PEMPHIGUS
Le pemphigus est une affection huileuse de la peau que caractérise une éruptioi de bulles, avec ou sans aréole rouge, remplies de liquide incolore ou lactescent, et suivies de croûtes minces lamelleuses.
Le pemphigus, qui se montre chez l'adulte et dans la seconde enfance sous la forme aiguë et sous la forme chronique, se développe toujours chez les nouveaunés et chez les enfants à la mamelle comme une maladie aiguë.
Pemphigus des nouveau-nés. — Il y a deux espèces de pemphigus des nouveau-nés : le pemphigus simple infantilis el le pemphigus syphilitique. Ce dernier doit faire l'objet d'un chapitre spécial placé dans l'histoire de la syphilis des nouy eau-nés.
Le pemphigus simple n'es! jamais congénital ; il parait plusieurs jouis ou plusieurs mois après la naissance, sous forme de bulles plus ou moins nombreuses, entourées d'une aréole rosée, remplies de sérosité claire, limpide ou légèrement opaline, et placées sur tout le corps à la surface de la peau, sans intéresser son tissu au moyen de L'ulcération, (les caractères pourraient seuls servir à distinguer le pemphigus simple du pemphigus syphilitique qui se développe surtout à la paume des mains et à la piaule des pieds; mais il \ a encore les circonstances commémoratives qui, en indiquant chez les parents l'existence (rime infection récente ou éloignée, donnent un élément de plus à la conviction.
Le pemphigus simple est ordinairement le résultai de la misère ou de la malpropreté. Il est quelquefois épidémique. Le docteur Bleyne a observé une petite épidémie de ce genre sur les enfants de l'hôpital de Limoges. Le premier cas a été signalé chez un enfant de neuf mois, qui présenta tout à coup, sans que celle-ci eût été précédée de réaction fébrile, une éruption cle pemphigus à la partie interne des genoux et inférieure des cuisses. Quatre autres enfants furent successivement atteints et guérirent de même que le précédent, seul un enfant de onze mois présenta la forme pornpholix de "NYillan , et succomba à une dyspnée intense et continue, probablement due à une hyperhémie de la muqueuse des voies respiratoires (1).
Le docteur Homolle a signalé une épidémie semblable â la Charité de Paris sur un très-grand nombre d'enfants; mais dans beaucoup de cas les vésicules étaient très-petites et disséminées sur toute la surface du corps, de sorte qu'il est possible que ce qu'on a considéré comme du pemphigus ne soit que de la varicelle (2).
Des taches exanthématiques se montrent d'abord à la peau, sur tout le corps, puis, au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, les bulles se forment et offrent 1 centimètre i/2 de diamètre; ordinairement discrètes, et au nombre de trois ou quatre, elles sont quelquefois assez nombreuses sur tout le corps. Elles sont remplies de sérosité claire, jaunâtre, quelquefois opaline, puis elles se déchirent et se rident. Il en résulte une petite plaie que recouvre une croûte mince, lamelleuse, jaunâtre, qui adhère quelques jours et tombe sans laisser d'autres traces qu'une macule rougeàtre.
Chez les jeunes enfants, l'éruption du pemphigus est apyrétique ou accompagnée d'une fièvre plus ou moins vive. Elle est ordinairement apyrétique.
Elle dure de sept à huit jours, ne présente point de gravité et se termine toujours par résolution.
Une fois j'ai vu le pemphigus se développer chez un enfant de six jours au milieu d'un ictère très-prononcé; il s'est également terminé de la manière la plus heureuse.
Des bains simples, de son ou d'amidon, des applications de poudre d'amidon ou de sous-azotate de bismuth et des boissons délayantes constituent tout le traitement du pemphigus simple. Si les bulles sont très-grandes, il faut les évacuer de bonne heure par des piqûres d'aiguille, afin d'appliquer l'épidémie sur la peau et de hâter la cicatrisation. Il faut aussi donner aux enfants quelques cuillerées de sirop de chicorée composé ou de calomel à dose purgative, et leur faire prendre chaque jour une cuillerée de sirop de quinquina.
Pemphigus de la seconde enfance. — Dans la seconde enfance, on rencontre le pemphigus à l'état aigu et à l'état chronique. L'état aigu est rare. On l'observe quelquefois dans le cours de la fièvre typhoïde et du croup. J'en ai vu deux exemples. — Le pemphigus chronique est toujours lié soit à la diathèse dartreuse ou scrofuleuse, soit à l'état cachectique que déterminent la misère et l'alimentation insufTisantc.il donne souvent lieu à des ulcérations de la peau recouverte de croûtes brunes comme dans l'ecthyma ou dans le rupia, et il est alors assez long à guérir.
Le traitement du pemphigus de la seconde enfance consiste en bains féculents, gélatineux et astringents, en applications de poudre d'amidon ou de bismuth, et dans l'usage d'une bonne nourriture accompagnée de ferrugineux sous toutes les formes, de préparations de quinquina et du sirop d'arséniate de soude :
1£ Sirop . 300 grammes.
Arséniate de soude 10 centigrammes.
Faire dissoudre. A prendre 15 à 00 grammes par jour.
(1 i Pdeyne, Journ. de la Soc. de méd. et de pharm. de la Haute-Vienne. •1 Homolle, Union médicale, 1874.
ÉRYSIPÊLE. 839