'autre de sept. Chez le premier, le vaccin se développa de la façon la plus satisfaisante ; la période d'incubation dura huit jours chez le second, mais n'influa aucunement sur la régularité des pustules. Après cinq mois, les enfants vaccinés n'avaient éprouvé aucun symptôme morbide.
Bidard (4-) conclut de ces faits que le virus vaccinal pur ne donne que la vaccine, même lorsqu'il est pris sur un syphilitique.
En 1839, la question fait un pas de plus et préoccupe les sociétés savantes. La Société de médecine de Paris se pose la question de la transmission de la syphilis par la vaccination et la résout, comme Bidard, négativement.
En 1848, le 17 juillet, Montain, ancien chirurgien de la Charité de Lyon, soutint à la Société de médecine qu'il avait vu 30 enfants vaccinés avec le liquide vaccinal d'un syphilitique, et pas un de ces 30 sujets ne présenta ultérieurement des symptômes de la vérole. Ce fait vient s'ajouter à ceux de Bidard en 1831, mais il n'est pas le seul.
Le docteur Heymann (5) a rapporté que le docteur Schreier avait vacciné deux
(1) Galligo, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, août 1860.
(2) Galligo, Impartiale.
(3) Rollet, De la pluralité des maladies vénériennes, Paris, 1860.
{A) Journal de médecine et de chirurgie pratiques, t. II, art. 287, p. 85. (5) Heymann, Journal médical de Munich.
COWPOX ET VACCINE. 773
enfants avec du vaccin pris sur un syphilitique, et que ces enfants s'étaient toujours parfaitement portés.
Le docteur Viennois qui a rassemblé tous ces faits, en apparence contradictoires, les explique en disant, avec Monteggia et Rollet, que le vaccin, s'il est pur, ne produit pas la syphilis; mais que, s'il est mêlé au sang, la syphilis peut être la conséquence de la vaccination. Pour lui, c'est l'inoculation du sang avec le vaccin qui engendre la syphilis, et jamais le vaccin inoculé à l'état de pureté, fùt-il recueilli chez un syphilitique, ne pourrait produire cette diathèse.
Évolution de la syphilis vaccinale. — Quand la vaccination produit la syphilis, comment se développent les accidents ? D'après Viennois, les choses seraient semblables à la manifestation ordinaire de la syphilis (1) :
« Chancre induré d'abord au point inoculé ; l'induration est notée par les témoins de l'observation relatée par Cerioli, elle est notée dans celle de Tassani. Mais ce n'est pas tout ! la longue incubation qui caractérisa le chancre infectant est notée par cette phrase que les ulcères du bras n'apparurent au point inoculé qu'à la chute des croûtes vaccinales, ou peu après cette chute. Or, comme la croûte vaccinale ne tombe guère, en général, avant le quinzième ou le vingtième jour quelquefois plus tard) de la vaccination, nous trouvons, entre le jour de l'inoculation vaccinale et le jour de la chute de la croûte, un intervalle qui caractérise suffisamment la longue incubation de l'accident initial de la vérole. Voilà ce qui s'est passé dans les observations de Cerioli et de Tassani. Dans celle du vétérinaire B..., l'incubation de cet accident initial est notée avec précision : c'est au bout de trois ou quatre semaines, dit Wegeler (2), qu'apparurent les ulcères du bras.
» Dans l'affaire Hubner, cette incubation a été de quinze jours. On voit donc que cet ulcère du bras, par lequel débutent les accidents, a les principaux caractères du chancre infectant : ulcération, longue incubation et induration.
» L'induration a été souvent constatée, et si l'on a omis d'en parler dans quelques cas, c'est que : « les témoins de ces faits ne se doutant pas qu'ils avaient sous » les yeux une ulcération primitive ou toute autre ulcération syphilitique, n'ont » pas pu avoir l'idée d'en rechercher tous les caractères. »
» Mais ce n'est pas tout : après que l'ulcère du bras est resté longtemps isolé, — ici l'époque n'est pas indiquée avec précision, excepté dans le fait de Hubner, où les accidents généraux arrivent trois mois après, — on voit apparaître des accidents qui sont les mêmes dans toutes les observations : roséoles diverses, impétigo du cuir chevelu, plaques muqueuses de la bouche, des organes génitaux, taches cuivrées, etc., enfin le cortège habituel de la vérole. Ce n'est pas tout, la maladie est transmise aux nourrices par l'allaitement, et c'est par le mamelon que la scène commence, en vertu de la loi que Rollet devait faire accepter, et qui trouve si consécration aussi bien dans les laits antérieurs que dans les faits contemporains.
» Mais partout où l'accident secondaire ulcéré est en rapport a\ec une partie saine autre que le mamelon, la contagion est possible; c'est ce qui nous explique ces transmissions bizarres a la bouche des personnes qui soignent les enfants, les embrassent souvent sans précaution, ces transmissions à l'avant-bras ; partout, c'est toujours le chancre primitif avec ses caractères essentiels, la vérole commençant toujours par un chancre, suivant la loi formulée par Ricord, et à laquelle on doit ajouter : « alors même que la vérole dérive d'un accident secondaire.
)> Mais le chancre du bras, comment a-t-il pu être transmis à des enfants que l'on vaccinait ?
I Viennois, Gcaette des hôpitaux, 1862, p. 139.
- Wegeler, Medicinische Zeitung, Berlin, 3 avril 1850.
77 i PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENFANCE.
» Accuser la propreté de la lancette, c'est faire une accusation vague et puérile, et qui ne démontre rien.
» C'est ailleurs qu'il faut rechercher l'origine de la contagion. » Faut-il accuser le liquide vaccinal? Mais non; car on connaît les expériences de Bidard (1831), et les quelques faits qui viennent s'y ajouter ; et puis, si c'était le liquide vaccinal, personne n'échapperait à la contagion, et, en général, dans les vaccinations dont on connaît sommairement l'histoire, il y en a un certain nombre qui échappent. Mais que la lancette du vaccinateur vienne à dépasser les limites de la poche vaccinale, elle rencontre le sang; or, le sang d'un sujet vaccinant qui est sous l'influence de la diathèse syphilitique latente, acquise ou héréditaire, peut être contagieux, et c'est par le sang contagieux du vaccinifère que la contagion s'opère ; et comme la syphilis commence toujours par son commencement, le chancre induré, il en résulte que c'est un chancre qui est produit. »
Viennois a essayé de réunir les principales preuves de la contagion du sang. Il a rappelé que dans les maladies virulentes, comme la morve, le charbon, la clavelée, la rage, la rougeole, etc., le sang était contagieux et l'avait été expérimentalement. Il a fait remarquer que la syphilis étant une maladie virulente, l'analogie permettait déjà de penser que le sang des syphilitiques pourrait être contagieux à un moment donné. Il a conclu de même pour le vaccin syphilitique, en montrant que des expériences directes ont été faites, celles de Gibert (1859) ; trois qui appartiennent à l'anonyme du Palatinat, et enfin celle de Wailer, de Prague (27 juillet 1850).
« Dans tous les cas, le produit de l'inoculation a été ce qu'il devait être, c'està-dire la vérole à son commencement, le chancre induré ; on comprend que l'observation de Gibert n'ait pas la même valeur, pour tout médecin, que celles que j'ai citées, parce que le malade n'a pas été observé. Mais comme il n'y a qu'un accident primitif qui jouisse de la propriété d'incuber longtemps, de vivre ensuite isolé un certain temps et d'être suivi dans le délai voulu d'accidents généraux, il faut regarder comme des chancres infectants les lésions produites par Gibert, l'anonyme et Wailer (de Prague).
» De tous les faits que j'ai déjà cités et de ceux sur lesquels je viens de m étendre davantage, je suis arrivé à tirer les conclusions suivantes : Que dans la plupart des cas où un grand nombre d'enfants vaccinés à la fois présentent des symptômes syphilitiques ultérieurs, on peut, en général, faire deux groupes de ces syphilitiques :
» 1° Ceux qui avaient une syphilis latente réveillée par la vaccination quelque temps après;
» 2° Ceux qui se trouvaient parfaitement sains au moment de l'opération, et qui ont gagné la syphilis par V opération même.
» Que lorsqu'on vaccine un individu à diathèse syphilitique latente, la vaccination peut jouir du privilège de réveiller la maladie, qui se traduit peu de temps après par des manifestations cutanées.
» Que si l'on prend le vaccin de ces individus, mais le vaccin pur et sans mélange de sang ou de tout autre liquide contagieux, on ne transmet que la vaccine sans aucune complication syphilitique prochaine ou éloignée.
» Que si, au contraire, la lancette du vaccinateur venait à dépasser les limites de la poche vaccinale, elle rencontrait un liquide étranger à la poche vaccinale, des syphilitiques pouvant être contagieux dans des conditions qui ne sont pas encore bien déterminées, la lancette pouvait donner du même coup la vaccine avec le liquide vaccinal, et la syphilis a>ec le sang syphilitique.
COWPOX ET VACCINE. / /o
» Que la vaccine jouissant de la propriété d'avoir une incubation moins longue que l'accident initial de la vérole, c'était elle qui apparaissait la première; qu'elle avait, en général, le temps de parcourir ses périodes; puisque, lorsque la croûte vaccinale était tombée ou sur le point de tomber, le chancre induré apparaissait, lequel était suivi des accidents constitutionnels dans le délai voulu. »
Depuis cette époque, plusieurs faits de syphilis communiquée par la vaccine ont été publiés en France par Devergie (1), Hérard (2), Millard, Cliassaignac (3), Sébastien (de Béziers), Depaul, etc., à l'Académie de médecine.
A eette Académie même, au bureau de la vaccine officielle, un vaccinifère syphilitique a été l'origine de onze infections syphilitiques : sept sur de jeunes enfants, une sur un adulte de la ville et trois sur des soldats.
Près de Sainte-Anne d'Auray, en Vendée, 00 enfants ont été syphilisés par la vaccine. C'en est plus qu'il n'en faut pour résoudre la question. Je vais montrer maintenant comment se produisent les accidents. C'est la narration du fait de Cliassaignac. D'après lui on pourra juger tous les autres.
Observation. — M... (Emile), âgé de deux ans, rue Ernestine, 8, nourri par sa mère, a été sevré il y a un an. D'après les renseignements fournis par la mère, il ne pourrait y avoir d'infection syphilitique héréditaire.
Cet enfant a été vacciné le 27 juin. Au bout de deux [ou trois jours la première éruption vaccinale s'est montrée , les pustules sont arrivées à suppuration vers le neuvième jour; elles ont séché, les croûtes sont tombées à peu près quinze jours après la vaccination. Les cicatrices parurent définitives et normales.
Quelques jours après cependant, la mère a observé trois ulcérations à la place des cicatrices : une à gauche," deux à droite. Ces ulcérations ont suppuré, se sont étendues, elles ont atteint l'étendue d'une pièce de 50 centimes. Celles de droite sont recouvertes d'une croûte épaisse à la périphérie, mince et de formation récente au centre. Elles sont indolentes et reposent sur une base indurée. L'ulcération gauche présente à peu près les mêmes caractères, mais elle est plus enflammée; son centre est dépourvu de croûte.
A droite, on voit deux cicatrices normales; à gauche, on en voit deux, l'une a le caractère normal, l'autre présente un soulèvement papuleux récent (la mère prétend que ce soulèvement s'est formé depuis hier).
Les ganglions de l'aisselle sont engorgés des deux côtés. Les ganglions cervicaux sont aussi légèrement développés. On trouve aussi les ganglions sous-maxillaires à gauche; pas de croûtes à la tète, rien à l'anus, pas de maux de gorge. Sous l'oreille droite, on aperçoit une papule cuivrée recouverte dé petites squames grisâtres: aspect caractéristique. Sur la poitrine, l'abdomen et dans le dos apparaît une éruption présentant un léger relief, d'une coloration légèrement rouge cuivré en certains endroits, surtout à la partie supérieure de la poitrine. Ailleurs, la coloration normale de la peau est à peu près conservée. (C'est une éruption très-récente.)
Ainsi donc, la syphilis peut quelquefois se communiquer par la vaccine, niais il faut prendre garde de considérer comme syphilitiques des vaccinations ulcéreuses qui n'onl rien de semblable. Cette communication n'a lieu que si l'on prend pour vaccinifères déjeunes enfants ayant moins de trois mois, car alors ils peuvent avoir
(1) Devergie, Syphilide tuberculeuse généralisée chez un enfant il>' quinze ans, arec tics, présomptions d'infection pur la vaccine inoculée de i>r<ts a bras, a V hôpital Sainte-Eugénie (Bull. île- V Académie de médecine, 1863, t. \\\lll, p. 664).
(2) Hérard, llull. del'Acad. de méd. Pans 1863, t. XWlll, y. 1189.
(3) Chassaignac, Bull, <!<• la Soc. <le ch'ir., séance du *2(> août 1SC>;{. Voyez aussi De Ut syphilis vaccinale. Communications à l'Académie de médecine, par MM. Depaul, Ricord, lîlot, Jules Guérin, Trousseau, Devergie, Briquet, Gibert, Bouvier, Bousquet, suixirs de mémoires sur la transmission de la syphilis par la vaccination et la vaccination animale, par M. A. \ minois (de Lyon), Pellizari (de Florence!, Palasciano (de NaplesJ, Phillipeaux (de Lyon) et Auzias-Turenne. Paris, 1865, in-8 de Wï pages.
la syphilis sans qu'on s'en cloute (1), au contraire, quand on prend pour vaccinifères des enfants de cinq à six mois, époque où l'éclosion de la syphilis infantile héréditaire n'a presque jamais lieu, on a toutes les chances possibles d'éviter la syphilisation vaccinale.