‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 378 sur 472 · EMPHYSÈME DU TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTAXÉ · texte numérisé non relu

EMPHYSÈME DU TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTAXÉ

L 'emphysème du tissu cellulaire s'observe quelquefois chez les enfants du premier et du deuxième âge. Il est caractérisé par le gonflement des parties molles accompagné d'une crépitation fine produite par la pression du doigt.

Cet emphysème se lie presque toujours à l'emphysème pulmonaire lorsqu'il s'étend au tissu cellulaire des bronches, du médiastin et du cou. J'en ai vu trois cas que j'ai opérés et qui ont guéri. Il succède souvent à des cavernes tuberculeuses du poumon ouvertes sous la peau de la poitrine (1); à la rupture des cellules pulmonaires, comme on a pu le voir dans le chapitre consacré à V Emphysème des poumons compliqué d'infiltration gazeuse sons-cutanée (voyez ce chapitre), mais, dans quelques circonstances, il peut avoir une origine différente, il succède parfois à la trachéotomie. En voici un cas résultant d'une perforation du sinus frontal, et quoiqu'il n'ait rien de spécial sous le rapport de l'âge, je le considère comme assez important pour être publié :

Observation. — Vne fille de douze ans, forte, bien constituée, ne portant aucune trace de scrofules, née de parents sains, lut prise, au commencement de mars 1856, d'une forte rhinite, accompagnée d'une violente céphalalgie, qui dura douze jours, <i pendant laquelle elle rendit quelques gouttes de sang. Elle mouchait abondamment; mais un n'a pu savoir de quelle nature étaient les mucosités rendues. Tout à coup, dans un effort de toux, une bosse se forme sur le milieu du Iront, et une vive douleur se fait sentir. La plus légère pression l'ait disparaître cette bosse; mais elle réparait, en s'agrandissant toujours, jusqu'à ce qu'un jour l'enflure s'étendit, non sans de grandes douleurs, jusqu'à la paroi inférieure de l'orbite et jusqu'aux oreilles. La peau

(1) E. Bouchut, Des fistules pulmonaires cutanées et sous-cutancus (Gu*. méd., 1854 •

était tendue, luisante, emphysémateuse. Le docteur Igounet, soupçonnant une perforation du coronal, prescrivit une compression légère et graduée. Quelques jours après, il put constater, sur la ligne médiane, au beau milieu du front, une ouverture arrondie, semblable à celle que pourrait faire une balle de pistolet d'arçon. Pour remplir la première indication, qui était de s'opposer au retour de l'emphysème, en oblitérant autant que possible cette ouverture, il plaça sur l'orifice une pièce de cuivre de 5 centimes, enveloppée dans un linge et fixée au moyen d'un ruban. Comme il n'y avait aucune tache de cachexie, il ne prescrivit rien à l'intérieur. L'ouverture était oblitérée au bout de six semaines. Igounet pensa qu'il a dû y avoir d'abord une ulcération de la pituitaire, puis du périoste, et peut-être aussi de la tableosseuse (1).

Quand l'emphysème sous-cutané dépend de la trachéotomie, c'est que l'incision a été mal faite, et que la colonne d'air sortant de la trachée décolle le tissu cellulaire des muscles sterno-thyroïdiens, passe dans le cou d'abord, puis monte à la face ou descend sous les clavicules et la peau du thorax. J'en ai vu huit à dix exemples.

Dans les cas où l'emphysème du tissu cellulaire existe seul sans cause grave, le mode de traitement, et celui que j'ai employé, est la ponction de la peau avec une lancette, et si la région le permet, la ponction doit être suivie d'une compression méthodique.

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